samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 15h42
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Pauline Marois en entrevue au Devoir - Un déficit si nécessaire, mais de façon temporaire

Guillaume Bourgault-Côté   8 novembre 2008  Québec
Photo : Jacques Nadeau
Pauline Marois promet aux Québécois de ne pas revenir à l'ère des déficits... mais elle n'exclut pas qu'un éventuel gouvernement péquiste soit obligé d'y avoir recours pendant un certain temps. L'important, dit-elle, c'est que l'équilibre budgétaire soit atteint au terme de la période budgétaire gouvernementale de cinq ans.

En entrevue éditoriale au Devoir, hier, la chef du Parti québécois a reconnu que le contexte financier actuel pourrait ne pas permettre à son parti de respecter chaque année ses intentions de présenter un budget équilibré. Il pourrait y avoir des périodes où il serait déficitaire, mais Mme Marois assure que ce sera temporaire.

«S'il arrive des circonstances telles, on va s'assurer que sur la période de cinq ans il n'y ait pas de déficit et que tout soit équilibré. On a trop bûché pour ça [revenir aux déficits de l'avant-Bouchard]. On a payé un prix lourd. On s'est arraché le coeur à atteindre cet équilibre», a indiqué Mme Marois.

Elle n'a pas voulu rejeter l'hypothèse de toucher aux taxes ou aux impôts de la population, tout en prenant soin de dire que ce n'était pas son intention. «On ne voudrait pas le faire, a-t-elle dit. Mais il serait très périlleux de dire qu'on ne touchera pas à ça. Donnons-nous un peu d'espace pour pouvoir faire les bons choix [...]. Il ne faut pas se piéger.» Chose sûre, Mme Marois estime qu'il serait «complètement bête» d'augmenter les impôts dans le contexte actuel.

Questionnée au sujet de l'apparent manque de précision de la plate-forme électorale qu'elle présentera aujourd'hui, Mme Marois a reconnu que le parti avait parfois manqué de temps pour l'étoffer. «On aurait pu aller plus loin dans la description, être plus concrets. On n'est pas passés à l'aspect plus descriptif, mais ça ne change rien aux principes ou à la philosophie», dit-elle.

Le document sert donc à «donner les grandes actions». «On a une bonne expérience de l'appareil gouvernemental», dit Mme Marois, convaincue que la population saura faire confiance au PQ pour appliquer concrètement et élargir les intentions évoquées. «Les politiques vont s'imprégner de ce qui est là.»

Misant sur une sorte de «réingénierie» de l'État (débureaucratisation, allégement des organigrammes, assouplissement des structures), Pauline Marois a indiqué que son intention n'était pas d'abolir des organismes, mais bien de s'assurer de l'efficacité de chacun d'eux. Elle a réaffirmé à plusieurs reprises son engagement envers le système public (garderies, école, santé) et la gratuité de certains services... tout en râlant contre la conversion de Jean Charest à l'interventionnisme étatique, un changement non crédible selon elle.

Snob ou pas?

Combative, Mme Marois ne paraissait aucunement ébranlée par la divulgation, dans La Presse d'hier, d'un document interne du PQ soulignant les problèmes de perception de la chef péquiste dans la population, plusieurs la trouvant «snob», selon le document.

Mme Marois se dit certaine que la population changera d'opinion dès lors que les gens la connaîtront mieux ou auront l'occasion de lui parler directement. «J'adore parler aux travailleurs, au monde. Je suis une travailleuse sociale, après tout.» Alors, pas question de changer quoi que ce soit dans sa personnalité, même si c'est parfois «dur pour l'ego».

«Il faut être capable d'entendre le point de vue des gens. Or, il y a des gens qui disent qu'elle a l'air snob, Mme Marois. Et les gens qui me fréquentent disent que c'est le contraire. Alors, OK, on va essayer de faire en sorte que ça paraisse davantage. Mais je ne changerai pas ma façon d'être et mon comportement.»

Concernant l'auteur de la fuite du document (elle a parlé de gens «malveillants»), Pauline Marois a lancé qu'elle ne s'en préoccupait pas. «Quand je suis revenue au PQ, j'ai pris une décision: dans ma tête, je me suis dit, ils ne me feront pas faire ce que je n'ai pas le goût de faire, et je vais rester ce que je suis, avec ma simplicité, mes idées, ma vision.»

