Courte majorité pour Charest
Photo : Jacques Nadeau
Jean Charest a obtenu le gouvernement majoritaire qu’il souhaitait pour combattre la tempête économique qui s’annonce, mais il n’aura gagné son pari que de justesse.
Guidé par son opportunisme, Jean Charest a remporté son pari hier, mais de justesse. Et l'élection a fait une victime de taille: Mario Dumont a annoncé qu'il tirait sa révérence comme chef de l'Action démocratique du Québec.
«Je ne serai pas à la tête de mon parti lors des prochaines élections générales au Québec, a affirmé Mario Dumont dans son discours en soirée. J'ai adoré ce que j'ai fait, mais le temps est venu pour moi de tourner la page.» Le chef adéquiste se donne quelques semaines pour assurer la transition.
La majorité libérale est très mince. Ne reste plus qu'à la tempête économique de s'abattre sur le Québec, le prétexte qu'avait choisi le chef libéral pour déclencher ces élections précipitées. «L'enjeu économique auquel le Québec est confronté doit transcender nos rivalités», a dit Jean Charest en soirée.
Le Parti québécois, dirigé par Pauline Marois, a fait mentir les derniers sondages, montrant une vigueur que le faible taux de participation de l'élection d'hier, soit moins de 57 % contre 70 % au dernier scrutin de 2007, n'a pas entamée. Les stratèges libéraux qui pensaient obtenir sans problème le même score qu'en 2003, soit 76 députés, ont été confondus.
Au moment de mettre sous presse, les libéraux récoltaient 66 sièges, le PQ remportait 51 circonscriptions et l'ADQ ne comptait plus que 7 élus. Le PLQ obtenait 42 % des suffrages, le PQ 35 % et l'ADQ 17 %. Québec solidaire a fait une percée dans Mercier, où le co-porte-parole de la formation politique, Amir Khadir, l'emportait sur le péquiste Daniel Turp.
À 20h15, le réseau TVA annonçait que le PLQ formerait le gouvernement, sans préciser toutefois s'il serait majoritaire ou minoritaire. À 20h34, Radio-Canada annonçait que le prochain gouvernement serait libéral et majoritaire.
La chef péquiste rayonnait hier soir. «Nous formons l'opposition officielle la plus forte depuis la Révolution tranquille, a déclaré Pauline Marois. Le Parti québécois, c'est un grand parti, c'est un parti qui a retrouvé sa fougue.»
Avec Pauline Marois à sa tête, le PQ a recueilli 24 points de plus que les médiocres 28 % qu'avait obtenus le parti souverainiste sous la gouverne d'André Boisclair. Pauline Marois, dont c'était la première campagne à titre de chef de parti, est la première femme élue à devenir chef de l'opposition officielle.
Le Parti libéral du Québec et le Parti québécois se sont partagé la dépouille de l'Action démocratique du Québec. L'ADQ a été rayée de la carte dans le «450», les gains allant au PQ. Dans le Centre-du-Québec et en Mauricie, l'ADQ a été décimée, les libéraux étant favorisés dans le partage des circonscriptions adéquistes.
L'ADQ avait remporté 41 circonscriptions en 2007, moins les circonscriptions de deux transfuges qui sont passés au Parti libéral juste avant le déclenchement des élections. Le PQ a conquis 20 comtés adéquistes, et le PLQ, 12. En Montérégie, dans la couronne nord de Montréal, dans la Mauricie, dans le Centre-du-Québec, en Beauce et dans la région de Québec, ce fut l'hécatombe pour le parti de Mario Dumont, hécatombe qui a favorisé tantôt les libéraux, tantôt les péquistes. Dans de nombreuses circonscriptions, des luttes très serrées ont opposé libéraux et péquistes. Le sort d'environ 20 % des circonscriptions était en voie d'être décidé par moins de 300 voix. Par exemple, de façon surprenante, une circonscription comme Laurier-Dorion à Montréal a été chaudement disputée. Dans Crémazie, la candidate péquiste Lisette Lapointe a remporté la victoire avec une faible marge.
