Olivier Adam dans Mercier - Mettre l'art au vert
Le candidat écologiste joue la carte culturelle pour gagner
Photo : Jean-François Leblanc
Olivier Adam, 42 ans dit trouver à chaque coin de rue des oreilles attentives à son message, pas simplement écologiste, précise-t-il.
La scène n'a pas été écrite. Intérieur jour: elle se déroule dans un café du Plateau Mont-Royal, devenu depuis le déclenchement des élections provinciales le quartier général officieux des candidats du Parti vert du Québec (PVQ) de Montréal. Les accessoires? Une table, deux tasses à café autour desquelles un politicien et un journaliste ont pris place. Pour l'occasion.
Action. Un homme vient discrètement couper court à la conversation. Il y a urgence. «Dans le fond, deux jeunes filles du quartier songent voter pour Québec solidaire, lance-t-il tout bas par-dessus l'épaule de l'aspirant député. Mais elles ne sont pas totalement convaincues. Dépêche-toi d'aller les voir.»
Olivier Adam sourit. Ce changement de dernière minute au scénario plaît au jeune producteur de films publicitaires et candidat des verts dans la circonscription de Mercier, qui confirme d'un regard qu'il a bien saisi le changement de cadrage à venir. «Après tout, elles se sont jetées dans la gueule du loup en venant prendre un café ici, lance-t-il à la blague. Je vais aller leur parler de notre programme.»
Dans sa journée folle, la pause qu'il s'est imposée pour quelques entrevues avec des journalistes, entre deux séances de montage d'un spot à livrer sous peu, aura donc été plus que profitable. «J'aime ça comme ça. Avec le temps qu'il fait aujourd'hui, je n'avais pas vraiment l'intention de faire du porte-à-porte», lance le politicien en campagne qui reconnaît que cette technique électorale demande finalement «beaucoup d'efforts pour pas beaucoup de résultats». «Ici, c'est dans les bars, dans les cafés, dans les associations que l'on rencontre les gens», poursuit-il. «Et pour moi, c'est là que la campagne va principalement se dérouler jusqu'au 8 décembre.»
Offrir de «prendre un vert» avec le candidat du PVQ. Olivier Adam semble avoir compris l'esprit de sa circonscription qui englobe, entre autres secteurs, le quartier du Plateau, célèbre autant pour son plateaucentrisme que pour la jeunesse, l'utopisme et l'engagement social des gens qui le composent. Il s'y présente pour la première fois après avoir participé toutefois à trois autres campagnes électorales «en trois ans», souligne-t-il, dans Chambly-Borduas pour les formations écologistes fédérales et provinciales. Et son atterrissage avenue du Mont-Royal n'est bien sûr pas un accident.
«C'est une décision stratégique, résume-t-il candidement. Je suis le porte-parole des verts en matière de culture, et on est au bon endroit, ici, pour parler de ça.»
Marier art et politique
Le profil sociodémographique de la circonscription a tendance à lui donner un peu raison. Mercier, détenu actuellement par le péquiste Daniel Turp, talonné de très près lors du dernier scrutin par le solidaire Amir Khadir, affiche effectivement une couleur atypique sur la carte électorale du Québec: près de 30 % des électeurs qui vivent dans là oeuvrent dans le domaine des arts, de la culture, du loisir ou des sciences sociales. C'est le niveau le plus élevé au Québec. À titre comparatif, ce type de personnes représentent 10 % de la population de Chauveau (le fief de Gilles Taillon, de l'Action démocratique du Québec) ou encore de Vanier (occupé par Sylvain Légaré, de l'ADQ également).
La caractéristique plaît particulièrement au politicien de 42 ans qui, dans cet environnement, dit trouver à chaque coin de rue des oreilles attentives à son message, pas simplement écologiste, précise-t-il d'ailleurs. «La plate-forme du PVQ est riche en culture aussi. C'est ça que j'explique depuis quelques jours» avec en tête un des points forts, selon lui, du programme de sa formation politique: l'augmentation du budget de la culture à 1 milliard de dollars par année, financé par une taxe de 20 % sur la publicité.
