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Débat sur l'environnement - PLQ et PQ, c'est l'eau et le vent

Les libéraux privilégient la filière hydroélectrique et les péquistes, l'éolienne

Louis-Gilles Francoeur   27 novembre 2008  Québec
Photo : Jacques Nadeau
C'est sur l'électricité, sur les filières de production et ses usages notamment en transports, que libéraux et péquistes se démarquent le plus quand ils confrontent leurs visions environnementales respectives.

C'est en tout cas ce qui ressortait hier du débat qui opposait les porte-parole des trois principaux partis en lice dans la campagne électorale actuelle. Ce débat avait été initié par le Réseau des ingénieurs du Québec, qui terminait ses assises dans la métropole. Aucun des partis n'a abordé les grandes politiques environnementales défectueuses, comme la réforme du BAPE, la protection des milieux humides, l'incomplète politique de l'eau, la réforme de la production agricole et l'atteinte des objectifs de Kyoto, notamment.

Pour la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, la proposition principale des libéraux réside dans leur Plan Nord. Ce plan vise à la fois le développement minier, forestier et la production d'électricité des grands espaces nordiques.

Selon Mme Beauchamp, des 4000 MW que Québec compte tirer encore de ces régions, seulement 700 MW proviendront des grands gisements éoliens du centre de la province.

La ministre a insisté sur le fait que d'entrée de jeu, la moitié des territoires nordiques seront protégés. Mais elle n'a rien dit des critères qui vont déterminer ce qui sera sacrifié et ce qui sera préservé.

Mme Beauchamp a enfin affirmé que les libéraux privilégient une stratégie «d'énergie propre», ce que le porte-parole du Parti québécois, Camil Bouchard, a contesté en rappelant qu'avec le projet Rabaska et le projet d'exportation de pétrole de l'Ouest vers les États-Unis à travers le pipe-line d'Enbridge Sarnia-Montréal, le Québec est en train de devenir la «station-service des Américains» en plus d'augmenter le bilan des GES du Québec.

En marge de la rencontre, M. Bouchard a rappelé que le gouvernement québécois aurait dû, avant d'examiner les projets Rabaska et Gros-Cacouna, demander au BAPE, dans le cadre d'une audience générique, si le Québec avait besoin de sources additionnelles de gaz naturel et, le cas échéant, définir les critères de choix d'un emplacement sécuritaire pour un port méthanier, tout en précisant s'il fallait en construire un, deux ou trois. Le débat sur le choix d'un éventuel site aurait ensuite été beaucoup plus rationnel, dit-il.

Mais c'est sur les grands choix en matière d'électricité que le porte-parole du PQ s'est vraiment démarqué de son adversaire libérale.

Le Parti québécois, a expliqué Camil Bouchard aux ingénieurs, vise le développement prioritaire de 10 000 MW d'énergie éolienne, mettant ainsi à profit l'énorme capacité d'entreposage de cette énergie intermittente dans ses réservoirs hydroélectriques.

Aucun des porte-parole des trois partis présent n'a cependant précisé si on demandera ou non à Hydro-Québec de devenir le maître d'oeuvre des futurs chantiers éoliens plutôt que de laisser développer cette filière par des propriétaires de parcs privés.

Le Québec utilisera cette énergie additionnelle pour réduire ses gaz à effet de serre grâce au développement d'un parc automobile électrique, produit en grande partie au Québec. Ce projet sera appuyé par un investissement de 3,2 milliards de fonds publics si le secteur privé y investit 1,5 milliard.

Ces investissements toucheront autant le camionnage, le train que l'automobile, précise Camil Bouchard. De plus, dit-il, le Québec deviendra une vitrine technologique pour la motorisation électrique grâce un investissement de 4 milliards dans l'électrification de ses transports en commun, où les solutions novatices se multiplient au point que les tramways ont désormais l'allure de dinosaures sympathiques mais particulièrement coûteux.

Enfin, le Québec verrait à ne pas gaspiller cette électricité verte additionnelle parce que le PQ entend équiper 8000 maisons par année en géothermie.

Le porte-parole de l'ADQ, Pierre-Simon Diamond, convient qu'il faut investir massivement dans les transports en commun mais, philosophie adéquiste oblige, en réduisant les structures publiques au profit d'une privatisation croissante. Lui aussi privilégie la filière de la géothermie, un sujet sur laquelle la ministre Beauchamp a été muette.

Dans un des rares accrochages entre les trois adversaires, le porte-parole du PQ a reproché son «projet pilote» sur les voitures à basse vitesse au gouvernement Charest, qui s'avère incapable de lancer la filière électrique au Québec. La ministre a interprété cette remarque non pas comme une attaque contre l'inefficacité du programme mais comme une attaque contre la Zenn et la Nemo, deux petits véhicules de niche qu'on trouve aux États-Unis, surtout dans des domaines privés, en raison de leur incapacité à dépasser les 40 km/h dans la circulation urbaine.
 
