Le cours Éthique et culture religieuse - «Une négation de l'identité québécoise», dit Dumont
Granby — En réclamant un moratoire sur le cours Éthique et culture religieuse (ECR), Mario Dumont a déclaré hier que les gens qui ont conçu ce cours sont les mêmes «qui se battent, par toute sorte de moyens détournés, pour qu'il n'y ait plus d'arbre de Noël dans les classes. C'est le même monde qui se battent [sic] pour faire disparaître les mots comme Pâques des classes», a-t-il accusé.
C'est dans une école à Granby, où quelque 200 militants de la Coalition pour la liberté en éducation (la CLE, opposée à Éthique et culture religieuse) s'étaient réunis, que M. Dumont a livré un discours enflammé contre ce cours qu'il dit inspiré par le «multiculturalisme de Trudeau» qu'une «social-bureaucratie» ramène «par la porte d'en arrière».
M. Dumont estime que «le multiculturalisme, c'est une forme de négation, la négation d'une histoire, la négation de ce qui a existé sur un territoire. La négation d'un vécu», a-t-il déclaré, affirmant que le cours ECR n'était pas «neutre», comme ses concepteurs le prétendent, mais visait à évacuer l'identité québécoise. Rappelant l'importance de Noël et de Pâques pour les ancêtres québécois — lesquels «arrêtaient de bûcher le 24 décembre en journée parce qu'ils voulaient souper en famille à minuit» —, il a soutenu que, dans la vie contemporaine du Québec, «ça veut dire quelque chose», puisque ces fêtes sont intégrées dans le calendrier. Aux tentatives de minorer ces repères d'identité, il a lancé: «On reculera pas là-dessus!»
En appliquant le multiculturalisme à l'école, on ouvre la porte à des dérapages, a tonné le chef adéquiste, dérapages qu'il a illustré en rappelant une anecdote récente du chroniqueur Richard Martineau, du Journal de Montréal. Dans une des premières périodes de cours, un professeur d'ECR avait demandé à la classe de la fille de M. Martineau de redessiner le drapeau du Québec parce que, au milieu, il y avait «une croix blanche», symbole catholique. «Aux poubelles le drapeau du Québec!», a pesté M. Dumont, en ajoutant que, dans la plupart des pays, un tel acte serait jugé très sévèrement: «On met dans la tête des jeunes "votre drapeau il vaut rien... dessinez-en un autre".» À ses yeux, c'est là la résultante «d'une dérive bureaucratique, d'une société qui n'est pas capable de se tenir debout; d'affirmer des principes simples, des principes de base.»
Le chef adéquiste s'est engagé à imposer un moratoire, au primaire, sur l'application de ce nouveau cours, que l'on a commencé à enseigner en septembre. Celui-ci remplace, dans les écoles primaires et secondaires, les cours de religion et de morale.
Or, ce cours n'a été demandé ni par la population ni par les parents du Québec, a soutenu M. Dumont. «C'est quelque chose que l'État, la bureaucratie, a voulu imposer à tous les parents du Québec, et il y a un moment où la population doit se lever et dire "non"», une déclaration qui a déclenché de forts applaudissements.
M. Dumont propose qu'au primaire, en lieu et place d'ECR et en attendant une formule pour le remplacer, on fasse du français.
ECR ne convient pas à Montréal
Aux yeux du chef adéquiste, le cours d'ECR ne convient ni aux enfants nés au Québec ni au contexte de pluralisme culturel de Montréal. D'une part, parce que les jeunes, à l'école primaire, doivent d'abord «forger leur identité», a-t-il soutenu. «Dans l'ordre des choses dans la vie normale, il faut apprendre à se connaître pour apprendre à s'ouvrir aux autres. C'est la base de la vie en société, c'est la base d'un vivre-ensemble qui est harmonieux», a-t-il expliqué.
D'autre part, plus une école est diversifiée, plus il faut y faire des efforts d'intégration, moins on a besoin d'un cours comme ECR, qui nie l'identité. «Si on veut que l'école joue pleinement son rôle d'intégration, c'est pas moins d'efforts, c'est plus d'efforts qu'il faut mettre.»
