Le bon choix
Les Québécois ont souhaité se donner un gouvernement stable pour faire face à la crise économique qui s'annonce.
On a beau tenir un discours sur la démocratie, on oublie que les Québécois ont voté pratiquement dans la même proportion pour le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ). Le PLQ et le PQ ont d'ailleurs obtenu un plus grand nombre de votes en 2008 qu'en 2007. Toutefois, on remarque que près d'un demi-million d'électeurs qui avaient voté auparavant pour l'ADQ l'ont boudée lundi dernier. La responsabilité pour l'exercice du vote ne se limite pas exclusivement à un parti ou au premier ministre. C'est plutôt une responsabilité partagée.
Les États-Unis ont vécu un problème semblable pendant près d'un quart de siècle. Ronald Reagan et Bill Clinton ont été élus à la présidence des États-Unis avec des taux de participation oscillant à plus ou moins 50 %. Leur légitimité comme leaders n'a pas pour autant été remise en question. On pourrait par ailleurs s'inspirer des efforts déployés aux États-Unis depuis cinq ans pour accroître la participation au scrutin. Le taux de participation aux États-Unis a grimpé de plus de 15 % ces dernières années.
Le sens du mandat
Les défis économiques qui se présentent amènent les partis politiques à collaborer dans un esprit où les intérêts de la population transcendent les intérêts partisans. M. Charest a fait appel à la stabilité, mais aussi à la collaboration. L'appel semble d'ailleurs avoir été entendu par les partis d'opposition. La reconnaissance d'un statut officiel à l'ADQ représente d'ailleurs un premier test. À ce chapitre, l'initiative de M. Charest est à signaler.
L'annonce du départ de Mario Dumont était inattendue. Il faut souligner que la carrière de M. Dumont a été marquante dans le jeu électoral du Québec ces 15 dernières années. Il faut reconnaître le sacrifice que son engagement a pu imposer à ses proches et lui souhaiter bonne vie dans sa phase postparlementaire.
Il est clair que le Parti québécois a fait des gains significatifs — surtout auprès de l'ADQ —, mais sa performance a été bien en deçà de son score historique. Il serait par ailleurs faux de prétendre que le statut d'opposition officielle représente une résurrection de l'option souverainiste. La souveraineté n'était pas sur le bulletin de vote et Mme Marois en est la principale responsable. Ce n'est pas en parlant amplement de la souveraineté le soir de l'élection qu'on efface le fait qu'on n'en a pas (ou peu) parlé avant. Certes, une victoire morale encourage les troupes, mais comme l'ancien premier ministre Jacques Parizeau le disait: «Une victoire morale n'est en somme qu'une défaite.» Le Parti libéral sort de cette campagne ragaillardi. Il a fait des gains assez importants. Dix-huit nouveaux députés grossissent les rangs du parti. Le PLQ a aussi des représentants dans toutes les régions du Québec. Bref, le PLQ est loin d'être «le parti des Anglais». Cela dit, il est indéniablement le plus représentatif de l'ensemble de la population du Québec.
Il y a à peine 18 mois, on parlait de la possibilité que Jean Charest quitte la vie politique. Bien au contraire, il a tiré des leçons du verdict de 2007 et s'est engagé comme jamais auparavant à défendre les intérêts du Québec. Il a réussi avec le concept de la cohabitation à faire fonctionner un gouvernement minoritaire pendant 18 mois, il a obtenu l'appui de 97 % de ses militants et maintenant il obtient un troisième mandat consécutif. Il a réussi à garder son calme, à miser sur l'économie et à présenter une vision d'avenir cohérente pour faire face aux défis économiques. Bref, c'était le bon choix.
***
John Parisella est professeur associé à l'université Concordia et conseiller spécial du premier ministre Jean Charest.
Les États-Unis ont vécu un problème semblable pendant près d'un quart de siècle. Ronald Reagan et Bill Clinton ont été élus à la présidence des États-Unis avec des taux de participation oscillant à plus ou moins 50 %. Leur légitimité comme leaders n'a pas pour autant été remise en question. On pourrait par ailleurs s'inspirer des efforts déployés aux États-Unis depuis cinq ans pour accroître la participation au scrutin. Le taux de participation aux États-Unis a grimpé de plus de 15 % ces dernières années.
Le sens du mandat
Les défis économiques qui se présentent amènent les partis politiques à collaborer dans un esprit où les intérêts de la population transcendent les intérêts partisans. M. Charest a fait appel à la stabilité, mais aussi à la collaboration. L'appel semble d'ailleurs avoir été entendu par les partis d'opposition. La reconnaissance d'un statut officiel à l'ADQ représente d'ailleurs un premier test. À ce chapitre, l'initiative de M. Charest est à signaler.
L'annonce du départ de Mario Dumont était inattendue. Il faut souligner que la carrière de M. Dumont a été marquante dans le jeu électoral du Québec ces 15 dernières années. Il faut reconnaître le sacrifice que son engagement a pu imposer à ses proches et lui souhaiter bonne vie dans sa phase postparlementaire.
Il est clair que le Parti québécois a fait des gains significatifs — surtout auprès de l'ADQ —, mais sa performance a été bien en deçà de son score historique. Il serait par ailleurs faux de prétendre que le statut d'opposition officielle représente une résurrection de l'option souverainiste. La souveraineté n'était pas sur le bulletin de vote et Mme Marois en est la principale responsable. Ce n'est pas en parlant amplement de la souveraineté le soir de l'élection qu'on efface le fait qu'on n'en a pas (ou peu) parlé avant. Certes, une victoire morale encourage les troupes, mais comme l'ancien premier ministre Jacques Parizeau le disait: «Une victoire morale n'est en somme qu'une défaite.» Le Parti libéral sort de cette campagne ragaillardi. Il a fait des gains assez importants. Dix-huit nouveaux députés grossissent les rangs du parti. Le PLQ a aussi des représentants dans toutes les régions du Québec. Bref, le PLQ est loin d'être «le parti des Anglais». Cela dit, il est indéniablement le plus représentatif de l'ensemble de la population du Québec.
Il y a à peine 18 mois, on parlait de la possibilité que Jean Charest quitte la vie politique. Bien au contraire, il a tiré des leçons du verdict de 2007 et s'est engagé comme jamais auparavant à défendre les intérêts du Québec. Il a réussi avec le concept de la cohabitation à faire fonctionner un gouvernement minoritaire pendant 18 mois, il a obtenu l'appui de 97 % de ses militants et maintenant il obtient un troisième mandat consécutif. Il a réussi à garder son calme, à miser sur l'économie et à présenter une vision d'avenir cohérente pour faire face aux défis économiques. Bref, c'était le bon choix.
***
John Parisella est professeur associé à l'université Concordia et conseiller spécial du premier ministre Jean Charest.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

