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Le PLQ n'est plus un parti mais une «business», selon Dumont

Antoine Robitaille   20 novembre 2008  Québec
L'opulence dans laquelle baigne le Parti libéral du Québec pose de «sérieuses questions» sur la «santé» de notre démocratie, a soutenu Mario Dumont, hier. Son chef, Jean Charest, est d'ailleurs plus proche des «gens riches et célèbres» que des citoyens dans la «misère» qui «ont besoin d'aide», a-t-il pesté. En matinée, à Radio-Canada, il avait déclaré que le PLQ n'était plus «un parti politique, mais une "business" qui pourrait acheter les deux autres partis en face pis continuer à faire campagne sans que ça paraisse dans ses finances».

Plus tard, en conférence de presse devant l'hôpital Sainte-Justine, à Montréal, il a affirmé que «quand un parti est tellement plus riche que ses adversaires et qu'en plus il a des objectifs aussi peu nobles que de souhaiter la moindre participation, ça soulève des questions sur notre démocratie».

Invité par les journalistes à préciser ses propos, M. Dumont a qualifié de «surprenant» la très grande facilité du PLQ à se financer, même au moment où il était impopulaire. «C'est bizarre un petit peu... ces records d'impopularité et ces records de campagne de financement. On n'avait jamais vu ça dans l'histoire des démocraties», a souligné M. Dumont.

Il estime que si la formation politique la mieux organisée sur la scène fédérale, le Parti conservateur, était aussi efficace, il recueillerait «40 quelque millions» dans l'ensemble du Canada alors qu'actuellement, au Québec seulement, le Parti libéral du Québec réussit à amasser des millions ; presque autant, en fait, que le PC. «Si vous faites le ratio avec les partis au fédéral, si vous regardez les miracles de financement même quand ils ont été [dans] les bas-fonds dans la confiance de la population. C'est sûr qu'il y a des éléments qui sont surprenants.»

Preuve de la bonne santé financière du PLQ, celui-ci a effectué des opérations immobilières ces dernières années à Montréal, vendant et achetant des immeubles. Cela demeure impensable pour les partis d'opposition, a noté M. Dumont. L'ADQ a presque effacé sa dette de 2007, et le PQ fait campagne à crédit, traînant déjà une créance de 800 000$ datant d'avant le 5 novembre. En utilisant les épithètes de «bizarre», de «miraculeux» et de «surprenant», qu'est-ce que le chef adéquiste laisse entendre? «Il y a rien de sous-entendu et il y a rien à laisser entendre. J'ai affirmé que les écarts de moyens financiers entre les partis sont impressionnants, c'est tout», a-t-il répondu, semblant nuancer ses propos.

La tournée des beaux banquets

Cet écart serait à l'image du chef, c'est-à-dire «au-dessus» des autres Québécois. «Il ne veut pas se salir les mains dans les dossiers de Sainte-Justine, il est au-dessus de ça. Il fait la tournée des beaux banquets, des chambres de commerce, mais il ne veut pas aller sur le terrain, il veut rester loin des gens.» M. Dumont a toutefois tenu à préciser que l'argent n'achète «pas les votes», «comme la campagne de 2007», où l'ADQ était désargentée alors que les libéraux était «riches», l'avait démontré. «C'est le peuple qui a le pouvoir», a-t-il dit.

Le chef libéral Jean Charest s'est dit indigné de cette attaque, de même que de celle de Pauline Marois qui l'avait en matinée accusé de se déresponsabiliser et de «mentir». Aux yeux du chef libéral, ces attaques «personnelles» et «négatives» engendrent le désintérêt de la population à l'égard de la campagne électorale.

Dans l'entourage du chef libéral, on s'est montré plus incisif, rappelant que des candidats adéquistes s'opposent à la hausse du salaire minimum et que le système de santé «à deux vitesses» préconisé par l'ADQ favorisait les riches. Enfin, on a rappelé qu'en 2007, Mario Dumont n'avait pas participé aux discussions sur le budget avec le premier ministre parce qu'il s'était rendu à Montréal rencontrer de riches bâilleurs de fonds de la communauté juive.

***

Avec Robert Dutrisac






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Vos réactions

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  • Yvon Roy
    Abonnée
    jeudi 20 novembre 2008 07h03
    sac vert
    « Dumont est mûr pour un sac vert à son tour, et le plus tôt sera le mieux. »

  • Frederic Fradette
    Abonné
    jeudi 20 novembre 2008 10h07
    le pleignard
    « Même si il a raison dans son analyse de la différence de moyen financier, celà fait un peu pleignard. Imaginez si il avait a composé avec le budget de Québec Solidaire. »

  • Réal Ouellet
    Abonné
    jeudi 20 novembre 2008 12h42
    business
    « Je fais le même constat sauf que je ne parle pas de business mais pour moi les libéraux ne sont autre chose qu'une agence de distribution de contrat... »

  • Luc Deneault
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 16h06
    un dossier à creuser..
    « Ce qui est dommage, c'est que la portée de ce constat est amoindrie par son messager. Je souhaiterais qu'on fouille plus souvent les relations incestueuses entre les partis et le pouvoir économique. On risquerait fort d'en arriver à des conclusions qui concordent avec les attaques forcément partisanes de Dumont. »

  • ghislaine fortin
    Inscrite
    jeudi 20 novembre 2008 16h21
    Les "tis amis"
    « Lorsqu'un gouvernement est trop longtemps en poste, il se fait nombre de "tis amis" qui coûtent très cher aux contribuables....

    Les américains ont prévu le coup dans leur constitution: DEUX TERMES et ensuite au suivant.....

    J'ai l'impression qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui se rappellent du scandale DES COMMANDITES, il y avait là un premier minstre qui en était à son troisième terme.....alors parler de "sac vert" et de "pleignard" en faisant référence à M. Dumont, c'est prouver que vous avez la mémoire très, très courte. »

  • Michel Thibault
    Abonné
    vendredi 21 novembre 2008 14h42
    L'argent n'achète pas tout...
    « La démocratie et l'argent ne font pas toujours bon ménage. La grande affinité entre le pétrole, l'argent et le pouvoir chez nos voisins du sud ne fait aucun doute. Comment l'argent est-il utilisé ? Là est toute la question. »

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