Selon M. Dumont «un vivre-ensemble réussi» ne passe pas par la «négation de ce qui a existé, de ce qui existe au Québec». Ça ne passe pas «par la négation d'une histoire, une tradition de toute une construction de notre société dont on doit être fier». Selon lui, la réussite de ce vivre-ensemble «passe par cette fierté, [elle] passe par cette conviction que ce qu'on a construit ici est beau, pis est tellement beau qu'il y a des gens qui vont venir et qui vont y adhérer».
Des flèches pour Charest
Renouant avec son discours sur les accommodements raisonnables, M. Dumont a tiré à boulets rouges sur Jean Charest qui, selon lui, ne s'est pas occupé de ces questions et a simplement voulu «mettre le couvercle sur la marmite». Le cours Éthique et culture religieuse n'a «jamais intéressé [le premier ministre] comme tout le reste de ce qui se passe dans les écoles. Et il ne s'en est jamais occupé et a laissé faire les fonctionnaires parce que ça ne l'intéressait pas».
M. Dumont prévoit que le chef libéral l'accusera de simplement soulever cette question. «Parce que lui, tout ce touche l'identité, il ne veut pas en parler. Il a créé une commission pour essayer de tasser ça de côté», a-t-il dit en évoquant la commission Bouchard-Taylor. M. Dumont a reproché à M. Charest d'avoir affirmé, la semaine dernière, que le problème était «réglé», que le dossier était clos et qu'il ne fallait «plus jamais en parler».
En verve et accompagné par ses députés François Bonnardel (Shefford) et Lucille Méthé (Saint-Jean), M. Dumont a soutenu qu'il n'était pas «normal» que l'identité du peuple québécois soit «une patate chaude» pour le premier ministre. «C'est lui qui est supposé porter le flambeau de l'identité. Nous, on va le porter, haut et fort, le flambeau de l'identité québécoise.»
Une poignée de membres des Pélerins de Saint-Michel, mieux connus sous le nom de «Bérets blancs», membre de la CLE, ont applaudi au discours du chef de l'ADQ.
Une d'entre eux, Diane Guillemette de Rougemont, qui travaille à temps plein comme bénévole pour le journal Vers demain, a dit appuyer M. Dumont. «Nous voudrions même qu'ils aillent plus loin. Remettre l'ancien catéchisme dans les écoles, la prière du chapelet, etc.» Questionné sur la présence de cette organisation catholique à cette réunion politique, M. Dumont a soutenu sèchement que si son but était le retour à une confessionnalité, celle-ci «perdait son temps à l'ADQ et devrait se fonder un parti politique à elle».
Transfuges
Outre Granby, le chef adéquiste a fait campagne, hier, dans les circonscriptions des deux transfuges qui sont passés du côté libéral, Pierre-Michel Auger (Champlain) et André Riedl (Iberville).
Devant environ 30 militants, hier matin, M. Dumont a mené une charge à fond de train contre l'«arrogance libérale». Il a dénoncé Mme Monique Jérôme-Forget pour avoir «perdu les pédales» à la télévision et avoir traité de «con» le numéro deux de l'ADQ, Gilles Taillon. Dénonçant les libéraux qui «nagent dans l'argent», M. Dumont a lancé un no pasaran: «C'est un parti qui se pense au-dessus de tout le monde, qui pense qu'il n'a plus besoin de répondre de ses actes; [ils] sont plus riches plus beaux, plus fins que tout le monde. Les Québécois ne laisseront pas faire ça! Trompez-vous pas!»
Sur le pied de guerre, M. Dumont a promis que son parti irait voir les Québécois «rue par rue, quartier par quartier, village par village». Il s'est dit convaincu que, le jour des élections, les Québécois vont se dire qu'il y a «un politicien, un premier ministre qui a ri de nous autres, qui a déclenché une élection qui n'aurait jamais dû avoir lieu, on va le punir d'une manière que l'histoire va s'en souvenir».
À Champlain, le nom de M. Auger n'a pas été prononcé, ni par M. Dumont, ni par son candidat, Luc Arvisais, actuellement directeur général et commissaire industriel au CLD de Shawinigan. Mais des militants en colère, eux, n'ont pas hésité à faire des sorties comme M. Auger. «Il a ri du monde ici dans Champlain [...] Les gens n'ont pas voté pour Pierre-Michel Auger, ils ont voté ADQ et c'est encore l'ADQ qui va emporter la victoire», a déclaré Robert Pelletier, 69 ans. Quand le navire prend l'eau, «les rats le quittent», a dit Luc Bouthillier, président de l'exécutif de Champlain. En après-midi, le chef adéquiste a présenté sa candidate dans Iberville, Lyne Denechaud. Cette dernière était attachée politique pour André Riedl, maintenant candidat libéral dans cette même circonscription.
