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Le devoir de platitude

Michel David   6 décembre 2008  Québec
En avril 2004, à l'issue d'une entrevue au Soleil dont le contenu avait semblé particulièrement mince, Jean Charest avait déclaré, comme pour s'en excuser: «C'est mon job d'être plate.» Le chef libéral peut certainement se féliciter de d'être acquitté de son devoir de platitude avec autant d'application au cours du dernier mois. Depuis un bon demi-siècle, aucune campagne électorale au Québec n'aura suscité aussi peu d'intérêt.
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  • Guy Lemieux
    Abonné
    samedi 6 décembre 2008 01h50
    Le Maître écrit ...et l élève ......
    « Devient journaliste.... »

  • Pierre Poulin
    Abonné
    samedi 6 décembre 2008 04h44
    Garder le cap
    « Vous écrivez que Jean Charest a simplement le mérite d'avoir su garder le cap, sans se laisser distraire par les incidents de parcours. Je pense que ce n'est quand même pas un petit mérite.
    Aucun des trois chefs n'a vraiment une envergure telle qu'on veuille lui confier un mandat de gouverner en toute quiétude. C'est comme à chaque fois finalement, on vote pour le moins pire. Jean Charest a été faible dans plusieurs dossiers importants comme ceux du CHUM ou de l'environnement et a lui aussi succombé à la détestable habitude qu'ont les politiciens de nous promettre des centaines de millions en bonbons électoraux, comme si on était des caves. Mais une fois pesés tous les inconvénients et les avantages, Charest est celui qui présente les meilleurs qualités de chef de gouvernement. C'est aussi lui qui a la meilleure équipe, ce dont il fut très peu question durant la campagne. Les Bachand, Courchesne et Jérôme Forget ont impressionné. Je ne vois pas une équipe aussi solide de l'autre côté de la chambre.
    Je souhaite surtout que le Québec se vote un gouvernement majoritaire, même si c'est celui du PQ. Je ne crois pas aux gouvernements minoritaires parce qu'ils sont incapables de poser les gestes de structure nécessaires à une gestion rationelle à long terme. Peut-être que d'être majoritaire donne du courage et aide les élus à ne pas succomber aux petits clientélismes déprimants. De toute façon, les dérives d'un gouvernement majoritaire sont éventuellement punis de façon sévère (Jean Chrétien et la descente aux enfers des libéraux) et sont le fait de premiers ministres autoritaires et déconnectés, pas le genre de Jean Charest ni de Pauline Marois. »

  • martin dubois
    Abonné
    samedi 6 décembre 2008 09h28
    post-mortem
    « Je me permets quelques petits commentaires sur votre analyse de la campagne. Concernant le point tournant, je suis d'accord avec vous que l'après-débat n'a pas été suffisamment exploité par le parti québécois. Selon moi, cela n'a cependant strictement rien à voir avec la crise à Ottawa. Cette crise, ne l'oublions pas, n'a pris son véritable envol dans les médias qu'au début de cette semaine, en ce début décembre. En fait, jusqu'au dépôt de l'énoncé économique du gouvernement Harper, le parti québécois a disposé de trois jours pour cristalliser l'avantage péquiste lors du débat, suite à la très bonne performance de Pauline Marois. Si vous examinez les trois jours suivant le débat entre Jean Charest et Bernard Landry en 2003, vous constaterez que c'est à ce moment très précis de sa campagne que le PLQ a pu prendre son envol dans les sondages. Durant ces trois jours, le PLQ avait monopolisé l'attention des médias avec une intensification des activités partisanes, où trônait un Jean Charest aux allures de conquérant victorieux.
    Quel contraste avec l'après-débat de cette année! Il y a bien eu un rassemblement partisan péquiste à Montréal le lendemain, mais les libéraux avaient prévu plus et mieux. En définitive, ce sont surtout les attaques qui ont manqué chez les péquistes en ce lendemain du débat. Alors que la combativité aurait du monter d'un cran, la campagne péquiste a continué son petit bonhomme de chemin. Pendant ce temps, Jean Charest, qui connaît bien l'importance du 72 heures suivant le débat, a attaqué Pauline Marois sur la fameuse image des mains liées. Même lors des points de presse immédiatement après le débat, on pouvait constater que Jean Charest avait déjà trouvé cet angle d'attaque. Par contraste, Mme Marois n'avait pas de ligne offensive claire, pas de clou sur lequel frapper pour cristalliser le vote.
    Et que dire de l'absence de sondages suite au débat? En 2003, une vraie pluie de sondages avaient permis, immédiatement après le débat, de donner à Jean Charest l'élan dont il avait besoin. Pourquoi ce traitement différent cette fois-ci ?
    En conséquence, je dois donc, à la décharge du PQ, introduire les médias dans cette histoire. En 2003, ils étaient enragés et ne talonnaient que Bernard Landry et le PQ. Le film "à hauteur d'homme" en a d'ailleurs témoigné pour la postérité. Le PLQ et Jean Charest bénéficiaient d'une meilleure couverture des journalistes. C'est normal, l'opposition ayant moins de moyens que le gouvernement, son message se doit d'être mieux transmis par les médias. Ce qui est anormal, c'est que le PLQ, parti riche et au pouvoir depuis deux mandats, n'a jamais été embêté ou talonné par les journalistes en cette campagne 2008. On a dit que rien ne collait sur Jean Charest. On a plutôt l'impression que les journalistes ne faisaient pas leur job. L'analyse du poids médiatique, à radio-canada, a montré, durant toute la campagne, que Jean Charest a bénéficié de deux fois plus de couverture médiatique que le parti québécois. Des journalistes, autant à TVA qu'à radio-canada, se sont mis à chercher dans les assemblées des partisans péquistes prêts à contester leur chef. A-t-on déjà vu pareil traitement imposé aux libéraux ? On peut donc dire que non seulement la visibilité médiatique de Jean Charest était le double du PQ, mais qu'en plus sa couverture à lui était très agréable...
    De plus, on ne sait trop si on peut se fier aux reportages télés pour se donner une idée de l'efficacité des déclarations des chefs. Étant donné que les journalistes ne prennent que les clips qu'ils veulent, ils sont donc en mesure de décider, au bout du compte, lequel des partis ou des chefs ils souhaitent avantager, et lesquels ils souhaitent faire mal paraître. Avant de lancer la pierre au PQ, il faudra analyser le rôle des médias après cette campagne.
    Du côté de l'ADQ, je n'ai pas la même analyse que vous, M. David. Je crois que c'est le moratoire, puis l'abandon définitif de l'option souverainiste qui aura eu raison de l'ADQ. À partir de ce moment, l'ADQ est devenu un parti fédéraliste de droite comme les autres. Bien que ce reniement de la souveraineté ait eu lieu à l'ADQ il y a belle lurette, je suis persuadé que l'ADQ aurait pris nettement le pouvoir en 2007, voire comme gouvernement majoritaire, s'ils avaient conservé la souveraineté comme option ultime de leur stratégie autonomiste. Ils auraient alors affaibli le PQ en son coeur, je n'en ai aucun doute. Ce qui a tué l'ADQ, c'est d'avoir tout miser sur le rapatriement du vote libéral. Bien que plusieurs péquistes de droite aient adhéré à l'ADQ en 2007, la plupart sont restés au PQ. Les adéquistes ont cru que le 30% du PQ en 2007 était impossible à gruger parce qu'il n'était composé que de gauchistes allergiques au programme adéquiste. C'est faux. Je suis de ceux, et ils sont nombreux au PQ, qui n'aurait pas hésité à voter ADQ en 2007, si la souveraineté était demeurée une option posible pour ce parti. Le célèbre discours de Mario Dumont à Toronto a été pour moi, comme pour beaucoup d'autres péquistes, une trahison impardonnable de la part de M. Dumont. Cela a créé une méfiance définitive envers l'ADQ. À partir de ce moment, l'autonomisme ne voulait plus rien dire pour plusieurs d'entre nous. Cela s'est accentué avec le peu d'emphase mise sur les revendications à l'égard du fédéral, et finalement, dernier clou dans le cercueil, la proximité indécente avec le gouvernement Harper au point de vue des revendications québécoises.
    C'est vraiment là que l'ADQ a raté sa chance. »

