Péréquation: Marois accuse Charest d'avoir menti aux Québécois
Sept-Îles — Sans le vouloir, avec son énoncé économique, Stephen Harper est venu apporter de l'eau au moulin de Pauline Marois, en relançant les bonnes vieilles querelles Québec-Ottawa.
Ottawa sabrera un milliard dans la péréquation versée à Québec, avec la complicité du gouvernement Charest, qui savait, mais n'a rien fait, selon la chef péquiste.
Mme Marois s'est montrée outrée, hier, des pertes financières «catastrophiques» anticipées pour le Québec, si on se fie à l'énoncé économique et financier du gouvernement Harper déposé jeudi.
En point de presse dans une usine de Sept-Îles, Mme Marois a établi un lien direct entre le document fédéral et l'énoncé économique déposé par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, la veille du déclenchement des élections québécoises.
Selon elle, Québec savait ce qui se tramait à Ottawa, mais a manipulé l'opinion publique, en présentant des données erronées à des fins partisanes.
«On nous avait caché des faits, on nous a manipulés, pour tenter de nous faire croire que ça allait bien», a renchéri Mme Marois, lors d'un discours-fleuve de plus de 40 minutes en après-midi au cégep de Sept-Îles, devant quelque 200 personnes qui lui ont réservé un accueil poli.
Début novembre, la ministre Jérôme-Forget et le premier ministre Jean Charest ne pouvaient pas ne pas connaître l'ampleur des coupes imposées au Québec, au moment de rédiger leur propre énoncé budgétaire, a insisté la chef péquiste.
La ministre avait alors annoncé des investissements privés de l'ordre de 11 milliards, un montant qui n'a pu être confirmé, à la suite d'une vérification faite par un quotidien.
Pour ce qui est des intentions du gouvernement Harper, il «est en train de couper dans les sommes qui sont dues au Québec dans la péréquation, et il coupe des sommes considérables. Il en est à un milliard de coupes», selon ses calculs.
C'est «20 fois plus» que les 50 millions de coupes dans les paiements de péréquation anticipées par la ministre Jérôme-Forget, quelques semaines plus tôt, a-t-elle noté.
Le camp péquiste en arrive à ce résultat, en notant qu'Ottawa indique dans son énoncé économique que les paiements de péréquation atteindront, au total, 14,2 milliards en 2009-10, plutôt que 16 milliards, comme prévu antérieurement. La part assumée par le Québec de cette baisse de 1,8 milliard est évaluée à 58 %, soit environ un milliard.
Charest corrige Marois
Le chef libéral Jean Charest a toutefois réfuté les chiffres avancés par le Parti québécois.
«On m'informe que Mme Marois aurait affirmé que ce serait une réduction de 1 milliard pour l'année 2009-10; l'information exacte, confirmée par le fédéral, c'est qu'il y aurait une variation de 75 millions», a dit M. Charest.
«C'est de l'argent, 75 millions, mais dans un budget total de 66 milliards et plus, on va trouver le moyen de gérer ça. Ça ne remet pas en question les équilibres budgétaires du gouvernement», a-t-il ajouté.
La péréquation est un mécanisme qui permet au gouvernement fédéral de rétablir l'équilibre financier entre les provinces riches et les autres.
Mme Marois soutient que Jean Charest aurait hâté la tenue du scrutin pour cacher des mauvaises nouvelles à la population, dont celle-là.
Elle ne croit pas que les électeurs indécis seront tentés de donner à M. Charest un gouvernement majoritaire pour éviter l'instabilité vécue à Ottawa, où les partis d'opposition menacent de défaire le gouvernement, à la suite du mécontentement général engendré par l'énoncé fédéral.
Le chef libéral n'a plus aucun rapport de force vis-à-vis d'Ottawa, conclut la leader péquiste. Jean Charest «est à genoux» devant Ottawa, a-t-elle martelé, comme elle le fait depuis des jours.
Mme Marois faisait campagne hier dans des circonscriptions péquistes, sur la Côte-Nord, aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie. Aujourd'hui, elle arpentera le Saguenay. Depuis le débat de mardi, la chef souverainiste continue à mener sa campagne à un rythme d'enfer, affichant une forme étonnante.
À Sept-Îles, elle a longuement rappelé aux gens venus l'entendre l'importance pour elle du développement économique régional, en énumérant toutes les mesures déjà annoncées qu'elle entendrait adopter.
L'approche retenue par les péquistes en matière de développement régional s'apparente étrangement à celle des libéraux et emprunte le même vocabulaire: «décentralisation des pouvoirs», «pas de mur à mur», «flexibilité».
