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L'ADQ se distingue des autres partis par son sens de l'autocritique, selon Dumont

La Presse canadienne   18 novembre 2008  Québec
Joliette — Au lendemain de son acte de contrition, Mario Dumont a accusé ses adversaires Pauline Marois et Jean Charest d'être incapables de la moindre autocritique.

Plutôt de que reconnaître les erreurs de leurs administrations respectives, les chefs péquiste et libéral «font de la politique spectacle» et se «moquent de la population», a lancé hier le chef de l'Action démocratique, en campagne à Joliette, dans la région de Lanaudière.

En outre, M. Dumont s'est insurgé contre le refus de Pauline Marois d'admettre que la mise à la retraite de 1500 médecins et de 4000 infirmières par le gouvernement péquiste à la fin des années 1990 avait été une erreur.

«Que Pauline Marois ne soit pas capable de reconnaître une évidence que d'autres de ses anciens collègues ont pourtant reconnue, c'est véritablement malheureux», a dit le chef de l'ADQ en point de presse.

Comparées avec les mises à la retraite massives dans le système de santé, les erreurs passées de l'opposition officielle adéquiste apparaissent bien mineures, a soutenu M. Dumont.

Les maladresses de procédure de quelques députés inexpérimentés n'ont pas fait «souffrir» des malades ni fait attendre des patients «des semaines ou des mois» sur des listes, a dit le leader de l'Action démocratique.

«Personne n'a souffert de périodes infinies dans des corridors d'hôpitaux», a-t-il poursuivi.

En ce sens, selon M. Dumont, le refus de la chef du Parti québécois de faire amende honorable dans le dossier de la santé a quelque chose de troublant.

«C'est malheureux de ne pas être capable d'admettre ses erreurs, mais c'est encore pire de ne pas être capable de voir, de reconnaître les dommages causés aux gens qui patientent depuis des mois sur des listes d'attente», a-t-il dit.

Pour le leader de l'ADQ, l'attitude de Jean Charest est tout aussi répréhensible.

Sa décision subite d'annoncer une aide financière aux couples infertiles au beau milieu de la campagne électorale en est une illustration flagrante, a évalué M. Dumont.

«Il tente de jouer au héros avec quelque chose qu'il a tenté de bloquer tout l'été, a évoqué le député de Rivière-du-Loup. S'il avait dit: "j'avoue mon erreur, je n'aurais pas dû bloquer ça" [...], j'aurais applaudi», a-t-il soutenu.

Avec son mea-culpa de la veille, Mario Dumont tente manifestement de se démarquer de ses deux principaux adversaires, à qui il reproche d'incarner la vieille politique cynique irresponsable.

Bien loin de faire montre d'un minimum d'humilité, Jean Charest et Pauline Marois s'engagent à dépenser des milliards de dollars sans même se donner la peine de préciser aux électeurs où ils vont puiser les fonds, a-t-il argué.

«Les gens trouvent curieux de se faire promettre sept, huit milliards la première semaine de campagne alors qu'on leur dit qu'on est en crise financière», a mentionné le chef de l'ADQ.

La loi et l'ordre

En matinée, Mario Dumont a promis, s'il est porté au pouvoir le 8 décembre, d'accentuer la répression du crime avec le recrutement de 400 nouveaux policiers. Le coût de la mesure est évalué à 50 millions de dollars.

Les forces de l'ordre doivent pouvoir compter sur les effectifs nécessaires pour faire face aux nouvelles réalités du crime, a dit le chef adéquiste en point de presse.

«Les gens s'inquiètent du phénomène des gangs de rue; la cybercriminalité est une réalité, [et] les récidivistes de l'alcool au volant sont un problème bien réel. Pour nous, la sécurité de la population est une priorité», a-t-il fait valoir.

Annoncés au palais de justice de Joliette, les engagements de l'Action démocratique en matière de sécurité publique étaient connus depuis plusieurs mois.

Outre l'embauche de policiers supplémentaires, on note l'instauration d'un registre des délinquants sexuels, une surveillance accrue de la cybercriminalité, une plus grande sévérité à l'égard des criminels de la route et une aide bonifiée pour les victimes d'actes criminels.
 
 
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