«Le 8 décembre, j'espère que les électeurs de Mercier vont se souvenir de cet engagement, dit-il. Ce serait quand même dramatique qu'ils ne retiennent que la baisse de 70 cents sur le billet de cinéma [sous l'effet de la mesure fiscale en culture annoncée par les libéraux la semaine dernière].»
Ce milliard, Olivier Adam en parle d'ailleurs comme d'un investissement dans sa campagne qu'il dit mener avec calme et sagesse, sans trop s'éparpiller. «Il faut que je concentre mon message et mes actions sur le terrain, dit-il. Je sors d'une campagne fédérale, je suis un peu essoufflé. Et puis, je travaille à temps plein à une époque de l'année où les contrats sont nombreux pour moi et, en plus, je suis père monoparental.»
Les conditions ne sont pas forcément gagnantes. Mais Olivier Adam sait, de toute façon, qu'il ne va pas gagner. «Je suis lucide, lance-t-il. Je suis loin de la victoire. Mais je suis par contre convaincu qu'à une époque où les choses ne vont pas très bien, les idées du PVQ valent la peine d'être défendues», et ce, dans l'immédiat, pour atteindre une cible prévisible: faire sortir plus de votes cette année que son prédécesseur dans la circonscription, Sylvain Valiquette qui, en mars 2007, a réussi à convaincre 8,48 % des électeurs de se prononcer pour lui. Avec une campagne modeste, à la hauteur des moyens dont disposent les candidats verts. «C'est-à-dire pas beaucoup», résume le candidat.
Plan de coupe sur une enregistreuse que l'on éteint. La fin de la scène se confirme. Le politicien, fils du réalisateur Camil Adam — qui, dans les années 60 a contribué au développement du cinéma québécois moderne — se lève et salue. Avec un grand sourire. Au fond, sous l'éclairage, deux personnages féminins attendent le début de la prochaine séquence dans laquelle la partisanerie, l'écologisme et la culture vont être en vedette.
Dans une circonscription à forte concentration d'artistes, ça ne peut finalement pas se passer autrement.
Action. Un homme vient discrètement couper court à la conversation. Il y a urgence. «Dans le fond, deux jeunes filles du quartier songent voter pour Québec solidaire, lance-t-il tout bas par-dessus l'épaule de l'aspirant député. Mais elles ne sont pas totalement convaincues. Dépêche-toi d'aller les voir.»
Olivier Adam sourit. Ce changement de dernière minute au scénario plaît au jeune producteur de films publicitaires et candidat des verts dans la circonscription de Mercier, qui confirme d'un regard qu'il a bien saisi le changement de cadrage à venir. «Après tout, elles se sont jetées dans la gueule du loup en venant prendre un café ici, lance-t-il à la blague. Je vais aller leur parler de notre programme.»
Dans sa journée folle, la pause qu'il s'est imposée pour quelques entrevues avec des journalistes, entre deux séances de montage d'un spot à livrer sous peu, aura donc été plus que profitable. «J'aime ça comme ça. Avec le temps qu'il fait aujourd'hui, je n'avais pas vraiment l'intention de faire du porte-à-porte», lance le politicien en campagne qui reconnaît que cette technique électorale demande finalement «beaucoup d'efforts pour pas beaucoup de résultats». «Ici, c'est dans les bars, dans les cafés, dans les associations que l'on rencontre les gens», poursuit-il. «Et pour moi, c'est là que la campagne va principalement se dérouler jusqu'au 8 décembre.»
