Dumont perd un candidat pour cause de dérive idéologique
Photo : Agence Reuters
Le chef adéquiste Mario Dumont n’a pu retenir son candidat déçu.
Coup dur pour l'Action démocratique du Québec (ADQ). Alors qu'une campagne électorale se profile à l'horizon, la formation politique de Mario Dumont vient de perdre son candidat dans le comté de Borduas, deux semaines à peine après son investiture. Motif invoqué? Les nombreux changements de ton du parti tout comme les pratiques sur le terrain qui sont désormais loin de témoigner d'une volonté de faire de la politique autrement.
Les nombreux revirements de l'Action démocratique du Québec (ADQ) ont eu raison du candidat adéquiste dans le comté de Borduas, Guy Blanchet. Conséquence: la semaine dernière, il a décidé de claquer la porte de la formation politique de Mario Dumont, ne se sentant plus désormais «en mesure de convaincre qui que ce soit sur le bien-fondé des changements d'orientations du parti», écrit-il dans une lettre virulente adressée à son chef le 26 février dernier.
L'avocat de 39 ans, qui a remporté l'investiture dans la circonscription de la rive sud de Montréal le 12 février dernier, est amer. «Je croyais sincèrement que l'ADQ était un parti différent des autres. À mon grand désarroi, je me suis malheureusement trompé», peut-on lire.
Au coeur de sa décision, que M. Blanchet qualifie lui-même de «suicide politique»: le virage draconien de l'ADQ sur le taux d'imposition unique, mis au rancart sur les recommandations de l'économiste Yvon Cyrenne car jugé trop coûteux, la «volte-face majeure» sur la gestion de la santé, mais aussi les changements de discours sur les bons d'éducation, qui aujourd'hui sont loin de témoigner du «vent de fraîcheur dans la morosité politique du Québec» qu'espérait insuffler la formation de Mario Dumont.
«Je croyais en quelque chose de beau et de fort l'année dernière quand j'ai décidé de me lancer en politique, a commenté hier l'ex-candidat dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. Mais ces récents événements ont beaucoup ébranlé mes convictions. Je n'ai jamais été membre du Parti libéral, mais aujourd'hui, j'avoue que j'ai beaucoup de difficultés à distinguer ces deux partis.» Et pas uniquement pour des raisons idéologiques induites par la «dilution du programme à toutes les deux semaines», dit-il.
L'organisation même de la campagne électorale à venir dérange également fortement l'ancien aspirant à la députation, qui en quel-ques jours à peine a vu tous ces beaux idéaux de politicien version adéquiste s'éteindre sur le terrain de son comté. Il croyait pouvoir faire une campagne différente. Mais tel n'a pas été le cas. «On nous demande d'amasser la somme de
20 000 $ afin de pouvoir obtenir nos affiches, pour placarder le comté, peut-on lire dans la missive envoyée à Mario Dumont et à laquelle il n'a à ce jour pas encore reçu de réponse. Il faut également amasser de l'argent supplémentaire afin de louer un local, faire imprimer des dépliants, etc. Nous sommes en 2003 et je crois que les citoyens du Québec méritent davantage de respect de la part des politiciens. Croit-on sincèrement que les gens vont voter en fonction du nombre de pancartes présentes dans le comté?», se demande-t-il.
Et d'ajouter: «Afin de répondre aux normes fixées par les règles du jeu, je me dois de courtiser des hommes d'affaires de la région afin que ceux-ci contribuent généreusement à la caisse électorale du parti dans le comté. Comment vais-je faire, par la suite, pour avoir une quelconque crédibilité vis-à-vis les citoyens du comté, pour les rassurer quant au fait que les hommes d'affaires n'auront aucune influence sur les décisions prises par les politiciens? On place le candidat dans une situation de vulnérabilité et, advenant une victoire, il devra trouver une façon de remercier ces généreux donateurs.»
Un cocktail explosif, en somme, selon M. Blanchet, qui, conscient de devoir reproduire ce que l'ADQ dénonce mais aussi de se lancer en campagne «en faisant semblant et en répétant des phrases creuses et des slogans élaborés par des experts en marketing», a préféré mettre fin à sa très courte aventure politique. «Je retourne à ma famille, à mes amis, à ma pratique du droit et à mon jogging dans la montagne et je trouverai bien le moyen de me rendre utile pour mes concitoyens autrement», écrit-il, tout en précisant attendre «un véritable changement, et une véritable remise en question de nos moeurs politiques».
«Certains me trouveront naïf à mon âge, mais quand il est question de convictions... », dit-il.
Au bureau du chef de l'ADQ à Montréal, les commentaires sur la démission-surprise de M. Blanchet se sont faits rares hier. Pour sa part, la nouvelle candidate dans la circonscription de Borduas, Patricia Saint-Jacques, déchue à l'investiture par 20 voix le 12 février dernier, a déploré le départ de son prédécesseur tout en justifiant son geste par «le manque d'expérience politique». Et d'ajouter, comme le veut la formule consacrée: «Je vais désormais travailler pour rallier les gens qui ont tout mis en oeuvre pour que Borduas puisse avoir une représentation adéquiste.»
