Corbeil revient au cabinet
Pierre Corbeil est de retour par la grande porte, avec la bénédiction du premier ministre Jean Charest, même si ce ministre des Ressources naturelles du premier gouvernement Charest, trois mois après sa défaite en mars 2007, s'était trouvé un emploi de conseiller pour une compagnie minière majeure et un poste au conseil d'administration d'une autre compagnie minière. Ce représentant de l'industrie minière a été nommé hier ministre des Affaires autochtones, au grand dam de l'Association des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL).
En 2003, Jean Charest a émis une directive qui interdit pendant deux ans à un ministre d'accepter une fonction dans une entreprise ou un siège à un conseil d'administration d'une entreprise avec laquelle «il a eu des rapports officiels directs et importants» comme ministre. Ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil était de ce fait ministre responsable du développement des mines. Pour sa défense, M. Corbeil a soutenu qu'il n'avait pas eu de tels rapports directs et importants avec Canadian Royalties. Or, cette entreprise mène le plus important projet minier des dernières années au Québec, d'une valeur d'un demi-milliard, soit une mine de nickel à Raglan-Sud, dans le Nunavik. Les Inuits de la société Mativik ont eu à transiger avec M. Corbeil comme ministre, puis comme conseiller stratégique de Canadian Royalties.
Jean Charest estime que Pierre Corbeil n'a pas enfreint la directive qu'il a signée. Son autorité de premier ministre n'a donc pas été bafouée, selon lui. «Évidemment, quand on quitte les fonctions ministérielles, la vie continue et les gens sont appelés à assumer des responsabilités», a avancé un Jean Charest compréhensif et bienveillant. «Il y a des fois où ça peut être des zones grises», a-t-il toutefois reconnu.
M. Charest a confirmé que M. Corbeil avait eu des «contacts» avec le gouvernement, mais «M. Corbeil a respecté la directive», a répété M. Charest.
Si M. Corbeil a eu des «contacts» avec le gouvernement pour le compte d'entreprises minières, c'est qu'il pouvait faire du lobbyisme. Mais voilà, M. Corbeil a toujours nié qu'il était un lobbyiste. Son nom n'a jamais figuré sur le registre tenu par le commissaire au lobbyisme.
Les autochtones en furie
La nomination de Pierre Corbeil a été vivement dénoncée par l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL). Son chef, Ghislain Picard, a d'ailleurs prévenu que son organisme allait carrément ignorer le nouveau titulaire du ministère des Affaires autochtones. À titre de «nations souveraines», les Premières Nations entendent plutôt s'adresser directement au premier ministre Charest, a-t-il répété. «Libre à lui d'assumer sa responsabilité ou de la négliger.»
Chose certaine, selon lui, «la relation de nation à nation ne peut être déléguée à un ministre junior». Or, lorsqu'il était ministre des Ressources naturelles, M. Corbeil a «largement démontré son incapacité totale à comprendre et à traiter adéquatement les questions liées aux Premières Nations». Il lui reproche notamment d'avoir opposé systématiquement une fin de non-recevoir à toutes les demandes des autochtones relatives aux questions «de territoire, de ressources ou de partage des royautés». Dans ce contexte, «on peut s'interroger sur le signal que nous envoie Jean Charest et sur sa motivation», a ajouté Ghislain Picard.
Il critique également la façon dont les libéraux semblent vouloir guider leur Plan Nord. «On nous parle d'un plan, on nous parle de la nécessité et même de l'obligation d'associer les Premières Nations au processus, mais tout ce qu'on a eu jusqu'à présent, c'est un projet qu'on n'a même pas vu sur papier, a déploré le chef de l'APNQL. En quoi les Premières Nations vont être impliquées? Est-ce que ça va être une vague consultation de ceux qui pourraient être impliqués? On ne sait pas grand-chose.»
Tout indique que les libéraux auront fort à faire s'ils souhaitent gagner la confiance des nations autochtones de la province. Il faut rappeler que quelques jours avant les dernières élections, M. Picard avait souligné que leur exaspération était telle que des volontés souverainistes se dessinaient. «On fait le constat de la faillite du processus politique, avait-il dit. On est peut-être rendus à lancer un processus d'accession à la souveraineté des Premières Nations. Si on trouve que notre relation politique, tant avec le Québec qu'avec le Canada, va vers un cul-de-sac, il faut peut-être réévaluer cette relation.»
