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Élections du 8 décembre - Des Québécois prudents

Bernard Descôteaux   9 décembre 2008  Québec
La victoire du Parti libéral était attendue. Mais elle n'est pas aussi convaincante que ce qui avait été prédit. Jean Charest sera seul, comme il le souhaitait, à tenir le gouvernail pour traverser la tempête économique qui s'annonce, quoique sous étroite surveillance de l'opposition

Après la quasi-défaite de 2007, Jean Charest s'était consacré à refaire son image pour adopter le ton et le style d'un leader rassembleur, contrastant avec la version précédente du politicien qui remettait en cause les acquis de la Révolution tranquille. Il croyait sa métamorphose si bien réussie qu'il a même osé conclure sa campagne sur un étonnant appel aux souverainistes à se ranger derrière lui. Malgré son assurance, la majorité a failli lui échapper hier soir.

Le nouveau Jean Charest qui s'est présenté à cette élection s'inspirait du cheminement suivi à son époque par Robert Bourassa. Pour être fidèle à son modèle, il devra dans ce prochain mandat chercher à être premier ministre de tous les Québécois. Il devra être à leur écoute. Ceux-ci ne devraient pas avoir à descendre dans la rue, comme ils ont dû le faire par le passé, pour le faire renoncer au projet de la centrale du Suroît et à la privatisation du mont Orford. Sa priorité devra être plutôt de mobiliser ses concitoyens, notamment autour du thème de la création d'emploi.

Comme l'avait fait tant de fois son célèbre prédécesseur, Jean Charest a fait de l'économie l'enjeu de cette élection. On attendra donc de lui qu'il agisse rapidement et qu'il mette en place un plan d'action fort, sans tergiverser comme son homologue fédéral l'a fait. Sitôt connu le prochain budget fédéral, il devrait saisir l'Assemblée nationale d'un discours sur le budget. En ces derniers jours de campagne, le chef libéral s'est montré un brin hésitant à réagir énergiquement au ralentissement attendu, encouragé probablement par la bonne tenue de l'emploi au Québec. Il ne doit surtout pas présumer que le pire est passé, ni que les Québécois se contenteront de demi-mesures.

Premier ministre de tous les Québécois, Jean Charest devra l'être aussi dans la défense de l'identité québécoise. Pour nous convaincre de sa volonté d'agir, il a repris ces derniers mois le thème cher à Robert Bourassa de la souveraineté culturelle. Il a même osé une intrusion dans la campagne électorale fédérale pour demander à Ottawa de reconnaître au Québec le rôle de maître d'oeuvre des investissements en matière de culture. Il a si souvent dit ces dernières années que «le fruit n'est pas mûr», qu'il est difficile de savoir s'il fera l'effort d'aller goûter à ce fruit.

Jean Charest a tenté au cours de cette campagne de briser l'image du «Canadien d'abord» qu'il gardait de son passage en politique fédérale. Ces derniers jours, il s'est même dit «Québécois d'abord», ce que l'on n'a pas entendu souvent de sa bouche. Capitaine Québec plutôt que capitaine Canada, quoi! L'élection étant chose du passé, reste à voir si la nouvelle image du premier ministre résistera à l'épreuve des faits. Se retrouver à l'Assemblée nationale à la tête d'un gouvernement tout juste majoritaire devrait l'inciter à être le leader rassembleur qu'il a dit qu'il serait. C'est ainsi que l'ont voulu les électeurs en se gardant dans un réflexe de prudence de lui donner une trop forte majorité.






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  • Alexandre Dionne
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 01h41
    « Le fruit n'est pas mûr »....
    « ....Fut sans doute la phrase-cassette préférée du ministre des affaires intergouvernementales canadiennes, l'ex-député Benoît Pelletier.