Offrir de «prendre un vert» avec le candidat du PVQ. Olivier Adam semble avoir compris l'esprit de sa circonscription qui englobe, entre autres secteurs, le quartier du Plateau, célèbre autant pour son plateaucentrisme que pour la jeunesse, l'utopisme et l'engagement social des gens qui le composent. Il s'y présente pour la première fois après avoir participé toutefois à trois autres campagnes électorales «en trois ans», souligne-t-il, dans Chambly-Borduas pour les formations écologistes fédérales et provinciales. Et son atterrissage avenue du Mont-Royal n'est bien sûr pas un accident.
«C'est une décision stratégique, résume-t-il candidement. Je suis le porte-parole des verts en matière de culture, et on est au bon endroit, ici, pour parler de ça.»
Marier art et politique
Le profil sociodémographique de la circonscription a tendance à lui donner un peu raison. Mercier, détenu actuellement par le péquiste Daniel Turp, talonné de très près lors du dernier scrutin par le solidaire Amir Khadir, affiche effectivement une couleur atypique sur la carte électorale du Québec: près de 30 % des électeurs qui vivent dans là oeuvrent dans le domaine des arts, de la culture, du loisir ou des sciences sociales. C'est le niveau le plus élevé au Québec. À titre comparatif, ce type de personnes représentent 10 % de la population de Chauveau (le fief de Gilles Taillon, de l'Action démocratique du Québec) ou encore de Vanier (occupé par Sylvain Légaré, de l'ADQ également).
La caractéristique plaît particulièrement au politicien de 42 ans qui, dans cet environnement, dit trouver à chaque coin de rue des oreilles attentives à son message, pas simplement écologiste, précise-t-il d'ailleurs. «La plate-forme du PVQ est riche en culture aussi. C'est ça que j'explique depuis quelques jours» avec en tête un des points forts, selon lui, du programme de sa formation politique: l'augmentation du budget de la culture à 1 milliard de dollars par année, financé par une taxe de 20 % sur la publicité.
«Le 8 décembre, j'espère que les électeurs de Mercier vont se souvenir de cet engagement, dit-il. Ce serait quand même dramatique qu'ils ne retiennent que la baisse de 70 cents sur le billet de cinéma [sous l'effet de la mesure fiscale en culture annoncée par les libéraux la semaine dernière].»
Ce milliard, Olivier Adam en parle d'ailleurs comme d'un investissement dans sa campagne qu'il dit mener avec calme et sagesse, sans trop s'éparpiller. «Il faut que je concentre mon message et mes actions sur le terrain, dit-il. Je sors d'une campagne fédérale, je suis un peu essoufflé. Et puis, je travaille à temps plein à une époque de l'année où les contrats sont nombreux pour moi et, en plus, je suis père monoparental.»
Les conditions ne sont pas forcément gagnantes. Mais Olivier Adam sait, de toute façon, qu'il ne va pas gagner. «Je suis lucide, lance-t-il. Je suis loin de la victoire. Mais je suis par contre convaincu qu'à une époque où les choses ne vont pas très bien, les idées du PVQ valent la peine d'être défendues», et ce, dans l'immédiat, pour atteindre une cible prévisible: faire sortir plus de votes cette année que son prédécesseur dans la circonscription, Sylvain Valiquette qui, en mars 2007, a réussi à convaincre 8,48 % des électeurs de se prononcer pour lui. Avec une campagne modeste, à la hauteur des moyens dont disposent les candidats verts. «C'est-à-dire pas beaucoup», résume le candidat.
Plan de coupe sur une enregistreuse que l'on éteint. La fin de la scène se confirme. Le politicien, fils du réalisateur Camil Adam — qui, dans les années 60 a contribué au développement du cinéma québécois moderne — se lève et salue. Avec un grand sourire. Au fond, sous l'éclairage, deux personnages féminins attendent le début de la prochaine séquence dans laquelle la partisanerie, l'écologisme et la culture vont être en vedette.
Dans une circonscription à forte concentration d'artistes, ça ne peut finalement pas se passer autrement.
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