La succession - Stéphane Gendron offre ses services à l'ADQ
Photo : Agence Reuters
Mario Dumont
Le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, a confirmé hier son vif intérêt pour la direction de l'Action démocratique (ADQ), moins de 24 heures après le départ annoncé de Mario Dumont, à qui il a reproché d'avoir perdu contact avec la réalité et sa base militante.
De Rivière-du-Loup à Huntingdon, le centre de gravité de l'ADQ pourrait être appelé à se déplacer si le maire Gendron écoute ses instincts. «C'est évident que ça m'intéresse. J'écoeure le monde dans mon entourage depuis l'âge de 12 ans en leur disant que je vais devenir premier ministre un jour», a dit M. Gendron, hier lors d'un entretien téléphonique.
«Est-ce que ça m'intéresse? Oui, a ajouté le maire Gendron. Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne boirai pas de ton eau.»
M. Gendron n'a jamais été membre ou candidat de l'ADQ. Il aurait pu se présenter facilement dans la circonscription de Beauharnois, qui englobe Valleyfield, dit-il. «Il ne voulait pas de moi, Mario!»
Avec sept députés élus, l'ADQ a ressenti une forte déconvenue lundi soir. Selon les échos que M. Gendron a reçus auprès de candidats adéquistes, il n'y avait plus aucun sentiment d'appartenance au sein du parti. «Tout le monde savait que le bordel était pris à l'ADQ depuis des mois. Il a fait son possible, le pauvre gars», a dit M. Gendron en parlant de Mario Dumont, à qui il reproche de s'être réfugié dans une bulle imperméable à la réalité. «Ça vivait déconnecté de son monde, a-t-il dit. Mario avait perdu contact avec sa base.»
L'animateur, doté d'un sens de la formule tout aussi percutant que M. Dumont, estime qu'il est grand temps de «passer à l'eau de Javel» la formation née il y a 14 ans. Il a même réfléchi à quelques pistes de réforme pour l'ADQ, à commencer par une rupture nette avec les obsessions identitaires. «Être québécois, c'est une notion géographique. C'est tout», tranche-t-il.
Le maire Gendron croit également dur comme fer à l'idéal d'une société laïque. «La religion, ça n'a pas sa place dans la gestion de l'État. Dans mon livre à moi, il n'y en aurait pas d'accommodements raisonnables. Ce serait la laïcité, point à la ligne», dit-il.
Sur son blogue, le maire a listé dans une récente chronique le menu législatif d'un «gouvernement à la Gendron», dans lequel il reprend en partie les positions traditionnelles de l'ADQ.
M. Gendron abolirait les commissions scolaires. Il mettrait un terme à la réforme scolaire et il ramènerait le vouvoiement obligatoire dans les écoles. Il limiterait à deux années les prestations d'aide sociale pour les personnes aptes au travail. Il ramènerait la semaine de travail à 40 heures. Il abolirait les libérations conditionnelles dans les prisons. Il demanderait à Ottawa d'abroger la Loi sur les Indiens et de transformer les réserves en municipalités sous juridiction provinciale. Il imposerait aussi des élections à date fixe. Les élus provinciaux et municipaux seraient limités à deux mandats de quatre ans. Il établirait enfin une procédure de destitution pour les élus reconnus coupables d'un acte criminel.
Dans l'immédiat, M. Gendron suggère à l'ADQ de se trouver un chef par intérim, car il a la ferme intention de terminer son mandat à la mairie de Huntingdon, une ville qu'il refuse d'abandonner à son triste sort. Encore hier, la municipalité de 2600 habitants, en Montérégie, a perdu une centaine d'emplois avec les mises à pied annoncées à la Maison Russett, un producteur de frites surgelées. Et le maire s'attend à une quarantaine de suppressions de postes supplémentaires chez Folia, un fabricant de panneaux laminés. Par contre, M. Gendron n'a pas l'intention de solliciter un autre mandat à la mairie en novembre 2009. Dans l'intervalle, «je peux rester maire et me lancer dans la course à la chefferie», suggère-t-il.