 
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  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 27 novembre 2008 08h25
    éolienne; pas dans ma cour et marginal
    Tous officiellement veulent des éoliennes, on est tous pour la vertu,mais personne ne les veut dans sa cour...problème majeur! Que les verts qui veulent une éolienne dans leur cour se manifestent...

    Pour le développement du nord, les autochtones et les centrales syndicales semblent le souhaiter pour leur apporter emplois et revenus additionnels..donc plus réaliste sur ce côté.

    Côté énergétique , le GRAND DÉFI des verts c'est de convaincre leurs concitoyens de baisser leur consommation énergétique..bonne chance! On a vu comment les québécois ont rejeté le plan vert de M.Dion...Sinon l'état doit s'assurer de fournir à temps et en quantité suffisante l'énergie, et les éoliennes sont nettement insuffisantes..le projet du nord est donc essentiel, et les plus réaliste.

    J'adorerais que les citoyens soient plus verts dans leurs actions, ce que je fais au quotidien, mais ils ne le veulent pas, et les gouvernements doivent tenir compte de la volonté populaire....

  • André/Andrés 71
    Inscrit
    jeudi 27 novembre 2008 12h51
    @ André Michaud
    Je ne suis pas d'accord qu'il faille TOUJOURS écouter le peuple... Ex.- Charest NOUS a imposé SES élections et notre choix le 8 décembre est de l'envoyer dans l'OPPOSITION... et faire mentir les sondages qui le favorisent actuellement... POUR CELA, IL FAUT ABSOLUMENT QUE TOUS LES QUÉBÉCOIS aillent voter...
    Quant aux énergies renouvelables & propres, l'ARGENT est le nerf de la guerre! Quand les PRIX des voitures énergivores & du pétrole polluant seront assez élevés (en y ajoutant des taxes complémentaires si nécessaire) la population va changer ses comportements.. idem pour la gestion des déchets et le recyclage... c'est pas "sorcier" sauf que nos SORCIERS au gouvernement ne veulent pas mettre leurs CULOTTES et adopter les politiques NÉCESSAIRES...
    Nous avons NOTRE chance le 8 déc. prochain de leur faire savoir CE QUE NOUS VOULONS...
    "Aux VOTES, citoyens!"
    André Lacombe-Gosselin
    <andre_lacombe@yahoo.com>

  • Philippe Giroul
    Abonné
    jeudi 27 novembre 2008 14h29
    Et la filière nucléaire ?
    Il est étonnant que la filière nucléaire n'ait pas été abordée par les représentants des 3 partis interpellés. Bien sûr, ce n'est qu'à peine 3% de production électrique pour le Québec. Mais le projet d'Hydro-Québec de reconstruire le réacteur de Gentilly-2, sans consultation publique, comme l'a décidé le parti libéral dernièrement, est une dangereuse aventure économique, technique, sociale et environnementale. Est-ce que les citoyens pourraient avoir leur mot à dire dans ce dossier ? Ou bien faut-il se mettre à genoux devant des politiciens qui semblent avoir les mains liées au puissant lobby nucléaire canadien ? Cette filière nucléaire décriée de plus en plus par de nombreux experts à travers le monde pourrait être avantageusement remplacée par les nombreuses énergies renouvelables émergentes qui sont en plein développement. Faut-il hypothéquer l'avenir des générations futures en laissant les politiciens bénir le projet catastrophique de réfection d'une centrale nucléaire obsolète qui risque de produire un autre 2500 tonnes de déchets radioactifs que nos petits-enfants devront payer avec leurs cartes de crédit. Il est urgent de soumettre démocratiquement ce dossier à la population qui devrait juger en toute impartialité si cela vaut la peine d'engager près de 2 milliards (selon l'estimation non vérifiée d'H-Q) et plus de 8 milliards (selon des experts indépendants). En période de crise économique, la prudence est de rigueur.

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 27 novembre 2008 15h48
    @ André 67
    Pensez-vous que l'ADQ ou le PQ sont prêt à imposer un plan vert incluant l'augmentation du coût de l'essence, que les citoyens ne veulent pas??? Les citoyens veulent de l'essence MOINS cher pour polluer plus, c'est la triste réalité!! Et AUCUN des trois partis a plan vert avec des dents, et les verts ou Québec Solitaire ne seront jamais élus...c'est la triste RÉALITÉ!!

    La seule chance que nous aurions pu avoir était le Plan Vert de M.Dion, et même le Parti Vert n'a pas voulu faire front commun, préférant reter dans son sectarisme idéaliste...ce qui fait qu'il n'auront plus jamais mon vote!!

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