La fatigue électorale est bien palpable
Saguenay — Ils sont tous allés serrer la main de Pauline Marois, hier midi, dans un centre commercial de Saguenay: normal, ils sont péquistes, et le comté est péquiste. Mais il n'empêche qu'ici comme ailleurs la fatigue électorale est palpable chez les électeurs.
«C'est trop rapide, deux élections de même», disait Yves Gagnon, un coiffeur qui venait de saluer Mme Marois à l'occasion de son premier véritable bain de foule depuis le début de la campagne. «Tout le monde en parle en mal [des élections]. Et du monde, il en passe beaucoup dans le salon.»
En une trentaine de minutes, les commentaires n'ont jamais varié autour de la halte-bouffe où Mme Marois a cassé la croûte d'un repas chicoutimo-japonais. Tous les électeurs rencontrés ont ainsi fait état du malaise dont parlait hier Le Devoir, concernant le ras-le-bol des élections.
Moins de pancartes, moins de porte-à-porte, moins d'insistance auprès des électeurs, les partis perçoivent clairement la grogne de la population devant ce déclenchement hâtif et ajustent leurs manières de faire pour éviter une forte abstention le 8 décembre.
«On suit sans suivre beaucoup», disait Isabelle Morissette, employée d'une boutique de maquillage. Elle attendait Mme Marois sur le seuil de son magasin. «Je vais aller voter quand même, mais c'est pas parce que ça me tente.»
«C'est trop», racontait pour sa part Roland Perreault, 80 ans et un café devant lui. «M. Charest a mal agi, et ça va lui jouer un tour, c'est certain.» À la même table, Jocelyne Tremblay approuvait, mais indiquait aussi que pour une fois, elle ne travaillerait pas aux élections. «Je relaxe. Je viens de donner un coup de main au Bloc, et là, c'est assez.»
Un défi pour les chefs
Les chefs le sentent sur le terrain. À Lotbinière, Mario Dumont le rappelait hier. «On ne peut pas faire cette campagne électorale en parlant juste de ce qu'on veut faire pour le Québec, sans parler de "comment ça se fait qu'on est en campagne électorale?". C'est de ça que tout le monde parle. C'est ça, la colère première des électeurs, leur sentiment premier.»
Porte-parole de Québec solidaire, Françoise David n'échappe pas à la vague. «C'est vrai qu'il y a des situations où, [lorsqu'on discute avec les électeurs], il faut franchir ce mur-là», indiquait-elle au Devoir. «Je savais en commençant cette élection qu'il y avait ce problème, qui est le même pour tous les partis.» Mme David affirme toutefois que les électeurs se montrent intéressés lorsqu'on prend le temps d'établir un dialogue.
Et c'est là-dessus que tablent les chefs actuellement: qu'une fois la frustration initiale passée, que la campagne reprenne ses droits.
«C'est trop rapide, deux élections de même», disait Yves Gagnon, un coiffeur qui venait de saluer Mme Marois à l'occasion de son premier véritable bain de foule depuis le début de la campagne. «Tout le monde en parle en mal [des élections]. Et du monde, il en passe beaucoup dans le salon.»
En une trentaine de minutes, les commentaires n'ont jamais varié autour de la halte-bouffe où Mme Marois a cassé la croûte d'un repas chicoutimo-japonais. Tous les électeurs rencontrés ont ainsi fait état du malaise dont parlait hier Le Devoir, concernant le ras-le-bol des élections.
Moins de pancartes, moins de porte-à-porte, moins d'insistance auprès des électeurs, les partis perçoivent clairement la grogne de la population devant ce déclenchement hâtif et ajustent leurs manières de faire pour éviter une forte abstention le 8 décembre.
«On suit sans suivre beaucoup», disait Isabelle Morissette, employée d'une boutique de maquillage. Elle attendait Mme Marois sur le seuil de son magasin. «Je vais aller voter quand même, mais c'est pas parce que ça me tente.»
«C'est trop», racontait pour sa part Roland Perreault, 80 ans et un café devant lui. «M. Charest a mal agi, et ça va lui jouer un tour, c'est certain.» À la même table, Jocelyne Tremblay approuvait, mais indiquait aussi que pour une fois, elle ne travaillerait pas aux élections. «Je relaxe. Je viens de donner un coup de main au Bloc, et là, c'est assez.»
Un défi pour les chefs
Les chefs le sentent sur le terrain. À Lotbinière, Mario Dumont le rappelait hier. «On ne peut pas faire cette campagne électorale en parlant juste de ce qu'on veut faire pour le Québec, sans parler de "comment ça se fait qu'on est en campagne électorale?". C'est de ça que tout le monde parle. C'est ça, la colère première des électeurs, leur sentiment premier.»
Porte-parole de Québec solidaire, Françoise David n'échappe pas à la vague. «C'est vrai qu'il y a des situations où, [lorsqu'on discute avec les électeurs], il faut franchir ce mur-là», indiquait-elle au Devoir. «Je savais en commençant cette élection qu'il y avait ce problème, qui est le même pour tous les partis.» Mme David affirme toutefois que les électeurs se montrent intéressés lorsqu'on prend le temps d'établir un dialogue.
Et c'est là-dessus que tablent les chefs actuellement: qu'une fois la frustration initiale passée, que la campagne reprenne ses droits.
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