Charest a obtenu sa majorité, mais pas celle souhaitée
Sherbrooke — Majorité mince, mais majorité quand même, disaient pour se consoler les libéraux hier soir au Centre des congrès de Sherbrooke. «Peut-être que l'économie n'est pas un thème aussi attrayant que d'autres», a commenté Monique Jérôme-Forget. «La zone de confort, c'est d'être majoritaire», a laissé tomber le chef de cabinet de Jean Charest, Dan Gagnier.
On prévoyait un discours hâtif du chef libéral, qui devait, une fois celui-là prononcé, s'envoler pour Québec pour célébrer la victoire. Mais en raison des luttes chaudes partout au Québec, le chef libéral n'avait pas encore parlé au moment d'écrire ces lignes.
Des batailles dans Saint-François, dans Laurier-Dorion, dans Saint-Jean, créaient de la confusion à Sherbrooke dans la salle où étaient réunis quelque 200 militants libéraux. Vers 22h32, Monique Gagnon-Tremblay, lors de son entrée au Centre des congrès, a affirmé aux journalistes qu'elle avait conservé son comté. Sauf que sur les écrans on affichait au contraire que Mme Gagnon-Tremblay traînait de l'arrière par plus de 100 voix derrière le candidat péquiste, Réjean Hébert.
Pourtant, la soirée avait bien commencé pour les libéraux. À 20h15 précises, la salle était encore presque vide lorsque TVA annonça que le PLQ formerait le prochain gouvernement (sans spécifier toutefois qu'il serait majoritaire). «Déjà?», avait alors lancé une attachée du bureau de Jean Charest, en regardant sa montre. Quelques minutes plus tard, vers 20h32, c'est dans le calme plat que CTV a affirmé que le prochain gouvernement serait libéral majoritaire. «Il ne faut rien tenir pour acquis», avait toutefois commenté le président du PLQ, Jean D'Amour. Deux minutes plus tard, quelques applaudissements seulement ont accueilli l'annonce simultanée par TVA et Radio-Canada que les libéraux formeraient un gouvernement majoritaire «si la tendance se maintient».
Mais la tendance ne s'est pas maintenue. Vers 21h, il apparaissait que la majorité écrasante escomptée par les stratèges libéraux (qu'on évaluait à quelque 80 sièges), et qui semblait acquise dans le premier quart d'heure, ne se matérialisait pas. Cela a jeté une douche d'eau froide sur la cinquantaine de militants présents. Au contraire, le PLQ stagnait autour de 66 sièges alors que le seuil de la majorité est de 63.
Il est même tombé à quelques reprises à 63 sièges, ce qui en a inquiété plusieurs dans la salle. À 63 sièges, les libéraux devraient probablement laisser la présidence de l'Assemblée nationale à un parti d'opposition afin de ne pas se mettre en minorité.
Le Parti libéral a eu du mal à remporter des gains qu'on aurait pu croire plus aisés. Dans Laurier-Dorion, Laval-des-Rapides, Îles-de-la-Madeleine, Trois-Rivières, Marguerite-D'Youville. L'ancien ministre Pierre Corbeil a été chauffé toute la soirée par son adversaire péquiste dans Abitibi-Est. Au moment d'écrire ces lignes, la victoire n'était pas encore acquise pour M. Corbeil.
Les deux transfuges qui étaient passés de l'ADQ au PLQ quelques semaines avant le déclenchement de l'élection, André Riedl (Iberville) et Pierre-Michel Auger (Champlain), ont mordu la poussière.
Toutefois, plusieurs des ministres libéraux actuels ont été réélus. Le ministre des Ressources naturelles Claude Béchard, dans Kamouraska; le ministre de la Santé Yves Bolduc, dans Jean-Talon.
Le Parti libéral a fait certains gains importants. Le libéral Norbert Morin a repris le comté qu'il a occupé dans Montmagny-L'Islet contre l'animateur d'émission de chasse et de pèche, l'adéquiste Claude Roy. M. Morin avait été élu en 2003 et défait par M. Roy à la surprise générale en 2007. Les libéraux ont aussi ravi Gaspé aux péquistes, où Georges Mamelonet l'a emporté contre Annie Chouinard.
À Québec, l'ancien recteur de l'Université Laval, Michel Pigeon (PLQ), a remporté la victoire dans Charlesbourg en défaisant l'adéquiste Catherine Morissette, critique en matière d'immigration et devenue mère la veille du déclenchement des élections.
Toutefois, les libéraux avaient aussi du mal à percer le Centre-du-Québec et à faire des gains en Mauricie. Dans le 450, le fils du hockeyeur Serge Savard, Marc Savard, dans Laprairie, a été mis en échec par François Rebello. Jean Charest avait visité ce comté la semaine dernière et fondait beaucoup d'espoir sur une victoire de M. Savard.
