Élection d'un premier député de Québec solidaire - Un petit pas pour l'homme, un pas de géant pour la gauche
Photo : Jacques Grenier
Amir Khadir et Françoise David
L'un jubile, l'autre encaisse le coup. Au lendemain des élections, le chef du Parti vert du Québec (PVQ), Guy Rainville, s'est dit «déçu» des résultats du scrutin et annonce qu'il va, dans les prochains mois, «revoir les bases» de sa formation politique. Pour sa part, Québec solidaire (QS), s'est encore une fois réjoui de l'élection de son premier député, Amir Khadir, dans Mercier, «qui a fait mentir plusieurs chroniqueurs», a dit Françoise David, une des deux porte-parole de QS. Mais elle reconnaît toutefois que son parti a encore beaucoup de travail «pour conquérir le coeur et l'esprit de [ses] contemporains».
Avec 3,79 % des suffrages, QS n'a en effet pas amélioré de manière significative ses appuis au sein de la population. Pis, dans l'absolu, le parti de gauche a même perdu l'appui de 21 000 électeurs, par rapport à 2007, «mais vous savez pourquoi? lance Mme David. C'est à cause du taux de participation le plus bas depuis 1927.»
Au-delà des chiffres, Québec solidaire estime avoir malgré tout «amélioré ses résultats» en effectuant des «percées dans plusieurs comtés», comme Hull et Taschereau, dans le coin de Québec, mais aussi dans Outremont, Rosemont ou Laurier-Dorion, sur l'île de Montréal. Par ailleurs, la victoire de M. Khadir, face au péquiste Daniel Turp dans Mercier, a été qualifiée de «grand pas» qui vient d'être franchi par le jeune parti de gauche. «Nous pensons que cela va être un levier intéressant, a dit Mme David. Cela va peut-être donner envie à d'autres» d'élire un député solidaire.
Professeur de science politique à l'université McGill et coauteur d'une étude sur la montée des tiers partis à l'élection de 2007, Éric Bélanger estime lui aussi que l'entrée d'un solidaire à l'Assemblée va donner «plus de visibilité» à ce petit parti, désormais quatrième en importance sur la scène politique. Mais il maintient toutefois que l'élection d'Amir Khadir relève de l'épiphénomène, «un peu comme l'élection de Thomas Mulcair dans Outremont», dit-il. «Je ne pense pas qu'il soit possible de dégager une tendance sur cette base.» Et il ajoute: «L'électorat de QS est très typé, très à gauche et ne rejoint pas un grand bassin d'électeurs au Québec. Il n'y a donc pas pour lui grande place à la croissance.»
De la croissance, le PVQ en a rêvé au début de la campagne en annonçant ses intentions de doubler ses appuis — en 2007, les Verts avaient séduit 3,85 % de l'électorat. Avec désormais 2,18 % des suffrages, l'objectif n'a pas été atteint. «La population, mais aussi nos troupes qui sortaient d'une élection fédérale, étaient essoufflés, justifie Guy Rainville. Et puis nous avons manqué de ressources humaines et financières sur le terrain. Dès janvier, je compte d'ailleurs amorcer une grande tournée du Québec pour parler du PVQ, écouter les besoins de la population, et revoir nos bases à l'échelle de la province.»
Pour Brian Gibb, ex-président du PVQ, la débâcle est «décevante», mais elle était aussi «prévisible». Le chef des verts, dont il a contesté publiquement le leadership en septembre dernier avant de claquer la porte du parti, «a mené une campagne nationale pas vraiment extraordinaire, dit-il. Contrairement à QS, il n'a pas réussi à s'imposer et à imposer les idées du parti dans le débat public. Il doit aujourd'hui en assumer la responsabilité», dit-il.
Pour Éric Bélanger, les verts ont aussi été victimes du manque d'intérêt pour les questions environnementales lors de cette campagne. «Les grands partis ont aussi fait un effort pour aller chercher le vote vert», dit-il en évoquant le passage de Scott McKay, ex-chef des verts au Parti québécois (PQ). Dans l'absolu, le PVQ ressort perdant du vote de lundi avec un recul de 82 000 voix par rapport à 2007. Cela devrait entraîner une perte de 54 000 $ annuellement dans son budget, selon les règles de financement des partis politiques.
Avec 3,79 % des suffrages, QS n'a en effet pas amélioré de manière significative ses appuis au sein de la population. Pis, dans l'absolu, le parti de gauche a même perdu l'appui de 21 000 électeurs, par rapport à 2007, «mais vous savez pourquoi? lance Mme David. C'est à cause du taux de participation le plus bas depuis 1927.»
Au-delà des chiffres, Québec solidaire estime avoir malgré tout «amélioré ses résultats» en effectuant des «percées dans plusieurs comtés», comme Hull et Taschereau, dans le coin de Québec, mais aussi dans Outremont, Rosemont ou Laurier-Dorion, sur l'île de Montréal. Par ailleurs, la victoire de M. Khadir, face au péquiste Daniel Turp dans Mercier, a été qualifiée de «grand pas» qui vient d'être franchi par le jeune parti de gauche. «Nous pensons que cela va être un levier intéressant, a dit Mme David. Cela va peut-être donner envie à d'autres» d'élire un député solidaire.
Professeur de science politique à l'université McGill et coauteur d'une étude sur la montée des tiers partis à l'élection de 2007, Éric Bélanger estime lui aussi que l'entrée d'un solidaire à l'Assemblée va donner «plus de visibilité» à ce petit parti, désormais quatrième en importance sur la scène politique. Mais il maintient toutefois que l'élection d'Amir Khadir relève de l'épiphénomène, «un peu comme l'élection de Thomas Mulcair dans Outremont», dit-il. «Je ne pense pas qu'il soit possible de dégager une tendance sur cette base.» Et il ajoute: «L'électorat de QS est très typé, très à gauche et ne rejoint pas un grand bassin d'électeurs au Québec. Il n'y a donc pas pour lui grande place à la croissance.»
De la croissance, le PVQ en a rêvé au début de la campagne en annonçant ses intentions de doubler ses appuis — en 2007, les Verts avaient séduit 3,85 % de l'électorat. Avec désormais 2,18 % des suffrages, l'objectif n'a pas été atteint. «La population, mais aussi nos troupes qui sortaient d'une élection fédérale, étaient essoufflés, justifie Guy Rainville. Et puis nous avons manqué de ressources humaines et financières sur le terrain. Dès janvier, je compte d'ailleurs amorcer une grande tournée du Québec pour parler du PVQ, écouter les besoins de la population, et revoir nos bases à l'échelle de la province.»
Pour Brian Gibb, ex-président du PVQ, la débâcle est «décevante», mais elle était aussi «prévisible». Le chef des verts, dont il a contesté publiquement le leadership en septembre dernier avant de claquer la porte du parti, «a mené une campagne nationale pas vraiment extraordinaire, dit-il. Contrairement à QS, il n'a pas réussi à s'imposer et à imposer les idées du parti dans le débat public. Il doit aujourd'hui en assumer la responsabilité», dit-il.
Pour Éric Bélanger, les verts ont aussi été victimes du manque d'intérêt pour les questions environnementales lors de cette campagne. «Les grands partis ont aussi fait un effort pour aller chercher le vote vert», dit-il en évoquant le passage de Scott McKay, ex-chef des verts au Parti québécois (PQ). Dans l'absolu, le PVQ ressort perdant du vote de lundi avec un recul de 82 000 voix par rapport à 2007. Cela devrait entraîner une perte de 54 000 $ annuellement dans son budget, selon les règles de financement des partis politiques.
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