Charest et Marois à la conquête des régions
Le PLQ mise sur un projet énergétique... en 2015
Sept-Îles — Jean Charest a versé, hier, dans la confusion des genres en inaugurant le nouveau centre de transbordement du port de Sept-Îles à titre de premier ministre et en mettant son chapeau de chef libéral au même moment pour vanter son plan Nord qui reste encore bien vague.
Devant quelque 150 notables de la région, Jean Charest s'est servi d'une vidéo qui le montre en train de faire un discours partisan au sujet du plan Nord lors du Conseil général du PLQ de septembre. Dans son allocution, qui a immédiatement suivi cette propagande électorale, le chef libéral a annoncé, hier, le développement de 3500 MW d'énergie par Hydro-Québec au coût de 19 milliards, un engagement qu'il a présenté comme faisant partie intégrante de son plan Nord.
Jean Charest a continué de marteler son message sur la nécessité de doter le Québec d'un «gouvernement de stabilité» pour conjurer le ralentissement économique attendu l'an prochain. Or, le développement énergétique qu'il a évoqué hier ne commencera qu'en 2015 pour aller jusqu'en 2035. On est bien loin des préoccupations présentes des citoyens de la Côte-Nord. La mairesse de Fermont, par exemple, exigeait hier la réfection de la route 389 qui mène à sa municipalité et dont un tronçon est en gravier. D'autres réclamaient le prolongement de la route 138 jusqu'à Blanc-Sablon. Jean Charest n'a pris aucun engagement de ce type pour un prochain mandat.
En s'engageant à développer de 3500 MW dans le nord québécois, Jean Charest n'a fait que dessiner le contour des quatre prochains plans quinquennaux d'Hydro-Québec. Il a précisé que le projet de Grande-Baleine n'était pas dans les cartons. Les quatre cinquièmes de ce bloc d'énergie proviendront de l'hydroélectricité, tandis que le reste (700 MW) proviendra de l'utilisation de l'éolien et de nouvelles sources, soit l'énergie solaire et «hydrolienne», c'est-à-dire marémotrice. Le présent plan quinquennal de la société d'État 2007-2012 prévoit le mise en production de 4500 MW d'énergie hydraulique et de 4000 MW d'énergie éolienne. Il est prévu que 1550 MW proviendront de quatre barrages sur la rivière La Romaine, un projet qui est présentement soumis au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). M. Charest estime qu'il est «normal» que toutes les audiences se tiennent à Havre-Saint-Pierre et aucune à Montréal.
En outre, le chef libéral — à moins que ce ne soit le premier ministre —- a annoncé hier qu'une troisième turbine sera ajoutée à la centrale SM-3, au coût de 300 millions, pour produire 400 MW. Jean Charest a fait erreur en parlant à plusieurs reprises de SM-2, une centrale qui est la propriété de la compagnie Iron Ore (IOC).
Scepticisme
Au cours du point de presse qui a suivi, il a souligné que le plan Nord, «ça ne fera l'unanimité» Il ne pouvait pas mieux dire puisque que le chef innu d'Ushat-Maliotenam, Georges-Ernest Grégoire, a émis des doutes quant au «sérieux» du gouvernement à ce sujet. Il a accusé le gouvernement Charest d'avoir «manqué de respect» envers la nation innu en annonçant son plan Nord sans la consulter. Le chef Grégoire s'est cependant dit ouvert à la négociation .
La circonscription de Duplessis, où se trouve Sept-Îles, est représentée par la députée péquiste Lorraine Richard. Présente à l'inauguration, elle a souligné l'absence d'engagements concrets de la part du chef libéral. C'est le maire de Havre-Saint-Pierre et préfet de La Minganie, Pierre Cormier, qui est le candidat libéral. On doit à M. Cormier d'avoir négocié avec Hydro-Québec le versement de 13 millions à la MRC pour la réalisation de la centrale de La Romaine. Sur cette somme, sept millions ont déjà été décaissés par la société d'État et ne seront pas remboursables si d'aventure le projet ne va pas de l'avant.
***
Le PQ promet 500 millions à gérer localement
La Baie, Saguenay — Reprenant sans relâche son credo du «gâchis» libéral, Pauline Marois a attaqué Jean Charest sur le flanc régional, hier, au moment de dévoiler ses engagements en la matière, c'est-à-dire quelque 500 millions d'argent neuf pour favoriser une «décentralisation à la carte».
Voulant se présenter comme le parti des régions, le PQ entend créer un Fonds d'investissement régional d'un demi-milliard qui sera géré par «les régions, les décideurs locaux, les MRC, les entreprises et les représentants des travailleurs». Objectif: soutenir les entreprises en démarrage et pré-démarrage, de façon à diversifier les économies régionales. Ce fonds est la pièce maîtresse de ce que le PQ appelle sa politique nationale «d'occupation dynamique du territoire».