C'est dans une école à Granby, où quelque 200 militants de la Coalition pour la liberté en éducation (la CLE, opposée à Éthique et culture religieuse) s'étaient réunis, que M. Dumont a livré un discours enflammé contre ce cours qu'il dit inspiré par le «multiculturalisme de Trudeau» qu'une «social-bureaucratie» ramène «par la porte d'en arrière».
M. Dumont estime que «le multiculturalisme, c'est une forme de négation, la négation d'une histoire, la négation de ce qui a existé sur un territoire. La négation d'un vécu», a-t-il déclaré, affirmant que le cours ECR n'était pas «neutre», comme ses concepteurs le prétendent, mais visait à évacuer l'identité québécoise. Rappelant l'importance de Noël et de Pâques pour les ancêtres québécois — lesquels «arrêtaient de bûcher le 24 décembre en journée parce qu'ils voulaient souper en famille à minuit» —, il a soutenu que, dans la vie contemporaine du Québec, «ça veut dire quelque chose», puisque ces fêtes sont intégrées dans le calendrier. Aux tentatives de minorer ces repères d'identité, il a lancé: «On reculera pas là-dessus!»
En appliquant le multiculturalisme à l'école, on ouvre la porte à des dérapages, a tonné le chef adéquiste, dérapages qu'il a illustré en rappelant une anecdote récente du chroniqueur Richard Martineau, du Journal de Montréal. Dans une des premières périodes de cours, un professeur d'ECR avait demandé à la classe de la fille de M. Martineau de redessiner le drapeau du Québec parce que, au milieu, il y avait «une croix blanche», symbole catholique. «Aux poubelles le drapeau du Québec!», a pesté M. Dumont, en ajoutant que, dans la plupart des pays, un tel acte serait jugé très sévèrement: «On met dans la tête des jeunes "votre drapeau il vaut rien... dessinez-en un autre".» À ses yeux, c'est là la résultante «d'une dérive bureaucratique, d'une société qui n'est pas capable de se tenir debout; d'affirmer des principes simples, des principes de base.»
Le chef adéquiste s'est engagé à imposer un moratoire, au primaire, sur l'application de ce nouveau cours, que l'on a commencé à enseigner en septembre. Celui-ci remplace, dans les écoles primaires et secondaires, les cours de religion et de morale.
Or, ce cours n'a été demandé ni par la population ni par les parents du Québec, a soutenu M. Dumont. «C'est quelque chose que l'État, la bureaucratie, a voulu imposer à tous les parents du Québec, et il y a un moment où la population doit se lever et dire "non"», une déclaration qui a déclenché de forts applaudissements.
M. Dumont propose qu'au primaire, en lieu et place d'ECR et en attendant une formule pour le remplacer, on fasse du français.
ECR ne convient pas à Montréal
Aux yeux du chef adéquiste, le cours d'ECR ne convient ni aux enfants nés au Québec ni au contexte de pluralisme culturel de Montréal. D'une part, parce que les jeunes, à l'école primaire, doivent d'abord «forger leur identité», a-t-il soutenu. «Dans l'ordre des choses dans la vie normale, il faut apprendre à se connaître pour apprendre à s'ouvrir aux autres. C'est la base de la vie en société, c'est la base d'un vivre-ensemble qui est harmonieux», a-t-il expliqué.
D'autre part, plus une école est diversifiée, plus il faut y faire des efforts d'intégration, moins on a besoin d'un cours comme ECR, qui nie l'identité. «Si on veut que l'école joue pleinement son rôle d'intégration, c'est pas moins d'efforts, c'est plus d'efforts qu'il faut mettre.»
Selon M. Dumont «un vivre-ensemble réussi» ne passe pas par la «négation de ce qui a existé, de ce qui existe au Québec». Ça ne passe pas «par la négation d'une histoire, une tradition de toute une construction de notre société dont on doit être fier». Selon lui, la réussite de ce vivre-ensemble «passe par cette fierté, [elle] passe par cette conviction que ce qu'on a construit ici est beau, pis est tellement beau qu'il y a des gens qui vont venir et qui vont y adhérer».
