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Une participation très faible

Alexandre Shields   9 décembre 2008  Québec
Était-ce le froid, ou alors la grogne des Québécois à l'égard d'une campagne électorale qu'ils ne souhaitaient pas? Toujours est-il que les chefs des trois principaux partis ont eu beau insister sur la nécessité pour tout un chacun d'aller voter hier, le taux de participation s'acheminait vers son plus bas niveau jamais enregistré.

Au moment de mettre sous presse, peu après 23h, le taux de participation dépassait à peine les 56 %, un chiffre appelé à augmenter très légèrement. En fait, un peu plus de 3,2 millions de personnes ont voté, sur un total de 5 738 811 électeurs inscrits.

Pour retrouver un taux aussi faible, il faut remonter à 1927. Or, si on avait alors connu un taux de participation de 56,38 %, c'est que, pour ce scrutin et les précédents, «le calcul des taux de participation [incluait] toutes les circonscriptions électorales, même celles où il y [avait] eu élection par acclamation, a-t-on précisé hier soir au bureau du Directeur général des élections. Cela a pour effet de diminuer de façon considérable les taux de participation».

Tout au long de la journée, les chiffres ont démontré le désintérêt marqué des électeurs pour cette course au pouvoir qu'ils n'avaient pas souhaitée. Déjà, en fin d'avant-midi, les chiffres dévoilés par le Directeur général des élections (DGE) du Québec indiquaient une participation plus faible qu'au scrutin du 26 mars 2007. Ainsi, à 11h30, 5,82 % des 5 730 468 électeurs inscrits avaient exercé leur droit de vote. Par comparaison, en 2007, 9,26 % des personnes inscrites avaient déjà voté à pareille heure. Un écart qui s'est creusé au fil de la journée.

Cette tendance à la baisse n'est d'ailleurs pas nouvelle. Le nombre d'électeurs qui ont déposé leur bulletin de vote dans l'urne n'a pas cessé de diminuer depuis quelques années. Après avoir atteint 81,58 % en 1994, les taux de participation aux élections générales ont été de 78,32 % en 1998, de 70,42 % en 2003 — le deuxième plus bas taux depuis 1927 — et de 71,23 % en 2007.

En fait, seul le vote par anticipation a connu une hausse cette année. Durant les journées fixées pour le vote par anticipation la semaine dernière, 674 569 personnes ont voté, soit 11,78 % du nombre total d'électeurs inscrits sur les listes électorales. En mars 2007, 573 647 électeurs avaient voté par anticipation, soit 10,23 %.

Selon la porte-parole du Directeur général des élections, Cynthia Gagnon, la chute du mercure qui a frappé le Québec hier pourrait avoir joué un rôle. Il faut dire que, même si le thermomètre affichait des températures variant de -16 à -24 degrés Celsius dans plusieurs villes du Québec, les températures ressenties, elles, se situaient plutôt autour des -30 degrés Celsius. «C'est difficile d'isoler un facteur, mais on ne sait jamais», a affirmé Mme Gagnon.

Irrégularités

Par ailleurs, certains électeurs ont été refoulés lorsqu'ils se sont présentés à leur bureau de vote, n'étant pas inscrits sur la liste électorale. Or il fallait être inscrit avant le jour du scrutin pour pouvoir exercer son droit de vote. Aux élections fédérales, on peut effectuer cette formalité sur place. En se présentant, l'électeur devait ensuite établir son identité après avoir décliné ses nom et adresse au scrutateur. Pour ce faire, il pouvait présenter l'un ou l'autre des documents suivants: sa carte d'assurance maladie, son permis de conduire, son passeport canadien, son certificat de statut d'Indien ou sa carte d'identité des Forces canadiennes. Le Devoir a toutefois constaté que des scrutateurs demandaient aussi aux électeurs de présenter une preuve écrite de leur adresse, dans un bureau de vote situé dans la circonscription de Hochelaga-Maisonneuve. Mme Gagnon a simplement indiqué qu'ils avaient peut-être mal compris les procédures, tout en soulignant qu'il s'agissait d'un cas isolé.

