Marois en a «ras le bol»
«Il [Charest] va arrêter de s'essuyer les pieds sur le gouvernement du Parti québécois. Ça fait six ans qu'il est au pouvoir, c'est lui qu'on juge actuellement»
«Qu’il aille donc voir les gens de Sainte-Justine pour leur dire: “C’est pas de ma faute, c’est la faute à l’autre.”»
Québec — Fouettée par le sondage d'hier confirmant que son parti fait du surplace, Pauline Marois a haussé le ton de plusieurs crans contre Jean Charest hier. «J'en ai ras le bol, a lancé avec force la chef péquiste en matinée. Ce n'est pas moi qu'on juge, là, c'est son bilan à lui.»
Furieuse de voir que le débat de la campagne porte davantage sur son bilan de ministre que sur celui du premier ministre Charest, Mme Marois a tenté de renverser l'équation hier. «Il y a un "boutte" à "toute"», a-t-elle dit peu après une allocution présentée devant la Chambre de commerce de Québec, dans la chic salle de bal du Château Frontenac. «On essaie de me faire porter un chapeau alors que c'est lui [M. Charest] qui est au pouvoir.»
«M. Charest va assumer ses responsabilités, a lancé Mme Marois. Il va arrêter de s'essuyer les pieds sur le gouvernement du Parti québécois. Ça fait six ans qu'il est au pouvoir, c'est lui qu'on juge actuellement.»
Le sondage Léger Marketing publié dans Le Devoir d'hier donne une avance de 11 points au Parti libéral, qui récolte 44 % des intentions de vote contre 33 % pour le PQ. L'ADQ se classe troisième avec 15 %. Avec ces chiffres, la firme de prédictions HKDP a calculé hier que les libéraux pourraient récolter 73 sièges le 8 décembre, contre 50 pour le PQ et deux pour l'ADQ. Invitée à réagir au sondage, Pauline Marois a immédiatement adopté un ton enflammé.
En évoquant les problèmes du réseau de la santé, la leader du PQ a soutenu que Jean Charest «essaie de nous faire porter une responsabilité que lui doit porter complètement. Qu'il aille donc voir les gens de Sainte-Justine pour leur dire: "C'est pas de ma faute, c'est la faute à l'autre." Je m'excuse, mais il a des comptes à rendre, M. Charest! Or iI se défile actuellement. [...] Merci beaucoup, mais ça va faire, ces accusations de Jean Charest!», a tonné Mme Marois.
Sur ce sujet, elle a d'ailleurs trouvé un allié en la personne de Mario Dumont. Celui-ci a qualifié de «lâcheté» l'association faite par M. Charest entre les problèmes à Sainte-Justine et les décisions antérieures de Mme Marois. «Quand ça fait cinq ans et demi qu'on est au pouvoir — et je ne suis pas en train de défendre les décisions de Pauline Marois. Vous savez ce que j'en pense. Mais le coffre d'outils du pouvoir, il est dans ses mains [depuis plus de cinq ans]», a-t-il dit hier.
Pauline Marois est ensuite revenue à la charge lors d'un deuxième point de presse impromptu en moins d'une heure. Interrogée pour savoir si sa campagne avait besoin d'un coup de barre, Mme Marois a indiqué qu'«on va être plus clairs encore sur le bilan de M. Charest. Parce qu'il essaie de faire notre procès. Je m'excuse, mais il est là depuis six ans et il n'a réglé aucun problème. On va faire son bilan, et on va le faire systématiquement» d'ici la fin de la campagne, a-t-elle dit.
Depuis le début de la campagne, Jean Charest est souvent revenu sur les effets néfastes du départ à la retraite de 1500 médecins et 4000 infirmières décidé par le gouvernement Bouchard et la ministre Marois à la fin des années 90. Mme Marois a soutenu que cette décision n'avait pas été «l'idée du siècle» mais que c'était la seule solution possible dans le contexte d'alors. Cette question l'a embarrassée cette semaine, au point de donner l'impression que sa vaste expérience constituait plus un boulet qu'autre chose.
Hier, Mme Marois a dit avoir confiance que, derrière les «mensonges» de Jean Charest, la population pourra «voir la femme d'expérience» qu'elle est, prête à gouverner.
Plus largement, la chef du PQ a reconnu que son message n'avait peut-être pas été assez clair depuis le déclenchement de la course. «Je l'ai dit: M. Charest doit être jugé sur son bilan. Il a menti aux Québécois et il me semble que les Québécois doivent être capables de poser ce jugement-là et de voir ce qu'il n'a pas fait.»
