Crise forestière - Charest tient une rencontre secrète avec le maire de Lebel-sur-Quévillon et des représentants de la FTQ
Le chef libéral évite toutefois de rencontrer les travailleurs forestiers
Photo : Agence Reuters
Le chef libéral Jean Charest
Val-d'Or — Craignant de nuire à sa campagne électorale, Jean Charest a parcouru en fin de semaine deux régions frappées durement par les déboires de l'industrie forestière, soit le Saguenay-Lac-Saint-Jean et l'Abitibi-Témiscamingue, en évitant de rencontrer des travailleurs de la forêt. Mais le chef libéral s'est éclipsé, hier, pour tenir une rencontre secrète avec le maire de Lebel-sur-Quévillon, une ville touchée par la crise forestière, et des représentants de la FTQ.
Le conseiller régional pour l'Abitibi-Témiscamingue de la FTQ, Gilles Chapadeau, s'est dit satisfait de la rencontre avec Jean Charest, rencontre qui a duré une quarantaine de minutes et qui s'est déroulée à l'insu des journalistes accompagnant le chef libéral dans ce périple électoral. «Ça nous a permis de sensibiliser M. Charest à la situation à Lebel-sur-Quévillon», a livré M. Chapadeau au Devoir. Les discussions ont porté sur une aide à apporter aux travailleurs qui souhaitent se recycler dans le secteur des mines et de la diversification de l'économie de cette municipalité de 3250 âmes.
Ce sont près de 1000 emplois directs qu'a perdus Lebel-sur-Quévillon ces dernières années. L'usine de pâtes et papier de Domtar a fermé il y a trois ans après le déclenchement d'un lock-out. La scierie exploitée par Domtar a aussi fermé. Quatre cent vingt-cinq travailleurs ont perdu leur emploi. Tout dernièrement, c'est la mine Breakwater qui a annoncé sa fermeture temporaire en raison de la faiblesse du prix du zinc. Cette fermeture touche 300 travailleurs.
Depuis trois jours, Jean Charest fait des sauts de puce sur la Côte-Nord, en Gaspésie, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscamingue pour promouvoir son Plan Nord qui se veut créateur d'emplois.
Hier, il était à Val-d'Or, dans Abitibi-Est, puis à Rouyn-Noranda, dans Rouyn-Noranda-Témiscamingue, deux circonscriptions qui ont été perdues aux mains du Parti québécois lors des élections de 2007. Les deux députés défaits se représentent: l'ex-ministre des Ressources naturelles et de la Faune Pierre Corbeil, dans Abitibi-Est, et Daniel Bernard, dans Rouyn-Noranda.
Selon le Conseil de l'industrie forestière du Québec, 15 000 emplois ont été perdus depuis 2005 dans le secteur de la forêt et des pâtes et papier. Jean Charest estime qu'une bonne partie de ces travailleurs devront se recycler afin d'occuper des emplois dans d'autres domaines. «Notre responsabilité, c'est de donner à ces personnes-là le moyen de pouvoir travailler dans d'autres secteurs», notamment dans le secteur minier, a-t-il avancé.
Hier, le chef libéral a dévoilé un volet de son Plan Nord, soit la création de 4000 nouveaux emplois en dix ans dans le secteur minier. L'organisme public Géologie Québec verra son budget annuel augmenter de 7 à 12 millions pour cartographier plus rapidement le Grand Nord québécois, un territoire d'une superficie égale à deux fois celle de la France.
Dans la même veine, Jean Charest a promis de maintenir à 20 millions par an les sommes allouées au Fonds du patrimoine minier pour les dix prochaines années. Créé en juin dernier, ce fonds assure le financement des travaux d'exploration entrepris notamment par la SOQUEM, une filiale de la Société générale de financement (SGF).
Le Plan Nord environnemental
Samedi, Jean Charest s'est engagé à protéger 50 % du territoire du Grand Nord québécois. D'ici à 2015, 12 % du territoire se situant au nord du 49e parallèle sera désigné en tant qu'aires protégées, selon les critères internationaux. En outre, sur 38 % du territoire du Grand Nord, tout développement industriel ou minier sera prohibé et seules les activités récréotouristiques seront autorisées.
Dans les aires protégées, un prochain gouvernement libéral créera cinq parcs régionaux, soit Kuururjuaq, Guillaume-Delisle-et-L'Eau-Claire, Albanel-Témiscamie-Otish et Assinica, qui sont à l'heure actuelle à l'état de projets. En outre, 50 sites géologiques jugés exceptionnels seront protégés.
Par ailleurs, une forêt de 100 millions d'arbres sera plantée sur une période de cinq ans afin de former des puits de carbone dans des landes dévastées par le feu au nord du 49e parallèle, promettent les libéraux. Il s'agit d'un engagement de 100 millions de dollars. À maturité, cette forêt permettra de capter 80 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par an, l'équivalent des émissions 32 000 voitures, a précisé l'équipe libérale.
Trente inspecteurs seront affectés à la surveillance de ce territoire protégé aussi vaste que la France.
Des appuis solides
Jean Charest est demeuré prudent devant les résultats du dernier sondage CROP qui montre qu'un gouvernement majoritaire est à la portée des libéraux le 8 décembre. Ainsi, dans cette enquête d'opinion réalisée entre le 6 et le 13 décembre dernier, les libéraux recueillent 42 % des intentions de vote contre 31 % pour le Parti québécois et 15 % pour l'Action démocratique du Québec.