    Nous entrevoyons cependant d'Ottawa et nous risquons dans les prochains mois de voir du R.O.C. qu'en fait, « le fruit est pourri ». Pire : le fruit est un faux ! Comme la motion fédérale non-rétributive de la nation québécoise par exemple, comme le « LOVE IN » destiné à tous les Québécois-es par exemple. À quand l'abolition par le PLC de la loi C-20, maintenant que son père spirituel s'est démis ? À quand, surtout, un statut constitutionnellement bien particulier pour la nation québécoise ? Michael Ignatieff, qui voulait reconnaître le Québec comme nation, aura-t-il le courage d'affronter les Conservateurs de Harper et son propre PLC sur cette question ?

    Soyons généreux toutefois, laissons une chance au champion. Voyons comment Jean Charest, maintenant majoritaire de justesse, gèrera l'impact au Québec de la crise économique mondiale. Sur des mesures pragmatiques, Pauline Marois et le PQ collaboreront à l'image du Bloc Québécois.

    Mais nous exigerons des résultats pratiques sur le nouveau nationalisme québécois de M. Charest. Le chantage de peur de l'économisme-unique ne saurait empêcher des rétrocessions de budgets-pouvoirs dont Ottawa s'est outrancièrement et outrageusement emparé au cours du XXe siècle.

    À suivre. »

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 02h31
    Le Capitaine Canada n'est pas crédible
    « Vous êtes vous mêmes trop prudent, B.Descôteaux. Pendant la campagne électorale, l'absence de réactions de J.Charest face à la crise fédérale incapable de se positionner sur les avantages obtenus par le Bloc pour sa participation à la coalition et cela après que celui ci ne se soit pas gêné pour défendre les dites revendications pendant l'élection fédérale. Tout cela sent l'opportunisme et le calcul politique.

    Et on peut être sûr qu'avec Charest le laxisme sur la situation de la langue française va se poursuivre à Montréal comme à Gatineau collé sur Ottawa. »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 02h47
    Une victoire qui n'en est pas une !
    « Même si personne - sauf lui - ne voulait en entendre parler, Charest a quand même déclenché ces élections, assuré, par les sondages, d'obtenir une forte majorité de sièges.Il en était d'ailleurs tellement convaincu qu'il a ralenti le rythme de sa campagne durant les 2 jours qui précédé le scrutin !

    Cependant, les électeurs en auront décidé autrement. Sa victoire n'a rien d'éclatant (on est loin des 80 candidats qu'il pensait faire élire !). En fait, le vrai vainqueur cette soirée électorale aura plutôt été Pauline Marois, laquelle, avec 51 députés, a redonné à son parti le statut d'opposition officielle, en plus d'obtenir un score plus important que ne le lui accordaient les sondages !





    Cependant, les électeurs, qui »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 02h59
    Mauvaise Nouvelle
    « Charest est majoritaire et Dumont s'en va, bien que je n'ai pas voté ADQ, je trouve que c'est une perte.

    C'est certain que ceux qui sont allergique aux débats et qui campent l'autre spectre politique vont s'en réjouir, mais à mon avis, ils sont bien pire que celui qu'ils dénoncent puisqu'ils voulaiet le faire taire.

    Les voilà exaucé ! »

  • Pierre Guay
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 06h33
    Et la suite,,,
    « Un gouvernement libéral sous surveillance
    avec un PM qui a assez de corde pour se pendre
    ou pour bien gouverner.
    Attendons voir! Les difficultés vont venir rapidement
    de la "crise" économique, ensuite du fédéral, ensuite...

    Pierre Guay, Montréal »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 07h33
    Le pragmatisme québécois...
    « Dans les circonstances, les Québécois ont pris la meilleure décision. Comme vous le mentionnez, un Jean Charest sous surveillance, en période de crise, est préférable aux "louvoiements" de Pauline Marois: "autonomiste" un jour, "souverainiste" le lendemain... »

  • Claude Tremblay
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 08h12
    Une majorité par défaut
    « Du fond de mon Ontario morose et lugubre, je me marre doucement en voyant Charest saisir les rênes du pouvoir au Québec pendant 4 ou 5 ans, et à faire la pluie et le beau temps, tout bêtement parce qu'il n'y avait personne en face de lui pour lui faire échec! Marois? Ben là! Dumont? Hi! Hi! »

  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 08h19
    De Tout-le-Monde... pour... quelques Arpents de... !
    « Bon-Jour tout le Monde !

