vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 10h55
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

L'ADQ survivra, croit Dumont

«Je suis disponible pour rendre service, non pas pour être une belle-mère qui encombre»

Robert Dutrisac   11 décembre 2008  Québec
Mario Dumont a rencontré la presse hier, à l’issue du caucus des candidats élus et défaits de l’ADQ.
Photo : Clément Allard
Mario Dumont a rencontré la presse hier, à l’issue du caucus des candidats élus et défaits de l’ADQ.
Québec — Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, est convaincu que le parti qu'il a cofondé et qu'il dirige depuis 14 ans va survivre à son départ. Cet héritage qu'il laisse derrière lui, ce parti autonomiste de centre droit dont il se dit fier, ne disparaîtra pas.

«L'ADQ a un rôle très important à jouer dans le Québec», a affirmé Mario Dumont lors d'une longue conférence de presse tenue au Parlement après une réunion du caucus de ses députés réélus ou défaits. «Ma grande fierté, c'est que je laisse au Québec un parti avec des milliers et des milliers de membres [...], un courant d'idées autonomiste, de centre droit, a-t-il dit. J'aurais aimé laisser un héritage plus riche en nombre de sièges.»

Sa plus grande frustration, «c'est qu'il manquait cinq sièges en 2007», a signalé Mario Dumont. Cinq sièges de plus à l'ADQ et Mario Dumont serait devenu premier ministre, l'ultime ambition de cet homme de 38 ans.

L'ADQ sans Mario Dumont devra changer de nom puisque son nom officiel depuis 2003, c'est Action démocratique du Québec/Équipe Mario Dumont. C'est une simple formalité — une lettre au Directeur général des élections (DGE) —, mais elle n'est pas insignifiante. Il n'est pas facile d'imaginer cette formation politique, issue d'une scission au sein du Parti libéral, sans celui qui la dirige depuis 1994.

Le soir de l'élection, alors que le pire se confirmait pour son parti, Mario Dumont annonçait qu'il abandonnera la tête de l'ADQ et son siège de député de Rivière-du-Loup. Après une période de transition qui durera quelques semaines, voire quelques mois, il quittera la vie politique active. C'est tout juste avant le débat des chefs de la mi-campagne qu'il a envisagé cette conclusion, a-t-il souligné hier. La décision, même si elle a pris tout le monde par surprise lundi, était mûrie.

Idéalement, Mario Dumont aimerait rester jusqu'à ce que son successeur soit choisi, mais cela dépendra du caucus et des militants. «Je suis disponible pour rendre service, non pas pour être une belle-mère qui encombre», a-t-il assuré. Il entend rester neutre; il a donc refusé de commenter la candidature spontanée du maire d'Huntingdon, Stéphane Gendron. Mais il est parfaitement possible que le prochain chef de l'ADQ ne soit pas un élu, estime Mario Dumont.

Hier, le député de La Peltrie, qui fut porte-parole en matière de santé, Éric Caire, a confirmé qu'il songeait à se porter candidat. Or sa femme attend un quatrième enfant. «Si on s'engage comme chef de l'Action démocratique dans les prochaines années, cet engagement doit être total et entier pour reconstruire le parti», a-t-il dit à l'entrée du caucus. Après que son nom eut circulé, Gérard Deltell, nouvellement élu dans Chauveau, a indiqué hier qu'il ne sera pas candidat. Il entend se consacrer entièrement à «la tâche colossale» — ce sont les mots qu'il a employés — de simple député.

Mario Dumont croit que son départ permettra à des personnalités qui partagent des idées de centre droit de se manifester. Il a dit «rester un militant dans l'âme». Au prochain congrès de l'ADQ, «c'est moi qui vais avoir les "thunder sticks" dans les mains. Je vais être la première cheerleader des idées» de l'ADQ, a dit M. Dumont. Cette perspective semble l'enthousiasmer.

