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Québec savoure son retour au coeur de la bataille électorale

Isabelle Porter   8 décembre 2008  Québec
Après avoir été souvent négligée dans les dernières années, la ville de Québec a eu droit à beaucoup d’attention durant la dernière campagne.
Photo : Agence Reuters
Après avoir été souvent négligée dans les dernières années, la ville de Québec a eu droit à beaucoup d’attention durant la dernière campagne.
Québec — Jusqu'à la toute fin de la campagne, les chefs ont fait une cour assidue à Québec. En début de course, on disait que Charest y jouait sa majorité alors qu'en fin de campagne, on voyait plutôt Mario Dumont y jouer son avenir politique. Quelle que soit l'issue du combat, Québec savoure une gloire dont elle rêve depuis longtemps.

Québec «ne suscite que très rarement des émotions chez ceux qui nous gouvernent», écrivait en 2005 Pierre Boucher dans une lettre aux prétendants à la mairie de Québec. Évoquant avec nostalgie l'époque où Jacques Parizeau rêvait de la capitale d'un Québec souverain depuis sa résidence de la rue des Braves, l'ancien président de la Commission de la capitale nationale reprochait aux libéraux de Jean Charest de n'en avoir que pour le pouvoir économique de la métropole. «Depuis avril 2003, Québec sombre dans une sorte de torpeur», écrivait-il. L'annulation de la plupart des investissements gouvernementaux engagés ou promis par le gouvernement précédent [...] plonge la ville de Québec dans un immobilisme qu'elle n'avait pas connu depuis longtemps.»

Une éternité semble s'être écoulée depuis. Dire que Québec a eu droit à beaucoup d'attention durant la dernière campagne relève de l'euphémisme. Le tiers des 75 circonscriptions visitées par Mario Dumont en date de vendredi se trouvait dans la région de Québec. Dans le cas du chef libéral, on parle d'un peu moins du quart. Moins présente, Pauline Marois a tout fait pour compenser, s'engageant à s'établir à Québec si elle était élue et promettant encore plus d'investissements dans la région que les deux autres (170 millions contre 120 millions pour Dumont et près de 140 millions du côté du PLQ).

Surtout, dans un contexte de difficultés économiques sévères, les trois chefs ont promis une pluie d'investissements dans la capitale, dont certains très risqués, comme une candidature olympique dans le cas de Jean Charest.

Le chef libéral a tenu à lancer et clore la campagne à Québec, en insistant toujours sur son attachement indéfectible pour la ville. À un animateur de radio qui lui demandait vendredi s'il comptait demeurer ministre responsable de la capitale nationale, il a répondu ceci. «La ville de Québec, le premier ministre en devient de facto le premier représentant. Quand on organise des événements, et qu'on invite des gens de l'extérieur, c'est à Québec qu'on les emmène parce que c'est Québec qui laisse la plus forte impression.» Et de répondre cela à l'animateur qui lui faisait remarquer que c'était «laid» à Montréal: «Montréal, c'est une grande ville métropolitaine qui ressemble à beaucoup de villes métropolitaines.»

Impact adéquiste

Pendant des années, le maire de Québec et les milieux d'affaires ont milité pour que le premier ministre soit plus présent à Québec, pour que les réunions importantes s'y tiennent et pour que le gouvernement investisse davantage dans la capitale.

Cette fois, ils n'ont même pas eu besoin de le demander. Présidente de la Jeune Chambre de commerce de Québec, Viviane Lyrette reconnaît que le vent a tourné. «On est sur la suite du 400e. Les gens ont vu ce que Québec était capable de faire. La population, les gens d'affaires se sont pris en main. Dans ce cas-là, les élus n'ont pas le choix de suivre.»

Quand on lui fait remarquer que les résultats de l'ADQ dans la région ont sûrement joué un rôle, la femme d'affaires reconnaît que le contexte a beaucoup aidé. «À Québec, on est chanceux parce qu'on a des élus de chacun des partis. Ça a travaillé dans notre sens.»

Les députés adéquistes n'hésitent pas d'ailleurs à se donner du crédit à cet égard.

«Je pense que les gens de Québec réalisent parfaitement qu'ils n'ont jamais fait l'objet d'autant d'attention de la part des deux partis», plaidait cette semaine le député de La Peltrie, Éric Caire. «S'il y a une grande réalisation de l'équipe adéquiste de la capitale nationale, c'est de faire en sorte que, maintenant, les campagnes se concentrent essentiellement dans la région.»