Des flèches pour Charest
Renouant avec son discours sur les accommodements raisonnables, M. Dumont a tiré à boulets rouges sur Jean Charest qui, selon lui, ne s'est pas occupé de ces questions et a simplement voulu «mettre le couvercle sur la marmite». Le cours Éthique et culture religieuse n'a «jamais intéressé [le premier ministre] comme tout le reste de ce qui se passe dans les écoles. Et il ne s'en est jamais occupé et a laissé faire les fonctionnaires parce que ça ne l'intéressait pas».
M. Dumont prévoit que le chef libéral l'accusera de simplement soulever cette question. «Parce que lui, tout ce touche l'identité, il ne veut pas en parler. Il a créé une commission pour essayer de tasser ça de côté», a-t-il dit en évoquant la commission Bouchard-Taylor. M. Dumont a reproché à M. Charest d'avoir affirmé, la semaine dernière, que le problème était «réglé», que le dossier était clos et qu'il ne fallait «plus jamais en parler».
En verve et accompagné par ses députés François Bonnardel (Shefford) et Lucille Méthé (Saint-Jean), M. Dumont a soutenu qu'il n'était pas «normal» que l'identité du peuple québécois soit «une patate chaude» pour le premier ministre. «C'est lui qui est supposé porter le flambeau de l'identité. Nous, on va le porter, haut et fort, le flambeau de l'identité québécoise.»
Une poignée de membres des Pélerins de Saint-Michel, mieux connus sous le nom de «Bérets blancs», membre de la CLE, ont applaudi au discours du chef de l'ADQ.
Une d'entre eux, Diane Guillemette de Rougemont, qui travaille à temps plein comme bénévole pour le journal Vers demain, a dit appuyer M. Dumont. «Nous voudrions même qu'ils aillent plus loin. Remettre l'ancien catéchisme dans les écoles, la prière du chapelet, etc.» Questionné sur la présence de cette organisation catholique à cette réunion politique, M. Dumont a soutenu sèchement que si son but était le retour à une confessionnalité, celle-ci «perdait son temps à l'ADQ et devrait se fonder un parti politique à elle».
Transfuges
Outre Granby, le chef adéquiste a fait campagne, hier, dans les circonscriptions des deux transfuges qui sont passés du côté libéral, Pierre-Michel Auger (Champlain) et André Riedl (Iberville).
Devant environ 30 militants, hier matin, M. Dumont a mené une charge à fond de train contre l'«arrogance libérale». Il a dénoncé Mme Monique Jérôme-Forget pour avoir «perdu les pédales» à la télévision et avoir traité de «con» le numéro deux de l'ADQ, Gilles Taillon. Dénonçant les libéraux qui «nagent dans l'argent», M. Dumont a lancé un no pasaran: «C'est un parti qui se pense au-dessus de tout le monde, qui pense qu'il n'a plus besoin de répondre de ses actes; [ils] sont plus riches plus beaux, plus fins que tout le monde. Les Québécois ne laisseront pas faire ça! Trompez-vous pas!»
Sur le pied de guerre, M. Dumont a promis que son parti irait voir les Québécois «rue par rue, quartier par quartier, village par village». Il s'est dit convaincu que, le jour des élections, les Québécois vont se dire qu'il y a «un politicien, un premier ministre qui a ri de nous autres, qui a déclenché une élection qui n'aurait jamais dû avoir lieu, on va le punir d'une manière que l'histoire va s'en souvenir».
À Champlain, le nom de M. Auger n'a pas été prononcé, ni par M. Dumont, ni par son candidat, Luc Arvisais, actuellement directeur général et commissaire industriel au CLD de Shawinigan. Mais des militants en colère, eux, n'ont pas hésité à faire des sorties comme M. Auger. «Il a ri du monde ici dans Champlain [...] Les gens n'ont pas voté pour Pierre-Michel Auger, ils ont voté ADQ et c'est encore l'ADQ qui va emporter la victoire», a déclaré Robert Pelletier, 69 ans. Quand le navire prend l'eau, «les rats le quittent», a dit Luc Bouthillier, président de l'exécutif de Champlain. En après-midi, le chef adéquiste a présenté sa candidate dans Iberville, Lyne Denechaud. Cette dernière était attachée politique pour André Riedl, maintenant candidat libéral dans cette même circonscription.
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