Le cabinet des valeurs sûres
Photo : Agence Reuters
Le conseil comptera 26 membres plutôt que 18 ; Les ministres seniors conservent leurs portefeuilles ; Jacques Dupuis devient leader parlementaire ; Gagnon-Tremblay passe au Trésor ; Des surprises: Kathleen Weil hérite de la Justice et Corbeil, des Aff
Québec — Pour affronter la tempête économique qu'il annonce, le premier ministre Jean Charest a concocté un nouveau conseil des ministres de 26 membres au lieu de 18 qui mise sur l'expérience dans les postes clés.
«Mon nouveau conseil des ministres aura une tâche particulière: il devra guider notre nation à travers la tempête économique et nous en faire sortir le plus rapidement possible», a déclaré Jean Charest dans son allocution au Salon rouge au terme de l'assermentation de chacun de ses ministres. Comme il s'y était engagé, son conseil des ministres comprend le même nombre de femmes que d'hommes.
Monique Jérôme-Forget garde le ministère des Finances mais cède la présidence du Conseil du trésor à Monique Gagnon-Tremblay qui, elle, abandonne le ministère des Relations internationales. «Les deux Monique tiennent la sacoche», a illustré Mme Gagnon-Tremblay.
Monique Jérôme-Forget a indiqué qu'elle avait demandé à M. Charest qu'il allège sa tâche. Mais la reine des PPP garde la responsabilité des infrastructures, ce qui comprend les négociations avec le gouvernement fédéral pour qu'il accélère la cadence du programme Chantier Canada.
Pour Monique Gagnon-Tremblay, c'est la deuxième fois qu'elle assume la présidence du Conseil du trésor. Elle a occupé cette fonction pendant neuf mois en 1994 au sein du gouvernement de Daniel Johnson. Mme Gagnon-Tremblay, dont on connaît le caractère buté, aura souvent à dire non à ses collègues dans cette période de ralentissement où les pressions seront fortes sur les finances publiques. Jean Charest a jugé qu'elle avait le caractère de l'emploi.
L'autre pilier sur le plan économique, Raymond Bachand, conserve exactement les mêmes responsabilités qu'avant, soit le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.
Une nomination surprenante dans les circonstances est celle de Jacques Dupuis comme leader parlementaire alors que Jean Charest en appelait, encore hier, «à la collaboration de tous les élus de notre Assemblée nationale». Reconnu pour son âpreté envers l'opposition, ce parlementaire d'expérience a occupé ce poste pendant le premier mandat libéral. Mais Jean Charest l'a jugé un peu trop cassant pour être leader du gouvernement minoritaire. La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a d'ailleurs indiqué, hier, que cette nomination lui déplaisait «très profondément».
Jacques Dupuis conserve le ministère de la Sécurité publique et cède celui de la Justice. Cet homme de confiance du premier ministre prend la responsabilité des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Réforme des institutions démocratiques, deux fonctions qu'occupait Benoît Pelletier, qui a quitté la politique. Jean Charest garde donc la main haute sur les négociations Québec-Ottawa, à l'instar du premier ministre Stephen Harper d'ailleurs.
Deux députés au profil économique qui avaient été laissés en plan en 2007 font leur entrée au cabinet: il s'agit de Pierre Arcand, cet ancien président de Corus Québec, qui va aux Relations internationales, et de l'ex-banquière Nicole Ménard, qui accède au Tourisme. Jean Charest place l'économie au centre des relations internationales du Québec, a-t-on souligné dans son entourage.
La candidate-vedette élue dans Notre-Dame-de-Grâce, Kathleen Weil, est nommée ministre de la Justice. Qui aurait dit qu'une ancienne responsable des affaires juridiques d'Alliance Québec deviendrait un jour ministre de la Justice du Québec? Mme Weil était à l'emploi d'Alliance Québec dans les années 80. Puis, on la retrouve à la tête de la Régie régionale de Montréal-Centre, où elle a défendu le droit pour les anglophones de recevoir des soins dans leur langue au sein du réseau de la santé. Elle présidait la Fondation du Grand Montréal depuis huit ans quand Jean Charest l'a approchée personnellement.
Michelle Courchesne conserve l'Éducation mais se déleste de la Famille. C'est le député Tony Tomassi, très populaire auprès de ses pairs, qui prend la relève. Le nouveau ministre de la Famille est père de cinq enfants, dont le plus jeune a trois ans.