S'il faut se fier à ses dispositions actuelles, Mario Dumont ne recommencera pas une carrière politique de sitôt. «Je suis serein avec l'idée que, pour les 20 prochaines années, je vais faire autre chose et je vais être un homme heureux», a-t-il affirmé. Il n'est pas question qu'il se lance sur la scène politique fédérale. «Ça ne m'a jamais vraiment intéressé», a-t-il dit.

Mario Dumont a soutenu qu'il n'avait pas de plan, pas de projet précis. Ceux qui affirment le contraire sont «des bouffons qui parlent à travers leur chapeau».

Pour Mario Dumont, «la journée de lundi a été une journée sombre pour toute personne qui a un minimum de respect ou de considération pour la démocratie québécoise». Le chef adéquiste constate, non pas une simple baisse du taux de participation des électeurs, mais «un changement d'ordre de grandeur». À ses yeux, Jean Charest en portera le poids devant l'histoire.

Le 8 décembre, le Parti libéral n'a guère fait mieux que son score médiocre de 2007, soit 50 000 votes de plus. Le Parti québécois n'a que 15 000 voix de plus que le désastreux résultat de 2007. Le vote adéquiste, lui, a chuté de 700 000, soit de 60 %. On peut en déduire que bon nombre de ceux qui ont voté pour l'ADQ en 2007 ne se sont pas rendus voter en 2008. «C'est comme si nous avions été capables de les convaincre que les autres options n'étaient pas valables sans pouvoir les convaincre que cela valait la peine de voter pour nous», juge Mario Dumont. Le potentiel adéquiste, il est là.

Pour l'heure, les adéquistes doivent préparer la succession de Mario Dumont. L'exécutif du parti se réunit ce soir pour en discuter. L'ADQ tentera aussi de se faire conférer le statut de parti reconnu à l'Assemblée nationale, un privilège accordé aux partis qui obtiennent au moins 20 % des votes ou encore 12 sièges. Sont liés à ce statut un budget de fonctionnement et des droits d'intervention à la période de questions de l'Assemblée nationale. Le projet de réforme parlementaire prévoit un seuil de 15 % ou six députés. Le premier ministre Jean Charest s'est montré ouvert à accéder à la requête de l'ADQ, mais l'opposition officielle doit y donner son aval.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Serge Charbonneau
    Abonné
    jeudi 11 décembre 2008 05h03
    Un titre digne de l'ADQ, c'est-à-dire; stupide !
    «L'ADQ survivra croit Dumont!»

    Eh que ça me fait rire ces titres!
    Imaginez un moment si Dumont disait: "Ben voyons, si je m'en vais, c'est sûr que le parti disparaît!"

    C'est comme lorsqu'on lit: "Bush affirme que la guerre d'Irak est gagnée "
    Ou Harper qui dit: "On progresse en Afghanistan!"

    Ou encore qu'un tel déclare: "Je suis le meilleur!", lorsqu'un brillant journaliste lui demande: "Pensez-vous faire mieux?"
    Et l'on titre: «Le politicien déclare: "Je suis le meilleur!"»

    Donc, tout ça pour dire que parfois et même souvent quand je vois ces gros titres en première page, des titres imbéciles parce qu'évidemment ce sont des déclarations politiques "infaillibles", je ris tristement de voir la puérilité du journalisme.

    L'ADQ survivra croit Dumont!
    Qu'il y croie ou qu'il n'y croie pas, voyons Dumont ne peut pas dire autrement, il ne faut pas faire le cave et découvrir avec la surprise plein le visage que Dumont croit à la survie de l'Action débile du Québec (Je fais preuve d'aucun respect pour cette formation politique, oui! Et je n'ai même pas honte! Quand un parti surfe sur le préjugé, sur les vagues s'échappant des radios poubelles et qu'il racole les votes avec des bassesses populistes ayant les pires courant de pensée, il n'y a pas de honte à ne pas les respecter).