Le directeur adjoint de campagne du Parti québécois de Sherbrooke, Yves Beauvais, a par ailleurs condamné les «malversations libérales» qui auraient permis à des électeurs de voter à domicile sans respecter les conditions prévues à la Loi électorale. Le service juridique national du Parti québécois a porté officiellement plainte contre le Parti libéral auprès du Directeur général des élections. Commentant ces allégations, le DGE, Marcel Blanchet, a admis qu'il pouvait y avoir eu «quelques cas d'abus», mais il ne croit pas qu'il faille mettre en cause cette façon de faire pour autant.

Enfin, à Montréal, quelques pannes d'électricité ont forcé la fermeture de certains bureaux pendant une partie de la journée dans Saint-Henri-Sainte-Anne. Ces bureaux sont donc demeurés ouverts jusqu'à 21h pour compenser le temps perdu.
 
 
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  • Jimmy Ung
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 04h28
    Les Orphelins de la Démocratie
    Quarante-quatre pourcents: Le meilleur taux d'abstention de l'histoire de notre démocratie.

    Ironiquement, la vraie victoire, démocratiquement parlant, reviendrait non pas au parti élu hier, mais bien à ceux qui, ensemble, auront manifesté leurs abstentions envers cela.

    Car 44, c'est plus que les 42 du parti qui sera au pouvoir.

    Et que contrairement à ce que certains pensent, l'abstention est en soi une manifestation sérieuse qui mérite pleinement notre attention.

    Car derrière le geste de l'inaction se trouve bien souvent une considération bienveillante qui dépasse grandement le véhicule électoral d'usage.

    Ainsi, le pouvoir appartient à ceux qui ne le veulent pas et nous voilà donc dans une impasse plutôt gênante...

    Mais de garde, notre démocratie n'est pas directe mais bien représentative et il s'y trouvera bien plus d'uns qui seront prêt à prendre la balle échappé par l'orphelin, dès sont premier bond.

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 06h48
    Faiblesse de la participation électorale
    Les mêmes causes produisent-elles les mêmes effets? Autrement dit, peut-on risquer une comparaison entre la faible participation à cette élection, 56 % des électeurs, du jamais vu selon les calcules modernes, et le taux record jamais enregistré à des élections fédérales, avec 59, 1 % de participants?

    Dans les deux cas, avec un mode de scrutin identique, le déclenchement des élections a été « le fait du prince ». S. Harper a pris prétexte - un faux prétexte- du non-fonctionnement de la Chambre des communes pour utiliser la clause dérogatoire à la loi établissant des élections à date fixe, qu'il avait fait voter, en vue d'obtenir un gouvernement majoritaire, en profitant de la faiblesse du Parti libéral. Sa stratégie n'a pas eu les résultats escomptés.

    Jean Charest a utilisé l'économie pour déclencher des élections, en se fiant sans doute à des sondages favorables, en vue d'obtenir un gouvernement majoritaire, qu'il a gagné d'extrême justesse.

    Les électeurs indiqueraient-ils, aux chefs de gouvernement qu'ils devraient respecter des dates d'échéances électorales, en se conformant à la loi fédérale dans le cas du gouvernement conservateur, en instaurant des élections à dates fixes au Québec, comme l'ont fait l'Ontario et la Colombie-Britannique? On peu se poser la question.

    Il serait donc intéressant d'organiser une enquête auprès des non-votants, comme celle faite en 2003 à l'instigation d'Élections Canada, afin de mieux connaître les motifs des abstentionnistes et de remédier, dans la mesure du possible, aux facteurs modifiables. L'inutilité du vote était fréquemment mentionné, il ne changera rien, on y parle aussi de la domination d'un parti, etc. L'élection fédérale du 14 octobre était jugée inutile ou partisane, par nombre de citoyens. Un grand désintérêt semblait se manifester à l'égard de l'élection québécoise dans la population.

    Il faudrait en connaître davantage, car une faible participation est l'indice d'un déficit démocratique. De fait, les pourcentages obtenus par les partis, 42 % pour les libéraux, 35 % pour le PQ, 17 % pour l'ADQ et au niveau fédéral 37, 63 % pour les conservateurs, 26,24 % pour les libéraux, 18,20 % pour le NPD, doivent s'inscrire dans les pourcentages de la participation, 56 % et 59,1 % respectivement.