Encore sous le choc des mauvais résultats de l'Action démocratique lundi soir, le député adéquiste Eric Caire a aussi manifesté son intérêt, hier, pour la succession de Mario Dumont.
M. Caire a affirmé qu'une course à la succession de M. Dumont devra être organisée rapidement si le chef adéquiste confirme son intention de partir, lors d'un caucus qui rassemblera les députés aujourd'hui.
Le député de la circonscription de La Peltrie, près de Québec, s'est dit sous le choc à la suite de l'annonce, lundi soir, du départ de M. Dumont.
«On va attendre de voir ce que M. Dumont va nous dire [aujourd'hui] pour le réaliser, a-t-il déclaré lors d'une entrevue. Je compare ça à quand vous allez au salon funéraire. On vous annonce la mort de quelqu'un, mais, tant que vous ne l'avez pas vu dans la tombe, vous ne le réalisez pas.»
Le chef adéquiste, qui est resté loin des projecteurs hier, a assuré qu'il demeurerait en poste durant la période de transition.
Au terme du scrutin, son parti n'a récolté que 17 % des votes et fait élire sept députés, comparativement à 31 % et 41 députés à la dernière élection.
Même s'il a exprimé clairement qu'il est intéressé par la direction de l'ADQ, M. Caire a affirmé qu'il doit encore discuter avec sa conjointe de sa candidature éventuelle. «C'est un défi que j'aimerais relever, mais, en même temps, la question c'est: "est-ce que c'est le bon temps de le faire maintenant"», a-t-il dit en faisant référence à ses obligations familiales.
M. Caire est père de trois enfants, et sa conjointe est actuellement enceinte.
Selon M. Caire, l'ADQ doit passer par une phase de reconstruction qui nécessitera une tournée des régions afin de remobiliser les troupes. «Ça va prendre un chef très présent, qui va être partout, qui va soulever les militants et ranimer la flamme», a-t-il dit.
Le leader parlementaire du parti, Sébastien Proulx, était également pressenti comme un successeur potentiel de Mario Dumont. Battu dans sa circonscription de Trois-Rivières, M. Proulx a indiqué hier à RDI qu'une course à la direction ne faisait toutefois pas partie de son plan.
De Rivière-du-Loup à Huntingdon, le centre de gravité de l'ADQ pourrait être appelé à se déplacer si le maire Gendron écoute ses instincts. «C'est évident que ça m'intéresse. J'écoeure le monde dans mon entourage depuis l'âge de 12 ans en leur disant que je vais devenir premier ministre un jour», a dit M. Gendron, hier lors d'un entretien téléphonique.
«Est-ce que ça m'intéresse? Oui, a ajouté le maire Gendron. Il ne faut jamais dire, fontaine, je ne boirai pas de ton eau.»
M. Gendron n'a jamais été membre ou candidat de l'ADQ. Il aurait pu se présenter facilement dans la circonscription de Beauharnois, qui englobe Valleyfield, dit-il. «Il ne voulait pas de moi, Mario!»
Avec sept députés élus, l'ADQ a ressenti une forte déconvenue lundi soir. Selon les échos que M. Gendron a reçus auprès de candidats adéquistes, il n'y avait plus aucun sentiment d'appartenance au sein du parti. «Tout le monde savait que le bordel était pris à l'ADQ depuis des mois. Il a fait son possible, le pauvre gars», a dit M. Gendron en parlant de Mario Dumont, à qui il reproche de s'être réfugié dans une bulle imperméable à la réalité. «Ça vivait déconnecté de son monde, a-t-il dit. Mario avait perdu contact avec sa base.»
L'animateur, doté d'un sens de la formule tout aussi percutant que M. Dumont, estime qu'il est grand temps de «passer à l'eau de Javel» la formation née il y a 14 ans. Il a même réfléchi à quelques pistes de réforme pour l'ADQ, à commencer par une rupture nette avec les obsessions identitaires. «Être québécois, c'est une notion géographique. C'est tout», tranche-t-il.