    Stéphane Gendron (le bouffon parfait pour reprendre la niaiserie) est prêt à récupérer l'Action Débile. C'est une simple formalité -- une lettre au Directeur général des élections (DGE) -- pour faire modifier Action débile du Québec/Équipe Mario Dumont en: Action débile du Québec/Équipe Stéphane Gendron. D'ailleurs Dumont - Gendron, ça rime et lorsque ça rime, les Adéquistes sont heureux, on entend les rires de phoques venir des quatre coins du centre autonomiste du Québec.

    «Mario Dumont ne recommencera pas une carrière politique de sitôt.»
    À l'instar de son idole, Robert Bourassa, Mario calembour Dumont prévoit probablement disparaître un temps de la scène politique pour mieux rebondir. Mais lui, ira-t-il étudier, bonifier ses connaissances, comme son parangon l'avait fait?

    C'est bien probable que l'ADQ ne disparaisse pas, tout le monde sait que le ridicule ne tue malheureusement pas et que les ridicules sont les plus vigoureux.
    Bien plus facile d'entraîner les gens vers la niaiserie que vers la réflexion.
    C'est tellement plus facile de rire comme un phoque que de penser comme le personnage sculptural de Rodin.

    Désolez, pour ces braves partisans de l'ADQ, d'avoir déversé ce fiel antiAdéquiste, mais que voulez-vous, comme disait notre illustre ex Premier ministre, j'ai toujours eu de la difficulté à supporter la niaiserie et encore plus les préjugés honteux.

    Pour moi, la défaite de l'ADQ et sa possible disparition, fut ma victoire morale des dernières élections.


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 11 décembre 2008 06h25
    L'avenir de l'ADQ
    Je n'aime pas frapper sur une personne à terre, mais le problème de M.Dumont futde créér un petit club privé avec ses amis. Il a donné l'Impression qu'il se fichait des gens. Il ne se donnait pas la peine d'accuser réception des courriels qui lui étaient adressées ou dessuggestions qui lui étaient faites. Il ne regardait pas les gens dans les yeux.Il me fait penser à la chanson d'Aznavour: "Je me voyais déjà" que nous connaissons tous.

  • Sylvio Le Blanc
    Abonné
    jeudi 11 décembre 2008 07h20
    57 % et non 60 %
    Pour être plus précis, le vote adéquiste a chuté de 57 % et non de 60 %.

  • Lemieux Line
    Inscrite
    jeudi 11 décembre 2008 07h53
    Noblesse oblige!
    L'ADQ ayant été opposition oficielle est, de ce fait, confirmé parti. Ce n'est pas à la portée du premier venu de pouvoir en faire autant. Donc, même s'il n'obtient pas les 20% requis, il est logique qu'il soit reconnu comme parti officiel.

    Line Lemieux

  • Dany Pelchat
    Abonné
    jeudi 11 décembre 2008 08h55
    L'ADQ: Chronique d'une mort annoncée.
    Depuis l'éclosion de son oeuf au début des années 1990, la dinde adéquiste vivait et engraissait en picorant, sans but précis, d'une controverse à l'autre au gré du temps et des événements (accommodements raisonnables, réouverture de la constitution, démantèlement des Commissions scolaires, garderies, Caisse de dépôt et de placements et autres).

    Malheureusement pour elle, le bourreau libéral déclencha, pour le 8 décembre 2008, des élections dont personne ne voulait en utilisant de faux arguments (la crise économique mondiale, trois paires de mains sur le volant, etc.). La dinde adéquiste, picorant de façon très malhabile dans les mauvais dossiers en utilisant des arguments démagogiques (perte de pensions, etc.), se retrouva malgré elle, la tête sur la bûche, directement sous la hache des électeurs frustrés par tant d'élections consécutives et par tant de faussetés véhiculées de toute part par le bourreau libéral.

    ET VLAN !!!

    La hache des électeurs fit son oeuvre et la dinde adéquiste se retrouva bien vite sans tête ! Volant dans tous les sens pendant quelques temps, elle finit par rendre l'âme d'une façon très autonome.

    Voici donc ce qui arrivera à l'ADQ dans les prochaines semaines ou prochains mois.