Mme Marois s'engage notamment à maintenir en place les controversées mesures fiscales destinées aux régions-ressources. De plus, un fond de 500 millions sera mis à la disposition des régions pour le capital-risque.
Ottawa sabrera un milliard dans la péréquation versée à Québec, avec la complicité du gouvernement Charest, qui savait, mais n'a rien fait, selon la chef péquiste.
Mme Marois s'est montrée outrée, hier, des pertes financières «catastrophiques» anticipées pour le Québec, si on se fie à l'énoncé économique et financier du gouvernement Harper déposé jeudi.
En point de presse dans une usine de Sept-Îles, Mme Marois a établi un lien direct entre le document fédéral et l'énoncé économique déposé par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, la veille du déclenchement des élections québécoises.
Selon elle, Québec savait ce qui se tramait à Ottawa, mais a manipulé l'opinion publique, en présentant des données erronées à des fins partisanes.
«On nous avait caché des faits, on nous a manipulés, pour tenter de nous faire croire que ça allait bien», a renchéri Mme Marois, lors d'un discours-fleuve de plus de 40 minutes en après-midi au cégep de Sept-Îles, devant quelque 200 personnes qui lui ont réservé un accueil poli.
Début novembre, la ministre Jérôme-Forget et le premier ministre Jean Charest ne pouvaient pas ne pas connaître l'ampleur des coupes imposées au Québec, au moment de rédiger leur propre énoncé budgétaire, a insisté la chef péquiste.
La ministre avait alors annoncé des investissements privés de l'ordre de 11 milliards, un montant qui n'a pu être confirmé, à la suite d'une vérification faite par un quotidien.
Pour ce qui est des intentions du gouvernement Harper, il «est en train de couper dans les sommes qui sont dues au Québec dans la péréquation, et il coupe des sommes considérables. Il en est à un milliard de coupes», selon ses calculs.
C'est «20 fois plus» que les 50 millions de coupes dans les paiements de péréquation anticipées par la ministre Jérôme-Forget, quelques semaines plus tôt, a-t-elle noté.
Le camp péquiste en arrive à ce résultat, en notant qu'Ottawa indique dans son énoncé économique que les paiements de péréquation atteindront, au total, 14,2 milliards en 2009-10, plutôt que 16 milliards, comme prévu antérieurement. La part assumée par le Québec de cette baisse de 1,8 milliard est évaluée à 58 %, soit environ un milliard.
Charest corrige Marois
Le chef libéral Jean Charest a toutefois réfuté les chiffres avancés par le Parti québécois.
«On m'informe que Mme Marois aurait affirmé que ce serait une réduction de 1 milliard pour l'année 2009-10; l'information exacte, confirmée par le fédéral, c'est qu'il y aurait une variation de 75 millions», a dit M. Charest.
«C'est de l'argent, 75 millions, mais dans un budget total de 66 milliards et plus, on va trouver le moyen de gérer ça. Ça ne remet pas en question les équilibres budgétaires du gouvernement», a-t-il ajouté.
La péréquation est un mécanisme qui permet au gouvernement fédéral de rétablir l'équilibre financier entre les provinces riches et les autres.
Mme Marois soutient que Jean Charest aurait hâté la tenue du scrutin pour cacher des mauvaises nouvelles à la population, dont celle-là.
Elle ne croit pas que les électeurs indécis seront tentés de donner à M. Charest un gouvernement majoritaire pour éviter l'instabilité vécue à Ottawa, où les partis d'opposition menacent de défaire le gouvernement, à la suite du mécontentement général engendré par l'énoncé fédéral.
Le chef libéral n'a plus aucun rapport de force vis-à-vis d'Ottawa, conclut la leader péquiste. Jean Charest «est à genoux» devant Ottawa, a-t-elle martelé, comme elle le fait depuis des jours.
Mme Marois faisait campagne hier dans des circonscriptions péquistes, sur la Côte-Nord, aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie. Aujourd'hui, elle arpentera le Saguenay. Depuis le débat de mardi, la chef souverainiste continue à mener sa campagne à un rythme d'enfer, affichant une forme étonnante.
À Sept-Îles, elle a longuement rappelé aux gens venus l'entendre l'importance pour elle du développement économique régional, en énumérant toutes les mesures déjà annoncées qu'elle entendrait adopter.
L'approche retenue par les péquistes en matière de développement régional s'apparente étrangement à celle des libéraux et emprunte le même vocabulaire: «décentralisation des pouvoirs», «pas de mur à mur», «flexibilité».
Mme Marois s'engage notamment à maintenir en place les controversées mesures fiscales destinées aux régions-ressources. De plus, un fond de 500 millions sera mis à la disposition des régions pour le capital-risque.
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