CHUM: démolir Saint-Luc coûtera 200 millions de plus
Les consortiums d'entreprises privées ne veulent pas assumer le risque de procéder à l'excavation
Une chambre du futur CHUM
La facture du nouveau CHUM vient de faire un bond de 200 millions lié à la décision de démolir complètement Saint-Luc pour faire place à un hôpital neuf qui comptera plus de lits et de salles d'opération, a appris Le Devoir.
Selon les estimations gouvernementales, la facture passerait de 1,518 milliard à plus de 1,7 milliard. Raser l'hôpital Saint-Luc coûtera au bas mot 80 millions. S'ajoutent les améliorations annoncées la semaine dernière, c'est-à-dire l'augmentation du nombre de lits (de 700 à 772), du nombre de salles d'opération (de 30 à 39), la création de bureaux pour chacun des médecins et une hausse des espaces destinés aux soins ambulatoires. À cette étape, les changements nécessiteront 200 millions d'investissements supplémentaires, accroissant d'autant le coût d'immobilisation du futur hôpital.
Joint dans sa circonscription de Jean-Talon, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a confirmé hier ces données. «Ce sont les chiffres qu'on nous donne présentement. Sur le coup, ça coûte plus cher, mais, à long terme, ça revient quasiment à coûts nuls parce que chaque année on fera des économies grâce au programme fonctionnel et technique», a-t-il soutenu.
M. Bolduc estime que des économies de 3 à 4 millions par année sont possibles grâce à la plus grande fonctionnalité du nouvel édifice. «À long terme, ça devient intéressant», croit-il. Yves Bolduc donne l'exemple les salles d'opération qui, plus nombreuses, permettront d'éviter le déplacement d'équipement.
Le projet du CHUM n'en est pas à ses premières hausses de coûts. À l'origine, le CHUM devait coûter 1,1 milliard. En mars 2005, le CHUM, le CUSM et l'hôpital Sainte-Justine représentaient des investissements totaux de 2,5 milliards. Un an plus tard, le cadre financier était rajusté à 3,6 milliards, dont 1,518 milliard pour le CHUM. Mais il ne s'agissait toujours pas de coûts définitifs, soulignait alors le gouvernement.
Ce qu'on appelle le «budget convenu», c'est-à-dire les coûts définitifs de construction et d'entretien du CHUM sur 30 ans, ne peut être établi tant que le projet n'est pas défini en détail et que les risques ne sont pas cernés. Avec la bonification apportée au plan clinique qui doit se traduire dans le programme fonctionnel et technique (PFT), on pourrait croire que l'étape vient d'être franchie et permettra de lancer l'appel de proposition à la mi-décembre. Mais le plafond budgétaire pourrait encore bouger puisque le travail d'amélioration du projet n'est pas terminé.
En effet, le Dr Guy Breton, qui est conseiller spécial au CHUM, a indiqué que son travail se poursuit puisque le ministre Bolduc a accordé une marge de manoeuvre correspondant à 2600 mètres carrés, soit l'espace équivalent à une unité de soins supplémentaire ou 36 lits. Le Dr Breton n'est toutefois pas partisan d'une autre augmentation du nombre de lits et souhaite plutôt que cet espace représentant 1 % de tout le projet serve à d'autres fins. Les consultations auprès des médecins se poursuivront donc au cours des prochaines semaines.
Le scénario de la démolition de Saint-Luc avait été soumis à la Commission Mulroney-Johnson qu'avait mise en place le gouvernement libéral à son arrivée au pouvoir en 2003. Cette option avait été rejetée compte tenu des coûts supplémentaires qu'elle entraînait. À la veille de déclencher la présente campagne électorale, il semble que les coûts du projet du CHUM n'apparaissaient pas comme un frein; il s'agissait plutôt de donner l'élan au projet qui traîne depuis plus d'une décennie.
