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Crise forestière - Charest tient une rencontre secrète avec le maire de Lebel-sur-Quévillon et des représentants de la FTQ

Le chef libéral évite toutefois de rencontrer les travailleurs forestiers

Robert Dutrisac   17 novembre 2008  Québec
Le chef libéral Jean Charest
Photo : Agence Reuters
Le chef libéral Jean Charest
Val-d'Or — Craignant de nuire à sa campagne électorale, Jean Charest a parcouru en fin de semaine deux régions frappées durement par les déboires de l'industrie forestière, soit le Saguenay-Lac-Saint-Jean et l'Abitibi-Témiscamingue, en évitant de rencontrer des travailleurs de la forêt. Mais le chef libéral s'est éclipsé, hier, pour tenir une rencontre secrète avec le maire de Lebel-sur-Quévillon, une ville touchée par la crise forestière, et des représentants de la FTQ.

Le conseiller régional pour l'Abitibi-Témiscamingue de la FTQ, Gilles Chapadeau, s'est dit satisfait de la rencontre avec Jean Charest, rencontre qui a duré une quarantaine de minutes et qui s'est déroulée à l'insu des journalistes accompagnant le chef libéral dans ce périple électoral. «Ça nous a permis de sensibiliser M. Charest à la situation à Lebel-sur-Quévillon», a livré M. Chapadeau au Devoir. Les discussions ont porté sur une aide à apporter aux travailleurs qui souhaitent se recycler dans le secteur des mines et de la diversification de l'économie de cette municipalité de 3250 âmes.

Ce sont près de 1000 emplois directs qu'a perdus Lebel-sur-Quévillon ces dernières années. L'usine de pâtes et papier de Domtar a fermé il y a trois ans après le déclenchement d'un lock-out. La scierie exploitée par Domtar a aussi fermé. Quatre cent vingt-cinq travailleurs ont perdu leur emploi. Tout dernièrement, c'est la mine Breakwater qui a annoncé sa fermeture temporaire en raison de la faiblesse du prix du zinc. Cette fermeture touche 300 travailleurs.

Depuis trois jours, Jean Charest fait des sauts de puce sur la Côte-Nord, en Gaspésie, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscamingue pour promouvoir son Plan Nord qui se veut créateur d'emplois.

Hier, il était à Val-d'Or, dans Abitibi-Est, puis à Rouyn-Noranda, dans Rouyn-Noranda-Témiscamingue, deux circonscriptions qui ont été perdues aux mains du Parti québécois lors des élections de 2007. Les deux députés défaits se représentent: l'ex-ministre des Ressources naturelles et de la Faune Pierre Corbeil, dans Abitibi-Est, et Daniel Bernard, dans Rouyn-Noranda.

Selon le Conseil de l'industrie forestière du Québec, 15 000 emplois ont été perdus depuis 2005 dans le secteur de la forêt et des pâtes et papier. Jean Charest estime qu'une bonne partie de ces travailleurs devront se recycler afin d'occuper des emplois dans d'autres domaines. «Notre responsabilité, c'est de donner à ces personnes-là le moyen de pouvoir travailler dans d'autres secteurs», notamment dans le secteur minier, a-t-il avancé.

Hier, le chef libéral a dévoilé un volet de son Plan Nord, soit la création de 4000 nouveaux emplois en dix ans dans le secteur minier. L'organisme public Géologie Québec verra son budget annuel augmenter de 7 à 12 millions pour cartographier plus rapidement le Grand Nord québécois, un territoire d'une superficie égale à deux fois celle de la France.

Dans la même veine, Jean Charest a promis de maintenir à 20 millions par an les sommes allouées au Fonds du patrimoine minier pour les dix prochaines années. Créé en juin dernier, ce fonds assure le financement des travaux d'exploration entrepris notamment par la SOQUEM, une filiale de la Société générale de financement (SGF).

Le Plan Nord environnemental

Samedi, Jean Charest s'est engagé à protéger 50 % du territoire du Grand Nord québécois. D'ici à 2015, 12 % du territoire se situant au nord du 49e parallèle sera désigné en tant qu'aires protégées, selon les critères internationaux. En outre, sur 38 % du territoire du Grand Nord, tout développement industriel ou minier sera prohibé et seules les activités récréotouristiques seront autorisées.

Dans les aires protégées, un prochain gouvernement libéral créera cinq parcs régionaux, soit Kuururjuaq, Guillaume-Delisle-et-L'Eau-Claire, Albanel-Témiscamie-Otish et Assinica, qui sont à l'heure actuelle à l'état de projets. En outre, 50 sites géologiques jugés exceptionnels seront protégés.

Par ailleurs, une forêt de 100 millions d'arbres sera plantée sur une période de cinq ans afin de former des puits de carbone dans des landes dévastées par le feu au nord du 49e parallèle, promettent les libéraux. Il s'agit d'un engagement de 100 millions de dollars. À maturité, cette forêt permettra de capter 80 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par an, l'équivalent des émissions 32 000 voitures, a précisé l'équipe libérale.

Trente inspecteurs seront affectés à la surveillance de ce territoire protégé aussi vaste que la France.