Revenu à la politique, Robert Dutil redevient ministre, au Revenu cette fois-ci. Battu en 2007, Pierre Corbeil, après que son expérience de ministre des Ressources naturelles lui eut permis de conseiller des compagnies minières, revient lui aussi, cette fois-ci à titre de ministre responsable des Affaires autochtones. Nommée ministre en 2003 puis laissée de côté en 2007, Lise Thériault reprend du service à titre de ministre déléguée aux Services sociaux. Défaite en 2007 mais réélue le 8 décembre, Dominique Vien devient ministre des Services gouvernementaux. Seul député libéral de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Serge Simard est nommé ministre délégué aux Ressources naturelles.
Le vétéran Norm MacMillan accède au cabinet à titre de ministre délégué aux Transports. Le poste de whip qu'il occupait a été donné à Pierre Moreau. La présidence du caucus libéral a été accordée à Lawrence Bergman. Yvon Vallières devient le candidat que présentera Jean Charest à la présidence de l'Assemblée nationale le 13 janvier prochain.
Outre Raymond Bachand, 10 des 18 ministres du cabinet précédent conservent les mêmes fonctions. À cette liste, on peut ajouter le nom de Claude Béchard, qui reprend le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, qu'il avait dû quitter en raison de sa maladie. «Que je suis content de vous revoir», a-t-il lancé à des journalistes, un enthousiasme que peu de ministres montrent à l'endroit de cette profession.
Ainsi, parmi les figures de proue du gouvernement, Nathalie Normandeau reste vice-première ministre et ministre des Affaires municipales et des Régions, un titre auquel on a ajouté l'Occupation du territoire. Line Beauchamp est reconduite ministre du Développement durable et de l'Environnement et le Dr Yves Bolduc est indélogeable au ministère de la Santé et des Services sociaux. Julie Boulet garde les Transports, David Whissel, le Travail, Laurent Lessard, l'Agriculture, Marguerite Blais, les Aînés et Yolande James, l'Immigration et les Communautés culturelles.
Sam Hamad, dont on loue le cran pour avoir rencontré les travailleurs floués de Donnacona, conserve l'Emploi et la Solidarité sociale et reprend la responsabilité de la Capitale nationale des mains du premier ministre, qui avait pris la région sous son aile pour le 400e anniversaire de la fondation de Québec.
Jean Charest a jugé que Christine St-Pierre s'était suffisamment raffermie à la Culture et aux Communications pour conserver son poste. La ministre est aussi responsable de la Charte de la langue française, mais cette dénomination a été abolie en 2003. De toute façon Jean Charest n'a fait aucune allusion, hier, à la question de la langue.
Parmi les grands oubliés, on relève Geoff Kelley, à qui on a préféré Pierre Corbeil pour les Affaires autochtones, et l'économiste Alain Paquet, cet éternel ministrable. Jean Charest leur a toutefois parlé et entend leur confier certaines responsabilités.
«Mon nouveau conseil des ministres aura une tâche particulière: il devra guider notre nation à travers la tempête économique et nous en faire sortir le plus rapidement possible», a déclaré Jean Charest dans son allocution au Salon rouge au terme de l'assermentation de chacun de ses ministres. Comme il s'y était engagé, son conseil des ministres comprend le même nombre de femmes que d'hommes.
Monique Jérôme-Forget garde le ministère des Finances mais cède la présidence du Conseil du trésor à Monique Gagnon-Tremblay qui, elle, abandonne le ministère des Relations internationales. «Les deux Monique tiennent la sacoche», a illustré Mme Gagnon-Tremblay.
Monique Jérôme-Forget a indiqué qu'elle avait demandé à M. Charest qu'il allège sa tâche. Mais la reine des PPP garde la responsabilité des infrastructures, ce qui comprend les négociations avec le gouvernement fédéral pour qu'il accélère la cadence du programme Chantier Canada.
Pour Monique Gagnon-Tremblay, c'est la deuxième fois qu'elle assume la présidence du Conseil du trésor. Elle a occupé cette fonction pendant neuf mois en 1994 au sein du gouvernement de Daniel Johnson. Mme Gagnon-Tremblay, dont on connaît le caractère buté, aura souvent à dire non à ses collègues dans cette période de ralentissement où les pressions seront fortes sur les finances publiques. Jean Charest a jugé qu'elle avait le caractère de l'emploi.
L'autre pilier sur le plan économique, Raymond Bachand, conserve exactement les mêmes responsabilités qu'avant, soit le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.
Une nomination surprenante dans les circonstances est celle de Jacques Dupuis comme leader parlementaire alors que Jean Charest en appelait, encore hier, «à la collaboration de tous les élus de notre Assemblée nationale». Reconnu pour son âpreté envers l'opposition, ce parlementaire d'expérience a occupé ce poste pendant le premier mandat libéral. Mais Jean Charest l'a jugé un peu trop cassant pour être leader du gouvernement minoritaire. La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a d'ailleurs indiqué, hier, que cette nomination lui déplaisait «très profondément».
