Débat : les chefs préparent leurs attaques
La campagne électorale fait une pause jusqu'à demain: tous les chefs sont maintenant reclus pour étudier leurs dossiers en vue de l'important débat qui les opposera à Québec. Comment chacun se prépare-t-il? Tour d'horizon avec leurs conseillers.
Trois chefs, trois défis, un seul débat: Jean Charest caracole en tête des sondages, mais doit composer avec les déboires de la Caisse de dépôt et placement. Mario Dumont a une bonne expérience des débats, mais sa campagne et son parti semblent moribonds. Et si Pauline Marois-la-recrue connaît bien ses dossiers, elle n'est pas la reine des formules-chocs ni de la repartie.
Depuis hier — samedi dans le cas de Mme Marois —, la campagne électorale est donc au point mort. Les trois chefs préparent frénétiquement le débat de demain soir, dont on espère qu'il pourra donner un élan à une campagne qui ne lève pas.
À l'émission Les Coulisses du pouvoir enregistrée jeudi et diffusée hier, Mme Marois indiquait ne pas être «inquiète», mais certainement «fébrile» en prévision du débat. «J'y vais avec confiance, sérénité et une certaine humilité», a-t-elle dit en soulignant que les deux autres chefs possèdent une bonne expérience en matière de débats. M. Dumont en sera notamment à son quatrième.
Mme Marois «connaît le calibre et la qualité de ses adversaires», dit un membre de l'équipe de conseillers qui la préparent pour le débat. Les «qualités de debater» de Jean Charest et la «facilité de repartie» de Mario Dumont seront de gros obstacles pour la chef du PQ, qui n'est ni la meilleure oratrice ni une experte des formules-chocs.
Pauline Marois table donc sur sa «grande connaissance des dossiers» pour séduire l'auditoire (le PQ tire de l'arrière par 11 points par rapport au PLQ dans la course, selon les derniers sondages). C'est une pédagogue, souligne-t-on. Elle aime expliquer les choses clairement, «pour que tout soit bien compris». Mais il y a un risque: le temps est compté dans un débat et il s'avère primordial d'être concis, précis et limpide.
Chez ses conseillers, on reconnaît que Mme Marois devra donc «essayer d'être plus succincte». Les thèmes sont étudiés en «entonnoir», de manière à réduire la masse d'informations à quelques phrases-clés autour desquelles on articule le message.
Au sein du PQ, on s'attend évidemment à ce que Jean Charest et Mario Dumont attaquent Mme Marois sur son bilan ministériel. À cet égard, «les réponses sont prêtes», dit-on. Mme Marois se prépare avec une équipe de six conseillers comprenant notamment Éric Gamache, Éric Bédard, Nicole Stafford et Christiane Miville-Deschênes.
Mme Marois prendra tout de même quelques heures aujourd'hui pour aller dans sa circonscription de Charlevoix. Elle tiendra un court point de presse.
Pas de lapin pour Dumont
Mario Dumont s'est pour sa part enfermé hier après-midi dans une suite d'un grand hôtel de Québec avec quelques proches conseillers, dont Jean-Nicolas Gagné, Nicolas Mazellier et Alain Sans-Cartier.
Dans son camp, on s'est montré discret sur la perspective de faire un autre coup de théâtre. «On prépare le débat avec assiduité», a répondu de manière sibylline un de des conseillers, hier. Au débat de 2007, le chef adéquiste avait dévoilé une note de service du ministère des Transports datant de juin 2004 et qui soulignait des problèmes graves aux «assises» du pont de la Concorde, qui s'est affaissé en septembre 2006, faisant cinq morts.
La note précisait qu'il fallait soumettre l'ouvrage à une «surveillance exceptionnelle». Mario Dumont avait alors pourfendu le premier ministre: «Votre gouvernement avait été alerté!», «Vous avez caché cela aux Québécois». M. Charest avait qualifié la manoeuvre de «lapin sorti d'un chapeau».
