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Énoncé économique - Les petits pas de Mme Jérôme-Forget

Jean-Robert Sansfaçon   15 janvier 2009  Québec
L'énoncé économique de la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, n'aura servi qu'à confirmer quelques-unes des mesures promises par les libéraux lors de la récente campagne électorale. Compte tenu du budget fédéral qui sera présenté bientôt, Québec a raison d'attendre avant d'en faire plus. Mais alors, pourquoi cette session extraordinaire de trois jours?

C'est en invoquant l'urgence de la situation que le premier ministre Jean Charest a déclenché des élections, au début de novembre. Dès les premiers jours de la campagne, les partis ont fait connaître leur programme économique, ce qui nous a permis de comprendre que le seul vrai pari de M. Charest n'était pas de vaincre la crise, mais d'arracher la majorité à l'Assemblée nationale. Pari risqué, et gagné.

Pour ce qui est de la crise, le nouveau gouvernement s'en remet à son important programme d'infrastructures lancé longtemps avant la récession, au Pacte pour l'emploi, au programme d'aide à l'industrie forestière, et aux interventions de la SGF et d'Investissement Québec dont les budgets viennent d'être augmentés.

La plupart de ces programmes annoncés longtemps avant la récession étaient sans doute prémonitoires, mais compte tenu des derniers événements, ils se révèlent incomplets. La seule mesure originale, promise en novembre et confirmée par l'énoncé économique d'hier, concerne le crédit à la rénovation résidentielle. Voilà une initiative qui méritait d'être incluse dans un plan de stimulation économique. Le hic, c'est que les paramètres du nouveau programme sont trop restrictifs puisqu'il faudra dépenser plus de 7500 $ pour avoir droit à un crédit de 20 % sur la seule fraction excédentaire. Compte tenu de la paperasse administrative et du report de remboursement au moment de rédiger sa déclaration fiscale, ils sont nombreux ceux qui continueront de privilégier le travail au noir comme moyen d'économiser au lieu d'avoir recours au programme.

À ce jour, Mme Jérôme-Forget fait surtout confiance aux gouvernements américain et canadien pour relancer la machine. Ne soyons pas trop durs à son endroit puisque Québec doit attendre de connaître le contenu du budget fédéral avant de préparer le sien. En outre, sa marge de manoeuvre est à peu près nulle à cause de sa dette plus lourde que celle des autres provinces, et de toute façon, il serait illusoire de croire qu'un déficit élevé découlant de nouvelles mesures aurait un impact digne de mention sur l'activité économique.

À ce propos, le représentant de Québec solidaire, Amir Khadir, a réagi pour la première fois à titre de député, hier, en faisant référence au Prix Nobel et chroniqueur du New York Times, l'économiste Paul Krugman. Selon M. Krugman, le risque est moins grand pour l'État d'en faire trop que pas assez dans la présente crise. Il a parfaitement raison... en parlant des États-Unis, où la demande intérieure constitue le plus important facteur de croissance et dont le dollar est utilisé comme monnaie d'échange par tous les pays du monde. La situation est fort différente pour le Québec, qui ne contrôle ni sa monnaie ni ses taux d'intérêt, et qui dépend de ses exportations pour la moitié de son PIB. Si le Québec laisse croître son déficit et sa dette de façon excessive, les conséquences négatives sur les budgets consacrés à la santé, à l'éducation et aux autres missions de l'État seront catastrophiques, longtemps après la récession.

Demain, M. Charest et ses homologues des autres provinces rencontreront Stephen Harper. Voilà une étape beaucoup plus importante pour la suite des choses que la session bidon qui se tient cette semaine à l'Assemblée nationale.






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  • Mathieu Santerre
    Inscrit
    jeudi 15 janvier 2009 05h29
    Une séance qui n'a d'extraordinaire que le nom
    « Cette séance de l'Assemblée nationale n'a d'extraordinaire que le nom, puisque l'énoncé économique de la ministre des Finances ne contient aucune nouvelle mesure importante pour contrer les effets de la crise financière et économique sur les retraités du Québec. En effet, la ministre n'a fait que réitérer les orientations gouvernementales annoncées le 17 décembre dernier par le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale à propos des régimes de retraite du secteur privé. Par ailleurs, cet énoncé économique ne contient absolument aucune mesure s'adressant spécifiquement aux 234 000 personnes retraitées des secteurs public et parapublic du Québec et leurs proches. »

  • Claude Tremblay
    Abonné
    jeudi 15 janvier 2009 06h42
    Quelle perte de temps!
    « Mme Jérôme-Forget a fait la preuve hier que cette réunion de trois jours était parfaitement inutile, tout autant d'ailleurs que les élections du mois de décembre. Vous avez donc tout à fait raison, Monsieur Sansfaçon.

