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Temps d'attente - Urgences: Charest abandonne sa promesse de 2005

Antoine Robitaille   28 novembre 2008  Québec
Jean Charest
Photo : Jacques Nadeau
Jean Charest
Sainte-Thérèse — Jean Charest a abandonné hier l'engagement gouvernemental de réduire le temps d'attente dans les urgences à une moyenne de 12 heures d'ici 2010, laquelle cible se trouvait dans le Plan stratégique 2005-2010 du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Questionné à plusieurs reprises de façon précise hier sur le sujet, M. Charest a soigneusement évité de répondre et s'est contenté de dire qu'il allait «tout mettre en oeuvre pour réduire le temps» d'attente.

Durant la première moitié de l'année, les problèmes d'attente dans les salles d'urgence se sont aggravés, révélait hier La Presse. M. Charest a affirmé que ces problèmes étaient dus au fait qu'en raison du vieillissement de la population, 600 000 personnes de plus fréquentent les urgences «chaque année». En fait, selon des données fournies hier, la clientèle à l'urgence a augmenté de 632 696 personnes depuis 2003. «Il faut continuer les efforts, on a fait des progrès», a dit M. Charest, passant sous silence le fait que la situation dans les urgences est pire qu'en 2005, au moment où le Plan stratégique a été publié.

M. Charest a alors cité plusieurs statistiques rassurantes: «Je vous rappelle que 92 % des gens sont opérés dans un délai de six mois, 80 % dans un délai de trois mois, 98 % sont traités en radio-oncologie dans un délai de quatre semaines, que les temps d'attente pour les opérations de hanche, de genou...», jusqu'à ce qu'une journaliste lui fasse remarquer qu'il ne parlait plus des urgences. Il a alors lancé: «Je le sais, mais tout ça est lié, vous savez!» Lié à quoi? «Au problème numéro un du réseau de la santé et des services sociaux du Québec», c'est-à-dire «la pénurie de médecins, d'infirmières et de technologues. [...] et vous connaissez qui a contribué à ce problème-là.» Qui? La chef péquiste et ancienne ministre de la Santé Pauline Marois.

Cette dernière a reproché hier à Jean Charest d'encore une fois se défausser sur elle alors qu'il avait, en 2003, promis solennellement de régler les problèmes d'attente. Dans un communiqué, le PQ a rappelé la promesse du chef libéral faite à l'époque dans une interview à un journal: «Je propose un pacte à la population du Québec, avait dit M. Charest à La Presse. Je veux que mon gouvernement et moi soyons jugés là-dessus. Au bout de notre mandat, la population aura à évaluer si on a livré ou non les engagements qu'on a pris en santé. [...] Je dis aux Québécois: faites-moi confiance, je vais remettre sur pied le système de santé. Jugez-moi sur ces résultats. Et si je n'y arrive pas, vous saurez quoi faire!» Madame Marois a ajouté que, dans cette campagne, le chef libéral nous demande de lui «faire confiance sur l'économie». «Pourquoi on le croirait davantage aujourd'hui alors qu'il n'a pas respecté ses engagements?», a-t-elle ajouté. Mme Marois a souligné que sa solution est axée sur la création de groupes de médecine familiale.

Majoritaire mais gentil

En matinée, dans une interview à Radio-Canada, M. Charest a répété qu'il avait compris le message envoyé par la population en 2007 lorsqu'il est devenu minoritaire et qu'il en avait tiré des leçons. Même majoritaire, donc, il tiendrait compte de ces leçons. «J'ai accepté ce message-là et je ne le reçois pas juste pour le lendemain de l'élection. C'est un message qu'on reçoit à vie.» Il soutient que, s'il redevient majoritaire, il «fera un effort supplémentaire pour dire aux gens ce qu'on fait et pourquoi on le fait». Il regrette, par exemple, qu'après les élections de 2003 il a souvent fait référence au «mandat» reçu par la population. «Ce n'est pas parce qu'on a reçu un mandat qu'on peut faire des choses sans [...] les expliquer, dire pourquoi, et défendre ses idées.»

Il a refusé de s'engager hier à ne plus recourir au bâillon lors des fins de session parlementaire. Cette mesure qui force l'adoption d'un projet de loi avait été abondamment utilisée par le gouvernement Charest majoritaire, notamment en 2005 pour imposer les conditions de travail aux employés de l'État.

