L'ADQ moribonde, Mario Dumont abandonne
Photo : Agence Reuters
Mario Dumont a surpris ses partisans hier en annonçant son retrait de la vie politique.
Rivière-du-Loup — Coup de théâtre, et même véritable bombe politique hier à Rivière-du-Loup: Mario Dumont se retire. Au beau milieu d'une soirée qui avait déjà toutes les allures d'une veillée funéraire, il a annoncé qu'il ne dirigerait pas l'ADQ lors des prochaines élections. L'émotion a envahi la salle.
C'est une page complète de l'histoire politique du Québec qui s'est tournée vers 22h15, en direct de l'hôtel Universel. Mario Dumont était au milieu de son discours quand il a lâché des mots qui ont complètement sonné la foule: «J'aurais beaucoup aimé avoir des résultats différents, a-t-il dit. Mais les Québécois ont tranché, et nous acceptons le verdict. Dans ce contexte, j'assume devant les Québécois toute la responsabilité.»
«Vous ne serez pas surpris de m'entendre vous dire que je ne serai pas à la tête de mon parti lors des prochaines élections générales au Québec», a-t-il ensuite dit, jetant un silence absolu dans la foule. M. Dumont dirigeait le parti depuis 1994. À 38 ans, il était le chef de parti le plus expérimenté du Québec.
Ses partisans étaient carrément abasourdis, incrédules. Les journalistes présents cachaient mal leur étonnement, eux aussi: si la question de l'avenir personnel de M. Dumont avait été abordée durant la campagne (il avait notamment avoué qu'il «y a une vie après la politique»), personne ne s'attendait à ce qu'il annonce hier soir cette importante décision. Une stupéfaction totale.
«Au cours des prochaines semaines, je m'appliquerai à travailler avec les élus, à leur faciliter la transition au sein du parti afin que tout se passe de la meilleure façon possible pour le bien du Québec, a indiqué M. Dumont. C'est avec beaucoup de passion que je sers le Québec à titre de député depuis 14 ans. J'ai adoré ce que j'ai fait, mais le temps est venu pour moi de tourner la page et de retrouver les miens.»
Il n'a pas donné de détails concernant les modalités de son départ. On ne savait donc pas, au moment de mettre sous presse, s'il entend compléter son mandat de député en entier. Le ton de son discours laisse toutefois présager d'un départ assez rapide.
Mario Dumont a pris le temps de féliciter ses adversaires, les députés de son caucus et ceux qui ont été battus, avant de réitérer sa foi en l'ADQ. «Depuis sa fondation, notre parti a joué un rôle essentiel dans le débat politique au Québec, que ce soit sur l'avenir du Québec, le rôle de notre État, les solutions pour notre système de santé, nos écoles, nos familles [...]. Il a été et demeure un moteur de changement dont le Québec a besoin», a dit le leader.
«Nous devrons maintenant nous concentrer à retrouver ce qui nous unit comme Québécois, a-t-il ajouté. Nul doute que nous y parviendrons.»
Cela dit, M. Dumont a quitté la scène pour aller embrasser sa femme et ses trois enfants, que l'on avait vus s'amuser dans les couloirs de l'hôtel en fin d'après-midi. En état de choc, la foule ovationna M. Dumont tant bien que mal, ne sachant trop comment réagir à la nouvelle.
Le chef avait les yeux rougis, le regard triste, mais aussi une certaine sérénité sur le visage au moment d'enlacer ses enfants. Sa plus jeune fille lui a remis un dessin. Son épouse, Marie-Claude Barrette, n'a pu retenir ses larmes. Sa fille Angela non plus. Plusieurs personnes autour d'eux avaient aussi les yeux embués. Après quelques minutes d'une émotion lourde, son entourage l'a poussé vers la sortie de la salle.
Cette double sortie concluait une soirée particulièrement sombre pour l'ADQ. Le parti a pratiquement tout perdu en cette journée d'élections: son chef historique — colonne vertébrale et inspiration de l'organisation —, son statut de parti officiellement reconnu à l'Assemblée nationale, son financement, ses députés... Les lendemains de l'élection s'annonçaient déjà difficiles: ils seront carrément souffrants.
Tout au long de la soirée, une ambiance sombre et quasi funéraire a régné dans la salle où l'ADQ avait célébré dans la liesse son immense succès de 2007. La débâcle du parti est apparue évidente dès les premiers dévoilement de vote. On en mesurait la portée à l'aune d'une salle aux trois quarts vide.
À 20h45, pas un seul applaudissement ne s'était fait entendre. Même quand les réseaux de télévision ont donné les premiers résultats dans le fief de Mario Dumont, personne n'a réagi. La salle était figée, amorphe. Un froid semblable à celui qui sévissait dehors.
