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L'ADQ moribonde, Mario Dumont abandonne

Guillaume Bourgault-Côté   9 décembre 2008  Québec
Mario Dumont a surpris ses partisans hier en annonçant son retrait de la vie politique.
Photo : Agence Reuters
Mario Dumont a surpris ses partisans hier en annonçant son retrait de la vie politique.
Rivière-du-Loup — Coup de théâtre, et même véritable bombe politique hier à Rivière-du-Loup: Mario Dumont se retire. Au beau milieu d'une soirée qui avait déjà toutes les allures d'une veillée funéraire, il a annoncé qu'il ne dirigerait pas l'ADQ lors des prochaines élections. L'émotion a envahi la salle.

C'est une page complète de l'histoire politique du Québec qui s'est tournée vers 22h15, en direct de l'hôtel Universel. Mario Dumont était au milieu de son discours quand il a lâché des mots qui ont complètement sonné la foule: «J'aurais beaucoup aimé avoir des résultats différents, a-t-il dit. Mais les Québécois ont tranché, et nous acceptons le verdict. Dans ce contexte, j'assume devant les Québécois toute la responsabilité.»

«Vous ne serez pas surpris de m'entendre vous dire que je ne serai pas à la tête de mon parti lors des prochaines élections générales au Québec», a-t-il ensuite dit, jetant un silence absolu dans la foule. M. Dumont dirigeait le parti depuis 1994. À 38 ans, il était le chef de parti le plus expérimenté du Québec.

Ses partisans étaient carrément abasourdis, incrédules. Les journalistes présents cachaient mal leur étonnement, eux aussi: si la question de l'avenir personnel de M. Dumont avait été abordée durant la campagne (il avait notamment avoué qu'il «y a une vie après la politique»), personne ne s'attendait à ce qu'il annonce hier soir cette importante décision. Une stupéfaction totale.

«Au cours des prochaines semaines, je m'appliquerai à travailler avec les élus, à leur faciliter la transition au sein du parti afin que tout se passe de la meilleure façon possible pour le bien du Québec, a indiqué M. Dumont. C'est avec beaucoup de passion que je sers le Québec à titre de député depuis 14 ans. J'ai adoré ce que j'ai fait, mais le temps est venu pour moi de tourner la page et de retrouver les miens.»

Il n'a pas donné de détails concernant les modalités de son départ. On ne savait donc pas, au moment de mettre sous presse, s'il entend compléter son mandat de député en entier. Le ton de son discours laisse toutefois présager d'un départ assez rapide.

Mario Dumont a pris le temps de féliciter ses adversaires, les députés de son caucus et ceux qui ont été battus, avant de réitérer sa foi en l'ADQ. «Depuis sa fondation, notre parti a joué un rôle essentiel dans le débat politique au Québec, que ce soit sur l'avenir du Québec, le rôle de notre État, les solutions pour notre système de santé, nos écoles, nos familles [...]. Il a été et demeure un moteur de changement dont le Québec a besoin», a dit le leader.

«Nous devrons maintenant nous concentrer à retrouver ce qui nous unit comme Québécois, a-t-il ajouté. Nul doute que nous y parviendrons.»

Cela dit, M. Dumont a quitté la scène pour aller embrasser sa femme et ses trois enfants, que l'on avait vus s'amuser dans les couloirs de l'hôtel en fin d'après-midi. En état de choc, la foule ovationna M. Dumont tant bien que mal, ne sachant trop comment réagir à la nouvelle.

Le chef avait les yeux rougis, le regard triste, mais aussi une certaine sérénité sur le visage au moment d'enlacer ses enfants. Sa plus jeune fille lui a remis un dessin. Son épouse, Marie-Claude Barrette, n'a pu retenir ses larmes. Sa fille Angela non plus. Plusieurs personnes autour d'eux avaient aussi les yeux embués. Après quelques minutes d'une émotion lourde, son entourage l'a poussé vers la sortie de la salle.

Cette double sortie concluait une soirée particulièrement sombre pour l'ADQ. Le parti a pratiquement tout perdu en cette journée d'élections: son chef historique — colonne vertébrale et inspiration de l'organisation —, son statut de parti officiellement reconnu à l'Assemblée nationale, son financement, ses députés... Les lendemains de l'élection s'annonçaient déjà difficiles: ils seront carrément souffrants.

