Temps d'attente - Urgences: Charest abandonne sa promesse de 2005
Photo : Jacques Nadeau
Jean Charest
Sainte-Thérèse — Jean Charest a abandonné hier l'engagement gouvernemental de réduire le temps d'attente dans les urgences à une moyenne de 12 heures d'ici 2010, laquelle cible se trouvait dans le Plan stratégique 2005-2010 du ministère de la Santé et des Services sociaux.
Questionné à plusieurs reprises de façon précise hier sur le sujet, M. Charest a soigneusement évité de répondre et s'est contenté de dire qu'il allait «tout mettre en oeuvre pour réduire le temps» d'attente.
Durant la première moitié de l'année, les problèmes d'attente dans les salles d'urgence se sont aggravés, révélait hier La Presse. M. Charest a affirmé que ces problèmes étaient dus au fait qu'en raison du vieillissement de la population, 600 000 personnes de plus fréquentent les urgences «chaque année». En fait, selon des données fournies hier, la clientèle à l'urgence a augmenté de 632 696 personnes depuis 2003. «Il faut continuer les efforts, on a fait des progrès», a dit M. Charest, passant sous silence le fait que la situation dans les urgences est pire qu'en 2005, au moment où le Plan stratégique a été publié.
M. Charest a alors cité plusieurs statistiques rassurantes: «Je vous rappelle que 92 % des gens sont opérés dans un délai de six mois, 80 % dans un délai de trois mois, 98 % sont traités en radio-oncologie dans un délai de quatre semaines, que les temps d'attente pour les opérations de hanche, de genou...», jusqu'à ce qu'une journaliste lui fasse remarquer qu'il ne parlait plus des urgences. Il a alors lancé: «Je le sais, mais tout ça est lié, vous savez!» Lié à quoi? «Au problème numéro un du réseau de la santé et des services sociaux du Québec», c'est-à-dire «la pénurie de médecins, d'infirmières et de technologues. [...] et vous connaissez qui a contribué à ce problème-là.» Qui? La chef péquiste et ancienne ministre de la Santé Pauline Marois.
Cette dernière a reproché hier à Jean Charest d'encore une fois se défausser sur elle alors qu'il avait, en 2003, promis solennellement de régler les problèmes d'attente. Dans un communiqué, le PQ a rappelé la promesse du chef libéral faite à l'époque dans une interview à un journal: «Je propose un pacte à la population du Québec, avait dit M. Charest à La Presse. Je veux que mon gouvernement et moi soyons jugés là-dessus. Au bout de notre mandat, la population aura à évaluer si on a livré ou non les engagements qu'on a pris en santé. [...] Je dis aux Québécois: faites-moi confiance, je vais remettre sur pied le système de santé. Jugez-moi sur ces résultats. Et si je n'y arrive pas, vous saurez quoi faire!» Madame Marois a ajouté que, dans cette campagne, le chef libéral nous demande de lui «faire confiance sur l'économie». «Pourquoi on le croirait davantage aujourd'hui alors qu'il n'a pas respecté ses engagements?», a-t-elle ajouté. Mme Marois a souligné que sa solution est axée sur la création de groupes de médecine familiale.
Majoritaire mais gentil
En matinée, dans une interview à Radio-Canada, M. Charest a répété qu'il avait compris le message envoyé par la population en 2007 lorsqu'il est devenu minoritaire et qu'il en avait tiré des leçons. Même majoritaire, donc, il tiendrait compte de ces leçons. «J'ai accepté ce message-là et je ne le reçois pas juste pour le lendemain de l'élection. C'est un message qu'on reçoit à vie.» Il soutient que, s'il redevient majoritaire, il «fera un effort supplémentaire pour dire aux gens ce qu'on fait et pourquoi on le fait». Il regrette, par exemple, qu'après les élections de 2003 il a souvent fait référence au «mandat» reçu par la population. «Ce n'est pas parce qu'on a reçu un mandat qu'on peut faire des choses sans [...] les expliquer, dire pourquoi, et défendre ses idées.»