Hier, M. Dumont a souligné qu'en 2007, c'était «arrivé par hasard». Il a toujours prétendu avoir reçu la note de service le matin même du débat. Par conséquent, selon lui, on ne peut pas vraiment préparer «ce genre d'affaire-là». En 2008, ce type de stratégie violerait de toute façon le règlement.
Cette fois-ci, M. Dumont dit qu'il se concentrera sur les promesses non tenues du chef libéral en santé et talonnera les deux autres partis sur leurs promesses qu'il juge excessives.
Charest, la cible
Le chef libéral, Jean Charest, s'attend d'ailleurs à être la cible de ses deux adversaires. Il s'est plaint, hier, des «attaques négatives et très personnelles» dont il a été l'objet depuis le début de la campagne.
La préparation au débat du chef libéral, aujourd'hui et demain, sera simple, a-t-on indiqué dans son entourage. Il n'est pas question de faire des simulations, avec décor, podium et interlocuteurs qui incarneraient ses adversaires. Une toute petite équipe entourera le chef, dont son directeur de campagne, Michel Bissonnette, et son attaché de presse, Hugo D'Amours.
Hier, Jean Charest a mentionné que, contrairement à 2007, il fera beaucoup de lectures pour rafraîchir sa connaissance des dossiers. Il ne cherchera pas à porter un grand coup comme il l'avait fait devant Bernard Landry en 2003, quand il avait utilisé une déclaration faite par Jacques Parizeau le jour même du débat. Ce fut un cas fortuit et personne ne pouvait prévoir que Bernard Landry n'était pas au courant des propos de M. Parizeau,
À ses yeux, le débat est une des rares occasions pour les chefs politiques de s'adresser directement, sans le filtre des médias, à la population. Le chef libéral veut avant tout livrer son message. «Je veux me concentrer sur ce que je veux dire aux Québécois, a-t-il dit. Mon défi, et celui de mes adversaires, c'est de dire: "Voilà les idées que je défends." Il n'y a pas de formule magique pour ça dans le fond.»
La formule du débat présenté demain sera semblable à celle du dernier débat fédéral. Quatre grands thèmes ont été choisis, et les questions seront posées par des citoyens. Des débats un contre un et d'autres collectifs suivront.
Trois chefs, trois défis, un seul débat: Jean Charest caracole en tête des sondages, mais doit composer avec les déboires de la Caisse de dépôt et placement. Mario Dumont a une bonne expérience des débats, mais sa campagne et son parti semblent moribonds. Et si Pauline Marois-la-recrue connaît bien ses dossiers, elle n'est pas la reine des formules-chocs ni de la repartie.
Depuis hier — samedi dans le cas de Mme Marois —, la campagne électorale est donc au point mort. Les trois chefs préparent frénétiquement le débat de demain soir, dont on espère qu'il pourra donner un élan à une campagne qui ne lève pas.
À l'émission Les Coulisses du pouvoir enregistrée jeudi et diffusée hier, Mme Marois indiquait ne pas être «inquiète», mais certainement «fébrile» en prévision du débat. «J'y vais avec confiance, sérénité et une certaine humilité», a-t-elle dit en soulignant que les deux autres chefs possèdent une bonne expérience en matière de débats. M. Dumont en sera notamment à son quatrième.
Mme Marois «connaît le calibre et la qualité de ses adversaires», dit un membre de l'équipe de conseillers qui la préparent pour le débat. Les «qualités de debater» de Jean Charest et la «facilité de repartie» de Mario Dumont seront de gros obstacles pour la chef du PQ, qui n'est ni la meilleure oratrice ni une experte des formules-chocs.
Pauline Marois table donc sur sa «grande connaissance des dossiers» pour séduire l'auditoire (le PQ tire de l'arrière par 11 points par rapport au PLQ dans la course, selon les derniers sondages). C'est une pédagogue, souligne-t-on. Elle aime expliquer les choses clairement, «pour que tout soit bien compris». Mais il y a un risque: le temps est compté dans un débat et il s'avère primordial d'être concis, précis et limpide.
