Charest refuse que la santé occulte l'économie
Saint-Georges — Le chef libéral Jean Charest refuse que le thème qu'il a choisi pour sa campagne — l'économie d'abord — soit occulté par les problèmes du système de santé, qui constituent pourtant la principale préoccupation du plus grand nombre de Québécois, selon un sondage.
Jean Charest a réitéré que l'enjeu des présentes élections, c'est de déterminer quelle équipe est la plus apte pour affronter la «tempête économique», laquelle se produira assurément, a-t-il prédit. Le chef libéral a même fait le lien entre la bonne tenue de l'économie et la solution aux difficultés qui affectent le réseau de la santé. «S'il y a une chose que les libéraux du Québec ont toujours bien défendue, c'est que, pour justement se donner des politiques sociales et soutenir le système de santé, il faut créer de la richesse», a-t-il dit au cours d'un point de presse dans une usine de la Beauce. «Dans cette perspective, il nous faut une économie forte si on veut soutenir notre système de santé.»
Selon un sondage Léger Marketing publié hier dans Le Journal de Montréal, 31 % des Québécois jugent que l'accès aux soins de santé est le sujet le plus important de la présente campagne électorale tandis que la protection de l'économie contre la crise financière représente l'enjeu le plus important pour 28 % des répondants.
Appelé à expliquer pourquoi la situation dans les urgences est tout aussi critique aujourd'hui qu'à son arrivée au pouvoir en 2003, Jean Charest a rejeté tout le blâme sur la chef du Parti québécois, Pauline Marois. Le chef libéral s'est gardé de reprendre sa promesse, faite en 2003, de mettre fin à l'attente dans le réseau de la santé dès le lendemain de sa victoire. «Je dis aux Québécois: faites-moi confiance, je vais remettre sur pied le système de santé. Et si je n'y arrive pas, vous saurez quoi faire», avait-il déclaré à l'époque.
Pour Jean Charest, Pauline Marois, en sa qualité d'ancienne ministre de la Santé et des Services sociaux et d'ancienne ministre de l'Éducation, est responsable des problèmes actuels du système de santé. «Pauline Marois a laissé derrière elle, dans le domaine de la santé et des services sociaux, un désastre, une vraie catastrophe, a-t-il dit. Elle est la source même des problèmes que nous vivons aujourd'hui.»
La mise à la retraite des médecins et des infirmières dans les années 90 est le fait de Mme Marois, tout comme la réduction des admissions dans les facultés de médecine et en techniques infirmières, a soutenu le chef libéral, qui y voit la cause des pénuries actuelles dans le réseau de la santé. Décrétées par le gouvernement de Lucien Bouchard pour atteindre le déficit zéro, les mises à la retraite de 1500 médecins et de 4000 infirmières ont été effectuées au printemps 2007. Mme Marois était alors ministre de l'Éducation.
Jean Charest a vanté les progrès qui ont été réalisés par son gouvernement depuis 2003. Ainsi, 92 % des chirurgies se font à l'intérieur d'un délai de six mois. Il n'y a plus de patients québécois qui se font soigner à Plattsburgh, comme c'était le cas quand Mme Marois était ministre de la Santé, a-t-il ajouté.
De passage à Longueuil, Pauline Marois s'est vigoureusement attaquée à son adversaire libéral au sujet de son bilan en santé. Elle a promis qu'il n'y aurait aucune compression faite en santé sous un éventuel gouvernement péquiste.
«Le gouvernement Charest n'a pas réglé, en six ans, les problèmes de santé qu'il devait régler dès le lendemain de son élection. Il va arrêter de nous mettre sur le dos la pénurie d'infirmières, a lancé Mme Marois. Les infirmières qui sont parties il y a dix ans auraient 70 ans maintenant», a-t-elle fait observer.
Le porte-parole péquiste en matière de santé, Bernard Drainville, a accusé Jean Charest d'induire la population en erreur concernant les admissions dans les facultés de médecine. Selon les données officielles du ministère de l'Éducation, le nombre d'admissions est passé, entre 1999 et 2003, de 406 à 611, une augmentation de 205 admissions en quatre ans. De son côté, le gouvernement Charest l'a fait passer de 611 à 772 entre 2003 et 2007, une hausse de 161 admissions, a indiqué M. Drainville par voie de communiqué. La réduction du nombre d'admissions a eu lieu toutefois avant 1999.
Par ailleurs, dans une lettre qu'ils ont envoyée aux cinq principaux partis politiques, le président de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Alex Potter, et la directrice générale, Lise Denis, leur ont demandé qu'ils fassent connaître leurs intentions concernant la santé et les services sociaux, «l'enjeu électoral le plus important pour les Québécois». Selon l'AQESSS, la crise financière ne doit pas occulter les enjeux liés au système public.
Dans sa tournée de la Beauce, Jean Charest a axé entièrement son discours sur l'économie. «Ça prend un gouvernement qui va s'occuper d'économie et de l'emploi, a-t-il dit. Dans le fond, on veut être gaulois. On veut résister comme on a réussi à le faire jusqu'à maintenant.»
