Dumont veut mettre un terme à l'aide sociale comme «mode de vie»
Pierreville — Obliger 70 000 assistés sociaux parmi les 136 000 «aptes au travail» à retourner sur le marché de l'emploi en quatre ans: tel est l'objectif que Mario Dumont a promis d'atteindre s'il est élu le 8 octobre. Le but est de faire en sorte que «l'aide sociale comme mode de vie, c'est fini», a clamé le chef adéquiste hier, qui s'est attiré les foudres de Québec solidaire et des groupes de défense des assistés sociaux.
La conférence de presse avait lieu dans le hangar d'une entreprise qui a du mal à pourvoir les postes qu'elle ouvre, Camions Thibault, spécialisée dans la modification de véhicules d'urgence. Discutant avec le chef adéquiste pendant la visite des ateliers de l'entreprise, le président, Carl Thibault, a eu ce commentaire: «On le sait tous, la oisiveté [sic], c'est la mère des vices.»
Rappelant une autre maxime bien connue, «aide-toi et le ciel t'aidera», M. Dumont a soutenu que, «dans le Québec de l'ADQ, c'est "aide-toi et le Québec t'aidera". Lève-toi le matin», a-t-il lancé, rappelant qu'il souhaitait aussi le retour à la «culture de l'effort» dans ce domaine, comme en éducation.
Mais comment s'y prendre? L'ADQ ferait signer aux personnes aptes au travail un «contrat prestataire-État», signature conditionnelle pour recevoir toute prestation. Le contrat énoncerait clairement «qu'il s'agit d'une aide temporaire» et décrira «la marche à suivre pour réintégrer le marché du travail». La violation du contrat entraînerait des pénalités.
Parallèlement, l'État mettrait sur pied un programme de formation s'inspirant de la formule du compagnonnage. L'entreprise ou l'établissement qui accepterait de recevoir un prestataire recevrait une allocation annuelle de 3000 $.
Selon le porte-parole adéquiste en matière de solidarité sociale, Éric Dorion, il s'agit là d'établir un programme d'«accompagnement» et non pas de «dévalorisation» et de «démotivation». «C'est à l'État de travailler avec les individus pour parfaire ce qu'ils n'ont pas eu la chance de développer» [sic], a déclaré cet ancien président du centre d'aide et de soutien à la réadaptation De l'autre côté de l'ombre, en Mauricie. Selon lui, au bout d'un an, le prestataire aurait gagné «estime», «confiance», et développé «le goût du travail». L'ADQ estime que 10 000 prestataires de l'aide sociale coûtent à l'État 72 millions de dollars. La mesure proposée coûterait 30 millions. En bout de course, les économies seraient de 42 millions dès la première année, puisqu'on vise, dès l'an 1, à retourner 10 000 assistés au boulot.
En 2006, un rapport interne du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale indiquait qu'environ 10 % seulement des prestataires de la catégorie «aptes au travail» étaient véritablement en mesure de travailler. Lorsque ces chiffres ont été rappelés au chef adéquiste hier après-midi à Magog, ce dernier a rétorqué: «En 2007, on nous avait servi la même salade», expliquant qu'il rejetait totalement les méthodes et les conclusions de ce rapport, soulignant en outre que, si ce rapport était «vrai, alors pourquoi le même ministère a un budget [de quelque 200 millions] pour inciter à l'intégration au marché du travail»? À ses yeux, la majeure partie de ces gens ont «la santé», ont «toutes les conditions pour retourner» travailler, a-t-il dit avant de nuancer: «On ne nie pas que, dans leur vie, dans leur parcours, il a pu y avoir des chaos, des difficultés personnelles, d'où cette année d'intégration que nous proposons.»
«C'est révoltant», a rétorqué François Saillant, candidat de Québec solidaire dans Rosemont, qui voit dans le projet de M. Dumont un «sommet de bassesse» dans la manière «d'alimenter les préjugés».
M. Saillant souligne que le nombre de personnes dites aptes au travail est en constante diminution depuis dix ans, compte tenu de l'amélioration du marché de l'emploi. «Cela vient déboulonner le mythe des personnes qui en font un mode de vie.» Parmi les 136 000 personnes dites aptes, 16 % ont entre 50 et 55 ans, «ce qui n'intéresse pas beaucoup les employeurs». De plus, leur niveau de scolarité n'atteint pas la 5e secondaire dans 60 % des cas. Enfin, 12 % des ménages sont revendicateurs de statut ou sont de nouveaux arrivants depuis moins de trois ans. «Affirmer que l'aide sociale est un "mode de vie" est une grossièreté quand la prestation de base, qui est de 551 $ par mois, n'est même pas suffisante pour assurer la survie des personnes», a pesté M. Saillant.
