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Sondage: Charest ne croit pas au désintérêt des électeurs

Robert Dutrisac , Antoine Robitaille   20 novembre 2008  Québec
Photo : Pascal Ratthé
Jean Charest refuse de croire que les électeurs se désintéressent de la présente campagne électorale, et il prédit un taux de participation élevé le 8 décembre prochain.

Dans un sondage Léger Marketing-Le Devoir paru hier, 37 % des personnes interrogées se disent moins enclines à aller voter le 8 décembre que lors des élections de mars 2007.

«Je ne souscris pas à la prémisse de ce sondage qui conclut qu'il y a un désintéressement. Je ne crois pas ça. Les Québécois vont vouloir voter, ils vont vouloir s'exprimer, a dit Jean Charest. Il y aura une bonne participation.»

«Une campagne évolue dans le temps. Ce n'est pas le même intérêt le premier jour que la veille des élections. Ça va évoluer normalement», estime-t-il. Ses huit campagnes en 24 ans de vie politique lui ont enseigné que la question de l'intérêt des électeurs est un sujet qui est soulevé lors de toutes les élections.

Le chef libéral presse ses adversaires à se concentrer sur les enjeux, «à ne pas passer à côté de l'essentiel» qui est, à ses yeux — il le répète depuis le début de la campagne —, la situation économique.

Une stratégie libérale

Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, juge très inquiétant le désintérêt de la population à l'endroit des élections québécoises. Depuis le premier jour de la campagne, il soutient que l'apathie électorale compte dans la stratégie libérale. «C'est une campagne qui vise à démobiliser les gens, c'est une campagne qui vise à convaincre les citoyens du Québec que "ça ne se réglera pas", que "ça ne peut pas se régler", que "ça va être pire l'année prochaine", et que "vous êtes mieux de vous y habituer".» Il compte lutter contre cette apathie dans les prochains jours «avec la dernière énergie».

Ce désintérêt des électeurs, c'est «le plus grand drame que je vois actuellement», a signalé la chef du Parti québécois, Pauline Marois. «Ça m'inquiète pas mal et c'est à Charest d'assumer cette responsabilité. Je ne lui pardonne pas d'avoir décidé d'aller en élections alors que les gens n'en veulent pas», a-t-elle déclaré.

Des regrets

Devant les chiffres du sondage qui indiquent que seulement 15 % des électeurs comptent voter pour lui, Mario Dumont a fait un avertissement: «Le parti qui fixe les objectifs de société, qui propose des changements au modèle, qui donne une voix à la classe moyenne et à la famille, c'est l'ADQ. Les gens doivent y penser maintenant parce que, sinon, ils vont le regretter après.»

Quant aux citoyens qui souhaitaient que le modèle québécois soit «modernisé», ils vont en pâtir: «S'ils ont trouvé que, dans les

18 derniers mois, [...] ça n'allait pas assez vite, pas assez bien à leur goût, bien si l'ADQ est affaiblie, ils vont s'ennuyer pas à peu près. Parce que les nouveaux débats, les nouvelles idées», il n'y en aura pas.

***

Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté






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Vos réactions

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  • André Chamberland
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 10h50
    Une vedette déconnectée du peuple ?
    « Fendant, égocentrique, avide de pouvoir, il ne fait qu'à sa tête de toute fraçonm »

  • Pierre Véronneau
    Inscrite
    jeudi 20 novembre 2008 11h07
    Hum????
    « D'après ce que monsieur Charest prétend au sujet du désintéressement de la population pour les élections et la politique en général eh bien il est certain qu'il ne fait pas de porte à porte ni de bains de foule. Coudons; il est sur quelle planète lui en ce moment ????

    En passant il nous faut des élections proportionnelles au plus urgent »

  • Jean Desjardins
    Abonné
    jeudi 20 novembre 2008 12h24
    Président du Conseil d'Administration...
    « Jean Charest me fait penser à ces présidents du Conseil d'Administration qui comptent sur l'apathie et le manque d'intérêt des petits actionnaires pour exercer leur pouvoir discrétionnaire et passer en douce les projets et les intérêts des petits copains...

    Je trouve que le slogan de campagne électorale de Jean Charest (version 2008 ...en attendant celle de 2012-2013 !!!) est incomplet. Il devrait se lire: "L'économie, oui! ...Les copains d'abord !"

    On a déjà un 'Robin des Banques'. À quand un 'Robin des Gouvernements' ? »

  • André 68
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 15h14
    Jean Charest, prends garde á toi!
    « Sondage: Charest ne croit pas au désintérêt des électeurs
    jeudi, 20 novembre 2008
    Personnellement, -paraphrasant dans mon titre un air d'opéra connu- je considère que JEAN CHAREST devrait prendre conscience qu'il est EN MINORITÉ au Québec, malgré les sondages actuels le favorisant, et qu'il nous a IMPOSÉ des élections dont PERSONNE ne VEUT... et que s'il ne tient pas se retrouver BATTU à PLATE COUTURE aux prochaines élections, ou au mieux se retrouver PUNI dans l'opposition, il serait mieux de se comporter en conséquence...
    J'espère de tout mon coeur que les Québécois vont comprendre la stratégie "bidon" de notre futur chef de l'opposition et SORTIR VOTER pour TOUT AUTRE PARTI QUE LE SIEN...le 8 décembre prochain. Pour ma part c'est déjà fait "par correspondance" malgré la distance et le temps qui presse...
    J'assisterai "virtuellement" au débat des chefs qui, selon moi, ressemblera étrangement á celui que nous avons eu au Fédéral, malgré l'absence regrettée de Québec Solidaire et du Parti Vert du Québec...

