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Sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Globe and Mail - 73 % des Québécois veulent un changement de gouvernement

Le PLQ et l'ADQ sont à égalité dans les intentions de vote

Robert Dutrisac   31 mai 2002  Québec
Les trois quarts des Québécois souhaitent un changement de gouvernement. Mais ils sont partagés à savoir qui, des adéquistes de Mario Dumont ou des libéraux de Jean Charest, sont les plus aptes à prendre la relève d'un gouvernement Landry en perte de vitesse.

C'est ce qu'indique le dernier sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Globe and Mail, réalisé entre le 23 et le 27 mai. Après la répartition des indécis, le Parti libéral du Québec obtient 35 % des intentions de vote, et l'Action démocratique du Québec, 32 %. Le Parti québécois ferme la marche avec 26 %. Sans la répartition des indécis, l'ADQ est bon premier avec 30 % des intentions de vote, contre 27 % pour les libéraux, et le PQ s'accroche à un mince 22 %.


Ce sondage confirme la phénoménale montée de l'ADQ, qu'avaient suggérée deux sondages SOM des 11 et 25 mai derniers. Contrairement à ces deux derniers coups de sonde, le nom des chefs de parti ne faisait pas partie de la question sur les intentions de vote, une mention qui favorise le parti de Mario Dumont, selon les sondeurs. De fait, l'appui au parti de Mario Dumont a grimpé jusqu'à 36 % avant la répartition des indécis dans le dernier sondage SOM, soit six points de plus que ce sondage-ci.


Mais la tendance apparue en mai se vérifie clairement. Avant cette poussée qui a suivi la victoire de l'ADQ dans la circonscription de Saguenay, le parti de Mario Dumont, avec 11,5 % des intentions de vote dans le sondage Léger de février 2002, demeurait un tiers parti qui n'avait aucune chance d'aspirer à devenir l'opposition officielle et encore moins à former le gouvernement. Le dernier sondage Léger devrait inquiéter tant les élus et les stratèges péquistes que leurs homologues libéraux car les nouvelles sont mauvaises pour les deux partis.


Depuis le dernier sondage de février, l'ADQ a gagné des points, tant du côté des libéraux que de celui des péquistes. Ainsi, le PLQ a perdu 10 points, et le PQ, 12. Le dernier sondage suggère fortement que l'ADQ gruge son appui sur les deux tableaux. À la question de savoir quel serait le deuxième choix des répondants, il y a autant de sympathisants adéquistes qui choisissent le PLQ que le PQ, ce qui peut témoigner de leur allégeance passée.


En outre, l'ADQ est le deuxième choix de 31 % des répondants, contre 20 % pour le PLQ et 17 % pour le PQ. Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, qui votent davantage en faveur des libéraux, ils sont 49 % à choisir l'ADQ comme deuxième choix.


Pour les libéraux, le faible appui que leur parti recueille chez les francophones est devenu une tendance préoccupante. Le PLQ arrive dernier chez les francophones avec 26 % des appuis, contre 30 % pour le PQ et 37 % pour le parti de Mario Dumont.


Un vent de changement souffle sur le Québec alors que 73 % des répondants souhaitent que le gouvernement change. Même parmi les électeurs péquistes, 35 % disent favoriser un tel changement. «Ce désir de changement est beaucoup plus large que la situation au Québec», a fait remarquer le sondeur Jean-Marc Léger. «Après dix ans de consolidation, il y a un retour du pendule.»


Autre indication de cette volonté: parmi les raisons invoquées par les répondants pour justifier leur appui à l'ADQ, c'est le changement qui vient au premier rang, avec 35 %, suivi de leur préférence pour Mario Dumont, à 19 %. Le mécontentement envers les deux autres partis compte pour 15 %.


Autre donnée essentielle: la satisfaction à l'endroit du gouvernement a chuté de huit points depuis février pour atteindre 40 %, ce qui représente le score le plus bas obtenu par le gouvernement depuis que Bernard Landry est devenu premier ministre. Le nombre de francophones qui se disent satisfaits n'est guère plus élevé, soit 42 %, contre 50 % il y a trois mois.


Toutefois, puisque les lunettes roses se portent beaucoup ce printemps-ci chez les élus du gouvernement, le PQ pourra peut-être voir là une chance de se rattraper: le nombre de répondants qui se disent satisfaits du gouvernement Landry est supérieur de 14 points aux 26 % des intentions de vote en faveur du PQ.





Méthode


Réalisé entre le 23 et le 27 mai auprès de 1001 répondants au Québec, ce sondage comporte une marge d'erreur maximale de plus ou moins 3,5 %, 19 fois sur 20.


La répartition des indécis est faite à l'aide d'une méthode propre à Léger Marketing, qui tient compte de différentes variables comme la satisfaction à l'endroit du gouvernement, les intentions de vote au fédéral, l'appui à la souveraineté et la langue maternelle. Dans cette enquête, la répartition des 14 % d'indécis s'est faite de la façon suivante: 57 % au PLQ, 29 % au PQ et 14 % à l'ADQ.
 
 
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