    Ces petits calculs donnent la position respective des partis dans l'ensemble de la population et5 la relativise. Cela peut même déboucher sur une question de légitimité, comme on l'a vu lors de la crise fédérale. Il n'est pas inutile de remettre les choses en perspective et les chefs de gouvernement et leurs conseillers devraient aussi tenir compte de l'humeur des citoyens dans l'élaboration de leurs stratégies politico-politiciennes. Cela pourrait leur éviter quelques surprises.

  • André Lord
    Inscrite
    mardi 9 décembre 2008 07h57
    Le vote des snowbirds
    Si les snowbirds réussissaient à voter plus facilement...
    Ça ne changerait peut-être pas le monde, mais...
    Et si l'internet était mis à profit...
    Puisque je peux payer toutes mes factures par Internet, pourquoi ne pourrais-je pas voter de la même façon...?
    Après avoir respecté toutes les consignes et tous les échéanciers, notre vote a très peu de chances d'atteindre l'urne à temps. Mon épouse et moi avons finalement reçu nos bulletins de vote EN DOUBLE, à la suite de combien d'appels téléphoniques et de courriels. Mais hélàs trop tard! De plus, il aurait fallu débourser 29$ à USPS et plus encore à UPS pour espérer gagner le sprint final. Enfin, une estimation rapide me permet de dire que le bureau du DGE a dû débourser pas moins de 75$ (Poste, UPS et appels téléphoniques) pour nous, 2 électeurs frustrés dont les votes aboutiront probablement à la poubelles!
    Je comprends maintenant pourquoi les amis québécois rencontrés ici ne font même plus l'effort de tenter de voter, puisque ce fut toujours une cause perdue pour eux.

  • andré michaud
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 08h15
    Froidure de toute sorte
    Le froid glacial a découragé bien des gens âgés au détriment des libéraux et à l'avantage du PQ.

    Trop de libéraux certains de gagner n'ont pas été voter, ce qui aurait pu être très dangereux et nous précipiter dans un autre gouvernement minoritaire nous conduisant à d'autres élections l'an prochain...ouf!

    D'autres citoyens sont tout simplement tannés d'avoir des élections à répétition. Heureusement pour nous tous, on devrait être tranquille pour 4 ans...

  • Denis Beaulé
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 09h10
    Dion, Dumont ; abstention et consolidation
    Au nombre des événements les plus marquants de ce 8 décembre «historique», se trouvent l'annonce du départ de leur chefferie des Dion et Dumont, le haut taux d'abstention au vote, une reconsolidation du PQ, et la rentrée à l'ANQ de l'intrépide solidaire et coloré Amir Khadir.

    Mario Dumont n'est pas un nul. À preuve, il avait été qualifié ici même d'«homme de l'année» par Michel David en décembre dernier. Plus un échec est retentissant, plus il peut être garant d'un devenir lui-même positivement retentissant ailleurs, plus tard ou autrement. Tel a été, du moins, le sort d'un philosophe déchu il y a 2000 ans.

    Pascal disait du peuple qu'il est un bon juge souvent. Hier n'aura pas manqué de le confirmer. Juste ce qu'il faut de majorité au parti déjà au pouvoir pour qu'il puisse achever son «oeuvre» (s'il en est), pour assurer une stabilité suffisante mais pas trop, afin justement de prévenir une reproduction de la suffisance ayant caractérisé ce gouvernement ou son chef lors de leur premier mandat. Les élections n'étaient pas justifiées. mais leur résultat, lui, l'est. Super!

    Le haut taux d'abstention indique lui aussi à sa façon que le peuple n'est probablement pas si bête qu'on l'eût cru. Enfin!, celui-ci soupirera-t-il intérieurement, on parle de moi. Car... D'aucuns, à commencer par le DGE même, ont suggéré instamment d'au moins prendre la peine d'aller annuler son vote. Or, combien de fois en a-t-il été question du pourcentage de voix annulées? Combien de minutes y a-t-on consacrées? Pas une maudite. VOILÀ ce pourquoi, en ce moment, ne donne rigoureusement rien l'annulation du vote. Alors que l'abstention, elle, interpelle et préoccupe. Et fait jaser... Si les «grands penseurs» et autres grands «faiseux» de morale électorale pouvaient en venir à saisir ne serait-ce que cela du résultat de ces dernières élections, notre nation aurait vachement évolué grâce à elles.