Quand on annonçait quelques gains, les gens applaudissaient un moment. Mais le coeur n'y était pas. Le visage long, le personnel de l'ADQ regardait aussi tristement les écrans de télévision disposés dans la salle. Les pertes d'emplois seront massives au sein du parti. Il devait recueillir 20 % du vote ou avoir 12 députés pour conserver son statut officiel.
C'est une page complète de l'histoire politique du Québec qui s'est tournée vers 22h15, en direct de l'hôtel Universel. Mario Dumont était au milieu de son discours quand il a lâché des mots qui ont complètement sonné la foule: «J'aurais beaucoup aimé avoir des résultats différents, a-t-il dit. Mais les Québécois ont tranché, et nous acceptons le verdict. Dans ce contexte, j'assume devant les Québécois toute la responsabilité.»
«Vous ne serez pas surpris de m'entendre vous dire que je ne serai pas à la tête de mon parti lors des prochaines élections générales au Québec», a-t-il ensuite dit, jetant un silence absolu dans la foule. M. Dumont dirigeait le parti depuis 1994. À 38 ans, il était le chef de parti le plus expérimenté du Québec.
Ses partisans étaient carrément abasourdis, incrédules. Les journalistes présents cachaient mal leur étonnement, eux aussi: si la question de l'avenir personnel de M. Dumont avait été abordée durant la campagne (il avait notamment avoué qu'il «y a une vie après la politique»), personne ne s'attendait à ce qu'il annonce hier soir cette importante décision. Une stupéfaction totale.
«Au cours des prochaines semaines, je m'appliquerai à travailler avec les élus, à leur faciliter la transition au sein du parti afin que tout se passe de la meilleure façon possible pour le bien du Québec, a indiqué M. Dumont. C'est avec beaucoup de passion que je sers le Québec à titre de député depuis 14 ans. J'ai adoré ce que j'ai fait, mais le temps est venu pour moi de tourner la page et de retrouver les miens.»
Il n'a pas donné de détails concernant les modalités de son départ. On ne savait donc pas, au moment de mettre sous presse, s'il entend compléter son mandat de député en entier. Le ton de son discours laisse toutefois présager d'un départ assez rapide.
Mario Dumont a pris le temps de féliciter ses adversaires, les députés de son caucus et ceux qui ont été battus, avant de réitérer sa foi en l'ADQ. «Depuis sa fondation, notre parti a joué un rôle essentiel dans le débat politique au Québec, que ce soit sur l'avenir du Québec, le rôle de notre État, les solutions pour notre système de santé, nos écoles, nos familles [...]. Il a été et demeure un moteur de changement dont le Québec a besoin», a dit le leader.
«Nous devrons maintenant nous concentrer à retrouver ce qui nous unit comme Québécois, a-t-il ajouté. Nul doute que nous y parviendrons.»
Cela dit, M. Dumont a quitté la scène pour aller embrasser sa femme et ses trois enfants, que l'on avait vus s'amuser dans les couloirs de l'hôtel en fin d'après-midi. En état de choc, la foule ovationna M. Dumont tant bien que mal, ne sachant trop comment réagir à la nouvelle.
Le chef avait les yeux rougis, le regard triste, mais aussi une certaine sérénité sur le visage au moment d'enlacer ses enfants. Sa plus jeune fille lui a remis un dessin. Son épouse, Marie-Claude Barrette, n'a pu retenir ses larmes. Sa fille Angela non plus. Plusieurs personnes autour d'eux avaient aussi les yeux embués. Après quelques minutes d'une émotion lourde, son entourage l'a poussé vers la sortie de la salle.
Cette double sortie concluait une soirée particulièrement sombre pour l'ADQ. Le parti a pratiquement tout perdu en cette journée d'élections: son chef historique — colonne vertébrale et inspiration de l'organisation —, son statut de parti officiellement reconnu à l'Assemblée nationale, son financement, ses députés... Les lendemains de l'élection s'annonçaient déjà difficiles: ils seront carrément souffrants.
Tout au long de la soirée, une ambiance sombre et quasi funéraire a régné dans la salle où l'ADQ avait célébré dans la liesse son immense succès de 2007. La débâcle du parti est apparue évidente dès les premiers dévoilement de vote. On en mesurait la portée à l'aune d'une salle aux trois quarts vide.
À 20h45, pas un seul applaudissement ne s'était fait entendre. Même quand les réseaux de télévision ont donné les premiers résultats dans le fief de Mario Dumont, personne n'a réagi. La salle était figée, amorphe. Un froid semblable à celui qui sévissait dehors.
Quand on annonçait quelques gains, les gens applaudissaient un moment. Mais le coeur n'y était pas. Le visage long, le personnel de l'ADQ regardait aussi tristement les écrans de télévision disposés dans la salle. Les pertes d'emplois seront massives au sein du parti. Il devait recueillir 20 % du vote ou avoir 12 députés pour conserver son statut officiel.
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