La conférence de presse avait lieu dans le hangar d'une entreprise qui a du mal à pourvoir les postes qu'elle ouvre, Camions Thibault, spécialisée dans la modification de véhicules d'urgence. Discutant avec le chef adéquiste pendant la visite des ateliers de l'entreprise, le président, Carl Thibault, a eu ce commentaire: «On le sait tous, la oisiveté [sic], c'est la mère des vices.»
Rappelant une autre maxime bien connue, «aide-toi et le ciel t'aidera», M. Dumont a soutenu que, «dans le Québec de l'ADQ, c'est "aide-toi et le Québec t'aidera". Lève-toi le matin», a-t-il lancé, rappelant qu'il souhaitait aussi le retour à la «culture de l'effort» dans ce domaine, comme en éducation.
Mais comment s'y prendre? L'ADQ ferait signer aux personnes aptes au travail un «contrat prestataire-État», signature conditionnelle pour recevoir toute prestation. Le contrat énoncerait clairement «qu'il s'agit d'une aide temporaire» et décrira «la marche à suivre pour réintégrer le marché du travail». La violation du contrat entraînerait des pénalités.
Parallèlement, l'État mettrait sur pied un programme de formation s'inspirant de la formule du compagnonnage. L'entreprise ou l'établissement qui accepterait de recevoir un prestataire recevrait une allocation annuelle de 3000 $.
Selon le porte-parole adéquiste en matière de solidarité sociale, Éric Dorion, il s'agit là d'établir un programme d'«accompagnement» et non pas de «dévalorisation» et de «démotivation». «C'est à l'État de travailler avec les individus pour parfaire ce qu'ils n'ont pas eu la chance de développer» [sic], a déclaré cet ancien président du centre d'aide et de soutien à la réadaptation De l'autre côté de l'ombre, en Mauricie. Selon lui, au bout d'un an, le prestataire aurait gagné «estime», «confiance», et développé «le goût du travail». L'ADQ estime que 10 000 prestataires de l'aide sociale coûtent à l'État 72 millions de dollars. La mesure proposée coûterait 30 millions. En bout de course, les économies seraient de 42 millions dès la première année, puisqu'on vise, dès l'an 1, à retourner 10 000 assistés au boulot.
En 2006, un rapport interne du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale indiquait qu'environ 10 % seulement des prestataires de la catégorie «aptes au travail» étaient véritablement en mesure de travailler. Lorsque ces chiffres ont été rappelés au chef adéquiste hier après-midi à Magog, ce dernier a rétorqué: «En 2007, on nous avait servi la même salade», expliquant qu'il rejetait totalement les méthodes et les conclusions de ce rapport, soulignant en outre que, si ce rapport était «vrai, alors pourquoi le même ministère a un budget [de quelque 200 millions] pour inciter à l'intégration au marché du travail»? À ses yeux, la majeure partie de ces gens ont «la santé», ont «toutes les conditions pour retourner» travailler, a-t-il dit avant de nuancer: «On ne nie pas que, dans leur vie, dans leur parcours, il a pu y avoir des chaos, des difficultés personnelles, d'où cette année d'intégration que nous proposons.»
«C'est révoltant», a rétorqué François Saillant, candidat de Québec solidaire dans Rosemont, qui voit dans le projet de M. Dumont un «sommet de bassesse» dans la manière «d'alimenter les préjugés».
M. Saillant souligne que le nombre de personnes dites aptes au travail est en constante diminution depuis dix ans, compte tenu de l'amélioration du marché de l'emploi. «Cela vient déboulonner le mythe des personnes qui en font un mode de vie.» Parmi les 136 000 personnes dites aptes, 16 % ont entre 50 et 55 ans, «ce qui n'intéresse pas beaucoup les employeurs». De plus, leur niveau de scolarité n'atteint pas la 5e secondaire dans 60 % des cas. Enfin, 12 % des ménages sont revendicateurs de statut ou sont de nouveaux arrivants depuis moins de trois ans. «Affirmer que l'aide sociale est un "mode de vie" est une grossièreté quand la prestation de base, qui est de 551 $ par mois, n'est même pas suffisante pour assurer la survie des personnes», a pesté M. Saillant.
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