891 millions d'investissements pour économiser l'énergie
La Régie de l'énergie a commencé hier à tenir audience pour étudier le Plan d'ensemble d'économies d'énergie 2007-10, le premier mis au point par l'Agence d'efficacité énergétique du Québec (AEÉ).
La réalisation de ce plan triennal coûtera 891 millions, dont 113 millions ou 13 % sont alloués pour la gestion des dizaines de programmes gérés par les distributeurs d'énergie ou par l'agence elle-même. Les distributeurs fourniront 778 millions pour réaliser ce plan, qui doit permettre au Québec d'économiser 25 655 terrajoules, soit 17 % de l'objectif de la Stratégie énergétique du Québec d'ici 2015.
Hydro-Québec Distribution va fournir la part du lion des investissements requis, soit 621 millions, suivie par Gaz Métro avec 53,4 millions. Les distributeurs de mazout et d'essence n'auront pas à financer de plans respectifs. Ce sont plutôt les fournisseurs de ces combustibles qui devront ensemble verser à l'Agence une somme de 84,8 millions, laquelle aura des répercussions sur les prix facturés aux distributeurs et aux consommateurs.
Ces investissements devraient générer des «bénéfices nets actualisés» de 638 millions pour la période 2008-10. En comparant les économies annuelles aux coûts globaux, y compris les investissements exigés des acteurs économiques, le coût de revient des initiatives du Plan d'ensemble coûtera 8 $ par gigajoule économisé.
Un gigajoule (GJ) est une mesure internationale qui représente 1 milliard (10 -9) d'unités d'énergie, toutes formes confondues, alors qu'un terrajoule (TJ) en représente 1000 fois plus.
Ce premier plan, qui sera débattu et critiqué en audiences, sera suivi dès le début de l'été prochain d'un deuxième, sensé couvrir la période 2010-13. C'est à partir de ce plan que plusieurs des projets annoncés par l'AEÉ hier vont prendre forme sur le terrain.
Résidentiel
Dans son plan, l'AEÉ annonce pour une date indéterminée une importante révision de la réglementation sur l'efficacité énergétique des bâtiments, qui aboutira notamment sur une norme Novoclimat plus rigoureuse et sur deux normes adaptées aux régions nordiques et arctiques.
Le secteur résidentiel est régi par un total de 29 priorités gouvernementales, ce qui a donné lieu à 27 programmes offerts aux consommateurs d'énergie qu'on retrouve dans le patrimoine bâti ou à venir. L'importance et la multiplicité — certains disent le fouillis! — des programmes offerts s'expliquent par l'importance du secteur, lequel consomme 20 % de toute l'énergie au Québec. Cette consommation se répartit ainsi: 68 % sous forme d'électricité, 6 % en gaz naturel, 17 % en mazout et 9 % en bois.
Le chauffage des locaux fournirait le potentiel d'amélioration le plus important, selon l'AEÉ, principalement en ce qui a trait à l'enveloppe des bâtiments et à l'efficacité des équipements de chauffage. L'essentiel des fonds des différents programmes offerts au public visent la clientèle des ménages à faible revenu, une mesure sociale qui accorde moins d'importance aux résidences souvent plus grandes et plus énergivores des mieux nantis.
De ce côté, l'agence vise principalement le remplacement des appareils de chauffage au mazout, le déploiement de nouvelles technologies énergétiques et le recours à des énergies renouvelables, y compris, mais marginalement, à la géothermie.
L'agence annonce qu'elle entend s'investir éventuellement dans des programmes destinés aux bâtiments à logements multiples et aux autoconstructeurs. La mesure la plus novatrice est sans contredit la possibilité de rendre obligatoire l'évaluation de la performance énergétique des résidences au moment de leur vente.
Commerces, industries et municipalités
Les 5300 bâtiments de ce secteur, dit des affaires, sont responsables d'une facture d'énergie annuelle de près de 800 millions $. Le potentiel d'économies se concentre du côté des bâtiments, dans l'achat et l'usage des véhicules. Mais de ce côté, rien d'obligatoire. On vise plutôt à informer, à former et à inciter à la reddition de comptes. En tout, 31 programmes, presque tous en place depuis un bon moment. L'agence annonce pour plus tard un «guichet unique» pour démêler, là aussi, les usagers, une approche plus fine des clientèles moins sensibles comme les petits commerces, et de s fonds pour la conception des futurs bâtiments.
Le secteur industriel, qui consomme déjà 39 % de l'énergie au Québec, obtient des fonds importants, comme ces 50 millions déjà offerts pour aider les entreprises à «réduire la période de récupération» de leurs investissements, par ailleurs déductibles de leurs revenus et donc en partie financés par le Trésor public. Dans ce secteur, aucune règle ne limite, comme du côté résidentiel, l'aide aux plus démunis.
Transports
Les vraies surprises de ce Plan d'ensemble se situent sans contredit du côté des transports, où l'agence propose de financer les «plus mauvais consommateurs», propriétaires de gros véhicules énergivores, s'ils veulent faire l'acquisition de véhicules qui consommeront minimalement trois litres de moins.
Aucun financement du genre n'est prévu pour encourager les consommateurs déjà moins énergivores et qui veulent le demeurer par des programmes de type «malus-bonus», comme l'Europe, d'autres provinces et des États voisins en utilisent avec succès depuis des années. En plus d'une aide à la mise au rancart des vielles voitures, l'agence annonce une aide supplémentaire, mais non définie, pour les «véhicules à haut rendement énergétique», comme les véhicules électriques.
Le plan de l'agence se limite enfin à un programme d'inspection et d'entretien sur les composantes mécaniques ayant une incidence sur la consommation de carburant, dont on ne voit aucunement la portée.