Ainsi, Mme Marois estime que son adversaire libéral «fait croire des choses, il ment au monde et continue de mentir. Qu'il assume! Est-ce que c'est un impuissant, Jean Charest? Il n'a pas été capable de régler les problèmes [en santé].»
Dès l'aube
Les premiers coups de semonce de la chef péquiste contre Jean Charest se sont fait entendre alors que la ville s'éveillait tout juste. Dans sa présentation devant la Chambre de commerce, Pauline Marois a en effet tiré plusieurs salves en direction de Jean Charest, sans jamais nommer Mario Dumont.
Soulignant que les élections actuelles ont été déclenchées contre la volonté populaire, Mme Marois a indiqué: «Nous étions prêts à nous engager à ne pas mettre en péril la légitimité du gouvernement et à pousser à la roue» pour surmonter la crise financière. «Mais M. Charest a choisi d'abandonner le navire», a dit Mme Marois, qui a reçu un accueil chaleureux de la salle. Plusieurs des candidats de la région de Québec étaient présents.
Brossant un portrait ravageur du bilan libéral en matière d'économie, elle a affirmé que Jean Charest avait «gaspillé l'héritage» du PQ en vidant «le fonds de roulement» obtenu par la lutte contre le déficit zéro. «On arrive aujourd'hui dans un creux de vague alors que les finances publiques sont très précaires», a accusé la chef des souverainistes.
Elle a ensuite imploré les électeurs d'y voir clair: «Il y a un mythe qui existe et qui est celui de dire que le gouvernement libéral, il connaît ça, l'économie, il est bon. Et que le gouvernement du PQ, pas vraiment. Faites des comparaisons, des analyses. Vous verrez qu'avec des gouvernements péquistes, le Québec a avancé, s'est développé, a progressé.»
Faisant une référence indirecte au sondage d'hier, Mme Marois a prévenu que, «si le passé est garant de l'avenir, ce sera un échec, le [troisième] gouvernement de M. Charest». «Avant de lui confier un autre mandat, faudrait y penser un peu plus sérieusement.»
Pauline Marois a autrement consacré son discours à la présentation de son plan économique et de ses engagements pour la région de la capitale. Elle a par la suite rencontré le maire de Québec, Régis Labeaume, ainsi que la direction de l'Union des producteurs agricoles. Sa journée s'est conclue par des entrevues accordées à différentes radios. La caravane a par la suite repris la route de Montréal.
Mme Marois participera notamment aujourd'hui à l'enregistrement de l'émission Tout le monde en parle.
***
Avec la collaboration d'Antoine Robitaille
Furieuse de voir que le débat de la campagne porte davantage sur son bilan de ministre que sur celui du premier ministre Charest, Mme Marois a tenté de renverser l'équation hier. «Il y a un "boutte" à "toute"», a-t-elle dit peu après une allocution présentée devant la Chambre de commerce de Québec, dans la chic salle de bal du Château Frontenac. «On essaie de me faire porter un chapeau alors que c'est lui [M. Charest] qui est au pouvoir.»
«M. Charest va assumer ses responsabilités, a lancé Mme Marois. Il va arrêter de s'essuyer les pieds sur le gouvernement du Parti québécois. Ça fait six ans qu'il est au pouvoir, c'est lui qu'on juge actuellement.»
Le sondage Léger Marketing publié dans Le Devoir d'hier donne une avance de 11 points au Parti libéral, qui récolte 44 % des intentions de vote contre 33 % pour le PQ. L'ADQ se classe troisième avec 15 %. Avec ces chiffres, la firme de prédictions HKDP a calculé hier que les libéraux pourraient récolter 73 sièges le 8 décembre, contre 50 pour le PQ et deux pour l'ADQ. Invitée à réagir au sondage, Pauline Marois a immédiatement adopté un ton enflammé.
En évoquant les problèmes du réseau de la santé, la leader du PQ a soutenu que Jean Charest «essaie de nous faire porter une responsabilité que lui doit porter complètement. Qu'il aille donc voir les gens de Sainte-Justine pour leur dire: "C'est pas de ma faute, c'est la faute à l'autre." Je m'excuse, mais il a des comptes à rendre, M. Charest! Or iI se défile actuellement. [...] Merci beaucoup, mais ça va faire, ces accusations de Jean Charest!», a tonné Mme Marois.