    Grands mercis pour ce Mot portant sur les "Élections 2008" !

    Vive le Québec Solidaire et LIBRE des Jean, des Pauline, des Mario et des Françoise-Amir !

    Des Jean pour leur Victoire à majorité simple ou double !

    Des Pauline pour leur Reprise de Terrain, pouce par pouce !

    Des Mario pour leur Courage de se maintenir ou tenir "debout" devant l'Adversité !

    Des Françoise-Amir pour leur Victoire-Solidaire Sur-Prise !

    De Tout-le-Monde... pour... quelques Arpents de Terre ! - 9 décembre 2008 - »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 08h25
    Depuis quand...
    « ...les québécois descendent dans les rues? Juste pour des causes sans importances comme par exemple le Mont Orford. Ce ne sont pas des causes politiques majeures juste une histoire d'argent non de raison sociale. Quand o entend parler le français ou l'anglais, M Charest n'a pas besoin de dire qu'il est canadien ou québécois, on le sait qu'il est les deux.
    "C'est ainsi que l'ont voulu les électeurs en se gardant dans un réflexe de prudence de lui donner une trop forte majorité." Vous avez vu le nombre de non participant? C,est là-dessus qu'il faut réfléchir non en croyant que la grande majorité de citoyens se soit déplacés vers les bureaux de vote. Ça serait une réflexion plus rigoureuse et plus politique. On ne peut faire l'autruche de cette façon car ce n,est pas rendre service à la Province du Québec de s'illusionner. Pourtant, sachez que je ne suis pas pro-Charest et que j'ai voté Québec solidaire. »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 09h33
    Dur coup pour l'ego !
    « Qu'il était bon ce froid d'hier.

    Qu'est ce que cela aurait été si tout le monde était allé voter ? Le Québec Libre !

    On a pas réussi à garder l'ours, l'ourse et les oursons éveillés avant que les grands froids arrivent.
    Le taux de participation indique que plusieurs nounours et nounourses étaient déjà dans le vituel...ronronnant!


    On dit que les gens conscients ne se mêlent pas des affaires de la planète. Qu'Ils n'ont pas d'émotions attachées aux comportements humains. Qu'Ils seraient plutôt froids et de l'essence du rayon laser. Que leur royaume ne serait pas de ce monde !!! Qu'Ils sont multidimensionnels.

    Si c'est cela que ce taux d'abstentions indique, le voyage s'annonce intéressant.


    Valdor Lagacé-Gallant »

  • Réjean Grenier
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 10h27
    Q
    « Parce que la vraie gagnante de ces élections c'est madame
    Marois. Pas Charest et libéraux. Eux, avec 3 de majorité
    formeront un gouvernement incontrolable et John-John
    redeviendra dix fois plus agressif qu'à son premier «voyage». Tous nous savons comment il a écrasé le »

  • Vincent de Grandpré
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 10h49
    Majoritaire, vraiment?
    « C'est bon an mal an que j'ai visionné la soirée électorale hier aux grands réseaux d'information. On y affiche régulièrement deux données.

    La première, le nombre de sièges, ou circonscriptions, remportées par chacun des partis, laisse entendre que en effet, la population a choisi un gouvernement libéral majoritaire.

    La seconde, le taux proportionnel de votes, en pourcentage, indique à l'inverse qu'une majorité de québécois(es) a voté de sorte que le gouvernement libéral n'est pas majoritaire (PLQ 42% PQ 35% Autres 6% ADQ 13%) avec un total de 58% de la population qui n'a pas voté pour le gouvernement libéral.

    En voyant cela, je ne peut que m'interroger sérieusement sur le système électoral en vigueur. Je ne peut être que déçu de constater qu'il sert des intérêts partisans et des stratégies électorales au détriment de la démocratie populaire.