Il a refusé de s'engager hier à ne plus recourir au bâillon lors des fins de session parlementaire. Cette mesure qui force l'adoption d'un projet de loi avait été abondamment utilisée par le gouvernement Charest majoritaire, notamment en 2005 pour imposer les conditions de travail aux employés de l'État.
***
Avec Robert Dutrisac
Questionné à plusieurs reprises de façon précise hier sur le sujet, M. Charest a soigneusement évité de répondre et s'est contenté de dire qu'il allait «tout mettre en oeuvre pour réduire le temps» d'attente.
Durant la première moitié de l'année, les problèmes d'attente dans les salles d'urgence se sont aggravés, révélait hier La Presse. M. Charest a affirmé que ces problèmes étaient dus au fait qu'en raison du vieillissement de la population, 600 000 personnes de plus fréquentent les urgences «chaque année». En fait, selon des données fournies hier, la clientèle à l'urgence a augmenté de 632 696 personnes depuis 2003. «Il faut continuer les efforts, on a fait des progrès», a dit M. Charest, passant sous silence le fait que la situation dans les urgences est pire qu'en 2005, au moment où le Plan stratégique a été publié.
M. Charest a alors cité plusieurs statistiques rassurantes: «Je vous rappelle que 92 % des gens sont opérés dans un délai de six mois, 80 % dans un délai de trois mois, 98 % sont traités en radio-oncologie dans un délai de quatre semaines, que les temps d'attente pour les opérations de hanche, de genou...», jusqu'à ce qu'une journaliste lui fasse remarquer qu'il ne parlait plus des urgences. Il a alors lancé: «Je le sais, mais tout ça est lié, vous savez!» Lié à quoi? «Au problème numéro un du réseau de la santé et des services sociaux du Québec», c'est-à-dire «la pénurie de médecins, d'infirmières et de technologues. [...] et vous connaissez qui a contribué à ce problème-là.» Qui? La chef péquiste et ancienne ministre de la Santé Pauline Marois.
Cette dernière a reproché hier à Jean Charest d'encore une fois se défausser sur elle alors qu'il avait, en 2003, promis solennellement de régler les problèmes d'attente. Dans un communiqué, le PQ a rappelé la promesse du chef libéral faite à l'époque dans une interview à un journal: «Je propose un pacte à la population du Québec, avait dit M. Charest à La Presse. Je veux que mon gouvernement et moi soyons jugés là-dessus. Au bout de notre mandat, la population aura à évaluer si on a livré ou non les engagements qu'on a pris en santé. [...] Je dis aux Québécois: faites-moi confiance, je vais remettre sur pied le système de santé. Jugez-moi sur ces résultats. Et si je n'y arrive pas, vous saurez quoi faire!» Madame Marois a ajouté que, dans cette campagne, le chef libéral nous demande de lui «faire confiance sur l'économie». «Pourquoi on le croirait davantage aujourd'hui alors qu'il n'a pas respecté ses engagements?», a-t-elle ajouté. Mme Marois a souligné que sa solution est axée sur la création de groupes de médecine familiale.
Majoritaire mais gentil
En matinée, dans une interview à Radio-Canada, M. Charest a répété qu'il avait compris le message envoyé par la population en 2007 lorsqu'il est devenu minoritaire et qu'il en avait tiré des leçons. Même majoritaire, donc, il tiendrait compte de ces leçons. «J'ai accepté ce message-là et je ne le reçois pas juste pour le lendemain de l'élection. C'est un message qu'on reçoit à vie.» Il soutient que, s'il redevient majoritaire, il «fera un effort supplémentaire pour dire aux gens ce qu'on fait et pourquoi on le fait». Il regrette, par exemple, qu'après les élections de 2003 il a souvent fait référence au «mandat» reçu par la population. «Ce n'est pas parce qu'on a reçu un mandat qu'on peut faire des choses sans [...] les expliquer, dire pourquoi, et défendre ses idées.»
Il a refusé de s'engager hier à ne plus recourir au bâillon lors des fins de session parlementaire. Cette mesure qui force l'adoption d'un projet de loi avait été abondamment utilisée par le gouvernement Charest majoritaire, notamment en 2005 pour imposer les conditions de travail aux employés de l'État.
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Avec Robert Dutrisac
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