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Après Duplessis, Staline - Dumont s'insurge contre la gestion des garderies «à la soviétique»

Robert Dutrisac   18 mars 2003  Québec
Mario Dumont s’est arrêté dans une garderie privée à Stoneham pour expliquer le programme adéquiste en matière de services de garde.
Photo : Agence Reuters
Mario Dumont s’est arrêté dans une garderie privée à Stoneham pour expliquer le programme adéquiste en matière de services de garde.
Stoneham — Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a pris l'engagement, hier, d'en finir avec la gestion «à la soviétique» du réseau des garderies au Québec en dépensant 300 millions de plus pour offrir la liberté de choix aux parents.

En dévoilant les détails du programme adéquiste en matière de services de garde devant la garderie privée Perlin Pin Pin, Mario Dumont s'est appuyé sur les propos tenus vendredi dernier sur les ondes de TVA par le démographe Jacques Henripin. «Ce n'est pas à l'État de jouer au petit Soviétique», a dit le professeur de l'Université de Montréal. «Pourquoi donnez-vous 6000 dollars par année à des gens qui réussissent à placer leur enfant dans une garderie et ne donnez-vous rien du tout, alors rien, à ceux qui emploient quelqu'un chez eux pour les remplacer ou [qui] s'en occupent eux-mêmes ?»

À l'ADQ, ces paroles ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd. Le système actuel de centres de la petite enfance fait de «la gestion par listes d'attente. C'est le symbole ultime des politiques socialistes», a dit M. Dumont hier matin, alors qu'il participait à l'émission du morning man Jeff Fillion sur les ondes de CHOI-FM à Québec.

La gestion à la soviétique, c'est qu'il n'existe qu'un modèle unique dans l'offre de services de garde, a soutenu M. Dumont. Par conséquent, l'ADQ entend maintenir le réseau des garderies à 5 $ et continuer à y investir au même niveau que le gouvernement péquiste en créant 42 000 places pour un total de 200 000 en 2005 et de 250 000 à terme. «Nous n'avons jamais critiqué l'existence» des garderies à 5 $, a-t-il dit.

Un gouvernement adéquiste offrira toutefois un bon de garde de 30 $ par jour, ou de 7800 $ par année, soit l'équivalent de la subvention aux garderies à 5 $, aux parents qui font garder leur enfant à la maison. Pour les familles dont un des membres décidera de rester à la maison avec la progéniture, elles recevront 20 % de cette subvention, soit 1560 $ par année pour chaque enfant. Selon les calculs de l'ADQ, ces deux mesures toucheront 123 000 enfants qui sont exclus du régime actuel et coûteront 300 millions. Le budget consacré aux services de garde passera donc à deux milliards sous un gouvernement de l'ADQ.

Selon la députée de Berthier et porte-parole pour la famille, Marie Grégoire, qui accompagnait son chef, ces mesures permettront aux travailleurs autonomes et à ceux qui ont des horaires atypiques de recevoir l'aide de l'État. «Ces parents-là se retrouvent abandonnés par le système par le programme du gouvernement», a dit M. Dumont. L'«addition des contributions» mettra fin aux délais d'attente qui peuvent atteindre deux ans pour obtenir une place en garderie.
 
 
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