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 6 décembre 2008 09h58
    Vite, un nouveau "show"...
    « Il faut que Michel David trouve la politique québécois plate en bibitte pour en arriver à dire que la clarté du programme de l'ADQ contraste avec la plate-forme des "vieux partis". Je n'ai pas de mal à croire qu'il revisera un peu son opinion dès qu'il aura lu le livre de Jacques Côté, l'ADQ, le bêtisier, mais il reste qu'il ne devrait pas hésiter à meetre la plus grande partie du blâme du manque d'excitant dans cette élection sur la tièdeur de Mme Marois et de son programme. Si non, il faudra lui dmander ce que les électeurs auraient pu trouver d'excitant dans l'alternative d'être gouverné par le PQ. »

  • Jean St-Jacques
    Abonné
    samedi 6 décembre 2008 13h53
    Pourquoi et pour qui voter? (Monique Legault)
    « Pourquoi voter quand on sait que le vrai programme viendra après les élections quand le parti politique fera connaître ses orientations. Regarder Harper qui n'a jamais parlé du contenu de son éconcé économique. Ceux qui ont voté pour lui ne savaient pas ce qui les attendaient les voteurs.

    Pour qui voter? Je ne puis voter pour Charest qui a mis le Québec à l'envers lors de son premier mandat. Le second, il n'a rien fait et s'est contenté de sourire niaiseusement et de faire le perroquet sur les supposés réalisations de son gouvernement. Il ne parle pas quand c'est le temps et quand il devrait parler, il dit des banalités.

    On déclare des élections au lieu de s'occuper des pauvres et du contexte économique qui fait mal au peuple. La Caisse nous fait perdre des sommes importantes mais on ne peut savoir la vérité. On la saura après les élections mais il sera trop tard pour revenir sur son vote.

    Je voyais vendredi le beau perroquet se pavaner à la télévision sous l'oeil complaisant de Patrice Roy avec des questions piégées et filtrées pour qu'il paraisse à son meilleur. Au bout d'une heure, j'ai fermé le récepteur car je n'en pouvais plus.

    Les journalistes commentaient Dumont et Marois mais rarement les a-t-on entendu attaquer Charest. On sentait un préjugé favorable en commençant par Michel David, celui qui a écrit cet article...Pardon M. David mais j'écris ce que je pense... »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 6 décembre 2008 15h47
    @Monque Legault
    « "Je voyais vendredi le beau perroquet se pavaner à la télévision sous l'oeil complaisant de Patrice Roy avec des questions piégées et filtrées pour qu'il paraisse à son meilleur. Au bout d'une heure, j'ai fermé le récepteur car je n'en pouvais plus."

    Moi, ça fait longtemps que j'ai fermé le téléviseur, depuis le début de cette campagne, mais pas pour les mêmes raisons que vous. »

  • Claude Smith
    Abonné
    samedi 6 décembre 2008 16h34
    Ca se peut pas !
    « On est rendu qu'on vote majoritairement pour un parti dans le but de ne pas retourner en élection à plus ou moins brève échéance. Ca fait dur et ça peut résulter en des lendemains qui déchantent.

    Claude Smith
    claude-francoise@videotron.ca »

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