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 09h48
    Désabusement 1, politiciens 0
    Pouvait-on s'attendre à autre chose ?

    Les citoyens ne sont peut-être aussi désintéressés qu'on le pense. Ils ont compris que Jean Charest a voulu des élections pour des motifs peu louables et qu'il nous a joué la comédie.

    On se surprend après de la faible participation, alors qu'une autre illustration de la petitesse politicienne vient de nous être servie.

    ....

  • Joannie Grenier
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 10h06
    Le frois de Mme Gagnon et les votes qui s'envolent
    La baisse du taux de participation c'est du jamais vu, or, les températures en baisses empêcheraient les citoyens de pratiquer leur devoir, donc aucune raison d'accorder une importance à cette baisse puisqu'elle n'est significative. C'est du pragmatisme ésotérique. Bref, un raisonnement inconséquent mélangé avec des croyances en l'air d'une mythologie mystérieuse.

    Où sont donc passés les enfants indigo?

    Ces enfants surdoués qui n'ont pas froid aux dents, ont mordu à l'appelle hier, 8 décembre. Du pareil aux mêmes depuis leurs tendres enfances, ils ont appris à gérer leurs émotions et leurs accoutrements pour braver le froid statique en cas d'obligation citoyenne. Dans les boîtes du scrutin, aucune trace de politique, aucun trace de leur aura indigo.

    Le politique a disparu de nos écrans avec l'eau du bain qui s'est transformé en frette national qui refroidit les enfants surdoués. L'écran a endormis les plus vieux citoyens pendant que les enfants, derrière les bibelots et les vieilles statues continuent de devenir des grandes femmes et des grands hommes pour se réchauffer entre eux.

  • Normand Chaput
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 10h29
    il nous faudrait un parti abstentionniste
    Un parti qui nous prometterait de s'abstenir sur tout et même de ne pas se présenter en chambre. Les politiciens, dans une Chambre des communes à moitiée vide, et dont les discours enflammés iraient résonner sur des banquettes vides et désintéressées, auraient l'air un peu plus fous. Et nous aurions enfin le gouvernement qu'on mérite.

  • Claude Stordeur
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 11h30
    Pas de projet pour emballer les jeunes
    Pas de projet pour emballer les jeunes.
    Pas de participation des jeunes.
    Pas de nouvelles idées accrochantes.
    Pas d'avenir intéressant.
    Pas assez de formation et trop de décrochage.

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 12h24
    Légale mais illégitime
    Cette élection est légale mais tout à fait illégitime, le parti des Pierre-Légaré ayant eu le plus de votes.

    Dans les années 70, on descendait dans la rue pour un rien. Aujourd'hui, le Québec reste assis devant sa télé à écouter le Loft et Occupation Double.

  • Francis Loiselle
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 16h00
    mode de scrutin = passé date
    Il faut arreter de trouver des défaites et admettre la vérité: le mode de scrutin que nous possèdons n'est plus adéquat pour le Québec. Arretons de trouver des excuses sur la température ou sur les candidats: en changeant le mode de scrutin pour un plus représentatif, certains problèmes peuvent être reglés notamment celui du taux de participation.

    Si vous observez les modes des scrutins belges ou allemands, vouz verrez qu'il devient beaucoup plus intéressant de voter dans ces pays.

    Ainsi chaque parti qui possède plus d'un pourcent serait représenté. Moins stable le gouvernement serait peut-être, mais beaucoup plus démocratique et je crois que c'est cela qui fait, entres autres, chuter le taux de participation

    De plus, certaines circonscriptions ne sont plus légales selon la loi électorale. Plusieurs même. Si les journalistes en ont glissé vaguement un mot, il faut tout de même savoir que ce nombre grandit à chaque élection.

    Il faut savoir aussi que la carte électorale n'a pas été réaménagée depuis plus de 20 ans. Il est temps de faire le ménage.

    Ce qui est le plus désolant dans tout ça, c'est que les députés se vantent trop souvent de représenter les électeurs de façon démocratique, mais ils sont les derniers à vouloir changer tout ceci et c'est eux qui possèdent le pouvoir pour que tout cela se fasse.

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