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Charest a obtenu sa majorité, mais pas celle souhaitée

Antoine Robitaille   9 décembre 2008  Québec
Sherbrooke — Majorité mince, mais majorité quand même, disaient pour se consoler les libéraux hier soir au Centre des congrès de Sherbrooke. «Peut-être que l'économie n'est pas un thème aussi attrayant que d'autres», a commenté Monique Jérôme-Forget. «La zone de confort, c'est d'être majoritaire», a laissé tomber le chef de cabinet de Jean Charest, Dan Gagnier.

On prévoyait un discours hâtif du chef libéral, qui devait, une fois celui-là prononcé, s'envoler pour Québec pour célébrer la victoire. Mais en raison des luttes chaudes partout au Québec, le chef libéral n'avait pas encore parlé au moment d'écrire ces lignes.

Des batailles dans Saint-François, dans Laurier-Dorion, dans Saint-Jean, créaient de la confusion à Sherbrooke dans la salle où étaient réunis quelque 200 militants libéraux. Vers 22h32, Monique Gagnon-Tremblay, lors de son entrée au Centre des congrès, a affirmé aux journalistes qu'elle avait conservé son comté. Sauf que sur les écrans on affichait au contraire que Mme Gagnon-Tremblay traînait de l'arrière par plus de 100 voix derrière le candidat péquiste, Réjean Hébert.

Pourtant, la soirée avait bien commencé pour les libéraux. À 20h15 précises, la salle était encore presque vide lorsque TVA annonça que le PLQ formerait le prochain gouvernement (sans spécifier toutefois qu'il serait majoritaire). «Déjà?», avait alors lancé une attachée du bureau de Jean Charest, en regardant sa montre. Quelques minutes plus tard, vers 20h32, c'est dans le calme plat que CTV a affirmé que le prochain gouvernement serait libéral majoritaire. «Il ne faut rien tenir pour acquis», avait toutefois commenté le président du PLQ, Jean D'Amour. Deux minutes plus tard, quelques applaudissements seulement ont accueilli l'annonce simultanée par TVA et Radio-Canada que les libéraux formeraient un gouvernement majoritaire «si la tendance se maintient».

Mais la tendance ne s'est pas maintenue. Vers 21h, il apparaissait que la majorité écrasante escomptée par les stratèges libéraux (qu'on évaluait à quelque 80 sièges), et qui semblait acquise dans le premier quart d'heure, ne se matérialisait pas. Cela a jeté une douche d'eau froide sur la cinquantaine de militants présents. Au contraire, le PLQ stagnait autour de 66 sièges alors que le seuil de la majorité est de 63.

Il est même tombé à quelques reprises à 63 sièges, ce qui en a inquiété plusieurs dans la salle. À 63 sièges, les libéraux devraient probablement laisser la présidence de l'Assemblée nationale à un parti d'opposition afin de ne pas se mettre en minorité.

Le Parti libéral a eu du mal à remporter des gains qu'on aurait pu croire plus aisés. Dans Laurier-Dorion, Laval-des-Rapides, Îles-de-la-Madeleine, Trois-Rivières, Marguerite-D'Youville. L'ancien ministre Pierre Corbeil a été chauffé toute la soirée par son adversaire péquiste dans Abitibi-Est. Au moment d'écrire ces lignes, la victoire n'était pas encore acquise pour M. Corbeil.

Les deux transfuges qui étaient passés de l'ADQ au PLQ quelques semaines avant le déclenchement de l'élection, André Riedl (Iberville) et Pierre-Michel Auger (Champlain), ont mordu la poussière.

Toutefois, plusieurs des ministres libéraux actuels ont été réélus. Le ministre des Ressources naturelles Claude Béchard, dans Kamouraska; le ministre de la Santé Yves Bolduc, dans Jean-Talon.

Le Parti libéral a fait certains gains importants. Le libéral Norbert Morin a repris le comté qu'il a occupé dans Montmagny-L'Islet contre l'animateur d'émission de chasse et de pèche, l'adéquiste Claude Roy. M. Morin avait été élu en 2003 et défait par M. Roy à la surprise générale en 2007. Les libéraux ont aussi ravi Gaspé aux péquistes, où Georges Mamelonet l'a emporté contre Annie Chouinard.

À Québec, l'ancien recteur de l'Université Laval, Michel Pigeon (PLQ), a remporté la victoire dans Charlesbourg en défaisant l'adéquiste Catherine Morissette, critique en matière d'immigration et devenue mère la veille du déclenchement des élections.

Toutefois, les libéraux avaient aussi du mal à percer le Centre-du-Québec et à faire des gains en Mauricie. Dans le 450, le fils du hockeyeur Serge Savard, Marc Savard, dans Laprairie, a été mis en échec par François Rebello. Jean Charest avait visité ce comté la semaine dernière et fondait beaucoup d'espoir sur une victoire de M. Savard.