Le maire Gendron croit également dur comme fer à l'idéal d'une société laïque. «La religion, ça n'a pas sa place dans la gestion de l'État. Dans mon livre à moi, il n'y en aurait pas d'accommodements raisonnables. Ce serait la laïcité, point à la ligne», dit-il.
Sur son blogue, le maire a listé dans une récente chronique le menu législatif d'un «gouvernement à la Gendron», dans lequel il reprend en partie les positions traditionnelles de l'ADQ.
M. Gendron abolirait les commissions scolaires. Il mettrait un terme à la réforme scolaire et il ramènerait le vouvoiement obligatoire dans les écoles. Il limiterait à deux années les prestations d'aide sociale pour les personnes aptes au travail. Il ramènerait la semaine de travail à 40 heures. Il abolirait les libérations conditionnelles dans les prisons. Il demanderait à Ottawa d'abroger la Loi sur les Indiens et de transformer les réserves en municipalités sous juridiction provinciale. Il imposerait aussi des élections à date fixe. Les élus provinciaux et municipaux seraient limités à deux mandats de quatre ans. Il établirait enfin une procédure de destitution pour les élus reconnus coupables d'un acte criminel.
Dans l'immédiat, M. Gendron suggère à l'ADQ de se trouver un chef par intérim, car il a la ferme intention de terminer son mandat à la mairie de Huntingdon, une ville qu'il refuse d'abandonner à son triste sort. Encore hier, la municipalité de 2600 habitants, en Montérégie, a perdu une centaine d'emplois avec les mises à pied annoncées à la Maison Russett, un producteur de frites surgelées. Et le maire s'attend à une quarantaine de suppressions de postes supplémentaires chez Folia, un fabricant de panneaux laminés. Par contre, M. Gendron n'a pas l'intention de solliciter un autre mandat à la mairie en novembre 2009. Dans l'intervalle, «je peux rester maire et me lancer dans la course à la chefferie», suggère-t-il.
Encore sous le choc des mauvais résultats de l'Action démocratique lundi soir, le député adéquiste Eric Caire a aussi manifesté son intérêt, hier, pour la succession de Mario Dumont.
M. Caire a affirmé qu'une course à la succession de M. Dumont devra être organisée rapidement si le chef adéquiste confirme son intention de partir, lors d'un caucus qui rassemblera les députés aujourd'hui.
Le député de la circonscription de La Peltrie, près de Québec, s'est dit sous le choc à la suite de l'annonce, lundi soir, du départ de M. Dumont.
«On va attendre de voir ce que M. Dumont va nous dire [aujourd'hui] pour le réaliser, a-t-il déclaré lors d'une entrevue. Je compare ça à quand vous allez au salon funéraire. On vous annonce la mort de quelqu'un, mais, tant que vous ne l'avez pas vu dans la tombe, vous ne le réalisez pas.»
Le chef adéquiste, qui est resté loin des projecteurs hier, a assuré qu'il demeurerait en poste durant la période de transition.
Au terme du scrutin, son parti n'a récolté que 17 % des votes et fait élire sept députés, comparativement à 31 % et 41 députés à la dernière élection.
Même s'il a exprimé clairement qu'il est intéressé par la direction de l'ADQ, M. Caire a affirmé qu'il doit encore discuter avec sa conjointe de sa candidature éventuelle. «C'est un défi que j'aimerais relever, mais, en même temps, la question c'est: "est-ce que c'est le bon temps de le faire maintenant"», a-t-il dit en faisant référence à ses obligations familiales.
M. Caire est père de trois enfants, et sa conjointe est actuellement enceinte.
Selon M. Caire, l'ADQ doit passer par une phase de reconstruction qui nécessitera une tournée des régions afin de remobiliser les troupes. «Ça va prendre un chef très présent, qui va être partout, qui va soulever les militants et ranimer la flamme», a-t-il dit.
Le leader parlementaire du parti, Sébastien Proulx, était également pressenti comme un successeur potentiel de Mario Dumont. Battu dans sa circonscription de Trois-Rivières, M. Proulx a indiqué hier à RDI qu'une course à la direction ne faisait toutefois pas partie de son plan.
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