Chez ses conseillers, on reconnaît que Mme Marois devra donc «essayer d'être plus succincte». Les thèmes sont étudiés en «entonnoir», de manière à réduire la masse d'informations à quelques phrases-clés autour desquelles on articule le message.
Au sein du PQ, on s'attend évidemment à ce que Jean Charest et Mario Dumont attaquent Mme Marois sur son bilan ministériel. À cet égard, «les réponses sont prêtes», dit-on. Mme Marois se prépare avec une équipe de six conseillers comprenant notamment Éric Gamache, Éric Bédard, Nicole Stafford et Christiane Miville-Deschênes.
Mme Marois prendra tout de même quelques heures aujourd'hui pour aller dans sa circonscription de Charlevoix. Elle tiendra un court point de presse.
Pas de lapin pour Dumont
Mario Dumont s'est pour sa part enfermé hier après-midi dans une suite d'un grand hôtel de Québec avec quelques proches conseillers, dont Jean-Nicolas Gagné, Nicolas Mazellier et Alain Sans-Cartier.
Dans son camp, on s'est montré discret sur la perspective de faire un autre coup de théâtre. «On prépare le débat avec assiduité», a répondu de manière sibylline un de des conseillers, hier. Au débat de 2007, le chef adéquiste avait dévoilé une note de service du ministère des Transports datant de juin 2004 et qui soulignait des problèmes graves aux «assises» du pont de la Concorde, qui s'est affaissé en septembre 2006, faisant cinq morts.
La note précisait qu'il fallait soumettre l'ouvrage à une «surveillance exceptionnelle». Mario Dumont avait alors pourfendu le premier ministre: «Votre gouvernement avait été alerté!», «Vous avez caché cela aux Québécois». M. Charest avait qualifié la manoeuvre de «lapin sorti d'un chapeau».
Hier, M. Dumont a souligné qu'en 2007, c'était «arrivé par hasard». Il a toujours prétendu avoir reçu la note de service le matin même du débat. Par conséquent, selon lui, on ne peut pas vraiment préparer «ce genre d'affaire-là». En 2008, ce type de stratégie violerait de toute façon le règlement.
Cette fois-ci, M. Dumont dit qu'il se concentrera sur les promesses non tenues du chef libéral en santé et talonnera les deux autres partis sur leurs promesses qu'il juge excessives.
Charest, la cible
Le chef libéral, Jean Charest, s'attend d'ailleurs à être la cible de ses deux adversaires. Il s'est plaint, hier, des «attaques négatives et très personnelles» dont il a été l'objet depuis le début de la campagne.
La préparation au débat du chef libéral, aujourd'hui et demain, sera simple, a-t-on indiqué dans son entourage. Il n'est pas question de faire des simulations, avec décor, podium et interlocuteurs qui incarneraient ses adversaires. Une toute petite équipe entourera le chef, dont son directeur de campagne, Michel Bissonnette, et son attaché de presse, Hugo D'Amours.
Hier, Jean Charest a mentionné que, contrairement à 2007, il fera beaucoup de lectures pour rafraîchir sa connaissance des dossiers. Il ne cherchera pas à porter un grand coup comme il l'avait fait devant Bernard Landry en 2003, quand il avait utilisé une déclaration faite par Jacques Parizeau le jour même du débat. Ce fut un cas fortuit et personne ne pouvait prévoir que Bernard Landry n'était pas au courant des propos de M. Parizeau,
À ses yeux, le débat est une des rares occasions pour les chefs politiques de s'adresser directement, sans le filtre des médias, à la population. Le chef libéral veut avant tout livrer son message. «Je veux me concentrer sur ce que je veux dire aux Québécois, a-t-il dit. Mon défi, et celui de mes adversaires, c'est de dire: "Voilà les idées que je défends." Il n'y a pas de formule magique pour ça dans le fond.»
La formule du débat présenté demain sera semblable à celle du dernier débat fédéral. Quatre grands thèmes ont été choisis, et les questions seront posées par des citoyens. Des débats un contre un et d'autres collectifs suivront.
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