    André Lacombe-Gosselin
    México
    andre_lacombe@yahoo.com
    jeudi, 20 novembre 2008 »

  • Georges Paquet
    Abonné
    jeudi 20 novembre 2008 18h09
    On s'énerve pour quoi? Quel était le taux de participation lors des autres élections?
    « Je trouve que plusieurs commentaires, se fondant sur les articles qu'ils lisent, s'énervent devant ce que certains appellent le désintéressement des Québécois pour cette élection. Constatons que le taux de participaion estimé par les sondeurs( 68 -70% ) se situera à quelques deux ou trois points de celui observé lors des trois dernières élections. Alors, on s'énerve pour quoi? »

  • Gérard Poulin
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 20h21
    Il faut aller voter
    « Oui monsieur Charest, j'espère un fort taux de participation. Lors des 6 dernières élections, lorsque que le taux de participation fut élevé, le parti libéral a perdu les élections et le contraire s'est produit lorsque le taux fut bas. Bon stratège, vous essayez de nous endormir. Alors Gens du québec, allez voter. Merci. G.Poulin, Saguenay »

  • Jean Desjardins
    Abonné
    jeudi 20 novembre 2008 20h52
    Pauvre Georges...
    « Pauvre Georges...

    On s'énerve tout simplement parce que les campagnes électorales sont devenues on ne peut plus insignifiantes et que ...uniquement des colonisés cocus contents comme vous s'accommodent d'une gouvernance eunuque (c'est quoi déjà, son problème d'impuissance ?) à la Jean Charest qui ne demande aucun courage ni aucun effort mental...

    Vous irez voter PLQ sans condition aucune. L'image suffira... Quelle belle perspective pour l'avenir du Québec !!!

    Misère de misère ! »

  • Denis Beaulé
    Abonné
    samedi 22 novembre 2008 19h27
    Voter stratégique ou ne pas voter - logique ?
    « Voter, un devoir (civique ou moral) ? Non, c'est ne pas voter qui s'avère aujourd'hui parfois un devoir tel. Il ne faut pas se tromper d'époque ou de situation.

    Jadis, en effet, lorsqu'il était difficile ou interdit de voter et que voter pouvait changer le cours des événements, bien sûr qu'alors c'était ce qu'il fallait faire - voter. Mais aujourd'hui, c'est tout au contraire ne pas voter, à la fois individuellement et collectivement, massivement, qui, en certains cas, peut amener choses ou gens à changer.

    Les élections déclenchées abusivement pour le 8 décembre prochain représentent une occasion en or d'agir rationnellement face à cette imposture évidente.

    S'il y avait une «alternative» (comprendre un PM en puissance prometteur assorti d'un parti-équipe avec programme d'égale valeur), le plus simple et le plus logique serait de tout bonnement aller voter en ce sens. Mais, là, la chose semble loin d'être évidente à cet égard (e.g. au départ une PM ne parlant pas convenablement anglais, dans un pays majoritairement anglais faisant partie d'un Monde anglicisé ou dont l'anglais est LA langue de communication par excellence, est-ce que «ça se peut»?).

    Voilà pourquoi LE Choix le plus logique et cohérent, le plus mature et conséquent, le 8 décembre prochain, semble être de s'abstenir de voter. Afin de faire savoir...

    D'aucuns, certes, arguent que ce "gambling" de petite politique ou de petit(s) politicien(s), si PM Charest ne l'eut fait, ce sont les partis d'opposition qui l'eussent fait quelques mois plus tard. Et pis? Est-ce à dire que jamais personne ne devrait s'aviser de faire mieux que ce que font les pires? Voyons donc! Le monde n'eût jamais évolué, s'il en était ainsi. Jamais Obama ne serait devenu président, si on devait toujours s'agripper ainsi au(x) plus médiocre(s).

    Un vrai PM ou un PM vrai, un PM homme d'État véritable, capable de la moindre transcendance et désireux de laisser un héritage ou un nom dans l'Histoire, n'y parviendra pas à s'adonnant à toutes les petites magouilles possibles de l'heure. Mais bien au contraire en s'élevant au-dessus de pareille bassesse, petitesse ou médiocrité. (Même au risque de défaite). Car ainsi et ainsi seulement peut-on dire a posteriori de tels décideurs qu'ils en [aur]ont été de Grands. Dépassant le commun des mortels. Sinon, ils sont ou font comme Charest vient d'être et de faire cette fois-ci encore : misérable(s) ou bien bien bien petit(s)... »

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