Santé - À chacun son médecin
Le PQ promet d'ajouter 135 millions et 150 groupes de médecine familiale
Sherbrooke — Du slogan «un enfant, une place», le PQ est passé hier au «un citoyen, un médecin». Devant les multiples problèmes du réseau de la santé, Pauline Marois promet d'ajouter 150 groupes de médecine familiale (GMF) d'ici cinq ans et garantit à chaque Québécois qu'il aura alors son médecin de famille.
C'est là l'essentiel du plan Marois pour la santé présenté hier aux portes de la circonscription du chef libéral Jean Charest, à Sherbrooke. C'était la première fois que la chef péquiste discutait santé depuis le début de la campagne, un enjeu jugé prioritaire par les électeurs selon deux sondages.
De manière générale, les propositions du PQ mettent de côté toute ouverture au privé en santé, sans pour autant mettre un terme aux expériences tentées sous le gouvernement Charest.
D'après Mme Marois, l'ajout des 150 GMF permettra donc de compléter le réseau mis sur pied par le gouvernement Landry, de la même manière qu'elle souhaite achever le réseau des CPE lancé alors qu'elle était ministre de la Famille. Le Québec compte actuellement 178 GMF. À terme (après trois ans), la mesure coûtera 135 millions de plus par année.
Valoriser la profession
Pour y parvenir, Pauline Marois assouplira les règles d'adhésion à ces GMF en abaissant le ratio habituel qui est d'une dizaine de médecins par groupe (il y a aussi deux à trois infirmières). «Nous pensons que, dans certaines régions plus éloignées, il est possible [d'avoir un GMF] avec de plus petites équipes. Il est possible aussi qu'une infirmière ne soit pas nécessairement à temps plein, mais qu'elle vienne quelques jours par semaine. Il faut qu'il y ait une souplesse pour qu'on puisse couvrir tout le territoire.»
Mais pour assurer à chacun son médecin de famille (un quart de la population n'en a pas), le PQ reconnaît qu'il devra tenter de valoriser une profession peu prisée des futurs médecins — ce qui ne passera toutefois pas par une meilleure rémunération. Le PQ estime qu'ajouter 150 GMF nécessiterait entre 700 et 1000 nouveaux médecins, et que les facultés de médecine fourniront le nombre d'ici cinq ans. Les chiffres fournis hier par le ministère de la Santé indiquent qu'il y aura un peu plus de 750 nouveaux omnipraticiens d'ici 2012-13.
Autrement, un gouvernement Marois aimerait aussi bonifier l'offre de services de ces GMF: on parle d'ajouter des ressources professionnelles comme des nutritionnistes, des travailleurs sociaux et des inhalothérapeutes, et d'adopter des horaires plus souples.
Pas de privé
La plate-forme du PQ indique que le parti entend abroger les dispositions réglementaires de la loi 33 qui favorisent le développement des cliniques privées, «freiner le développement d'assurance privée duplicative et fermer la porte à la mixité de la pratique médicale».
Hier, Mme Marois a indiqué que le soutien de son parti au système public était «clair et sans ambiguïté». Mais si elle désire bloquer la progression du privé, elle ne reviendra pas sur les décisions libérales prises en ce domaine.
«Il y a déjà une loi adoptée pour certaines chirurgies [hanche, genou, cataracte, pour lesquelles le gouvernement garantit un traitement en six mois, sans quoi les patients peuvent aller se faire soigner au privé aux frais de l'État]. Nous continuerons de l'appliquer. Mais nous ne développerons pas davantage» la liste des opérations ainsi couvertes, a dit Mme Marois.
Les cliniques privées qui ont déjà des contrats établis avec des établissements publics de santé — comme la clinique Rockland MD avec l'hôpital du Sacré-Coeur — n'ont pas non plus à craindre pour leurs activités. «Nous ne toucherons pas à ce qui est là», a précisé Pauline Marois en soulignant que «des engagements ont été pris».