Le montage financier de la mesure témoigne d'un potentiel de risque assez élevé. Sur les 500 millions qu'un gouvernement Marois emprunterait pour faire des avances de fonds aux différentes régions, près du tiers pourrait ne pas être récupéré, soit 150 millions. C'est ce qu'a indiqué Pauline Marois hier matin lors d'une visite dans une scierie nichée en bordure de la baie des Ha! Ha!.
Ces pertes potentielles seront épongées de deux façons. D'une part, le PQ irait chercher d'ici à 2012 une somme de 50 millions sur les redevances d'Hydro-Québec. Autrement, la balance de la provision pour pertes serait puisée dans le Fonds consolidé. La mesure serait en vigueur pour cinq ans.
Soulignant qu'une bonne partie de l'argent investi reviendra à moyen terme dans les coffres de l'État, Mme Marois s'est défendue de promettre beaucoup d'argent en période de crise financière. «Les promesses qu'on a fait sont là pour stimuler l'économie, a-t-elle dit. Ce sont des engagements responsables», estime la chef péquiste.
Concernant les régions, le PQ prône un changement de mentalité pour donner plus de pouvoirs aux dirigeants locaux. Le plan présenté hier parle notamment d'une «décentralisation des pouvoirs en fonction de la capacité et de la volonté des territoires».
Le PQ promet le maintien des mesures fiscales pour les régions-ressources, un soutien aux initiatives régionales pour s'attaquer aux effets négatifs des changements démographiques et attirer des professionnels dans les secteurs connaissance des pénuries, puis la redéfinition de la mission des Conseil régionaux des élus autour de la planification et de la concertation en région.
«C'est un changement profond, estime Mme Marois. Nous voulons faire confiance aux régions. Nous revenons donc [à la stratégie des gouvernements péquistes] qui consiste à faire confiance aux décideurs locaux, pour qu'il y ait un effet levier dans leur économie. On va leur donner les moyens de leur développement.»
Cette décentralisation se fera au cas par cas, a-t-elle ajouté. «Il faut qu'on sorte des approches mur à mur. Si des régions ont des problématiques particulières, on va [s'assurer qu'elles puissent] s'attaquer à ces problèmes précis».
Mme Marois a aussi dressé un bilan sévère des réalisations de Jean Charest en matière régionale, critiquant notamment l'abolition des Conseils régionaux de développement et celui du ministère des Régions.
Devant quelque 150 notables de la région, Jean Charest s'est servi d'une vidéo qui le montre en train de faire un discours partisan au sujet du plan Nord lors du Conseil général du PLQ de septembre. Dans son allocution, qui a immédiatement suivi cette propagande électorale, le chef libéral a annoncé, hier, le développement de 3500 MW d'énergie par Hydro-Québec au coût de 19 milliards, un engagement qu'il a présenté comme faisant partie intégrante de son plan Nord.
Jean Charest a continué de marteler son message sur la nécessité de doter le Québec d'un «gouvernement de stabilité» pour conjurer le ralentissement économique attendu l'an prochain. Or, le développement énergétique qu'il a évoqué hier ne commencera qu'en 2015 pour aller jusqu'en 2035. On est bien loin des préoccupations présentes des citoyens de la Côte-Nord. La mairesse de Fermont, par exemple, exigeait hier la réfection de la route 389 qui mène à sa municipalité et dont un tronçon est en gravier. D'autres réclamaient le prolongement de la route 138 jusqu'à Blanc-Sablon. Jean Charest n'a pris aucun engagement de ce type pour un prochain mandat.
En s'engageant à développer de 3500 MW dans le nord québécois, Jean Charest n'a fait que dessiner le contour des quatre prochains plans quinquennaux d'Hydro-Québec. Il a précisé que le projet de Grande-Baleine n'était pas dans les cartons. Les quatre cinquièmes de ce bloc d'énergie proviendront de l'hydroélectricité, tandis que le reste (700 MW) proviendra de l'utilisation de l'éolien et de nouvelles sources, soit l'énergie solaire et «hydrolienne», c'est-à-dire marémotrice. Le présent plan quinquennal de la société d'État 2007-2012 prévoit le mise en production de 4500 MW d'énergie hydraulique et de 4000 MW d'énergie éolienne. Il est prévu que 1550 MW proviendront de quatre barrages sur la rivière La Romaine, un projet qui est présentement soumis au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). M. Charest estime qu'il est «normal» que toutes les audiences se tiennent à Havre-Saint-Pierre et aucune à Montréal.
