À chaud - Paradoxes électoraux
Devant l'imminence d'une attaque américaine contre l'Irak, toute autre préoccupation pâlit, y compris celle de la campagne électorale québécoise qui, en quelques jours, a transformé la question de conciliation famille-emploi-citoyenneté en véritable objet fétiche.
Bien qu'après 10 ans de recherches et de mobilisations, on se réjouisse d'un tel intérêt, l'improvisation des propositions, qui témoigne de la superficialité de l'analyse, risque de multiplier les effets pervers...
Les problèmes de conciliation sont le symptôme d'un déséquilibre structurel, résultant pour l'essentiel de l'inadéquation entre les politiques économiques, les modalités de restructuration du marché du travail, et les politiques sociales et familiales, le tout amplifié, comme c'est le cas au Québec, par des changements démographiques majeurs. À titre d'exemple, les familles ont dû doubler leur temps de travail salarié entre 1970 et 1990 pour maintenir un niveau de vie équivalent et ont dû plier leur vie aux exigences accrues de productivité et de flexibilité d'emplois, souvent précaires et atypiques.
Qu'enfin des propositions sur la conciliation annoncent une vision économique moins obsédée par la globalisation et plus soucieuse de respecter les fragiles équilibres humains, sociaux et écologiques, essentiels à la viabilité et à la durabilité du Québec, c'est à espérer! Qu'on en fasse un plat électoral, c'est de saison! Mais pas au risque d'élargir les écarts sociaux, ni de transformer la conception d'enfants en modalité de remboursement de dettes étudiantes... La crise de la conciliation au Québec témoigne aussi d'une profonde crise de transmission... et de transmission de sens.
Louise Vandelac est sociologue et professeure à l'UQAM.
Bien qu'après 10 ans de recherches et de mobilisations, on se réjouisse d'un tel intérêt, l'improvisation des propositions, qui témoigne de la superficialité de l'analyse, risque de multiplier les effets pervers...
Les problèmes de conciliation sont le symptôme d'un déséquilibre structurel, résultant pour l'essentiel de l'inadéquation entre les politiques économiques, les modalités de restructuration du marché du travail, et les politiques sociales et familiales, le tout amplifié, comme c'est le cas au Québec, par des changements démographiques majeurs. À titre d'exemple, les familles ont dû doubler leur temps de travail salarié entre 1970 et 1990 pour maintenir un niveau de vie équivalent et ont dû plier leur vie aux exigences accrues de productivité et de flexibilité d'emplois, souvent précaires et atypiques.
Qu'enfin des propositions sur la conciliation annoncent une vision économique moins obsédée par la globalisation et plus soucieuse de respecter les fragiles équilibres humains, sociaux et écologiques, essentiels à la viabilité et à la durabilité du Québec, c'est à espérer! Qu'on en fasse un plat électoral, c'est de saison! Mais pas au risque d'élargir les écarts sociaux, ni de transformer la conception d'enfants en modalité de remboursement de dettes étudiantes... La crise de la conciliation au Québec témoigne aussi d'une profonde crise de transmission... et de transmission de sens.
Louise Vandelac est sociologue et professeure à l'UQAM.
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