Tout au long de la soirée, une ambiance sombre et quasi funéraire a régné dans la salle où l'ADQ avait célébré dans la liesse son immense succès de 2007. La débâcle du parti est apparue évidente dès les premiers dévoilement de vote. On en mesurait la portée à l'aune d'une salle aux trois quarts vide.

À 20h45, pas un seul applaudissement ne s'était fait entendre. Même quand les réseaux de télévision ont donné les premiers résultats dans le fief de Mario Dumont, personne n'a réagi. La salle était figée, amorphe. Un froid semblable à celui qui sévissait dehors.

Quand on annonçait quelques gains, les gens applaudissaient un moment. Mais le coeur n'y était pas. Le visage long, le personnel de l'ADQ regardait aussi tristement les écrans de télévision disposés dans la salle. Les pertes d'emplois seront massives au sein du parti. Il devait recueillir 20 % du vote ou avoir 12 députés pour conserver son statut officiel.






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  • Henry McRandall
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 01h10
    Salut les droitistes
    « Les resultats de l'election signale, j'espere, la fin de l'ADQ, un parti droitiste qui cherchait a devenir une nouvelle Union nationale. Salut bien les droitistes.
    Allez vous-en. »

  • Eric Shannon
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 02h12
    Eh bien !
    « Eh bien ! En voilà une bonne nouvelle. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 08h40
    M. Dumont et l'autonomie
    « La vraie autonomie c'est la souveraineté.

    Monsieur Dumont va y venir un jour.

    Qu'on soit de droite, de centre ou de gauche, tout nationaliste québécois est bienvenu dans la famille souverainiste. »

  • Marc André Bélanger
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 08h52
    Le plus expériementé?
    « "le chef de parti le plus expérimenté du Québec"
    Il faudrait nuancer: Jean Charest était déjà, en 1993, chef d'un parti autrement plus important (même s'il n'avait plus que deux députés). »

  • Nicolas Abesdris
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 09h05
    Bon débarras!
    « Cette élection aura au moins servi à quelque chose, même si nous sommes maintenant coincé avec un gouvernement majoritaire libéral.

    Exit Dumont et ses politiques imbéciles à la Duplessis, avec ses tentatives pour ramener le Québec 50 ans en arrière, ses appels à la privatisation à outrance et son populisme de droite.

    Bon débarras! »

  • Dany Pelchat
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 09h18
    L'ADQ: Chronique d'une mort annoncée.
    « Depuis l'éclosion de son oeuf au début des années 1990, la poule adéquiste vivait et engraissait en picorant d'une controverse à l'autre au gré du temps et des événements (accommodements raisonnables, réouverture de la constitution, démantèlement des Commissions scolaires, garderies, Caisse de dépôt et de placements et autres).

    Malheureusement pour elle, le bourreau libéral déclencha, pour le 8 décembre 2008, des élections dont personne ne voulait en utilisant de faux arguments (trois paires de mains sur le volant, etc.). La poule adéquiste, picorant de façon très malhabile dans les mauvais dossiers en utilisant des arguments démagogiques (perte de pensions, etc.), se retrouva malgré elle, la tête sur la bûche, directement sous la hache des électeurs frustrés par tant d'élections consécutives et par tant de faussetés véhiculées de toute part.

    Et VLAN !!!

    La hache des électeurs fit son oeuvre et la poule adéquiste se retrouva bien vite sans tête ! Volant en tous sens pendant quelques temps, elle rendit l'âme d'une façon très autonomiste.

    Voici donc ce qui arrivera à l'ADQ dans les prochaines semaines ou prochains mois.

    J'espère que cette mort annoncée servira de leçon au bourreau libéral si un jour ses mensonges et ses idées mégalomanes revenaient à la surface.

    Dany Pelchat
    Lévis »

  • Fernand Turbide
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 09h39
    la sociale démocratie...
    « S'attaquer aux riches et aux puissants en politique c'est un signe de courage; s'attaquer aux plus faibles, aux pauvres comme l'à fait Mario Dumont c'est un crime politique, du plus fort sur le plus faible. Tout le monde veut faire travailler les assistés sociaux mais personne veut les payer convenablement; ce que ces gens veulent c'est le Cheep Labor.
    Dumont à eu sa réponse. Ce qui lui a manqué dans sa carrière c'est un peu de formation en sciences sociales.
    Francoise David aurait méritée aussi d'être élue. Ce sont des gens qui ont un véritable discours politique.
    Je suis heureux que le parti Québécois reprenne sa place et que Pauline Marois à mentionnée l'importance de la social démocratie hier soir.