L'engouement actuel de tous les politiciens pour les projets sportifs est une preuve de plus de l'impact de l'ADQ. Les députés adéquistes de la région militent depuis des années pour que l'on s'intéresse davantage au sport. À Québec, le milieu culturel a pour sa part été complètement absent de la campagne. D'après Marc Gourdeau, du Conseil de la culture, des rencontres ont eu lieu avec les porte-parole du PQ et du PLQ en matière de culture, Pierre Curzi et Christine St-Pierre, mais en privé. Visiblement, ces derniers n'ont pas jugé qu'ils gagneraient à en faire un événement Quant au porte-parole adéquiste en culture, François Benjamin, «il a jugé que la plate-forme régionale ne le concernait pas.»

Dans le domaine des affaires sociales, on constate la même indifférence. «Ce n'est pas nécessairement très vendeur de parler de pauvreté», faisait remarquer hier Élyse Groulx, porte-parole pour les Associations pour la défense des droits sociaux de Québec. Seul parti à mettre l'accent sur ces questions, Québec solidaire s'est plaint encore hier d'avoir été négligé par les médias régionaux pendant toute la campagne.

Circonscriptions sûres ou disputées

Considéré comme un espoir du parti lors des élections de 2007, le candidat de QS dans Taschereau, Serge Roy, n'envisageait plus cette fois-ci de défaire Agnès Maltais. Cette dernière représente avec Pauline Marois la seule circonscription sûre du PQ dans la grande région de Québec. Le parti fonde aussi beaucoup d'espoirs sur Louis-Hébert où on pense que l'avocate Françoise Mercure pourrait battre Sam Hamad, ministre rétrogradé et peu populaire.

Le parti espère toujours se faufiler en tête en banlieue où les luttes sont plus serrées, comme Montmorency et Charlesbourg et Jean-Lesage. Mais, là comme ailleurs, les sondages laissent croire que l'on aura surtout affaire à un duel entre libéraux et adéquistes. Sur la Rive-Sud de Québec, des sondages locaux montrent que le PLQ aurait aussi des chances de détrôner l'ADQ dans Lévis et surtout en Beauce. Quant au PQ, il semble avoir abandonné la partie dans cette région où la chef a été absente pendant toute la campagne. À suivre ce soir.






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  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    lundi 8 décembre 2008 11h38
    La région de Québec
    « Pour l'avenir du français au Québec, il faut bloquer Charest.
    Charest qui reçoit la moitié de son appui des anglophones et des immigrants qui choisissent de s'angliciser. Ce groupe l'appuie à 99 % ! C'est démocratique, mais c'est inquiétant. C'est cet appui quasi unanime qui lui permet trop souvent de prendre le pouvoir.

    Dans ces conditions, il est suicidaire pour les francophones de diviser leurs votes.

    Les gens de la région de Québec devraient aller plus souvent à Montréal y voir la progression constante de l'anglais grâce au laxisme des libéraux.

    Mommy, Mommy ... it's NOT TOO LATE ... »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    lundi 8 décembre 2008 13h57
    Montréal...
    « On y parle très bien le français et quel français avec nos amis du Maghreb, d'Haïti, des juifs séfarade, des belges, des français et on en passe. Même les italiens d'ici parlent un très bon français pas comme leurs cousins lointains d'Italie. Moi, j'ai par mes études à Montréal appris un bien meilleur français que ce qu'on m'a appris au collège québécois avec les amis immigrants. Maintenant en rance quand j'y vais (souvent) on arrive à me comprendre très bien malgré mon petit accent de Gaspésie. Il y avait plein de mots que je ne connaissais pas à cause de mon éducation de parfait petit québécois pure "souche" (quel horreur ce mot). Si vous allez à l'université, tout est en français et même à McGill on peut se passer du français. les restos sont un bonheur de lecture des menus, tout en français (parfois c'est bilingue). Vous voulez lire une revue en français, hop, chez Renaud-Bray. Voir des films en français, hop au cinéma. Si vous désirez parler toutes les langues du monde, Montréal est un bonheur et au cours de la pause, on se remet au français. Il est dommage que les québécois ne connaissent pas Montréal, cette magnifique ville cosmopolite, riche de toute sa diversité, de son potentiel d'avenir. Mais on leur dit des choses si fausses qu'ils ont peur nos campagnards de venir nous voir. Non, on vit bien très bien à Montréal ma ville et en français si vous le voulez bien et même que vous pouvez y crever sans avoir à parler une autre langue. ce qui serait dommage car parler d'autres langues est un véritable bonheur. venez nous voir on ira faire de visites et vous verrez que tout se fera en français. Je vous le promets. »

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