***
Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté
Jean Charest a réitéré que l'enjeu des présentes élections, c'est de déterminer quelle équipe est la plus apte pour affronter la «tempête économique», laquelle se produira assurément, a-t-il prédit. Le chef libéral a même fait le lien entre la bonne tenue de l'économie et la solution aux difficultés qui affectent le réseau de la santé. «S'il y a une chose que les libéraux du Québec ont toujours bien défendue, c'est que, pour justement se donner des politiques sociales et soutenir le système de santé, il faut créer de la richesse», a-t-il dit au cours d'un point de presse dans une usine de la Beauce. «Dans cette perspective, il nous faut une économie forte si on veut soutenir notre système de santé.»
Selon un sondage Léger Marketing publié hier dans Le Journal de Montréal, 31 % des Québécois jugent que l'accès aux soins de santé est le sujet le plus important de la présente campagne électorale tandis que la protection de l'économie contre la crise financière représente l'enjeu le plus important pour 28 % des répondants.
Appelé à expliquer pourquoi la situation dans les urgences est tout aussi critique aujourd'hui qu'à son arrivée au pouvoir en 2003, Jean Charest a rejeté tout le blâme sur la chef du Parti québécois, Pauline Marois. Le chef libéral s'est gardé de reprendre sa promesse, faite en 2003, de mettre fin à l'attente dans le réseau de la santé dès le lendemain de sa victoire. «Je dis aux Québécois: faites-moi confiance, je vais remettre sur pied le système de santé. Et si je n'y arrive pas, vous saurez quoi faire», avait-il déclaré à l'époque.
Pour Jean Charest, Pauline Marois, en sa qualité d'ancienne ministre de la Santé et des Services sociaux et d'ancienne ministre de l'Éducation, est responsable des problèmes actuels du système de santé. «Pauline Marois a laissé derrière elle, dans le domaine de la santé et des services sociaux, un désastre, une vraie catastrophe, a-t-il dit. Elle est la source même des problèmes que nous vivons aujourd'hui.»
La mise à la retraite des médecins et des infirmières dans les années 90 est le fait de Mme Marois, tout comme la réduction des admissions dans les facultés de médecine et en techniques infirmières, a soutenu le chef libéral, qui y voit la cause des pénuries actuelles dans le réseau de la santé. Décrétées par le gouvernement de Lucien Bouchard pour atteindre le déficit zéro, les mises à la retraite de 1500 médecins et de 4000 infirmières ont été effectuées au printemps 2007. Mme Marois était alors ministre de l'Éducation.
Jean Charest a vanté les progrès qui ont été réalisés par son gouvernement depuis 2003. Ainsi, 92 % des chirurgies se font à l'intérieur d'un délai de six mois. Il n'y a plus de patients québécois qui se font soigner à Plattsburgh, comme c'était le cas quand Mme Marois était ministre de la Santé, a-t-il ajouté.
De passage à Longueuil, Pauline Marois s'est vigoureusement attaquée à son adversaire libéral au sujet de son bilan en santé. Elle a promis qu'il n'y aurait aucune compression faite en santé sous un éventuel gouvernement péquiste.
«Le gouvernement Charest n'a pas réglé, en six ans, les problèmes de santé qu'il devait régler dès le lendemain de son élection. Il va arrêter de nous mettre sur le dos la pénurie d'infirmières, a lancé Mme Marois. Les infirmières qui sont parties il y a dix ans auraient 70 ans maintenant», a-t-elle fait observer.
Le porte-parole péquiste en matière de santé, Bernard Drainville, a accusé Jean Charest d'induire la population en erreur concernant les admissions dans les facultés de médecine. Selon les données officielles du ministère de l'Éducation, le nombre d'admissions est passé, entre 1999 et 2003, de 406 à 611, une augmentation de 205 admissions en quatre ans. De son côté, le gouvernement Charest l'a fait passer de 611 à 772 entre 2003 et 2007, une hausse de 161 admissions, a indiqué M. Drainville par voie de communiqué. La réduction du nombre d'admissions a eu lieu toutefois avant 1999.
Par ailleurs, dans une lettre qu'ils ont envoyée aux cinq principaux partis politiques, le président de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Alex Potter, et la directrice générale, Lise Denis, leur ont demandé qu'ils fassent connaître leurs intentions concernant la santé et les services sociaux, «l'enjeu électoral le plus important pour les Québécois». Selon l'AQESSS, la crise financière ne doit pas occulter les enjeux liés au système public.
Dans sa tournée de la Beauce, Jean Charest a axé entièrement son discours sur l'économie. «Ça prend un gouvernement qui va s'occuper d'économie et de l'emploi, a-t-il dit. Dans le fond, on veut être gaulois. On veut résister comme on a réussi à le faire jusqu'à maintenant.»
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Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté
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