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La TVQ sur les produits culturels québécois sera abolie

Robert Dutrisac   19 novembre 2008  Québec
Le chef libéral, Jean Charest, tente de séduire une clientèle généralement associée au Parti québécois. Hier, M. Charest a promis d’abolir la taxe de vente du Québec sur les produits culturels québécois.
Photo : Jacques Nadeau
Le chef libéral, Jean Charest, tente de séduire une clientèle généralement associée au Parti québécois. Hier, M. Charest a promis d’abolir la taxe de vente du Québec sur les produits culturels québécois.
Jean Charest a promis d'abolir la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les seuls produits culturels québécois, une mesure qui pourrait servir de prétexte aux Américains pour remettre en question l'ALENA.

C'est ce que le directeur du programme d'études nord-américaines de l'Université McGill, Tom Velke, a soutenu hier. «Le vrai danger de ce traitement discriminatoire, il est stratégique», a expliqué M. Velke au Devoir. «C'est un mauvais moment pour introduire cette mesure alors qu'Obama a déjà menacé de contester l'ALENA. C'est un prétexte dont l'administration américaine pourrait se servir contre le Canada.»

Jean Charest juge que les Américains ne pourront pas contester avec succès l'abolition de la TVQ sur la production culturelle québécoise. La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, adoptée sous l'égide de l'UNESCO, permet au Québec de favoriser les produits culturels, a soutenu le chef libéral. Quant à l'ALENA, il contient une clause d'exception culturelle, a-t-il fait observer. «Le danger n'est pas important» et il n'est pas «imminent», estime Jean Charest. «On est tout à fait dans notre droit.»

L'exception culturelle contenue dans l'ALENA vise les artistes et non pas les maisons de production de disques, par exemple, a toutefois rappelé M. Velke. Quant à la convention sur la diversité culturelle, elle n'a pas été signée par les Américains qui considèrent qu'elle ne s'applique pas à eux.

Depuis 1992, la TVQ n'est déjà plus exigible sur les livres sans qu'une discrimination soit faite quant à leur provenance.

Le chef libéral Jean Charest estime que l'abolition de la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les productions québécoises stimulera l'économie tout donnant un coup de pouce à l'industrie culturelle d'ici en cette période de ralentissement économique.

Cette mesure, qui s'applique aux arts de la scène, au cinéma, aux musées, aux CD et aux DVD ainsi qu'aux oeuvres d'art, privera le trésor québécois de 50 millions par an. «On veut retourner de l'argent dans les poches des contribuables pour soutenir la croissance économique, mais, en même temps, ça rejoint l'autre objectif de primer les produits québécois, de les soutenir et de soutenir l'emploi», a affirmé le chef libéral qui était accompagné de Monique Jérôme-Forget et de Christine St-Pierre. Le chef libéral n'a pas précisé quand cette mesure sera introduite.

Jean Charest craint que les produits culturels, en raison du ralentissement économique, ne soient considérés comme un luxe par les familles québécoises. «Au Québec, la culture, ça n'a jamais été un luxe. C'est notre identité», a-t-il dit.

M. Charest n'a pas nié que cette abolition de la TVQ présente des problèmes d'application. Doit-on considérer le CD de Céline Dion, produit à Las Vegas par une multinationale américaine, comme un produit québécois? M. Charest a cité l'exemple d'un fromage québécois qui marine dans l'huile d'olive; il s'agit d'un produit du Québec, à ses yeux. Les films étrangers doublés au Québec devraient bénéficier de l'exemption de taxe, croit Christine St-Pierre.

De passage à l'Institut de l'image et du son, Jean Charest a dévoilé une série d'engagements pour soutenir la production cinématographique et télévisuelle. Ainsi, le budget de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) destiné à la production de films passerait de 23,5 à 33,5 millions, ce qui représente la sortie de cinq à six longs métrages par an.

Un gouvernement libéral soutiendrait davantage la production de films au Québec, notamment celle des films étrangers, haussant de 29,5 % à 35 % le crédit d'impôt pour les dépenses de main-d'oeuvre. En outre, il accoucherait d'une stratégie pour attirer davantage de tournages européens et de coproductions au Québec.