Les têtes d'affiche adéquistes sont tombées comme des mouches: le leader parlementaire Sébastien Proulx, Sylvain Légaré qui, à la faveur d'une élection partielle en 2004, avait amorcé dans Vanier la percée de l'ADQ, et Gilles Taillon, élu dans Chauveau dans la région de Québec en 2007, qui s'est lui-même suicidé politiquement en se présentant dans Chapleau, en Outaouais, où il n'avait aucune chance. En revanche, le solide porte-parole en santé, Éric Caire, l'a emporté dans La Peltrie et le candidat-vedette Gérald Deltell, un journaliste de TQS qui avait fait le saut en politique, a été élu. De son côté, le whip François Bonnardel a eu le dessus dans une lutte serrée. Ce sera sans doute le noyau de l'ADQ sans Mario Dumont.
Les deux transfuges de l'ADQ qui sont passés au Parti libéral, André Riedl dans Iberville et Pierre Michel Auger dans Champlain, ont mordu la poussière, et c'est le PQ qui a remporté ces circonscriptions.
Dans la couronne nord de Montréal, dans les Basses-Laurentides et dans Lanaudière, l'ADQ avait emporté 10 des 12 circonscriptions, qui avaient toutes une longue tradition péquiste avant que ne déferle la vague adéquiste en 2007. Elles sont retournées au PQ. Le même scénario s'est répété dans la couronne sud, où les adéquistes ont été balayés et remplacés par des péquistes.
Dans la région de Québec, 7 des 11 circonscriptions étaient aux mains de l'ADQ. Il ne lui en restait plus que deux. Sur la rive sud de Québec, un véritable bastion adéquiste, les sept circonscriptions des régions de Chaudière-Appalaches, de la Beauce et de Lotbinière étaient dans le giron adéquiste; trois circonscriptions leur restent.
Dans deux régions-ressources, des luttes chaudement disputées opposaient libéraux et péquistes dans des circonscriptions qui appartenaient au PQ. Le PQ a conservé la plupart de ses acquis dans Saguenay-Lac-Saint-Jean. Mais les libéraux faisaient un gain aux dépens du PQ à Gaspé, à Rouyn-Noranda et à Abitibi-Est.
«Je ne serai pas à la tête de mon parti lors des prochaines élections générales au Québec, a affirmé Mario Dumont dans son discours en soirée. J'ai adoré ce que j'ai fait, mais le temps est venu pour moi de tourner la page.» Le chef adéquiste se donne quelques semaines pour assurer la transition.
La majorité libérale est très mince. Ne reste plus qu'à la tempête économique de s'abattre sur le Québec, le prétexte qu'avait choisi le chef libéral pour déclencher ces élections précipitées. «L'enjeu économique auquel le Québec est confronté doit transcender nos rivalités», a dit Jean Charest en soirée.
Le Parti québécois, dirigé par Pauline Marois, a fait mentir les derniers sondages, montrant une vigueur que le faible taux de participation de l'élection d'hier, soit moins de 57 % contre 70 % au dernier scrutin de 2007, n'a pas entamée. Les stratèges libéraux qui pensaient obtenir sans problème le même score qu'en 2003, soit 76 députés, ont été confondus.
Au moment de mettre sous presse, les libéraux récoltaient 66 sièges, le PQ remportait 51 circonscriptions et l'ADQ ne comptait plus que 7 élus. Le PLQ obtenait 42 % des suffrages, le PQ 35 % et l'ADQ 17 %. Québec solidaire a fait une percée dans Mercier, où le co-porte-parole de la formation politique, Amir Khadir, l'emportait sur le péquiste Daniel Turp.
À 20h15, le réseau TVA annonçait que le PLQ formerait le gouvernement, sans préciser toutefois s'il serait majoritaire ou minoritaire. À 20h34, Radio-Canada annonçait que le prochain gouvernement serait libéral et majoritaire.