Selon les informations obtenues par Le Devoir, ce coup de sonde va dans le même sens que les sondages internes du PLQ. Il confirme la solidité des appuis dont jouissent les troupes de Jean Charest. Au moment du déclenchement des élections en février 2007, les intentions de vote en faveur du PLQ étaient en hausse, mais ce mouvement s'était produit depuis peu. Il en est tout autrement cette fois-ci, a-t-on fait remarquer. Ainsi, avant que Jean Charest ne déclenche les élections, le 5 novembre dernier, les intentions de vote en faveur des libéraux et surtout le taux de satisfaction envers le gouvernement étaient élevés, et ce, depuis six mois, a-t-on signalé.
Le conseiller régional pour l'Abitibi-Témiscamingue de la FTQ, Gilles Chapadeau, s'est dit satisfait de la rencontre avec Jean Charest, rencontre qui a duré une quarantaine de minutes et qui s'est déroulée à l'insu des journalistes accompagnant le chef libéral dans ce périple électoral. «Ça nous a permis de sensibiliser M. Charest à la situation à Lebel-sur-Quévillon», a livré M. Chapadeau au Devoir. Les discussions ont porté sur une aide à apporter aux travailleurs qui souhaitent se recycler dans le secteur des mines et de la diversification de l'économie de cette municipalité de 3250 âmes.
Ce sont près de 1000 emplois directs qu'a perdus Lebel-sur-Quévillon ces dernières années. L'usine de pâtes et papier de Domtar a fermé il y a trois ans après le déclenchement d'un lock-out. La scierie exploitée par Domtar a aussi fermé. Quatre cent vingt-cinq travailleurs ont perdu leur emploi. Tout dernièrement, c'est la mine Breakwater qui a annoncé sa fermeture temporaire en raison de la faiblesse du prix du zinc. Cette fermeture touche 300 travailleurs.
Depuis trois jours, Jean Charest fait des sauts de puce sur la Côte-Nord, en Gaspésie, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscamingue pour promouvoir son Plan Nord qui se veut créateur d'emplois.
Hier, il était à Val-d'Or, dans Abitibi-Est, puis à Rouyn-Noranda, dans Rouyn-Noranda-Témiscamingue, deux circonscriptions qui ont été perdues aux mains du Parti québécois lors des élections de 2007. Les deux députés défaits se représentent: l'ex-ministre des Ressources naturelles et de la Faune Pierre Corbeil, dans Abitibi-Est, et Daniel Bernard, dans Rouyn-Noranda.
Selon le Conseil de l'industrie forestière du Québec, 15 000 emplois ont été perdus depuis 2005 dans le secteur de la forêt et des pâtes et papier. Jean Charest estime qu'une bonne partie de ces travailleurs devront se recycler afin d'occuper des emplois dans d'autres domaines. «Notre responsabilité, c'est de donner à ces personnes-là le moyen de pouvoir travailler dans d'autres secteurs», notamment dans le secteur minier, a-t-il avancé.
Hier, le chef libéral a dévoilé un volet de son Plan Nord, soit la création de 4000 nouveaux emplois en dix ans dans le secteur minier. L'organisme public Géologie Québec verra son budget annuel augmenter de 7 à 12 millions pour cartographier plus rapidement le Grand Nord québécois, un territoire d'une superficie égale à deux fois celle de la France.
Dans la même veine, Jean Charest a promis de maintenir à 20 millions par an les sommes allouées au Fonds du patrimoine minier pour les dix prochaines années. Créé en juin dernier, ce fonds assure le financement des travaux d'exploration entrepris notamment par la SOQUEM, une filiale de la Société générale de financement (SGF).
Le Plan Nord environnemental
Samedi, Jean Charest s'est engagé à protéger 50 % du territoire du Grand Nord québécois. D'ici à 2015, 12 % du territoire se situant au nord du 49e parallèle sera désigné en tant qu'aires protégées, selon les critères internationaux. En outre, sur 38 % du territoire du Grand Nord, tout développement industriel ou minier sera prohibé et seules les activités récréotouristiques seront autorisées.
Dans les aires protégées, un prochain gouvernement libéral créera cinq parcs régionaux, soit Kuururjuaq, Guillaume-Delisle-et-L'Eau-Claire, Albanel-Témiscamie-Otish et Assinica, qui sont à l'heure actuelle à l'état de projets. En outre, 50 sites géologiques jugés exceptionnels seront protégés.
Par ailleurs, une forêt de 100 millions d'arbres sera plantée sur une période de cinq ans afin de former des puits de carbone dans des landes dévastées par le feu au nord du 49e parallèle, promettent les libéraux. Il s'agit d'un engagement de 100 millions de dollars. À maturité, cette forêt permettra de capter 80 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par an, l'équivalent des émissions 32 000 voitures, a précisé l'équipe libérale.
Trente inspecteurs seront affectés à la surveillance de ce territoire protégé aussi vaste que la France.
Des appuis solides
Jean Charest est demeuré prudent devant les résultats du dernier sondage CROP qui montre qu'un gouvernement majoritaire est à la portée des libéraux le 8 décembre. Ainsi, dans cette enquête d'opinion réalisée entre le 6 et le 13 décembre dernier, les libéraux recueillent 42 % des intentions de vote contre 31 % pour le Parti québécois et 15 % pour l'Action démocratique du Québec.
Selon les informations obtenues par Le Devoir, ce coup de sonde va dans le même sens que les sondages internes du PLQ. Il confirme la solidité des appuis dont jouissent les troupes de Jean Charest. Au moment du déclenchement des élections en février 2007, les intentions de vote en faveur du PLQ étaient en hausse, mais ce mouvement s'était produit depuis peu. Il en est tout autrement cette fois-ci, a-t-on fait remarquer. Ainsi, avant que Jean Charest ne déclenche les élections, le 5 novembre dernier, les intentions de vote en faveur des libéraux et surtout le taux de satisfaction envers le gouvernement étaient élevés, et ce, depuis six mois, a-t-on signalé.
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