    Nous devons avoir une démocratie représentative. Sans cela, qui peut prétendre gouverner et représenter le peuple? Ce n'est dramatiquement pas le cas en ce moment. Le Québec est en retard et accuse un déficit démocratique qui l'accable, permettant aux politiciens de manipuler les voies. Parions que cela alimente outrageusement le cynisme, donne l'impression que rien ne bouge et fait taire l'électeur - il reste chez lui maintenant.

    Majoritaire, ce gouvernement libéral? Non, pas vraiment. »

  • André Chamberland
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 11h37
    La suffisance de retour au pouvoir
    « Depuis trois jours, Charest a changé encore: sa suffisance est revenue, en narguant les autres partis, en faisant du physhing auprès des séparatistes en les invitant à voter pour lui et en s'asseyant sur ses lauriers avant la fin de la campagne. Chasser le naturel et il revient vite au galop, dit-on. Désolante cette manipulation de Charest comme Harper et cette suffisance. »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 13h33
    Champions de l'ambivalence
    « Résumons le sentiment général: Charest a gagné, mais il a perdu. Pauline a perdu, mais en fait elle a gagné. Et Mario, on est content d'en être débarassé, mais on va le regretter.

    Le Québec est une province passablement compliquée. »

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 14h30
    Charest majoritaire sans l'être
    « Quelques statistiques. Lucien Bouchard en 1998 avec 42% des suffrages et un taux de participation de 78% a connu une élection plus représentative que J.Charest avec 42% et 57% du vote populaire. Ce même Charest qui pendant sa conférence de presse après trois questions sur le taux de participation reste de marbre devant ce décrochage démocratique. Je lui rappellerai en outre qu'avec 33% des suffrages et un taux de participation de 71%, sa seconde élection aura été aussi gagné par défaut.

    Le PLQ est le plus vieux parti au Québec et de loin: 141 ans. »

  • François Beaulé
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 15h53
    Taux de participation
    « En examinant les chiffres officiels des résultats du vote d'hier et en les comparant avec ceux de 2007, je constate que le parti libéral a obtenu environ 50,000 votes de plus, le PQ 14,000 votes de plus et l'ADQ 700,000 votes de moins.

    Ce sont donc surtout les électeurs de l'ADQ en 2007 qui ne sont pas allés voter hier. »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 16h42
    La vraie victoire
    « La vraie victoire, c'est l'entrée à l'Assemblée nationale d'un député Québec solidaire qui saura rappeler au PQ ce qu'est une social-démocratie! Khadir sera l'éperon de Marois, laquelle, ainsi piquée, saura mieux enfoncer le libéral conservateur Charest.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Diane Cadieux
    Inscrite
    mercredi 10 décembre 2008 12h32
    ???
    « On voit bien, déjà, qu'il ne comprendra jamais rien.
    ???politiquement correct???
    le sapin "DES FÊTES" et pas de sapin "DE NOËL" au Québec.
    Et surtout, ne me dites pas que c'est une broutille.
    Ce n'est que le début de "l,Éc..ment <." généralisé.
    Je ne suis ni fanatique, ni xénophobe, mais une bonne vraie québecoise.
    Il commence déjà à fourbir des munitions aux péquistes.
    Devrait-on le remercier pour ça?
    En ce qui me concerne, j'ai la nette impression qu'on doit se préparer pour un "GROS 4 ANS" très, très pénible.
    Un ancien conservateur qui nous dit DES "JE VEUX" qui veulent dire "J'EXIGE".
    C'est à suivre...
    Diane
    Terrebonne »

  • Michel Thibault
    Abonné
    mercredi 10 décembre 2008 13h58
    Pas de quoi pavoisier
    « Avec un si faible taux de participation il n'y a pas de quoi fêter. Monsieur Charest devra se montrer des plus prudents. À moins que le naturel reprenne sa place. »

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