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Les péquistes nuisent à la cause souverainiste

Paul Cliche - Membre de Québec solidaire et ex-candidat progressiste dans Mercier  9 janvier 2009  Québec
Dans un texte publié dans Le Devoir du 6 janvier, le vice-président du PQ-Mercier, Marc Desnoyers, affirme que l'élection d'Amir Khadir comme député de Québec solidaire à l'Assemblée nationale «constitue un recul pour la cause de l'indépendance québécoise». Il considère également que QS «n'étant pas un parti nationalise, il pourrait difficilement se réclamer de la mouvance souverainiste».

Ainsi, selon les voeux de cet oracle, l'impie devrait être exclu de la famille souverainiste, tout comme sont excommuniées de l'Église catholique les personnes refusant d'accepter les dogmes de cette religion. «Hors du Parti québécois, pas de salut», semblent toujours proclamer certains membres de l'appareil de cette formation qui entendent bien maintenir leur hégémonie sur la démarche souverainiste comme si, au risque de nuire gravement à la cause, elle leur appartenait en propre et n'impliquerait pas un grand nombre de citoyens québécois.

Par pur opportunisme, ces gens désirent que le véhicule politique qu'est le Parti québécois continue à être le seul pouvant être identifié à la cause souverainiste comme il l'a longtemps été. Ces nostalgiques n'admettent pas que la mouvance souverainiste se diversifie. Ils n'admettent surtout pas qu'un député solidaire siège aux côtés des députés péquistes à l'Assemblée nationale. C'est d'ailleurs pour garder en otage les électeurs d'allégeance souverainiste progressiste, susceptibles de voter stratégiquement, qu'ils s'opposent à l'instauration d'un scrutin proportionnel qui permettrait autant à QS qu'au PQ de faire démocratiquement le plein de leurs voix avant d'envisager la possibilité de faire alliance sur la question nationale.

Le 17 décembre, assistant à l'assermentation de M. Khadir comme député de Mercier à l'Assemblée nationale, j'ai entendu ce dernier déclarer, quelques instants à peine après avoir prêté serment à la reine comme doivent encore le faire nos députés pour avoir le droit de siéger: «En attendant que le peuple du Québec, comme celui de l'Irlande, se libère des vestiges archaïques de la monarchie britannique, comme le serment de la reine ou le système électoral dépourvu de représentation proportionnelle qui nous afflige malheureusement. En attendant que le Québec soit une république moderne et démocratique, j'ai dû quand même faire serment d'allégeance à l'autorité constituée, donc la reine. [... ] Voilà le serment que je fais devant mes amis, devant ma famille, devant Québec solidaire, pour le peuple du Québec, serment d'allégeance pour le servir, comme l'exige, la juste représentation du peuple du Québec au Parlement québécois.»

On ne peut être plus clair, et pourtant cette profession de foi ne semble pas satisfaire M. Desnoyers. Il voudrait que Québec solidaire fasse de l'indépendance une fin en soi en mettant de côté les revendications sociales qui font partie de sa raison d'être. Il ne semble pas se souvenir des graves abus auxquels cette conception, qui fait du nationalisme une valeur absolue, a souvent mené dans l'histoire.

Le vice-président du PQ-Mercier accuse QS de vouloir «instrumentaliser la cause souverainiste pour faire progresser des idées sociales très à gauche». En réalité, ce dernier propose que le Québec se dote de tous les pouvoirs et outils nécessaires à la construction d'une société plus juste, plus égalitaire, plus respectueuse de la planète et de l'ensemble des personnes qui y vivent.

De plus, Québec solidaire est beaucoup plus limpide que le Parti québécois quant au processus d'accession à la souveraineté. Il met de l'avant une proposition qui permettrait à toute la population de se prononcer à la fois sur l'avenir politique et l'avenir constitutionnel du Québec. Cette approche, c'est l'élection au suffrage universel d'une assemblée constituante représentative de la diversité québécoise. Cette assemblée, différente de l'Assemblée nationale, aurait pour mandat d'élaborer un projet de Constitution pour le Québec. La population serait appelée à se prononcer, dans un premier temps, lors d'un vaste exercice de démocratie participative, puis par voie de référendum pour conclure l'exercice.
 
 
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