Les propos de Bernard Landry au congrès d'orientation du PQ - Les femmes contiennent leur révolte
Le premier ministre n'a pas à craindre une répétition des Yvettes, mais un certain nombre de femmes pourraient le désavouer dans le secret de l'isoloir
Indignes, honteux, décevants. Les propos du premier ministre Bernard Landry sur les groupes de femmes sont décriés par les représentantes de ces associations, qui exigent de plus amples explications du chef péquiste, mais pas d'excuses formelles. Les groupes de femmes ne mèneront pas pour autant une action concertée contre Bernard Landry lors de la campagne électorale, qui devrait débuter dès demain.
«Que le premier ministre se sente floué par certaines personnes, c'est une chose. Mais c'est une autre chose de se laisser aller dans des sautes d'humeur et de donner dans des généralisations sur les groupes de femmes», a affirmé au Devoir Claudette Carbonneau, présidente de la CSN. «Je ne souhaite pas que la controverse prenne de l'ampleur, alors la meilleure façon est de demander à M. Landry de traduire franchement le fin fond de sa pensée et de s'expliquer», a-t-elle ajouté.
Françoise David, porte-parole du mouvement D'abord Solidaires et ex-présidente de la Fédération des femmes du Québec, ne croit pas que le mouvement des femmes va «monter aux barricades» pour cette déclaration, qu'elle juge cependant «révoltante», mais elle estime que des femmes pourraient réagir au moment du scrutin, qui devrait se tenir le 14 avril. Nicole Jetté, du Front commun des personnes assistées sociales du Québec, «ne souhaite pas que cela amène un mouvement contre le PQ», bien qu'elle dénonce «l'arrogance» du premier ministre.
Lors du congrès d'orientation du PQ dimanche dernier, au lendemain de la Journée internationale des femmes, Bernard Landry a affirmé à une membre de l'exécutif du parti: «Ne me parlez pas des groupes de femmes... J'aime mieux rencontrer le président de la Sun Life.» C'était au moment où une membre de l'exécutif du parti lui demandait de voter en faveur de propositions, finalement rejetées par les délégués péquistes, visant à introduire des mesures législatives pour parvenir à la parité entre les hommes et les femmes en politique, afin de démontrer une solidarité envers les groupes de femmes.
Bernard Landry a rétorqué qu'il ne faisait allusion qu'à des groupes qui avaient «déformé ses paroles» le mois dernier. Lors d'une rencontre à huis clos en février, M. Landry avait soulevé l'ire de représentants de groupes sociaux en affirmant: «Si les oiseaux avec la cervelle qu'ils ont, nourrissent leurs enfants le matin, comment se fait-il qu'il y a encore du monde qui ne nourrissent pas leurs enfants?» Les groupes présents ont jugé ces propos méprisants envers les démunis.
Hélène Cornellier, coordonnatrice du plan d'action et des communications de l'Association féminine d'éducation et d'action sociale (Afeas), estime qu'un premier ministre représente tous les Québécois et, ainsi, «qu'il ne doit pas s'en prendre à des groupes en particulier». «S'il y a un retour à ce genre de paroles dans le futur, on réagira avec force», a-t-elle souligné au Devoir. «Je trouve honteux qu'on compare les requêtes du mouvement des femmes avec un rendez-vous avec un chef d'entreprise», a dit quant à elle Mercédez Roberge, porte-parole du Collectif féminisme et démocratie. Lors d'une réunion du collectif ce soir, les propos de Bernard Landry seront à l'ordre du jour. Dimanche, Vivian Barbot, présidente de la Fédération des femmes du Québec, s'est dite quant à elle troublée par les affirmations de M. Landry.
Pour sa part, le chef libéral Jean Charest juge «inquiétante» l'allusion du premier ministre à la loyauté. «Ce n'est pas vrai qu'au Québec tout le monde doit jurer loyauté au premier ministre. Ce genre de mépris, ce n'est pas ce que nous attendons de quelqu'un qui est premier ministre du Québec», a dit M. Charest. «Qu'est-ce que cette idée-là de loyauté? Depuis quand un chef de gouvernement doit être gêné de ses propos tenus dans son bureau? Il doit peser ses mots, car il est un personnage public», a dit quant à elle Mercédez Roberge.