***

Avec Robert Dutrisac






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  • Frank Hebert
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2008 05h45
    Pénurie de médecins-L'Université McGill n'aide pas
    « Des attentes à l'urgence...des attentes pour une chirurgie...attentes...
    En bout ligne il semble bien que nous n'avons pas assez de médecins pour mieux répondre à des besoins sans cesse croissants.
    Des dizaines et dizaines de nouveaux médecins sortent de l'université McGill tous les ans.Un grand nombre de ces médecins s'en vont dans les autres provinces ou aux USA.Et c'est normal.Car c'étaient des étudiants venus d'ailleurs qui sont venus faire leurs études chez nous parce que les frais de scolarité sont beaucoup plus bas.
    Et en plus ils auront leur CHUM anglophone bien avant nous.Ils seront d'autant plus connaissants et pourront commander de meilleurs salaires...ailleurs.
    Nous, nous devons commencer par démolir l'hôpital St-Luc, puis,un jour, peut-être,construire notre CHUM. »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2008 06h25
    Les urgences
    « Il faudrait peut-être modifier le terme "urgent" . Je vais à l'hôpital une fois l'an pour des prises de sang et je passe par l"urgence". Or il n'y a rien d'urgent dans cette visite à l'hôpital. Il en est de même pour à peu près toutes les personnes qui attendent.Lorsqu'un cas est jugé urgent il y a de fortes chances pour qu'on s'en occupe rapidement. C'est vrai qu'il peut y avoir des lits dans les corridors à certains endroits, mais c'est en raison du manque de locaux et de chambres. Il m'est arrivé de souffrir d'une pierre sur le rein. Ça n'a pas pris de temps pour qu'on me donne une piqûre mais j'ai dû rester à l'urgence jusqu'au lendemain avant qu'un médecin ne me voie. Ce n'était pas plus grave que ça. On dramatise souvent la situation, comme s'il fallait que toutes les personnes soient traitées dès leur arrivée à l'hôpital. C'est sûr qu'attendre quand on a un enfant fiévreux dans les bras, le temps nous paraît beaucoup plus long. »

  • Fernand Bélair
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2008 08h50
    On ne peut pas lui faire confiance!
    « On a vu ce qu'il faisait comme gouvernement majoritaire: Suroît, Orford, nombreux baillons à l'Assemblée nationale. On a vu ce qu'il a tenté comme gouvernement minoritaire: Rabaska. La méthode de monsieur Charest, c'est de forcer la main pour servir sa clientèle de base (et il dira qu'il a les mains libres!) Il a eu bien du temps pour réaliser ses promesses. Il a déjà trop compté sur la faible mémoire des électeurs, croyant qu'on ne saurait lui tenir rigueur de données falsifiées ou tenues secrètes pour nous jouer des petits tours! Pour alléger le système de santé actuel, il veut bien maintenant offrir des primes aux nouvelles infirmières et à celles qui sont prêtes pour leur retraite, mais quelle a été la position de son gouvernement avec elles lors du dernier renouvellement de leur convention collective? Il faudrait davantage de cohérence et de congruence! Non, on ne peut lui faire confiance... ni majoritaire... ni minoritaire! Trop peu, trop tard! »

  • Frans Van Dun
    Abonné
    vendredi 28 novembre 2008 08h54
    L'heure juste
    « Cet article donne pas mal l'heure juste sur la santé et montre comment M. Charest tente toujours de s'esquiver quand on pose une question précise qui l'embarasse. Ses conseillers experts (!) semblent ignorer que c'est la meilleure façon de lui faire perdre la confiance des électsurs. À ce point de vue, il n'a pas changé. Personnellement, je ne lui fais pas confiance. »

  • Serge Manzhos
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2008 09h31
    12 heures
    « je me demandais en lisant a quel point est-ce que l'électeur moyen comprend l'absurdité même de ce qui se passe en santé et du discours des politiciens a propos. On se venterait de pouvoir 'réduire le temps d'attente dans les urgences à une moyenne de 12 heures' Le balbutiement de 'la création de groupes de médecine familiale' ne fait que distraire du vrai problème. Il y a un système qui est devenu un trou noir pour l'$ budgétaire, solidifié dans son inefficacité par les syndicats et les ordres. Il n'y aura de miracle, il faudra qu'on apprenne a payer plus directement et que le système devienne plus flexible et cela veut dire le privé.
    Si vous voulait toujours l'état protecteur c'est bien, l'état peut quand même payer pour ou assurer les traitements couteux mais pour les milliers des cas 'ordinaire' les rhume les plaies les petites chirurgies il faut que les consommateurs payent et aient le choix a qui payer et auprès de qui s'assurer.
    Les gens en haut de la politique et des syndicats qui défendent aujourd'hui bec et ongle ce monstre de système public ne vont pas mourir en attendant le docteur, mais leurs électeurs courent ce danger déjà aujourd'hui. »

  • Hélène Paulette
    Inscrite
    vendredi 28 novembre 2008 10h11
    Et sa promesse de 2003?
    « Plus d'attente à l'urgence, vous souvenez-vous?
    Il ment, il a recours au baillon plus souvent qu'à son tour, il va privatiser tout ce qui nous reste de patrimoine, ve continuer le gâchis écologique en prétextant la crise mais on va le reporter au pouvoir parce qu'on boude les élections.
    Bravo! »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    vendredi 28 novembre 2008 12h55
    Monsieur Charest, OUI ...nous savons ce qui reste à faire!!!
    « Monsieur Robitaille vous écrivez: « Dans une interview à Radio-Canada, M. Charest a répété qu'il avait compris le message envoyé par la population en 2007 lorsqu'il est devenu minoritaire et qu'il en avait tiré des leçons....»

    PAROLES,PAROLES...PAROLES!
    Si Jean Charest avait compris le message , l'électorat n'irait pas aux urnes en cette période financière précaire.

