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Le Parti québécois est de retour, dit Pauline Marois

Brian Myles   9 décembre 2008  Québec
Pauline Marois a remporté une victoire morale hier en permettant au Parti québécois de retrouver avec force le statut d'opposition officielle. Devant des militants en liesse, elle a réitéré sa profession de foi souverainiste.

«Le Parti québécois, c'est un grand parti. C'est un parti qui a retrouvé sa fougue», a lancé Mme Marois devant quelque 300 militants réunis à l'Olympia, à Montréal.

«Les résultats de ce soir ont de quoi surprendre plusieurs personnes. Mais c'est parce que vous avez mis du coeur, de la passion, parce que vous n'avez pas compté ni les heures ni les jours que nous formons aujourd'hui l'opposition officielle la plus forte depuis la Révolution tranquille», a-t-elle ajouté.

Alors que les militants péquistes scandaient «un pays! un pays!», Mme Marois a assuré que ce jour viendrait. Le PQ demeure, encore et toujours, «le parti de la souveraineté et de la social-démocratie», a dit Mme Marois. Maintenant que le PQ effectue «un retour en force» avec une équipe de 51 députés alliant «la fougue, la jeunesse et l'expérience», la chef péquiste a promis de poursuivre dans la voie tracée par René Lévesque. «Le Parti québécois, il revient de loin. Il faut se le rappeler. Il faut être capable de l'admettre. Il faudra toujours se souvenir que, même si on est un peu déçu ce soir, le grand rêve que nous avons pour le Québec est toujours vivant», a-t-elle dit.

Les sondages ont confirmé le caractère improbable d'une victoire péquiste dans les ultimes jours de la campagne. La formation souverainiste est donc satisfaite des résultats de l'élection dans les circonstances. «On a gagné l'opposition officielle avec un très fort contingent, beaucoup plus important que ce qui était prévu, et c'est au moins une victoire morale, a dit Bernard Drainville, député péquiste de Marie-Victorin. Mme Marois sort renforcée de cette élection.» Cette nouvelle équipe péquiste va donner du fil à retordre au premier ministre Jean Charest à l'Assemblée nationale. «Il va avoir devant lui une équipe très aguerrie, qui sort renforcée de l'élection, et avec une leader qui a gagné ses épaulettes», a dit M. Drainville.

Par contre, la première femme aspirant à diriger le Québec a partiellement raté son rendez-vous avec l'histoire. En effet, le rêve de Pauline Marois est réduit en miettes par la formation d'un gouvernement libéral majoritaire. L'Olympia, ressemblait d'ailleurs à un tombeau des espoirs péquistes fauchés dans la première partie de la soirée électorale, quand TVA a confirmé le caractère insurmontable de l'avance libérale. «On va passer une bonne soirée quand même», a lancé Jacques Thériault, meneur d'une foule mise K.-O. d'entrée de jeu.

Les militants ont trouvé leur second souffle quand les réseaux ont annoncé l'élection probable de 51 députés péquistes, soit 15 de plus que lors de la dernière élection générale. «Avec un score de même, il [Jean Charest] ne pourra pas fanfaronner pendant quatre ans, ça, c'est certain», a lancé M. Thériault sous un tonnerre d'applaudissements.

Cette performance devrait permettre à Mme Marois de diriger le parti sans crainte d'être évincée par un de ces putschs dont les militants péquistes ont le secret. «Tous les militants ont reconnu et apprécié énormément le travail fait par notre chef durant toute la campagne», a assuré Simon Bissonnette.

Mme Marois a été confirmée dans ses fonctions de députée de Charlevoix, avec un peu plus de 50 % des voix. Élue pour la première fois à l'Assemblée nationale en 1981, elle obtient ainsi un septième mandat.

La chef du PQ a connu une campagne en dents de scie, c'est le moins que l'on puisse dire. Elle a dû défendre sa réputation après qu'un document interne du PQ, divulgué dans les médias, lui eut attribué un problème d'image et de snobisme dans l'oeil de l'électorat. Elle a également dû rétablir le calme après l'empoignade entre militants péquistes dans L'Assomption, à la suite de sa décision de désigner elle-même un candidat (l'ex-chef des verts Scott McKay, élu hier) pour remplacer le bouillant et controversé député Jean-Claude Saint-André. Ses adversaires lui ont aussi reproché ses déclarations sur les mises à la retraite forcées dans le secteur public en 1998 — une décision qu'elle a dit ne pas regretter.

Mme Marois a mis les bouchées doubles en fin de parcours, et sa performance au débat des chefs a été saluée sur toutes les tribunes.
 
 
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  • Vincent de Grandpré
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 11h04
    Le respect
    Il est vrai que personne ne l'a vu venir, cette remontée péquiste. Qu'en aurait-il été avec un fort taux de participation?

    Ce matin bien des gens sont surpris. Au constat général, le Parti Québécois est respectable.

    À la prochaine fois.

  • André Chamberland
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 11h50
    Le PQ, le parti des jeunes !
    Avez-vous remarqué, comme moi, la présence de nombreux jeunes lors du discours de Madame Marois élue. On y a vécu une reprise de la soirée où René Lévesque avait remporté la victoire. La passion y était de retour, la fierté ravivée, etc.
    Pendant ce temps, à l'opposé, l'assemblée libérale qui écoutait Charest prononcer son discours était plutôt âgée. Un parti et une soirée sans émotion, sans passion, sans valeurs, etc. Ni le chef, ni l'auditoire ne réflétaient la fierté, l'enthousiasme, la famme de celui qui est passionné de sa job.
    Le PQ sort comme le véritable grand gagnant de cette campagne électorale qui a été déclenchée par un premier ministre avide d'encore plus de pouvoir et voulant prendre ses opposants les culottes à terre. Il pensait, comme Harper, que le pouvoir de l'argent du parti garantirait son rêve.
    Pour ma part, j'aimerais mieux être dirigé par des passionnés de ce qu'ils font que par des gens assis sur leur pouvoir.
    Quand à Mario Dumont, sa passion et la fougue à défendre ses idées, même si on ne les achète pas, ont été remarquées. Dommage qu'il veuille quitter.
    Grâce au PQ, les Québécois peuvent encore croire qu'ils auront un jour un pays bien à eux.

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