    Tous les éléments de l'énoncé économique, ou presque, avaient déjà été exposés par les partis de l'opposition durant la campagne électorale. Alors, pourquoi fait-on rouler toutes ces limousines pour transporter des gens qui s'en vont faire tapisserie au Salon Bleu et qui n'ont rien à dire à cette réunion-bidon, que vous avez bien nommée, Monsieur Sansfaçon! »

  • Parti Pris
    Inscrit
    jeudi 15 janvier 2009 08h55
    Et si on en profitait pour voir les choses autrement !
    « La dépression. Pas n'importe laquelle. La dépression économique.

    Celle-là, comme la dépression que peut subir un être humain, est une maladie.

    Il faut la soigner.

    C'est souvent le temps de décider de faire les choses autrement. De fermer les livres, et d'en ouvrir un nouveau.

    Je suis convaincu qu'une dépression économique nous donne une opportunité extraordinaire de changer les choses.

    Alors, forçons nos gouvernements à le faire. Ils ont demandé un mandat pour pouvoir affronter la crise ? Eh bien, qu'ils agissent maintenant !

    Nous sommes le 14 janvier et, pour l'instant, personne n'a rien fait qui vaille. Y compris les libéraux du Québec.

    Alors puisqu'on ne peut pas se fier à eux, travaillons sur nous-mêmes.

    http://ca.youtube.com/watch?v=8R5D_-h7XRs »

  • Max Roujeon
    Abonné
    jeudi 15 janvier 2009 09h14
    L'économie? Quelle économie?
    « En fait, «flocher» 83 millions de $ pour ça, c'est se foutre de la gueule des gens. L'objectif était de rayer l'ADQ de la carte (vu les sondages) en espérant que les votes vireraient PLQ. Manque de bol, ils sont virés PQ en majorité. Mais, mission accomplie on est (quand même) de justesse, majoritaire.
    La GROSSE mesure pour relancer le Québec et l'économie? Un crédit d'impôt sur les rénovations de maisons individuelles.
    M. Charest, envoyez ça, à votre copain Sarko, dans le cadre de la «mobilité des expertises» (France-Québec ou Québec-France), il cherche des solutions!
    WOW!!! Il fallait y penser. Jusqu'à concurrence de 2500$ pour 40 000$ de rénos?
    Quel somptueux cadeau!
    Bref, si jamais ça aide quelqu'un c'est quelqu'un qui n'en a pas besoin.
    En y regardant bien, ça ressemble plutôt à une timide tentative pour ralentir le travail au noir. Mais vu le slogan publicitaire de la campagne, on ne peut pas l'annoncer comme tel, alors au lieu de mesure répressive pour trouver des sous et combler le futur déficit, on annonce cela comme de l'aide à la relance de l'économie! J'espère ne pas être le seul à le voir ainsi. »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    jeudi 15 janvier 2009 10h17
    Session inutile et nouvelle composition de L'Assemblée nationale
    « Franchement, valait-il la peine de convoquer cette session extraordinaire de trois jours ? Les quelques trouvailles annoncées hier par sa ministre des Finances pour contrer la crise auraient pu très bien être présentées et adoptées avant la tenue des récentes élections, soit quand le gouvernement était minoritaire. On le voit bien, les vraies mesures viendront quand, le 27 janvier, Harper présentera, aux Communes, un nouvel énoncé économique qui lui permettra aussi de sauver son gouvernement !

    En passant, c'était quand même frappant de suivre à la télé, hier, la Période des questions à l'Assemblée nationale. Quel changement radical depuis les résultats du scrutin du 8 décembre ! Il y a moins de trois mois, Jean Charest avait devant lui une opposition officielle de 41 députés de l'ADQ. Désormais, la place est occupée par une opposition péquiste beaucoup plus articulée et formée de 51 élus. Quant à Dumont, c'était assez pathétique de le revoir mais, cette fois, assis dans la section dite « poulailler » avec les quelques rescapés de son parti ! »

  • Michelle Martel
    Abonnée
    jeudi 15 janvier 2009 10h35
    Tout se passe tel que prévu!
    « Je ne suis pas du tout surprise par ce budget, les revirements et le changement de ton, maintenant que les élections sont passées. Tout comme, j'en suis certaine, la majorité des Québécois, je savais très bien que Monsieur Charest déclanchait des élections dans le seul but de de devenir majoritaire au dépend de la déconfiture de l'ADQ très fortement anticipée dans tous les sondages internes. De plus, selon les mêmes sondages, le PQ n'avait aucune chance de prendre le pouvoir.

    Nous étions tous parfaitement capables de voir la contradiction entre le prétexte d'aller en élection pour l'économie tout en dépensant 80 millions pour ces mêmes élections. Nous savions aussi qu'après l'obtention d'un mandat majoritaire Mr. Charest augmenterait le volume de son cabinet ministériel à grands coups de limousines et de dépenses. Nous savions aussi que les promesses électorales de "non-déficit" et d'avoir des "solutions miracles" pour contrer la crise, allaient se transformer grandement après les élections. C'est de la politique!