    Fernand Turbide »

  • Marc Desrosiers
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 10h03
    Soyons respectueux, surtout des perdants
    « Je ne suis nis adéquiste ni d;un autre parti. Je suis un nationaliste à tendance gauchiste, dons pas dans le camp de Mario. Cela me désole par contre de lire des propos que je juge méprisant à l'endroit de l'ex chef adéquiste. N'a-t-il pas trvaillé avec conviction et honneteté durant ces années. Je suis heureux de son départ mais non de son échec personnel. Bonne chance à Mario dans ses nouveaux projets »

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 10h32
    Équipe Mario Dumont
    « Ça va être dur de trouver un nouveau chef pour un parti dont le nom officiel est Action démocratique du Québec - Équipe Mario Dumont... »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 11h35
    Pas lieu de pavoiser !
    « ...constatant que le centre-gauche ne fait que 4 % des suffrages au Québec, en ces temps de crise, et qu'une candidate aussi pertinente que François David n'a pas pu se faire élire à son grand mérite ! »

  • Alain Pérusse
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 11h46
    La fin d'une dérive démagogique.
    « Le chef de l'Action démocratique du Québec a lui-même à se blâmer, pour la campagne électorale désastreuse qu'il a mené lui-même, sur le terrain. Ses attaques contre divers groupes de la société, ses préjugés érigés en vérités, ses slogans creux, son éternelle et inepte référence à la classe moyenne l'a mené où il est désormais, à la fin de sa carrière politique.

    Le parti, nommé au nom du chef, va survivre... le temps que ses députés passent à l'un ou l'autre parti politique, selon les affinités de chacun. »

  • André Pelchat
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 11h58
    Une page tournée rapidement...
    « Il ne faut pas oublier que cette page a été tournée rapidement. La vague adéquiste date d'un an à peine. Elle sera retombée aussi vite qu'elle avait monté.

    Le mot "vague" étant d'autant plus approprié que Dumont a surfé d'une panique morale à l'autre en parfait opportuniste. Forcément un peu essouflé à la fin... »

  • André Chamberland
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 11h59
    Tout le meilleur pour Mario
    « Mario a choisi de débarquer hier soir. Il a fait après l'élection ce que la majorité des électeurs ont fait le jour de la votation. Le cynisme de ce lancement vicieux de campagne électorale par m. Charest, suivant ainsi la même attitude de suffisance de m. Harper, en a écoeuré plusieurs qui ont choisi de ne plus aller voter.
    Un fort pourcentage des votants, les personnes âgées surtout, ont voté par devoir. Mais les jeunes, l'avenir des électeurs, ont boudé l'élection.
    Les vieux partis fédéraux et provinciaux sont des espèces en voie de disparition qui ne tarderont pas à être inhumés. »

  • Patrick Asselin
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 19h11
    La dérive des partis de droite
    « Le libéralisme a engendré la crise de 1929 et le néo-libéralisme nous donne maintenant cette énorme crise financière. Si Dumont avait été davantage inclusif et social-démocrate après son succès de 2007, il serait premier ministre aujourd'hui. En temps de crise, pas de place pour les idéologues rigides. Quand le marché devient paralysé, seul l'État peut agir vite. Moins de gouvernement en récession est une erreur. Harper devrait être le prochain politicien à tomber ... »

  • Aline Couillard
    Inscrite
    mercredi 10 décembre 2008 02h13
    Très dommage
    « Bravo M. Dumont! Vous méritez mieux que le sort que l'on vous réservait. On vous volait vos idées; on vous collait malicieusement des étiquettes peu élogieuses; on taisait vos succès; on ignorait volontairement les compétences de vos députés. On a mis fin brutalement, sans respect, à l'apprentissage de députés passionnés et désireux de servir les Québécois. On ose vous louer maintenant pour ajouter de la dorure à son image personnelle. Fini pour vous d'endurer cette hypocrisie. Je suis fière de vous. »

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