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Priorité à l'éducation, dit un manifeste

La Presse canadienne   25 novembre 2008  Québec
Onze organisations ont publié hier un manifeste, réclamant à l'unisson que l'éducation redevienne une priorité nationale et une priorité dans la présente campagne électorale.

«Force est de constater que ce n'est pas la priorité de ceux et celles qui nous dirigent», a lancé l'un de ces onze, le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent.

Ces onze, principalement des organisations syndicales, mais aussi des fédérations d'associations étudiantes, ont publié une liste d'améliorations qu'elles veulent voir apporter du préscolaire à l'université.

«Dans le contexte où, dans les élections, on parle énormément d'économie, oui c'est vrai que l'état de l'économie est préoccupant, mais le Québec a besoin d'une Commission Parent-2, pas d'une stratégie de "patchage" de nids-de-poule», s'est exclamé le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), David Paradis.

Les signataires du manifeste revendiquent une diminution du nombre d'élèves par classe, le développement des activités parascolaires, de meilleurs services de garde en milieu scolaire, un réinvestissement de 1,5 milliard du primaire à l'université et une bonification du régime de prêts et bourses.

Au cours d'une rencontre avec la presse, hier, M. Parent a refusé d'y voir une liste d'épicerie avec des demandes moins prioritaires que d'autres. Il s'agit d'un plan cohérent, dit-il, avec une vision globale sur quelques années.

En matière de financement de l'éducation, les organisations revendiquent 700 millions pour le préscolaire, le primaire et le secondaire et 800 millions pour l'enseignement supérieur.

«Un pour cent de la TPS [taxe sur les produits et services] aurait suffi à combler les lacunes dans tous les ordres d'enseignement», a martelé la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

M. Parent concède qu'il y a eu un rattrapage spectaculaire du Québec en matière d'éducation depuis les années soixante, mais juge que depuis une douzaine d'années, on s'est laissé aller. M. Parent souligne qu'aujourd'hui, 25 % des jeunes fréquentent l'université au lieu de 5 % il y a 40 ans. Dans les années soixante, seulement 14 % des jeunes obtenaient un diplôme du secondaire.

«Il s'est fait un pas de géant, mais, depuis une douzaine d'années, on a livré l'école au marché», a dit M. Parent.
 
 
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