Des appuis solides

Jean Charest est demeuré prudent devant les résultats du dernier sondage CROP qui montre qu'un gouvernement majoritaire est à la portée des libéraux le 8 décembre. Ainsi, dans cette enquête d'opinion réalisée entre le 6 et le 13 décembre dernier, les libéraux recueillent 42 % des intentions de vote contre 31 % pour le Parti québécois et 15 % pour l'Action démocratique du Québec.

Selon les informations obtenues par Le Devoir, ce coup de sonde va dans le même sens que les sondages internes du PLQ. Il confirme la solidité des appuis dont jouissent les troupes de Jean Charest. Au moment du déclenchement des élections en février 2007, les intentions de vote en faveur du PLQ étaient en hausse, mais ce mouvement s'était produit depuis peu. Il en est tout autrement cette fois-ci, a-t-on fait remarquer. Ainsi, avant que Jean Charest ne déclenche les élections, le 5 novembre dernier, les intentions de vote en faveur des libéraux et surtout le taux de satisfaction envers le gouvernement étaient élevés, et ce, depuis six mois, a-t-on signalé.
 
 
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  • Paul Lafrance
    Inscrit
    lundi 17 novembre 2008 06h09
    Un plan rassembleur
    Enfin, nous l'attendions depuis longtemps ce plan rassembleur. J'espère que ce projet de développement du Grand Nord ne sera pas retardé ou compromis par les éteignoirs qui ne tarderont pas à se manifester. Le développement du Grand Nord assurera notre souveraineté sur ce vaste territoire, donnera du travail à nos jeunes et surtout aux Inuits, et enrichira notre patrimoine. Il n'en tient qu'à nous pour que le Québec devienne aussi riche que l'Alberta. Ce projet retiendra au Québec des milliers de jeunes qui n'hésiteraient pas à s'expatrier dans l'Ouest canadien pour gagner leur croûte.

  • Yvon Roy
    Abonnée
    lundi 17 novembre 2008 09h16
    bois
    L'avenir des forestières passe par les copeaux de bois. Plutôt curieux que personne n'en parle.

  • Frederic Fradette
    Abonné
    lundi 17 novembre 2008 11h04
    $$$$$$$$$$$$$$$$
    Le problème avec l'équipe de Jean Charest c'est qu'aucune de leur promesse n'est accompagné d'un plan de financement de ces promesses. Quand on promet des milliards de dépense supplémentaires sans dire comment on va financer tout ça, ça ressemble beaucoup plus à des voeux pieux et de l'improvisation que de véritables engagements. En fait, on dit ce que tous veulent entendre et on verra ensuite ce qu'on retiendra et ce qu'on écartera. Cher électeurs faites attention aux promesses qui viennent de nul part et au nouveau projet dont on n'avait jamais entendu parler avant l'élection.

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    mardi 18 novembre 2008 01h16
    Depuis trois jours, Jean Charest fait des sauts de puce.
    Au Saguenay le 15 novembre 2008, on apprend que Monsieur Charest grâce au plan Nord veut planter 200 millions d'arbres sur une superficie en friche qui représente deux fois la superficie de l'Ile de Montréal ( 1000 km carrés ) au nord du lac St-Jean selon le journal de Montréal.

    Mais hélas, il n'existe pas de terre en friche dans cette région. Cependant il existe bien environ 9200 hectares de terre en friche sur les cinq M.R.C. dans la périphérie du lac St-Jean. Si l'on plante 2500 arbres par hectare, on obtient 23 millions des tiges. Il reste 177 millions de plants, où seront-ils mis en terre ? Pour votre information, au sud du Québec il existe pour 8000 km carrés près des centres urbains pour pouvoir mettre en terre les 177 millions de plants restants. Quel est le coût de reboiser les terres en friche ?

    En Abitibi le 16 novembre 2008, Monsieur Charest récidive avec 100 millions de plants pour reboiser des landes incendiées depuis les dernières années dans le nord pour un coût de 100 millions de dollars sur une période de cinq ans. L'expérience prouve qu'il est inutile de planter les aires incendiées car le feu intense détruit l'humus et le sol s'assèche sous l'action du soleil par l'absence de plantes abris. À peine 50 % des tiges vont survive sous ce stress. Il vaut mieux attendre comme un sage, car la forêt va se régénérer d'elle-même par la présence des arbres semenciers du secteur. De plus, il faudra construire des chemins forestiers pour atteindre les aires incendiées afin d'amener la machinerie pour scarifier le sol. Vous avez un beau défit, mais il n'est pas trop tard pour reconnaître que cet un projet utopique. Il serait sage de faire volte face car votre projet coutera au moins 200 millions.

    Monsieur Charest contactez (www.forestierenchef.gouv.qc.ca) pour vous avoir des informations comment présenter votre plan de communication pour ne pas faire rire de vous à l'avenir.

    Je suis d'accord avec vous - L'économie d'abord Oui - pour éviter une dépense inutile pour les Québécois.

    Donald Bordeleau ( expérience de 30 ans de travail en forêt )
    Grand-Mère ( secteur Ste-Flore )

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