Le pari est donc gagné pour Jean Charest, mais de justesse.
On prévoyait un discours hâtif du chef libéral, qui devait, une fois celui-là prononcé, s'envoler pour Québec pour célébrer la victoire. Mais en raison des luttes chaudes partout au Québec, le chef libéral n'avait pas encore parlé au moment d'écrire ces lignes.
Des batailles dans Saint-François, dans Laurier-Dorion, dans Saint-Jean, créaient de la confusion à Sherbrooke dans la salle où étaient réunis quelque 200 militants libéraux. Vers 22h32, Monique Gagnon-Tremblay, lors de son entrée au Centre des congrès, a affirmé aux journalistes qu'elle avait conservé son comté. Sauf que sur les écrans on affichait au contraire que Mme Gagnon-Tremblay traînait de l'arrière par plus de 100 voix derrière le candidat péquiste, Réjean Hébert.
Pourtant, la soirée avait bien commencé pour les libéraux. À 20h15 précises, la salle était encore presque vide lorsque TVA annonça que le PLQ formerait le prochain gouvernement (sans spécifier toutefois qu'il serait majoritaire). «Déjà?», avait alors lancé une attachée du bureau de Jean Charest, en regardant sa montre. Quelques minutes plus tard, vers 20h32, c'est dans le calme plat que CTV a affirmé que le prochain gouvernement serait libéral majoritaire. «Il ne faut rien tenir pour acquis», avait toutefois commenté le président du PLQ, Jean D'Amour. Deux minutes plus tard, quelques applaudissements seulement ont accueilli l'annonce simultanée par TVA et Radio-Canada que les libéraux formeraient un gouvernement majoritaire «si la tendance se maintient».
Mais la tendance ne s'est pas maintenue. Vers 21h, il apparaissait que la majorité écrasante escomptée par les stratèges libéraux (qu'on évaluait à quelque 80 sièges), et qui semblait acquise dans le premier quart d'heure, ne se matérialisait pas. Cela a jeté une douche d'eau froide sur la cinquantaine de militants présents. Au contraire, le PLQ stagnait autour de 66 sièges alors que le seuil de la majorité est de 63.
Il est même tombé à quelques reprises à 63 sièges, ce qui en a inquiété plusieurs dans la salle. À 63 sièges, les libéraux devraient probablement laisser la présidence de l'Assemblée nationale à un parti d'opposition afin de ne pas se mettre en minorité.
Le Parti libéral a eu du mal à remporter des gains qu'on aurait pu croire plus aisés. Dans Laurier-Dorion, Laval-des-Rapides, Îles-de-la-Madeleine, Trois-Rivières, Marguerite-D'Youville. L'ancien ministre Pierre Corbeil a été chauffé toute la soirée par son adversaire péquiste dans Abitibi-Est. Au moment d'écrire ces lignes, la victoire n'était pas encore acquise pour M. Corbeil.
Les deux transfuges qui étaient passés de l'ADQ au PLQ quelques semaines avant le déclenchement de l'élection, André Riedl (Iberville) et Pierre-Michel Auger (Champlain), ont mordu la poussière.
Toutefois, plusieurs des ministres libéraux actuels ont été réélus. Le ministre des Ressources naturelles Claude Béchard, dans Kamouraska; le ministre de la Santé Yves Bolduc, dans Jean-Talon.
Le Parti libéral a fait certains gains importants. Le libéral Norbert Morin a repris le comté qu'il a occupé dans Montmagny-L'Islet contre l'animateur d'émission de chasse et de pèche, l'adéquiste Claude Roy. M. Morin avait été élu en 2003 et défait par M. Roy à la surprise générale en 2007. Les libéraux ont aussi ravi Gaspé aux péquistes, où Georges Mamelonet l'a emporté contre Annie Chouinard.
À Québec, l'ancien recteur de l'Université Laval, Michel Pigeon (PLQ), a remporté la victoire dans Charlesbourg en défaisant l'adéquiste Catherine Morissette, critique en matière d'immigration et devenue mère la veille du déclenchement des élections.
Toutefois, les libéraux avaient aussi du mal à percer le Centre-du-Québec et à faire des gains en Mauricie. Dans le 450, le fils du hockeyeur Serge Savard, Marc Savard, dans Laprairie, a été mis en échec par François Rebello. Jean Charest avait visité ce comté la semaine dernière et fondait beaucoup d'espoir sur une victoire de M. Savard.
Le pari est donc gagné pour Jean Charest, mais de justesse.
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