Jacques Dupuis conserve le ministère de la Sécurité publique et cède celui de la Justice. Cet homme de confiance du premier ministre prend la responsabilité des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Réforme des institutions démocratiques, deux fonctions qu'occupait Benoît Pelletier, qui a quitté la politique. Jean Charest garde donc la main haute sur les négociations Québec-Ottawa, à l'instar du premier ministre Stephen Harper d'ailleurs.
Deux députés au profil économique qui avaient été laissés en plan en 2007 font leur entrée au cabinet: il s'agit de Pierre Arcand, cet ancien président de Corus Québec, qui va aux Relations internationales, et de l'ex-banquière Nicole Ménard, qui accède au Tourisme. Jean Charest place l'économie au centre des relations internationales du Québec, a-t-on souligné dans son entourage.
La candidate-vedette élue dans Notre-Dame-de-Grâce, Kathleen Weil, est nommée ministre de la Justice. Qui aurait dit qu'une ancienne responsable des affaires juridiques d'Alliance Québec deviendrait un jour ministre de la Justice du Québec? Mme Weil était à l'emploi d'Alliance Québec dans les années 80. Puis, on la retrouve à la tête de la Régie régionale de Montréal-Centre, où elle a défendu le droit pour les anglophones de recevoir des soins dans leur langue au sein du réseau de la santé. Elle présidait la Fondation du Grand Montréal depuis huit ans quand Jean Charest l'a approchée personnellement.
Michelle Courchesne conserve l'Éducation mais se déleste de la Famille. C'est le député Tony Tomassi, très populaire auprès de ses pairs, qui prend la relève. Le nouveau ministre de la Famille est père de cinq enfants, dont le plus jeune a trois ans.
Revenu à la politique, Robert Dutil redevient ministre, au Revenu cette fois-ci. Battu en 2007, Pierre Corbeil, après que son expérience de ministre des Ressources naturelles lui eut permis de conseiller des compagnies minières, revient lui aussi, cette fois-ci à titre de ministre responsable des Affaires autochtones. Nommée ministre en 2003 puis laissée de côté en 2007, Lise Thériault reprend du service à titre de ministre déléguée aux Services sociaux. Défaite en 2007 mais réélue le 8 décembre, Dominique Vien devient ministre des Services gouvernementaux. Seul député libéral de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Serge Simard est nommé ministre délégué aux Ressources naturelles.
Le vétéran Norm MacMillan accède au cabinet à titre de ministre délégué aux Transports. Le poste de whip qu'il occupait a été donné à Pierre Moreau. La présidence du caucus libéral a été accordée à Lawrence Bergman. Yvon Vallières devient le candidat que présentera Jean Charest à la présidence de l'Assemblée nationale le 13 janvier prochain.
Outre Raymond Bachand, 10 des 18 ministres du cabinet précédent conservent les mêmes fonctions. À cette liste, on peut ajouter le nom de Claude Béchard, qui reprend le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, qu'il avait dû quitter en raison de sa maladie. «Que je suis content de vous revoir», a-t-il lancé à des journalistes, un enthousiasme que peu de ministres montrent à l'endroit de cette profession.
Ainsi, parmi les figures de proue du gouvernement, Nathalie Normandeau reste vice-première ministre et ministre des Affaires municipales et des Régions, un titre auquel on a ajouté l'Occupation du territoire. Line Beauchamp est reconduite ministre du Développement durable et de l'Environnement et le Dr Yves Bolduc est indélogeable au ministère de la Santé et des Services sociaux. Julie Boulet garde les Transports, David Whissel, le Travail, Laurent Lessard, l'Agriculture, Marguerite Blais, les Aînés et Yolande James, l'Immigration et les Communautés culturelles.
Sam Hamad, dont on loue le cran pour avoir rencontré les travailleurs floués de Donnacona, conserve l'Emploi et la Solidarité sociale et reprend la responsabilité de la Capitale nationale des mains du premier ministre, qui avait pris la région sous son aile pour le 400e anniversaire de la fondation de Québec.
Jean Charest a jugé que Christine St-Pierre s'était suffisamment raffermie à la Culture et aux Communications pour conserver son poste. La ministre est aussi responsable de la Charte de la langue française, mais cette dénomination a été abolie en 2003. De toute façon Jean Charest n'a fait aucune allusion, hier, à la question de la langue.
Parmi les grands oubliés, on relève Geoff Kelley, à qui on a préféré Pierre Corbeil pour les Affaires autochtones, et l'économiste Alain Paquet, cet éternel ministrable. Jean Charest leur a toutefois parlé et entend leur confier certaines responsabilités.
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