    De plus, et là, simultanément, monsieur Charest se contredit un peu plus loin :«...Il a refusé de s'engager hier à ne plus recourir au bâillon lors des fins de session parlementaire. Cette mesure qui force l'adoption d'un projet de loi avait été abondamment utilisée par le gouvernement Charest majoritaire, notamment en 2005 pour imposer les conditions de travail aux employés de l'État.»

    Franchement monsieur Charest l'opportuniste, cessez de nous prendre pour des imbéciles. Vos ambitions personnelles ont priorité sur la démocratie et vont à l'encontre des intérêts des contribuables.

    Tout comme Steven Harper, votre arrogance à l'endroit de l'opposition démontre votre manque de respect de la démocratie, de leur électorat. La population est gouvernée aux deux paliers de gouvernement par deux personnages bien peu scrupuleux. L'intégrité ne semble caractériser aucun de vous. Que dire du peu de transparence!!!

    Bilan de 5 ans et demie...La population sera juge.
    Monsieur Charest, n'aviez-vous pas dit en 2003 que l'électorat saurait quoi faire advenant l'échec en matière de santé? Que penser de votre déclenchement d'élection en cette période plus que douteuse alors que vous mettez supposément l'accent sur l'économie.

    Que l'électorat ne remette pas aux commandes un capitaine avec si peu d'envergure! »

  • Hélène Paulette
    Inscrite
    vendredi 28 novembre 2008 13h44
    @M.Manzhos
    « Avant de penser au "privé" en santé, allez donc voir le marasme dans le système de santé américain, grand champion du privé. Une dame est morte sur sa chaise à l'urgence à NYC après avoir attendu plus de 24 heures des soins qui ne sont jamais venus. Bien sûr, ça se passait dans un hopital public! J'espère que vous avez assez d'argent pour vous faire soigner dans votre futur système privé. »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 28 novembre 2008 13h58
    Son petit show d'honnêteté
    « L'honnêteté de Pauline Marois durant le débat, alors qu'elle a avoué candidement qu'il n'y avait rien dans son plan pour un aspect soulevé par un téléspectateur, semble avoir eu un gros effet sur l'opinion publique. La preuve en est que Jean Charest nous sert un exemple d'honnêteté en renonçant à une promesse faite lors de l'élection précédente.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 28 novembre 2008 14h06
    À Serge Manzhos
    « Selon Serge Manzhos, un système de soins de santé créé pour garantir l'égalité des chances devant la maladie est un monstre. Ça va mal « ààà shop ».
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • André Brière
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2008 15h42
    Que de mensonges, incroyable
    « En 2003 la santé était la pierre angulaire de la campagne électorale de Charet(te)il promettait solennellement et même en débat de régler ce problème. Presque 6 ans après le problème s'est agravé. À preuve la démission de Couillard, ça vous dit quelques choses ?

    Peut t'on être aussi malhonnête, Michou ferait mieux en matière de promesses.

    Je ne voudrais jamais que mon cheval tire cette Charet(te) car il devrait attendre en ligne à 5 rues de l'hopitale

    Bravo Jean tu as fait une bonne job.

    André Brière »

  • Jocelyne Brunet
    Inscrite
    vendredi 28 novembre 2008 17h21
    98 % sont traités en radio-oncologie dans un délai de quatre semaines!? Ah oui!?
    « Atteinte d'un cancer inopérable, on m'a informé que je n'avais que 3 à 6 mois à vivre sans chimio. Date du diagnostic: 15 mai 2007. Date du premier traitement de chimio: 16 août 2007. Trois mois d'attente! Heureusement, je ne suis pas décédée avant. Toutefois, mes tumeurs au foie avaient considérablement augmenté durant ce temps d'attente et mon abdomen était horriblement distendu. Il faut dire que j'habite à Gatineau.

    En Outaouis, la région est gravement sous-financée depuis de nombreuses années et les hôpitaux manquent de ressources. La pénurie de médecins est un autre problème sérieux qui sévit dans notre région depuis de nombreuses années.

    À quand un hôpital universitaire en Outaouais? »

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2008 19h32
    PÉNURIE
    « lES MÉDECINS ÉTRANGERS QUITTENT APRÈS LEUR ÉTUDE À McGill.
    http://www.ledevoir.com/2003/10/02/37475.html »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 28 novembre 2008 22h21
    À Jocelyne Brunet
    « Et la Gatineau continue de faire confiance aux libéraux de peur de se retrouver dans un Québec politiquement souverain. J'espère que vous n'êtes pas du nombre.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    vendredi 28 novembre 2008 23h58
    A cause des milliards d'Ottawa
    « Suite aux deux référendums sur la souveraineté du Québec, votre région de l'Outaouais à reçu des milliards pour musée et autres bâtiments.

    Les Libéraux du Québec n'ont pas besoin d'injecter de l'argent nécessaire pour la Santé, car ils savent que vous voteraient pour eux.

    Avez-vous une autre raison ?

    Donc, vous devez voter pour le Parti Québécois. »

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