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Mauricie - L'ADQ perd toutes ses batailles

François Desjardins   9 décembre 2008  Québec
Sébastien Proulx n’a récolté que 18 % du vote dans Trois-Rivières. Leader de l’opposition officielle et porte-parole en matière d’éducation, M. Proulx, un des piliers de l’ADQ, ne représentait la circonscription que depuis mars 2007.
Photo : Jacques Nadeau
Sébastien Proulx n’a récolté que 18 % du vote dans Trois-Rivières. Leader de l’opposition officielle et porte-parole en matière d’éducation, M. Proulx, un des piliers de l’ADQ, ne représentait la circonscription que depuis mars 2007.
Vainqueur dans quatre des cinq circonscriptions de la Mauricie en mars 2007, le parti de Mario Dumont a complètement disparu de la carte régionale hier, victime d'un chassé-croisé péquiste et libéral qui s'est soldé par la défaite cuisante de son leader parlementaire dans Trois-Rivières, Sébastien Proulx.

Après avoir confié des majorités convaincantes aux candidats de l'Action démocratique l'an dernier, les électeurs de la Mauricie — qui s'inquiètent encore et toujours du déclin des secteurs forestier et manufacturier — ont redistribué les quatre sièges entre les mains du Parti québécois et du Parti libéral. Sans surprise, la ministre des Transports, Julie Boulet, a conservé son siège dans Laviolette.

Tous les députés sortants demandaient aux électeurs de renouveler leur mandat. Mais dans chacune des cinq circonscriptions, l'ADQ n'a pu faire mieux qu'une troisième place, se contentant d'appuis oscillant entre 11 % et 22 % du vote populaire.

Éclaboussée l'an dernier par la question des accommodements raisonnables et l'affaire Hérouxville, la campagne électorale s'est recentrée sur des enjeux strictement locaux de même que sur les façons de recycler la main-d'oeuvre, de diversifier l'économie régionale et de mettre un terme à la dévitalisation des villages mono-industriels.

Le Québec dans son ensemble a souffert de la hausse du dollar canadien, mais en Mauricie, dont l'histoire est tissée de fil industriel, l'impact a été particulièrement brutal. La fermeture d'innombrables usines dans cette région-ressource de 260 000 habitants n'a laissé aucun doute sur la difficulté que vivent les compagnies qui tentent de se réinventer.

En 2007, les sondages avaient largement prédit le raz-de-marée adéquiste. Cette fois, même si les enquêtes d'opinion n'annonçaient rien de positif pour l'ADQ, elles se sont néanmoins contredites sur les appuis au PQ et au PLQ, de sorte que tout semblait possible.

Dans Trois-Rivières, où l'on s'inquiète entre autres des retards dans l'agrandissement du Centre hospitalier régional et de l'impact du Ludoplex auprès des joueurs compulsifs, Sébastien Proulx n'a récolté que 19 % du vote, une chute de 20 points depuis le dernier scrutin.

La circonscription de Trois-Rivières s'est donc retrouvée entre les mains de la libérale Danielle St-Amand, qui dirige le Festival western de Saint-Tite. Elle a terminé la soirée avec 960 voix de plus que le péquiste Yves St-Pierre, président de la Société Saint-Jean-Baptiste pour la Mauricie.

M. Proulx, un des piliers de l'ADQ, représentait Trois-Rivières depuis mars 2007. «Je suis déçu. C'est une pause, mais on verra pour la suite», a-t-il dit sur les ondes de Radio-Canada. Il ne fait pas une croix sur un éventuel retour en politique.

Dans Saint-Maurice, qui ressent toujours les contrecoups un an après la fermeture de la Belgo, le péquiste Claude Pinard, député de 1994 à 2007, a récolté 41 % des appuis avec une avance de 631 voix sur la candidate libérale, Céline Trépanier. Le député sortant pour l'ADQ, Robert Deschamps, était loin derrière, à 15 %.

Dans Champlain, dont un enjeu est l'amas de 300 000 tonnes de déchets laissés en plan après la faillite de Compostage Mauricie et la relance de l'usine Aleris, la péquiste Noëlla Champagne a repris une circonscription qu'elle avait représentée de 2003 à 2007. Forte d'une avance de plus de 2000 voix, elle a défait Pierre Michel Auger, député sortant de l'ADQ qui est devenu libéral en octobre, et Luc Arvisais, directeur général du Centre local de développement et candidat adéquiste en 2003.

Dans la circonscription de Maskinongé, Jean-Paul Diamond, maire de Saint-Alexis-des-Monts, s'est donné une avance confortable de 2300 voix sur le candidat du PQ, Rémy Désilets, député de 1994 à 2003. Le comté était jusque-là représenté par Jean Damphousse, porte-parole adéquiste en matière de politique de la ruralité.

La victoire libérale dans Laviolette, durement frappée par les difficultés du secteur forestier, n'a surpris personne. Élue pour la première fois lors d'une élection partielle en octobre 2001, la ministre Julie Boulet, détentrice du portefeuille des Transports, l'a une fois de plus emporté avec une très grosse majorité. Au moment de mettre sous presse, elle récoltait déjà 59 % du vote et 6200 voix de plus que son plus proche rival, le péquiste Claude Lessard.






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