Pas d'excavation privée
Le projet du CHUM réserve, par ailleurs, d'autres surprises. Le Devoir a appris que les consortiums d'entreprises privées ne veulent pas assumer le risque de procéder à l'excavation nécessaire à l'édification du CHUM. Le casse-tête du manque de stationnements dans le projet du CHUM découlerait de la résistance des consortiums.
Le directeur général adjoint du CHUM, responsable du projet du futur hôpital, Sylvain Villiard, a récemment indiqué qu'il manquerait quelque 600 places de stationnement une fois le CHUM construit. Il n'a toutefois pas précisé quelle sera l'ampleur du problème lorsque les ouvriers de la construction envahiront le chantier avec leur matériel. Environ 1200 travailleurs sont attendus au plus fort de la période de la construction.
Un membre de son équipe a toutefois pris les devants l'été dernier pour solliciter des propriétaires dans un rayon de 500 mètres autour de l'hôpital, parce que le CHUM ferait face à un déficit de stationnement de 3900 places de stationnement causé dans l'immédiat par le chantier. Déjà, on soulignait que la morphologie du terrain et les différentes études géotechniques limitaient la capacité de construire des stationnements.
Le ministre Bolduc a reconnu que les consortiums se faisaient tirer l'oreille. «Ils ne veulent pas faire un stationnement souterrain de huit étages parce que c'est du roc. En allant en appel de proposition, ils devront répondre aux balises établies», a affirmé Yves Bolduc.
Ironiquement, le gouvernement était prêt le printemps dernier à creuser lui-même un grand trou pour prendre de l'avance, et ce, avant même d'avoir choisi le partenaire privé. M. Bolduc a donné l'assurance que cette proposition n'avait rien à voir avec la volonté des consortiums ne pas creuser.
Les consortiums proposent plutôt de profiter de la dénivellation naturelle du vaste emplacement qu'occupera le futur CHUM, délimité au nord par le boulevard René-Lévesque et au sud, par la rue Viger. Ainsi, le futur hôpital pourrait reposer sur le sol, et deux étages de stationnement pourraient être construits dans la pente.
«Ce qui est important, c'est que ça nous prend un certain nombre de places de stationnement. Qu'ils les fassent sur deux, trois étages ou en diagonale, du moment que ça réponde aux normes!», a lancé M. Bolduc.
Selon les estimations gouvernementales, la facture passerait de 1,518 milliard à plus de 1,7 milliard. Raser l'hôpital Saint-Luc coûtera au bas mot 80 millions. S'ajoutent les améliorations annoncées la semaine dernière, c'est-à-dire l'augmentation du nombre de lits (de 700 à 772), du nombre de salles d'opération (de 30 à 39), la création de bureaux pour chacun des médecins et une hausse des espaces destinés aux soins ambulatoires. À cette étape, les changements nécessiteront 200 millions d'investissements supplémentaires, accroissant d'autant le coût d'immobilisation du futur hôpital.
Joint dans sa circonscription de Jean-Talon, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a confirmé hier ces données. «Ce sont les chiffres qu'on nous donne présentement. Sur le coup, ça coûte plus cher, mais, à long terme, ça revient quasiment à coûts nuls parce que chaque année on fera des économies grâce au programme fonctionnel et technique», a-t-il soutenu.
M. Bolduc estime que des économies de 3 à 4 millions par année sont possibles grâce à la plus grande fonctionnalité du nouvel édifice. «À long terme, ça devient intéressant», croit-il. Yves Bolduc donne l'exemple les salles d'opération qui, plus nombreuses, permettront d'éviter le déplacement d'équipement.
Le projet du CHUM n'en est pas à ses premières hausses de coûts. À l'origine, le CHUM devait coûter 1,1 milliard. En mars 2005, le CHUM, le CUSM et l'hôpital Sainte-Justine représentaient des investissements totaux de 2,5 milliards. Un an plus tard, le cadre financier était rajusté à 3,6 milliards, dont 1,518 milliard pour le CHUM. Mais il ne s'agissait toujours pas de coûts définitifs, soulignait alors le gouvernement.