En outre, le chef libéral — à moins que ce ne soit le premier ministre —- a annoncé hier qu'une troisième turbine sera ajoutée à la centrale SM-3, au coût de 300 millions, pour produire 400 MW. Jean Charest a fait erreur en parlant à plusieurs reprises de SM-2, une centrale qui est la propriété de la compagnie Iron Ore (IOC).
Scepticisme
Au cours du point de presse qui a suivi, il a souligné que le plan Nord, «ça ne fera l'unanimité» Il ne pouvait pas mieux dire puisque que le chef innu d'Ushat-Maliotenam, Georges-Ernest Grégoire, a émis des doutes quant au «sérieux» du gouvernement à ce sujet. Il a accusé le gouvernement Charest d'avoir «manqué de respect» envers la nation innu en annonçant son plan Nord sans la consulter. Le chef Grégoire s'est cependant dit ouvert à la négociation .
La circonscription de Duplessis, où se trouve Sept-Îles, est représentée par la députée péquiste Lorraine Richard. Présente à l'inauguration, elle a souligné l'absence d'engagements concrets de la part du chef libéral. C'est le maire de Havre-Saint-Pierre et préfet de La Minganie, Pierre Cormier, qui est le candidat libéral. On doit à M. Cormier d'avoir négocié avec Hydro-Québec le versement de 13 millions à la MRC pour la réalisation de la centrale de La Romaine. Sur cette somme, sept millions ont déjà été décaissés par la société d'État et ne seront pas remboursables si d'aventure le projet ne va pas de l'avant.
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Le PQ promet 500 millions à gérer localement
La Baie, Saguenay — Reprenant sans relâche son credo du «gâchis» libéral, Pauline Marois a attaqué Jean Charest sur le flanc régional, hier, au moment de dévoiler ses engagements en la matière, c'est-à-dire quelque 500 millions d'argent neuf pour favoriser une «décentralisation à la carte».
Voulant se présenter comme le parti des régions, le PQ entend créer un Fonds d'investissement régional d'un demi-milliard qui sera géré par «les régions, les décideurs locaux, les MRC, les entreprises et les représentants des travailleurs». Objectif: soutenir les entreprises en démarrage et pré-démarrage, de façon à diversifier les économies régionales. Ce fonds est la pièce maîtresse de ce que le PQ appelle sa politique nationale «d'occupation dynamique du territoire».
Le montage financier de la mesure témoigne d'un potentiel de risque assez élevé. Sur les 500 millions qu'un gouvernement Marois emprunterait pour faire des avances de fonds aux différentes régions, près du tiers pourrait ne pas être récupéré, soit 150 millions. C'est ce qu'a indiqué Pauline Marois hier matin lors d'une visite dans une scierie nichée en bordure de la baie des Ha! Ha!.
Ces pertes potentielles seront épongées de deux façons. D'une part, le PQ irait chercher d'ici à 2012 une somme de 50 millions sur les redevances d'Hydro-Québec. Autrement, la balance de la provision pour pertes serait puisée dans le Fonds consolidé. La mesure serait en vigueur pour cinq ans.
Soulignant qu'une bonne partie de l'argent investi reviendra à moyen terme dans les coffres de l'État, Mme Marois s'est défendue de promettre beaucoup d'argent en période de crise financière. «Les promesses qu'on a fait sont là pour stimuler l'économie, a-t-elle dit. Ce sont des engagements responsables», estime la chef péquiste.
Concernant les régions, le PQ prône un changement de mentalité pour donner plus de pouvoirs aux dirigeants locaux. Le plan présenté hier parle notamment d'une «décentralisation des pouvoirs en fonction de la capacité et de la volonté des territoires».
Le PQ promet le maintien des mesures fiscales pour les régions-ressources, un soutien aux initiatives régionales pour s'attaquer aux effets négatifs des changements démographiques et attirer des professionnels dans les secteurs connaissance des pénuries, puis la redéfinition de la mission des Conseil régionaux des élus autour de la planification et de la concertation en région.
«C'est un changement profond, estime Mme Marois. Nous voulons faire confiance aux régions. Nous revenons donc [à la stratégie des gouvernements péquistes] qui consiste à faire confiance aux décideurs locaux, pour qu'il y ait un effet levier dans leur économie. On va leur donner les moyens de leur développement.»
Cette décentralisation se fera au cas par cas, a-t-elle ajouté. «Il faut qu'on sorte des approches mur à mur. Si des régions ont des problématiques particulières, on va [s'assurer qu'elles puissent] s'attaquer à ces problèmes précis».
Mme Marois a aussi dressé un bilan sévère des réalisations de Jean Charest en matière régionale, critiquant notamment l'abolition des Conseils régionaux de développement et celui du ministère des Régions.
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