En 2003, Jean Charest a émis une directive qui interdit pendant deux ans à un ministre d'accepter une fonction dans une entreprise ou un siège à un conseil d'administration d'une entreprise avec laquelle «il a eu des rapports officiels directs et importants» comme ministre. Ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil était de ce fait ministre responsable du développement des mines. Pour sa défense, M. Corbeil a soutenu qu'il n'avait pas eu de tels rapports directs et importants avec Canadian Royalties. Or, cette entreprise mène le plus important projet minier des dernières années au Québec, d'une valeur d'un demi-milliard, soit une mine de nickel à Raglan-Sud, dans le Nunavik. Les Inuits de la société Mativik ont eu à transiger avec M. Corbeil comme ministre, puis comme conseiller stratégique de Canadian Royalties.
Jean Charest estime que Pierre Corbeil n'a pas enfreint la directive qu'il a signée. Son autorité de premier ministre n'a donc pas été bafouée, selon lui. «Évidemment, quand on quitte les fonctions ministérielles, la vie continue et les gens sont appelés à assumer des responsabilités», a avancé un Jean Charest compréhensif et bienveillant. «Il y a des fois où ça peut être des zones grises», a-t-il toutefois reconnu.
M. Charest a confirmé que M. Corbeil avait eu des «contacts» avec le gouvernement, mais «M. Corbeil a respecté la directive», a répété M. Charest.
Si M. Corbeil a eu des «contacts» avec le gouvernement pour le compte d'entreprises minières, c'est qu'il pouvait faire du lobbyisme. Mais voilà, M. Corbeil a toujours nié qu'il était un lobbyiste. Son nom n'a jamais figuré sur le registre tenu par le commissaire au lobbyisme.
Les autochtones en furie
La nomination de Pierre Corbeil a été vivement dénoncée par l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL). Son chef, Ghislain Picard, a d'ailleurs prévenu que son organisme allait carrément ignorer le nouveau titulaire du ministère des Affaires autochtones. À titre de «nations souveraines», les Premières Nations entendent plutôt s'adresser directement au premier ministre Charest, a-t-il répété. «Libre à lui d'assumer sa responsabilité ou de la négliger.»
Chose certaine, selon lui, «la relation de nation à nation ne peut être déléguée à un ministre junior». Or, lorsqu'il était ministre des Ressources naturelles, M. Corbeil a «largement démontré son incapacité totale à comprendre et à traiter adéquatement les questions liées aux Premières Nations». Il lui reproche notamment d'avoir opposé systématiquement une fin de non-recevoir à toutes les demandes des autochtones relatives aux questions «de territoire, de ressources ou de partage des royautés». Dans ce contexte, «on peut s'interroger sur le signal que nous envoie Jean Charest et sur sa motivation», a ajouté Ghislain Picard.
Il critique également la façon dont les libéraux semblent vouloir guider leur Plan Nord. «On nous parle d'un plan, on nous parle de la nécessité et même de l'obligation d'associer les Premières Nations au processus, mais tout ce qu'on a eu jusqu'à présent, c'est un projet qu'on n'a même pas vu sur papier, a déploré le chef de l'APNQL. En quoi les Premières Nations vont être impliquées? Est-ce que ça va être une vague consultation de ceux qui pourraient être impliqués? On ne sait pas grand-chose.»
Tout indique que les libéraux auront fort à faire s'ils souhaitent gagner la confiance des nations autochtones de la province. Il faut rappeler que quelques jours avant les dernières élections, M. Picard avait souligné que leur exaspération était telle que des volontés souverainistes se dessinaient. «On fait le constat de la faillite du processus politique, avait-il dit. On est peut-être rendus à lancer un processus d'accession à la souveraineté des Premières Nations. Si on trouve que notre relation politique, tant avec le Québec qu'avec le Canada, va vers un cul-de-sac, il faut peut-être réévaluer cette relation.»
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