L'épreuve des faits - Les millions des Chagnon
Ils prétendent: Au débat des chefs, Jean Charest a dit: «Nous venons de lancer avec la Fondation Chagnon un programme de 200 millions de dollars sur dix ans pour venir en aide aux aidants naturels, pour les aider dans ce qu'ils font.»
Les faits disent:
Ce n'est pas la Fondation mais bien la famille de Lucie et André Chagnon, ex-propriétaire de Vidéotron, qui a annoncé son intention d'injecter 50 millions dans un fonds de 200 millions pour soutenir pendant dix ans les aidants naturels oeuvrant auprès des aînés. Québec doit fournir 150 autres millions. En dévoilant cette intention en mars dernier, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a expliqué que l'enveloppe spéciale devrait notamment «accroître l'offre de service de répit, briser l'isolement et la solitude, développer des services d'urgence et offrir une formation adaptée aux besoins de la personne chère».
Cette initiative découle du rapport de la Commission sur les conditions de vie des personnes aînées déposé plus tôt cette année. Le projet de loi instituant le fonds de soutien aux proches aidants (83), déposé en juin par la ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, n'a pas été adopté avant le déclenchement des élections.
«Il y a toujours une volonté de la famille et une volonté du ministère», explique au Devoir le Dr Michel Boivin, professeur titulaire de l'Université de Montréal. Il agit comme conseiller spécial dans le dossier des proches aidants et comme représentant dans les négociations qui se poursuivent avec le sous-ministre aux aînés du ministère de Mme Blais. «Nous continuons à nous parler régulièrement pour mieux comprendre ce qui doit être réalisé. Oui, il y a actuellement une période d'arrêt, mais il y a une volonté conjointe d'arriver au prochain budget avec un protocole d'entente pour mieux préciser la nature des subventions.»
L'argent viendra bien de la famille Chagnon et pas de la Fondation Lucie et André Chagnon, qui se spécialise, elle, dans l'aide aux enfants de 0 à 17 ans. Idéalement, le programme pour les aînés et leurs aides sera mis en place en 2009 et les interventions se poursuivront donc jusqu'en 2019. Le Dr Boivin refuse de dévoiler quelle forme précise prendra l'aide aux aidants. Il parle plus largement de la nécessité de leur «offrir du répit et des formations».
La perspective de voir la Fondation s'insérer dans ce nouveau créneau charitable ne plaît pas à tous. «J'ai sursauté en entendant Jean Charest parler de ces 200 millions», dit Louise Vanier, directrice de l'organisme Interaction famille, présent dans Hochelaga-Maisonneuve depuis vingt ans. «La Fondation décide, impose et espère des résultats. C'est un peu dictatorial. On est loin de la philosophie du réseau communautaire qui demande de faire avec ses partenaires, de prendre du temps pour rendre les gens autonomes. [...] On peut négocier avec le gouvernement. On ne peut pas négocier avec les Chagnon.»
Les faits disent:
Ce n'est pas la Fondation mais bien la famille de Lucie et André Chagnon, ex-propriétaire de Vidéotron, qui a annoncé son intention d'injecter 50 millions dans un fonds de 200 millions pour soutenir pendant dix ans les aidants naturels oeuvrant auprès des aînés. Québec doit fournir 150 autres millions. En dévoilant cette intention en mars dernier, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a expliqué que l'enveloppe spéciale devrait notamment «accroître l'offre de service de répit, briser l'isolement et la solitude, développer des services d'urgence et offrir une formation adaptée aux besoins de la personne chère».
Cette initiative découle du rapport de la Commission sur les conditions de vie des personnes aînées déposé plus tôt cette année. Le projet de loi instituant le fonds de soutien aux proches aidants (83), déposé en juin par la ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, n'a pas été adopté avant le déclenchement des élections.
«Il y a toujours une volonté de la famille et une volonté du ministère», explique au Devoir le Dr Michel Boivin, professeur titulaire de l'Université de Montréal. Il agit comme conseiller spécial dans le dossier des proches aidants et comme représentant dans les négociations qui se poursuivent avec le sous-ministre aux aînés du ministère de Mme Blais. «Nous continuons à nous parler régulièrement pour mieux comprendre ce qui doit être réalisé. Oui, il y a actuellement une période d'arrêt, mais il y a une volonté conjointe d'arriver au prochain budget avec un protocole d'entente pour mieux préciser la nature des subventions.»
L'argent viendra bien de la famille Chagnon et pas de la Fondation Lucie et André Chagnon, qui se spécialise, elle, dans l'aide aux enfants de 0 à 17 ans. Idéalement, le programme pour les aînés et leurs aides sera mis en place en 2009 et les interventions se poursuivront donc jusqu'en 2019. Le Dr Boivin refuse de dévoiler quelle forme précise prendra l'aide aux aidants. Il parle plus largement de la nécessité de leur «offrir du répit et des formations».
La perspective de voir la Fondation s'insérer dans ce nouveau créneau charitable ne plaît pas à tous. «J'ai sursauté en entendant Jean Charest parler de ces 200 millions», dit Louise Vanier, directrice de l'organisme Interaction famille, présent dans Hochelaga-Maisonneuve depuis vingt ans. «La Fondation décide, impose et espère des résultats. C'est un peu dictatorial. On est loin de la philosophie du réseau communautaire qui demande de faire avec ses partenaires, de prendre du temps pour rendre les gens autonomes. [...] On peut négocier avec le gouvernement. On ne peut pas négocier avec les Chagnon.»
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