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  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 19 novembre 2008 07h19
    Et combien pour les artistes?
    « Qui va profiter des 50 millions? Les consommateurs évidemment. Mais combien vont avoir les artistes? ZÉRO
    Zéro, à moins que les ventes augmentent. Pis encore, ce n'est pas parce qu'il va y avoir plus de spectateurs au film ou à la pièce de théatre que le comédien va avoir plus.
    Bref, de l'argent tiré à l'eau.

    Ottawa charge sa TPS de 5% sur tous les livres. Cependant Ottawa distribue chaque année plus de 10 millions aux auteurs canadiens, une moyenne de quelques centaines de dollars à chacun des auteurs.

    Québec aurait pu garder sa taxe de 50 millions et la distribuer directement aux créateurs. »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 19 novembre 2008 08h07
    Un bon coup
    « L`équipe de conseillers de Charest a fait un bon coup suite à la maladresse de Verner et collègues fédéraux. Reste à savoir si c`est légal selon l`alena. »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 19 novembre 2008 09h04
    Mieux que des subventions, c'est le choix du peuple
    « Ceci est une très bonne façon de venir en aide aux artistes. Pourquoi faut-il toujours des subventions, les subvention ne tienne pas compte de l'art produit par l'artiste, de la qualité de l'art. Car tout ce que les artistes appellent de l'art ne l'est pas pour tous.
    De cette façon, l'artiste dont l'art aura un attrait pour le public consommateur deviendra plus accessible et l'artiste aura sont argent. Plus démocratique de cette manière, le peuple choisi avec son argent qui aura qui n'aura pas.

    Trop souvent l'art pour l'art et apprécié que par une poignée est fortement subventionné. »

  • Aurel Godmaire
    Inscrit
    mercredi 19 novembre 2008 10h14
    TVQ
    « Que voulez-vous, on ne peut pas satisfaire chaque individus.
    Si on donnait aux artistes, il y aurait d'autres associations qui ne seraient pas satisfaite »

  • Frederic Fradette
    Abonné
    mercredi 19 novembre 2008 13h14
    Baisser la taxe à la mauvaise place
    « Qu'on veuille aider notre culture d'accord, mais il demeure un fait, c'est que la culture est un luxe pour la société. Alors pourquoi n'éliminerions nous pas la TVQ sur les produits essentiels tels que les vêtements, on ne peut pas dire que s'acheter un manteau et des bottes d'hiver est un luxe au Québec. »

  • Mathieu Mainville
    Inscrit
    mercredi 19 novembre 2008 15h37
    sois-te il y a du bon au fond...
    « Personellement je ne crois pas que nous avons vraiment besoin de provoquer les états unis avec nos petites démarches incertaines en plus ce nouère la ya l'aire vraiment bizzard si y parle déjà de changé sur la clause allons-y donc nous aussi avec nos tites histoires d'art c'est parce qu'il y a d'autres choses vraiment plus urgent où l'on devria s couper la taxe en questions selon-moi.

    Exemple pertinent de mon avis: Linge, et accessoires aidant a l'écologie et à l'économie du contribuable. »

  • Albert Descôteaux
    Abonné
    mercredi 19 novembre 2008 16h41
    Wow!
    « Faisons un petit calcul. Un CD coûte entre $15 et $20, et si on ajoute la TVQ à 7.5%, cela fait $1.12 et $1.5. Si j'achète 5 CD d'artistes québécois dans l'année, j'économiserai entre $5.60 et $7.50 avec la promesse qu'un gouvernement Charest abolira la TVQ sur les CD québécois. C'est le pactole! Faut vraiment prendre les citoyens pour des imbéciles pour leur faire croire que cette mesure va encourager les artistes d'ici. Et ça ne réglera en rien le problème du téléchargement illégal de fichiers musicaux. Encore une promesse libérale qui n'aura que très peu d'impact en réalité. »

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