Le PQ entend sinon consacrer environ la même part du budget global du Québec à la santé qu'actuellement, soit plus de 43 %. On préfère miser sur une meilleure efficacité du réseau qu'une augmentation de son financement. Mme Marois a dit souhaiter travailler sur l'organisation du travail (notamment pour les infirmières), l'accélération du processus d'informatisation des dossiers santé, un meilleur usage des salles d'opération et la prévention des maladies.
C'est là l'essentiel du plan Marois pour la santé présenté hier aux portes de la circonscription du chef libéral Jean Charest, à Sherbrooke. C'était la première fois que la chef péquiste discutait santé depuis le début de la campagne, un enjeu jugé prioritaire par les électeurs selon deux sondages.
De manière générale, les propositions du PQ mettent de côté toute ouverture au privé en santé, sans pour autant mettre un terme aux expériences tentées sous le gouvernement Charest.
D'après Mme Marois, l'ajout des 150 GMF permettra donc de compléter le réseau mis sur pied par le gouvernement Landry, de la même manière qu'elle souhaite achever le réseau des CPE lancé alors qu'elle était ministre de la Famille. Le Québec compte actuellement 178 GMF. À terme (après trois ans), la mesure coûtera 135 millions de plus par année.
Valoriser la profession
Pour y parvenir, Pauline Marois assouplira les règles d'adhésion à ces GMF en abaissant le ratio habituel qui est d'une dizaine de médecins par groupe (il y a aussi deux à trois infirmières). «Nous pensons que, dans certaines régions plus éloignées, il est possible [d'avoir un GMF] avec de plus petites équipes. Il est possible aussi qu'une infirmière ne soit pas nécessairement à temps plein, mais qu'elle vienne quelques jours par semaine. Il faut qu'il y ait une souplesse pour qu'on puisse couvrir tout le territoire.»
Mais pour assurer à chacun son médecin de famille (un quart de la population n'en a pas), le PQ reconnaît qu'il devra tenter de valoriser une profession peu prisée des futurs médecins — ce qui ne passera toutefois pas par une meilleure rémunération. Le PQ estime qu'ajouter 150 GMF nécessiterait entre 700 et 1000 nouveaux médecins, et que les facultés de médecine fourniront le nombre d'ici cinq ans. Les chiffres fournis hier par le ministère de la Santé indiquent qu'il y aura un peu plus de 750 nouveaux omnipraticiens d'ici 2012-13.
Autrement, un gouvernement Marois aimerait aussi bonifier l'offre de services de ces GMF: on parle d'ajouter des ressources professionnelles comme des nutritionnistes, des travailleurs sociaux et des inhalothérapeutes, et d'adopter des horaires plus souples.
Pas de privé
La plate-forme du PQ indique que le parti entend abroger les dispositions réglementaires de la loi 33 qui favorisent le développement des cliniques privées, «freiner le développement d'assurance privée duplicative et fermer la porte à la mixité de la pratique médicale».
Hier, Mme Marois a indiqué que le soutien de son parti au système public était «clair et sans ambiguïté». Mais si elle désire bloquer la progression du privé, elle ne reviendra pas sur les décisions libérales prises en ce domaine.
«Il y a déjà une loi adoptée pour certaines chirurgies [hanche, genou, cataracte, pour lesquelles le gouvernement garantit un traitement en six mois, sans quoi les patients peuvent aller se faire soigner au privé aux frais de l'État]. Nous continuerons de l'appliquer. Mais nous ne développerons pas davantage» la liste des opérations ainsi couvertes, a dit Mme Marois.
Les cliniques privées qui ont déjà des contrats établis avec des établissements publics de santé — comme la clinique Rockland MD avec l'hôpital du Sacré-Coeur — n'ont pas non plus à craindre pour leurs activités. «Nous ne toucherons pas à ce qui est là», a précisé Pauline Marois en soulignant que «des engagements ont été pris».
Le PQ entend sinon consacrer environ la même part du budget global du Québec à la santé qu'actuellement, soit plus de 43 %. On préfère miser sur une meilleure efficacité du réseau qu'une augmentation de son financement. Mme Marois a dit souhaiter travailler sur l'organisation du travail (notamment pour les infirmières), l'accélération du processus d'informatisation des dossiers santé, un meilleur usage des salles d'opération et la prévention des maladies.
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