Ce qu'on appelle le «budget convenu», c'est-à-dire les coûts définitifs de construction et d'entretien du CHUM sur 30 ans, ne peut être établi tant que le projet n'est pas défini en détail et que les risques ne sont pas cernés. Avec la bonification apportée au plan clinique qui doit se traduire dans le programme fonctionnel et technique (PFT), on pourrait croire que l'étape vient d'être franchie et permettra de lancer l'appel de proposition à la mi-décembre. Mais le plafond budgétaire pourrait encore bouger puisque le travail d'amélioration du projet n'est pas terminé.
En effet, le Dr Guy Breton, qui est conseiller spécial au CHUM, a indiqué que son travail se poursuit puisque le ministre Bolduc a accordé une marge de manoeuvre correspondant à 2600 mètres carrés, soit l'espace équivalent à une unité de soins supplémentaire ou 36 lits. Le Dr Breton n'est toutefois pas partisan d'une autre augmentation du nombre de lits et souhaite plutôt que cet espace représentant 1 % de tout le projet serve à d'autres fins. Les consultations auprès des médecins se poursuivront donc au cours des prochaines semaines.
Le scénario de la démolition de Saint-Luc avait été soumis à la Commission Mulroney-Johnson qu'avait mise en place le gouvernement libéral à son arrivée au pouvoir en 2003. Cette option avait été rejetée compte tenu des coûts supplémentaires qu'elle entraînait. À la veille de déclencher la présente campagne électorale, il semble que les coûts du projet du CHUM n'apparaissaient pas comme un frein; il s'agissait plutôt de donner l'élan au projet qui traîne depuis plus d'une décennie.
Pas d'excavation privée
Le projet du CHUM réserve, par ailleurs, d'autres surprises. Le Devoir a appris que les consortiums d'entreprises privées ne veulent pas assumer le risque de procéder à l'excavation nécessaire à l'édification du CHUM. Le casse-tête du manque de stationnements dans le projet du CHUM découlerait de la résistance des consortiums.
Le directeur général adjoint du CHUM, responsable du projet du futur hôpital, Sylvain Villiard, a récemment indiqué qu'il manquerait quelque 600 places de stationnement une fois le CHUM construit. Il n'a toutefois pas précisé quelle sera l'ampleur du problème lorsque les ouvriers de la construction envahiront le chantier avec leur matériel. Environ 1200 travailleurs sont attendus au plus fort de la période de la construction.
Un membre de son équipe a toutefois pris les devants l'été dernier pour solliciter des propriétaires dans un rayon de 500 mètres autour de l'hôpital, parce que le CHUM ferait face à un déficit de stationnement de 3900 places de stationnement causé dans l'immédiat par le chantier. Déjà, on soulignait que la morphologie du terrain et les différentes études géotechniques limitaient la capacité de construire des stationnements.
Le ministre Bolduc a reconnu que les consortiums se faisaient tirer l'oreille. «Ils ne veulent pas faire un stationnement souterrain de huit étages parce que c'est du roc. En allant en appel de proposition, ils devront répondre aux balises établies», a affirmé Yves Bolduc.
Ironiquement, le gouvernement était prêt le printemps dernier à creuser lui-même un grand trou pour prendre de l'avance, et ce, avant même d'avoir choisi le partenaire privé. M. Bolduc a donné l'assurance que cette proposition n'avait rien à voir avec la volonté des consortiums ne pas creuser.
Les consortiums proposent plutôt de profiter de la dénivellation naturelle du vaste emplacement qu'occupera le futur CHUM, délimité au nord par le boulevard René-Lévesque et au sud, par la rue Viger. Ainsi, le futur hôpital pourrait reposer sur le sol, et deux étages de stationnement pourraient être construits dans la pente.
«Ce qui est important, c'est que ça nous prend un certain nombre de places de stationnement. Qu'ils les fassent sur deux, trois étages ou en diagonale, du moment que ça réponde aux normes!», a lancé M. Bolduc.
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