    Le budget d'hier est, à peu de chose près, exactement ce à quoi je m'attendais, élections ou pas, et, peu importe le parti au pouvoir dans le contexte économique actuel.

    Bien sûr que cette session extraordinaire est bidon. Bien sûr qu'il s'agit d'un effort de relations publiques, sans plus. Comment pouvait il en être autrement AVANT la présentation des budgets, américain et canadien? Quel peut possiblement être le pouvoir d'une province, et la plus endettée des provinces canadiennes, à contrer une crise économique mondiale, toute seule?

    Tout se passe tel que prévu alors que nous aurions pu épargner les coûts des élections! Mais bon! Ces élections ont eu lieu et nous nous devons de croire que les libéraux feront leur grand possible pour aider le Québec.

    Il faut donner à Monsieur Charest et à son équipe beaucoup de crédit pour leur évaluation du vote stratégique quand ils ont déclanché ces élections. Pari risqué et gagné! Il a solidifié SA position à Québec, donc, bravo pour lui et félicitations.

    Il ne reste plus qu'à souhaiter la meilleure des chances à Monsieur Charest, car nous voulons qu'il réussisse, ne serait ce que partiellement dans ses ambissions d'aider la crise. La réussite de Monsieur Charest et de son gouvernement sera notre succès. Aucun des autres partis ne pourraient faire mieux que Monsieur Charest dans le contexte économique actuel de toute façon.

    Cependant, il ne faut pas s'imaginer que les Québécois ne savent pas lire entre les lignes. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    jeudi 15 janvier 2009 12h08
    Encore de la poudre aux yeux
    « Il y a tellement de poudre qu'on n'en voit plus clair.

    Une parti des vrais problèmes au niveau provincial sont bien expliqués par Pierre-Huques Boisvenue, et/ou par madame Nathalie Elgrably-Lévy de l'Institut Économique de Montréal.

    Les payeurs de taxes sont pressurisés de toutes parts. Quand le gestionnaire Jarilowsky-Fraser et que le défenseur des petits actionnaire s'expriment, une écoute gouvernementale devrait être appliquée.

    C'est rendu que le contribuable doit subventionner les erreurs de compagnies comme GM, Nortel etc. qui sont gouvernées par des mauvais présidents payés à prix d'or.

    Des voleurs en cravate donnent de fausses informations, font des détournements de fond et s'en vont se tremper les pieds dans le sable à notre santé.

    Mme Jérôme-Forget avec ses clairons et trompettes, me fait plutôt rire jaune avec ses subventions bidons pour des travaux à la rénovation.

    Mme Jérôme-Forget c'est Ottawa qui décide, pas vous; et encore là, jusqu'à quel point face à la mondialisation... »

  • Yves Côté
    Abonné
    jeudi 15 janvier 2009 12h10
    A Monsieur Roujeon
    « Monsieur Rougeon, mais voyons, de passer l'idée à Nicolas Sarkozy, mais il est trop tard; cette mesure-là, il l'a annoncé il y a une dizaine de jours dans sa variante écolo vite fait... je le sais parce que j'habite en France.
    Entre les deux z'amis, c'est la course à l'échalotte. C'est toi qui paie la prochaine tournée parce que c'est moi qui l'a sorti le premier, lali-lalère. Vive le Canada-Québec-France à la mode Paul Desmarais et à bas le Québec et la France de la créativité. Et pas qu'en matière de mesurette économique, je vous l'assure.
    Restons vigilants parce qu'on n'a pas fini de se faire avoir, je crois. »

  • normand talbot
    Inscrit
    jeudi 15 janvier 2009 16h58
    Dépenses inutiles
    « Combien a couté cette mascarade inutile ??. Cet argent aurait pu servir à d'autres fins, en temps aussi difficile.
    Mais le calcul politique est bon. Comme nous avons la mémoire courte, les mensonges sur le déficite seront oubliés, à la reprise. »

  • Max Roujeon
    Abonné
    jeudi 15 janvier 2009 17h55
    Monsieur Côté, alors comme ça, ce serait un cadeau de Sarko?
    « Si vous dites vrai, et je ne mets nullement votre «parole» en doute, il y aurait une espèce de collusion style roue de secours, plan B, entre certains chefs d'état cousins et l'entente serait (imaginons): « Écoutes , je veux faire passer quelque chose de pas populaire ou pas brillant, ça tient pas la route, mais j'ai des pressions, si tu le reprends à ton compte, alors ça me rend crédible parce que tu me copies, tu comprends? La prochaine fois je t'endosse et ni vu ni connu , j't'embrouille!». Ça te va? Tope là!
    On s'en serre cinq et à la prochaine. Wow! Ça évolue la politique! Merci Monsieur Côté! »

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