    J'espère que cette mort annoncée servira de leçon au bourreau libéral si un jour ses mensonges et ses idées mégalomanes revenaient à la surface.

    Dany Pelchat
    Lévis

  • Claude Archambault
    Inscrit
    jeudi 11 décembre 2008 09h42
    Parfaitement d'accord Madame Lemieux
    Je suis 100% avec vous à ce sujet. Si le PQ a eu des avantages spéciaux, normalement liés à l'opposition officielle, il est parfaitement normal d'accorder un certain statut à l'ADQ.

    Mais il ne faudrait pas exagèrer, le vers solitaire, lui ne représente que 4% de la population et tous concentrés dans 2 endroits. Si l'on fait cela pour lui, il faudrait le faire pour tous les indépendants et autres.

    La reconnaissance s'obtient avec une présence soutenu, un appuis régulier et représentatif. Et notre vers solitaire ne l'a pas encore ce statut.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 11 décembre 2008 10h21
    L'ADQ
    J'espère seulement que le bouffon Gendron n'accèdera pas à la chefferie du Parti. MM Caire et Deltell feraient de bons chefs de Parti. Ils sont articulés, modérés dans leurs propos et sont les meilleurs pour faire valoir les mérites d'une droite modérée. Malheureusement, pour qu'un Parti de centre droit agisse selon ses principes, il faudrait qu'il revoit tous les programmes sociaux, et réussisse à tout le moins,à en contrôler les coûts. Une telle mission est très difficile à faire avaler à un peuple qui est habitué à dépendre d'un État Providence.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    jeudi 11 décembre 2008 13h05
    « La mauvaise herbe repousse vite » ( Version 3 )
    « Un autre fou furieux »

    « La politique a horreur du vide » se disait-on dès nos toutes premières réunions il y a 10 ans qui ont mené à la fondation de Québec solidaire...

    À ce que je constate aujourd'hui, c'est plus vrai que jamais !

    «La mauvaise herbe repousse vite » est l'expression qui me semble la plus appropriée dans les circonstances...

    Ce fou furieux Stéphane Gendron est fin prêt pour reprendre le flambeau de la persécution des plus déshérités et des plus mal pris de notre société.

    Chez Québec solidaire, nous ne pourrons faire l'économie du travail d'éducation politique si nous voulons abattre au raz du tronc de tels énergumènes qui empestent nos ondes publiques et les empêcher de repousser...





    _____________________

    Christian Montmarquette
    Membre fondateur de Québec solidaire
    Musicien et membre de l'Union des Artistes (1977 / 1991)
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec

    MSN:http://christianmontmarquette.spaces.msn.com
    Ancien site électoral : www.ufp-laporte.ca.tc



    Textes de références :


    Voir : Un Mario Dumont de 83 Millions !:
    http://www.vigile.net/_Montmarquette-Christian_


    .

  • Guy Lemieux
    Abonné
    jeudi 11 décembre 2008 13h12
    Il est vrai que les ridicules ,,,,sont plus vigoureux...
    Quelques interventions ic1 n échappent pas à cette affirmation...

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    jeudi 11 décembre 2008 15h00
    D'abord un parti souverainiste créé par Me Jean Allaire...ensuite avec Mario Dumont, un parti autonomiste-opportuniste
    L'ADQ a été fondé par Jean Allaire. L'ayant rencontré en juin 1996 lors d'un déjeuner-causerie, je peux affirmer que Me Allaire a fondé un parti souverainiste, par la suite avec son départ, l'ADQ est devenu autonomiste-opportuniste. Monsieur Allaire ayant été du parti libéral pendant plus de trente ans affirmait lors de cette conférence que la souveraineté du Québec était la seule voie qu'il envisageait dorénavant. Pour ceux qui mettraient en doute cette affirmation, j'ai encore en ma possession les billets de cette rencontre et le résumé de son allocution de près de deux heures.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 11 décembre 2008 19h15
    M. Allaire
    M. Allaire, père de l'ADQ, devrait enseigner à ses disciples que la vraie autonomie c'est la souveraineté

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
11 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012