Les nombreux revirements de l'Action démocratique du Québec (ADQ) ont eu raison du candidat adéquiste dans le comté de Borduas, Guy Blanchet. Conséquence: la semaine dernière, il a décidé de claquer la porte de la formation politique de Mario Dumont, ne se sentant plus désormais «en mesure de convaincre qui que ce soit sur le bien-fondé des changements d'orientations du parti», écrit-il dans une lettre virulente adressée à son chef le 26 février dernier.
L'avocat de 39 ans, qui a remporté l'investiture dans la circonscription de la rive sud de Montréal le 12 février dernier, est amer. «Je croyais sincèrement que l'ADQ était un parti différent des autres. À mon grand désarroi, je me suis malheureusement trompé», peut-on lire.
Au coeur de sa décision, que M. Blanchet qualifie lui-même de «suicide politique»: le virage draconien de l'ADQ sur le taux d'imposition unique, mis au rancart sur les recommandations de l'économiste Yvon Cyrenne car jugé trop coûteux, la «volte-face majeure» sur la gestion de la santé, mais aussi les changements de discours sur les bons d'éducation, qui aujourd'hui sont loin de témoigner du «vent de fraîcheur dans la morosité politique du Québec» qu'espérait insuffler la formation de Mario Dumont.
«Je croyais en quelque chose de beau et de fort l'année dernière quand j'ai décidé de me lancer en politique, a commenté hier l'ex-candidat dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. Mais ces récents événements ont beaucoup ébranlé mes convictions. Je n'ai jamais été membre du Parti libéral, mais aujourd'hui, j'avoue que j'ai beaucoup de difficultés à distinguer ces deux partis.» Et pas uniquement pour des raisons idéologiques induites par la «dilution du programme à toutes les deux semaines», dit-il.
L'organisation même de la campagne électorale à venir dérange également fortement l'ancien aspirant à la députation, qui en quel-ques jours à peine a vu tous ces beaux idéaux de politicien version adéquiste s'éteindre sur le terrain de son comté. Il croyait pouvoir faire une campagne différente. Mais tel n'a pas été le cas. «On nous demande d'amasser la somme de
20 000 $ afin de pouvoir obtenir nos affiches, pour placarder le comté, peut-on lire dans la missive envoyée à Mario Dumont et à laquelle il n'a à ce jour pas encore reçu de réponse. Il faut également amasser de l'argent supplémentaire afin de louer un local, faire imprimer des dépliants, etc. Nous sommes en 2003 et je crois que les citoyens du Québec méritent davantage de respect de la part des politiciens. Croit-on sincèrement que les gens vont voter en fonction du nombre de pancartes présentes dans le comté?», se demande-t-il.
Et d'ajouter: «Afin de répondre aux normes fixées par les règles du jeu, je me dois de courtiser des hommes d'affaires de la région afin que ceux-ci contribuent généreusement à la caisse électorale du parti dans le comté. Comment vais-je faire, par la suite, pour avoir une quelconque crédibilité vis-à-vis les citoyens du comté, pour les rassurer quant au fait que les hommes d'affaires n'auront aucune influence sur les décisions prises par les politiciens? On place le candidat dans une situation de vulnérabilité et, advenant une victoire, il devra trouver une façon de remercier ces généreux donateurs.»
Un cocktail explosif, en somme, selon M. Blanchet, qui, conscient de devoir reproduire ce que l'ADQ dénonce mais aussi de se lancer en campagne «en faisant semblant et en répétant des phrases creuses et des slogans élaborés par des experts en marketing», a préféré mettre fin à sa très courte aventure politique. «Je retourne à ma famille, à mes amis, à ma pratique du droit et à mon jogging dans la montagne et je trouverai bien le moyen de me rendre utile pour mes concitoyens autrement», écrit-il, tout en précisant attendre «un véritable changement, et une véritable remise en question de nos moeurs politiques».
«Certains me trouveront naïf à mon âge, mais quand il est question de convictions... », dit-il.
Au bureau du chef de l'ADQ à Montréal, les commentaires sur la démission-surprise de M. Blanchet se sont faits rares hier. Pour sa part, la nouvelle candidate dans la circonscription de Borduas, Patricia Saint-Jacques, déchue à l'investiture par 20 voix le 12 février dernier, a déploré le départ de son prédécesseur tout en justifiant son geste par «le manque d'expérience politique». Et d'ajouter, comme le veut la formule consacrée: «Je vais désormais travailler pour rallier les gens qui ont tout mis en oeuvre pour que Borduas puisse avoir une représentation adéquiste.»
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