Le pari est donc gagné pour Jean Charest, mais de justesse.






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  • andré michaud
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 08h07
    faire sortir le vote
    « Les péquistes ont mieux su faire sortir le vote.

    Côté Libéral, le froid a arrêté bien des personnes âgées, et d'autres qui étaient certaines que les libéraux gagneraient n'ont pas été voter

    Amir Khadir a et son équipe ont su faire sortir le vote en leur faveur.. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 08h17
    Peut-on...
    « ...réfléchir sur le taux de non participation car c'est le point le plus important. Ne pas penser basse politique avec ce faible taux de votants comme si c'était une majorité. On va continuer à parler des élections comme si c'était de vraies élections avec une majorité de votants. La question n'est pas de savoir pourquoi un ou une tel/telle a gagné en voix ici et là mais pourquoi aussi peu d'intérêt pour cette fois-ci et c'est historique en plus. Une fois qu'on aura compris, peut-être pourrons-nous parler de politique sérieusement, et d'en faire aussi sérieusement. Comme ça, le citoyens répondront à l'appel du vote puisque ce ne sera plus amateur. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 08h21
    Le mystère Portneuf
    « Comment expliquer qu'après l'incroyable scandale de la Bowater à Donnacona, Portneuf ait élu un député libéral? Comment expliquer que Portneuf a élu l'ineffable André Arthur, qui se fout complètement d'eux, pas une mais deux fois? Faudra dorénavant parler du Mystère Portneuf. »

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 09h59
    Le mystère tout court
    « Monsieur Noël. Le mystère Portneuf n'englobe pas tout. Il faut parler du mystère Québec.
    Un coup d'oeil sur la carte électorale ce matin.

    Une petite tache bleue en plein centre, encerclée de rouge. C'est le signe. Dans quatre ans, avec l'immigration, cette tache aura disparu. On ne s'entend pas sur la cause. Mais, la réalité est devant nous. Trop tard! »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 10h13
    Le magicien bien nanti
    « Le Parti libéral avait ses coffres bien garnis (4,9 millions $ fournis par qui ?). Après avoir payé des poseurs de pancartes pour pavoiser à outrance tous les poteaux d'affiches de leurs candidats, le Parti libéral a pu le jour de l'élection, mais surtout durant les jours de vote anticipé, payer des taxis pour ratisser tous les centres d'accueil et amener les personnes âgées au bureau de scrutin pour les faire voter du bon bord!

    Ah !, l'argent ...

    Monsieur Charest, avec son OUI trompeur, a berné juste assez de monde pour gagner de justesse. »

  • Vincent de Grandpré
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 10h53
    Majoritaire, vraiment?
    « C'est bon an mal an que j'ai visionné la soirée électorale hier aux grands réseaux d'information. On y affiche régulièrement deux données.

    La première, le nombre de sièges, ou circonscriptions, remportées par chacun des partis, laisse entendre que en effet, la population a choisi un gouvernement libéral majoritaire.

    La seconde, le taux proportionnel de votes, en pourcentage, indique à l'inverse qu'une majorité de québécois(es) a voté de sorte que le gouvernement libéral n'est pas majoritaire (PLQ 42% PQ 35% Autres 6% ADQ 13%) avec un total de 58% de la population qui n'a pas voté pour le gouvernement libéral.

    En voyant cela, je ne peut que m'interroger sérieusement sur le système électoral en vigueur. Je ne peut être que déçu de constater qu'il sert des intérêts partisans et des stratégies électorales au détriment de la démocratie populaire.

    Nous devons avoir une démocratie représentative. Sans cela, qui peut prétendre gouverner et représenter le peuple? Ce n'est dramatiquement pas le cas en ce moment. Le Québec est en retard et accuse un déficit démocratique qui l'accable, permettant aux politiciens de manipuler les voies. Parions que cela alimente outrageusement le cynisme, donne l'impression que rien ne bouge et fait taire l'électeur - il reste chez lui maintenant.

    Majoritaire, ce gouvernement libéral? Non, pas vraiment. »

  • Richard Vaillancourt
    Inscrit
    mercredi 10 décembre 2008 00h03
    L'ignorance
    « Porneuf, c'est pas un mystère, c'est l'ignorance, l'ignorance d'une région. Il n'y a peut-être pas d'école dans cette région éloignée, un coin perdu? Élire Arthur, peut-être ,ils ne le connaissaient pas, mais élire un député libéral,frère des menteurs qui viennent tout juste de faire semblant des aider à sauver leur usine, oui, mentir parce que le sort était déjà jeté, l'usine fermait.Mais,ça ne fait rien, ils ont dit qu'ils pensent à nous.Les libéraux sont tristes! »

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