«Q'ils préfèrent parler aux présidents de compagnies plutôt qu'aux groupes populaires que la population s'est donnés, c'est malheureux», a noté Claudette Carbonneau. Elle s'est étonnée des paroles de M. Landry qui se trouvent à contre-courant des actions entreprises par son parti, dont la Loi sur la pauvreté et celle sur l'équité salariale.
Avec la collaboration de Kathleen Lévesque et de la Presse canadienne
«Que le premier ministre se sente floué par certaines personnes, c'est une chose. Mais c'est une autre chose de se laisser aller dans des sautes d'humeur et de donner dans des généralisations sur les groupes de femmes», a affirmé au Devoir Claudette Carbonneau, présidente de la CSN. «Je ne souhaite pas que la controverse prenne de l'ampleur, alors la meilleure façon est de demander à M. Landry de traduire franchement le fin fond de sa pensée et de s'expliquer», a-t-elle ajouté.
Françoise David, porte-parole du mouvement D'abord Solidaires et ex-présidente de la Fédération des femmes du Québec, ne croit pas que le mouvement des femmes va «monter aux barricades» pour cette déclaration, qu'elle juge cependant «révoltante», mais elle estime que des femmes pourraient réagir au moment du scrutin, qui devrait se tenir le 14 avril. Nicole Jetté, du Front commun des personnes assistées sociales du Québec, «ne souhaite pas que cela amène un mouvement contre le PQ», bien qu'elle dénonce «l'arrogance» du premier ministre.
Lors du congrès d'orientation du PQ dimanche dernier, au lendemain de la Journée internationale des femmes, Bernard Landry a affirmé à une membre de l'exécutif du parti: «Ne me parlez pas des groupes de femmes... J'aime mieux rencontrer le président de la Sun Life.» C'était au moment où une membre de l'exécutif du parti lui demandait de voter en faveur de propositions, finalement rejetées par les délégués péquistes, visant à introduire des mesures législatives pour parvenir à la parité entre les hommes et les femmes en politique, afin de démontrer une solidarité envers les groupes de femmes.
Bernard Landry a rétorqué qu'il ne faisait allusion qu'à des groupes qui avaient «déformé ses paroles» le mois dernier. Lors d'une rencontre à huis clos en février, M. Landry avait soulevé l'ire de représentants de groupes sociaux en affirmant: «Si les oiseaux avec la cervelle qu'ils ont, nourrissent leurs enfants le matin, comment se fait-il qu'il y a encore du monde qui ne nourrissent pas leurs enfants?» Les groupes présents ont jugé ces propos méprisants envers les démunis.
Hélène Cornellier, coordonnatrice du plan d'action et des communications de l'Association féminine d'éducation et d'action sociale (Afeas), estime qu'un premier ministre représente tous les Québécois et, ainsi, «qu'il ne doit pas s'en prendre à des groupes en particulier». «S'il y a un retour à ce genre de paroles dans le futur, on réagira avec force», a-t-elle souligné au Devoir. «Je trouve honteux qu'on compare les requêtes du mouvement des femmes avec un rendez-vous avec un chef d'entreprise», a dit quant à elle Mercédez Roberge, porte-parole du Collectif féminisme et démocratie. Lors d'une réunion du collectif ce soir, les propos de Bernard Landry seront à l'ordre du jour. Dimanche, Vivian Barbot, présidente de la Fédération des femmes du Québec, s'est dite quant à elle troublée par les affirmations de M. Landry.
Pour sa part, le chef libéral Jean Charest juge «inquiétante» l'allusion du premier ministre à la loyauté. «Ce n'est pas vrai qu'au Québec tout le monde doit jurer loyauté au premier ministre. Ce genre de mépris, ce n'est pas ce que nous attendons de quelqu'un qui est premier ministre du Québec», a dit M. Charest. «Qu'est-ce que cette idée-là de loyauté? Depuis quand un chef de gouvernement doit être gêné de ses propos tenus dans son bureau? Il doit peser ses mots, car il est un personnage public», a dit quant à elle Mercédez Roberge.
«Q'ils préfèrent parler aux présidents de compagnies plutôt qu'aux groupes populaires que la population s'est donnés, c'est malheureux», a noté Claudette Carbonneau. Elle s'est étonnée des paroles de M. Landry qui se trouvent à contre-courant des actions entreprises par son parti, dont la Loi sur la pauvreté et celle sur l'équité salariale.
Avec la collaboration de Kathleen Lévesque et de la Presse canadienne
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