Sur ce sujet, elle a d'ailleurs trouvé un allié en la personne de Mario Dumont. Celui-ci a qualifié de «lâcheté» l'association faite par M. Charest entre les problèmes à Sainte-Justine et les décisions antérieures de Mme Marois. «Quand ça fait cinq ans et demi qu'on est au pouvoir — et je ne suis pas en train de défendre les décisions de Pauline Marois. Vous savez ce que j'en pense. Mais le coffre d'outils du pouvoir, il est dans ses mains [depuis plus de cinq ans]», a-t-il dit hier.
Pauline Marois est ensuite revenue à la charge lors d'un deuxième point de presse impromptu en moins d'une heure. Interrogée pour savoir si sa campagne avait besoin d'un coup de barre, Mme Marois a indiqué qu'«on va être plus clairs encore sur le bilan de M. Charest. Parce qu'il essaie de faire notre procès. Je m'excuse, mais il est là depuis six ans et il n'a réglé aucun problème. On va faire son bilan, et on va le faire systématiquement» d'ici la fin de la campagne, a-t-elle dit.
Depuis le début de la campagne, Jean Charest est souvent revenu sur les effets néfastes du départ à la retraite de 1500 médecins et 4000 infirmières décidé par le gouvernement Bouchard et la ministre Marois à la fin des années 90. Mme Marois a soutenu que cette décision n'avait pas été «l'idée du siècle» mais que c'était la seule solution possible dans le contexte d'alors. Cette question l'a embarrassée cette semaine, au point de donner l'impression que sa vaste expérience constituait plus un boulet qu'autre chose.
Hier, Mme Marois a dit avoir confiance que, derrière les «mensonges» de Jean Charest, la population pourra «voir la femme d'expérience» qu'elle est, prête à gouverner.
Plus largement, la chef du PQ a reconnu que son message n'avait peut-être pas été assez clair depuis le déclenchement de la course. «Je l'ai dit: M. Charest doit être jugé sur son bilan. Il a menti aux Québécois et il me semble que les Québécois doivent être capables de poser ce jugement-là et de voir ce qu'il n'a pas fait.»
Ainsi, Mme Marois estime que son adversaire libéral «fait croire des choses, il ment au monde et continue de mentir. Qu'il assume! Est-ce que c'est un impuissant, Jean Charest? Il n'a pas été capable de régler les problèmes [en santé].»
Dès l'aube
Les premiers coups de semonce de la chef péquiste contre Jean Charest se sont fait entendre alors que la ville s'éveillait tout juste. Dans sa présentation devant la Chambre de commerce, Pauline Marois a en effet tiré plusieurs salves en direction de Jean Charest, sans jamais nommer Mario Dumont.
Soulignant que les élections actuelles ont été déclenchées contre la volonté populaire, Mme Marois a indiqué: «Nous étions prêts à nous engager à ne pas mettre en péril la légitimité du gouvernement et à pousser à la roue» pour surmonter la crise financière. «Mais M. Charest a choisi d'abandonner le navire», a dit Mme Marois, qui a reçu un accueil chaleureux de la salle. Plusieurs des candidats de la région de Québec étaient présents.
Brossant un portrait ravageur du bilan libéral en matière d'économie, elle a affirmé que Jean Charest avait «gaspillé l'héritage» du PQ en vidant «le fonds de roulement» obtenu par la lutte contre le déficit zéro. «On arrive aujourd'hui dans un creux de vague alors que les finances publiques sont très précaires», a accusé la chef des souverainistes.
Elle a ensuite imploré les électeurs d'y voir clair: «Il y a un mythe qui existe et qui est celui de dire que le gouvernement libéral, il connaît ça, l'économie, il est bon. Et que le gouvernement du PQ, pas vraiment. Faites des comparaisons, des analyses. Vous verrez qu'avec des gouvernements péquistes, le Québec a avancé, s'est développé, a progressé.»
Faisant une référence indirecte au sondage d'hier, Mme Marois a prévenu que, «si le passé est garant de l'avenir, ce sera un échec, le [troisième] gouvernement de M. Charest». «Avant de lui confier un autre mandat, faudrait y penser un peu plus sérieusement.»
Pauline Marois a autrement consacré son discours à la présentation de son plan économique et de ses engagements pour la région de la capitale. Elle a par la suite rencontré le maire de Québec, Régis Labeaume, ainsi que la direction de l'Union des producteurs agricoles. Sa journée s'est conclue par des entrevues accordées à différentes radios. La caravane a par la suite repris la route de Montréal.
Mme Marois participera notamment aujourd'hui à l'enregistrement de l'émission Tout le monde en parle.
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Avec la collaboration d'Antoine Robitaille
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