Enfin, l'agence propose un programme relativement marginal par son enveloppe budgétaire, consacré à l'innovation technologique et aux énergies alternatives.
Texte intégral: www.aee.gouv.qc.ca
La réalisation de ce plan triennal coûtera 891 millions, dont 113 millions ou 13 % sont alloués pour la gestion des dizaines de programmes gérés par les distributeurs d'énergie ou par l'agence elle-même. Les distributeurs fourniront 778 millions pour réaliser ce plan, qui doit permettre au Québec d'économiser 25 655 terrajoules, soit 17 % de l'objectif de la Stratégie énergétique du Québec d'ici 2015.
Hydro-Québec Distribution va fournir la part du lion des investissements requis, soit 621 millions, suivie par Gaz Métro avec 53,4 millions. Les distributeurs de mazout et d'essence n'auront pas à financer de plans respectifs. Ce sont plutôt les fournisseurs de ces combustibles qui devront ensemble verser à l'Agence une somme de 84,8 millions, laquelle aura des répercussions sur les prix facturés aux distributeurs et aux consommateurs.
Ces investissements devraient générer des «bénéfices nets actualisés» de 638 millions pour la période 2008-10. En comparant les économies annuelles aux coûts globaux, y compris les investissements exigés des acteurs économiques, le coût de revient des initiatives du Plan d'ensemble coûtera 8 $ par gigajoule économisé.
Un gigajoule (GJ) est une mesure internationale qui représente 1 milliard (10 -9) d'unités d'énergie, toutes formes confondues, alors qu'un terrajoule (TJ) en représente 1000 fois plus.
Ce premier plan, qui sera débattu et critiqué en audiences, sera suivi dès le début de l'été prochain d'un deuxième, sensé couvrir la période 2010-13. C'est à partir de ce plan que plusieurs des projets annoncés par l'AEÉ hier vont prendre forme sur le terrain.
Résidentiel
Dans son plan, l'AEÉ annonce pour une date indéterminée une importante révision de la réglementation sur l'efficacité énergétique des bâtiments, qui aboutira notamment sur une norme Novoclimat plus rigoureuse et sur deux normes adaptées aux régions nordiques et arctiques.
Le secteur résidentiel est régi par un total de 29 priorités gouvernementales, ce qui a donné lieu à 27 programmes offerts aux consommateurs d'énergie qu'on retrouve dans le patrimoine bâti ou à venir. L'importance et la multiplicité — certains disent le fouillis! — des programmes offerts s'expliquent par l'importance du secteur, lequel consomme 20 % de toute l'énergie au Québec. Cette consommation se répartit ainsi: 68 % sous forme d'électricité, 6 % en gaz naturel, 17 % en mazout et 9 % en bois.
Le chauffage des locaux fournirait le potentiel d'amélioration le plus important, selon l'AEÉ, principalement en ce qui a trait à l'enveloppe des bâtiments et à l'efficacité des équipements de chauffage. L'essentiel des fonds des différents programmes offerts au public visent la clientèle des ménages à faible revenu, une mesure sociale qui accorde moins d'importance aux résidences souvent plus grandes et plus énergivores des mieux nantis.
De ce côté, l'agence vise principalement le remplacement des appareils de chauffage au mazout, le déploiement de nouvelles technologies énergétiques et le recours à des énergies renouvelables, y compris, mais marginalement, à la géothermie.
L'agence annonce qu'elle entend s'investir éventuellement dans des programmes destinés aux bâtiments à logements multiples et aux autoconstructeurs. La mesure la plus novatrice est sans contredit la possibilité de rendre obligatoire l'évaluation de la performance énergétique des résidences au moment de leur vente.
Commerces, industries et municipalités
Les 5300 bâtiments de ce secteur, dit des affaires, sont responsables d'une facture d'énergie annuelle de près de 800 millions $. Le potentiel d'économies se concentre du côté des bâtiments, dans l'achat et l'usage des véhicules. Mais de ce côté, rien d'obligatoire. On vise plutôt à informer, à former et à inciter à la reddition de comptes. En tout, 31 programmes, presque tous en place depuis un bon moment. L'agence annonce pour plus tard un «guichet unique» pour démêler, là aussi, les usagers, une approche plus fine des clientèles moins sensibles comme les petits commerces, et de s fonds pour la conception des futurs bâtiments.
Le secteur industriel, qui consomme déjà 39 % de l'énergie au Québec, obtient des fonds importants, comme ces 50 millions déjà offerts pour aider les entreprises à «réduire la période de récupération» de leurs investissements, par ailleurs déductibles de leurs revenus et donc en partie financés par le Trésor public. Dans ce secteur, aucune règle ne limite, comme du côté résidentiel, l'aide aux plus démunis.
Transports
Les vraies surprises de ce Plan d'ensemble se situent sans contredit du côté des transports, où l'agence propose de financer les «plus mauvais consommateurs», propriétaires de gros véhicules énergivores, s'ils veulent faire l'acquisition de véhicules qui consommeront minimalement trois litres de moins.
Aucun financement du genre n'est prévu pour encourager les consommateurs déjà moins énergivores et qui veulent le demeurer par des programmes de type «malus-bonus», comme l'Europe, d'autres provinces et des États voisins en utilisent avec succès depuis des années. En plus d'une aide à la mise au rancart des vielles voitures, l'agence annonce une aide supplémentaire, mais non définie, pour les «véhicules à haut rendement énergétique», comme les véhicules électriques.
Le plan de l'agence se limite enfin à un programme d'inspection et d'entretien sur les composantes mécaniques ayant une incidence sur la consommation de carburant, dont on ne voit aucunement la portée.
Enfin, l'agence propose un programme relativement marginal par son enveloppe budgétaire, consacré à l'innovation technologique et aux énergies alternatives.
Texte intégral: www.aee.gouv.qc.ca
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