La chef péquiste rayonnait hier soir. «Nous formons l'opposition officielle la plus forte depuis la Révolution tranquille, a déclaré Pauline Marois. Le Parti québécois, c'est un grand parti, c'est un parti qui a retrouvé sa fougue.»
Avec Pauline Marois à sa tête, le PQ a recueilli 24 points de plus que les médiocres 28 % qu'avait obtenus le parti souverainiste sous la gouverne d'André Boisclair. Pauline Marois, dont c'était la première campagne à titre de chef de parti, est la première femme élue à devenir chef de l'opposition officielle.
Le Parti libéral du Québec et le Parti québécois se sont partagé la dépouille de l'Action démocratique du Québec. L'ADQ a été rayée de la carte dans le «450», les gains allant au PQ. Dans le Centre-du-Québec et en Mauricie, l'ADQ a été décimée, les libéraux étant favorisés dans le partage des circonscriptions adéquistes.
L'ADQ avait remporté 41 circonscriptions en 2007, moins les circonscriptions de deux transfuges qui sont passés au Parti libéral juste avant le déclenchement des élections. Le PQ a conquis 20 comtés adéquistes, et le PLQ, 12. En Montérégie, dans la couronne nord de Montréal, dans la Mauricie, dans le Centre-du-Québec, en Beauce et dans la région de Québec, ce fut l'hécatombe pour le parti de Mario Dumont, hécatombe qui a favorisé tantôt les libéraux, tantôt les péquistes. Dans de nombreuses circonscriptions, des luttes très serrées ont opposé libéraux et péquistes. Le sort d'environ 20 % des circonscriptions était en voie d'être décidé par moins de 300 voix. Par exemple, de façon surprenante, une circonscription comme Laurier-Dorion à Montréal a été chaudement disputée. Dans Crémazie, la candidate péquiste Lisette Lapointe a remporté la victoire avec une faible marge.
Les têtes d'affiche adéquistes sont tombées comme des mouches: le leader parlementaire Sébastien Proulx, Sylvain Légaré qui, à la faveur d'une élection partielle en 2004, avait amorcé dans Vanier la percée de l'ADQ, et Gilles Taillon, élu dans Chauveau dans la région de Québec en 2007, qui s'est lui-même suicidé politiquement en se présentant dans Chapleau, en Outaouais, où il n'avait aucune chance. En revanche, le solide porte-parole en santé, Éric Caire, l'a emporté dans La Peltrie et le candidat-vedette Gérald Deltell, un journaliste de TQS qui avait fait le saut en politique, a été élu. De son côté, le whip François Bonnardel a eu le dessus dans une lutte serrée. Ce sera sans doute le noyau de l'ADQ sans Mario Dumont.
Les deux transfuges de l'ADQ qui sont passés au Parti libéral, André Riedl dans Iberville et Pierre Michel Auger dans Champlain, ont mordu la poussière, et c'est le PQ qui a remporté ces circonscriptions.
Dans la couronne nord de Montréal, dans les Basses-Laurentides et dans Lanaudière, l'ADQ avait emporté 10 des 12 circonscriptions, qui avaient toutes une longue tradition péquiste avant que ne déferle la vague adéquiste en 2007. Elles sont retournées au PQ. Le même scénario s'est répété dans la couronne sud, où les adéquistes ont été balayés et remplacés par des péquistes.
Dans la région de Québec, 7 des 11 circonscriptions étaient aux mains de l'ADQ. Il ne lui en restait plus que deux. Sur la rive sud de Québec, un véritable bastion adéquiste, les sept circonscriptions des régions de Chaudière-Appalaches, de la Beauce et de Lotbinière étaient dans le giron adéquiste; trois circonscriptions leur restent.
Dans deux régions-ressources, des luttes chaudement disputées opposaient libéraux et péquistes dans des circonscriptions qui appartenaient au PQ. Le PQ a conservé la plupart de ses acquis dans Saguenay-Lac-Saint-Jean. Mais les libéraux faisaient un gain aux dépens du PQ à Gaspé, à Rouyn-Noranda et à Abitibi-Est.
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