Et malgré l'apparence de dissensions au sein du PQ — où l'aile pure et dure rechigne à l'idée de voir la question de la souveraineté placée au second plan de la campagne —, Mme Marois jure qu'elle a réussi à imposer sa discipline. «Ce qui est important dans la discipline d'un parti, c'est qu'on adopte des orientations et qu'on soit solidaires de ces orientations. [...] Je suis heureuse des choix qu'on a faits. Je me sens vraiment à l'aise avec mon parti, et j'ai l'impression que mon parti n'est pas trop mal à l'aise avec moi non plus.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 8 novembre 2008 07h37
    Yes, we can't.
    Ça va coûter très cher aux québécois cette politique du flou. Avec la récession actuelle, ce n'est vraiment pas le moment opportun cette politique. Décidément, le PQ n'est pas en harmonie avec l'air du temps. Moi à 36 ans, je ne crois plus à ce parti du tout et pour quoi que ce soit. Laissez place à une nouvelle génération plus accrochée à la modernité, à l'avenir. Pourquoi, nous la jeunesse du Québec, devrait-on subir encore cette politique de dinosaure? En vérité, on devrait dire à propos du PQ et en reprenant le slogan d'Obama à l'envers: "Yes, we can't."

  • claire dufour
    Abonnée
    samedi 8 novembre 2008 09h51
    Sur la défensive
    Voilà ce que l'aile des Laviolette et Dubuc vous oblige à faire. Nous perdons tellement d'énergie dans cela.
    De grâce, Mme Marois, n'utilisez pas le fameux principe de mysoginie pour vous défendre. Vous êtes une femme pleine et entière et c'est cela qui devra être reconnu.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 8 novembre 2008 11h11
    @ M. Brun Bernard
    Vous affirmez que le PQ n'est pas en harmonie avec l'air du temps.

    Bon, o.k. mais, quel parti québécois provincial l'est plus, alors, selon vous ?

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 8 novembre 2008 11h17
    Pas frapper son chef avant une élection...attendre, au moins
    Les souverainistes devraient être fiers de leurs chefs avant et pendant les élections à la place de vouloir le poignarder après les avoie élus...genre.

    Après une élection mal menée et perdu, là, c'esat le temps de voir si un changement pourrait améliorer la chefferie du parti. Le "timing" s.v.p.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 8 novembre 2008 16h24
    @M Bousquet.
    AUCUN mais un tout petit peu le Parti Libéral à cause de la philosophie sous-entendue dans sa politique par des gens provenant de partout, i.e. plus cosmopolite et donc plus à même de comprendre le vent de la modernité. Il faudrait faire un historique des partis dont ici, nous ne pouvons faire qu'une vilaine caricature.

  • Alexandre Dionne
    Abonné
    samedi 8 novembre 2008 22h52
    Réponse à M. Bernard Brun.
    M. Brun... Sauf votre respect, expliquez-nous, voulez-vous bien, la genèse des entités supranationales, des grandes Fédérations et Confédérations, expliquez-nous la Société des... Nations (celle de l'opuscule cosmopolitiste du grand Emmanuel Kant, voire celle de Wodrow Wilson, 1919), expliquez-nous la genèse de l'Organisation des Nations Unies si vous préférez, à votre guise, expliquez-nous si et comment, vraiment, la modernité de ce monde ne consisterait essentiellement qu'en la juxtaposition libre d'individus atomisés, en être comme en vouloir, en pouvoir comme en avoir, en faire comme en croire.... Mais je vais vous épargnez du temps et des maux de tête M. Brun : songez à ce mirage, cette utopie et cette uchronie comme pas une, cette fiction d'un État-monde dépourvu de tout échellon organisationnel intermédiaire.... Expliquez-nous savamment M. Brun, en quoi l'individualité si moderne fonderait une telle préférence, un tel choix, une telle virtualité, le saut, surtout, d'une telle association, une telle articulation aérienne, l'élévation d'un tel investissement qu'un « kosmos » de « polis » ? Mais au fait, n'est-ce pas déjà une contradiction dans les termes : l'ORDRE de « polis », Cités, de « koinonia », communautés, qu'elles soient ou non « ethnos », ethnies, « nacion », communautés de naissance, ou générées du « pater », la patrie, bref, l'Ordre de ces choses est déjà l'Ordre de quelque chose de plus que des individus distincts, non ? Il faut déjà quelque indistinctions, agrégations, non ? Sauf votre respect M. Brun, j'attend d'être ébloui car il n'y a rien de nécessaire à la corrélation des trois variables que sous-tend votre postulat, je n'ose dire votre doctrine : modernité, individualité et cosmopolitisme ne sont liés par aucune nécessité démonstrative dans votre présentation et, pour tout vous dire, je peine à le comprendre ! La modernité n'est pas le synonyme des deux autres, tandis que l'explication serait courte et pauvre de sauter des individus soudainement libres (de quoi !?) vers des entités supra-politiques.... Élaborez, élaborez : croire n'est pas démontrer !

  • Brun Bernard
    Inscrit
    dimanche 9 novembre 2008 14h08
    @M Dionne.
    Je sais qu'on considère Kant (je préfère Comenius et surtout Patocka) comme celui qui aurait « imaginé » l'ONU ou l'ex-SDN mais on constate aussi que l'homme n'a rien appris de l'homme après 2 guerres et autant d'exactions dans les colonies de par le monde. On sait aussi au vu des créations du Dadaïsme et du surréalisme, que les personnes ouvertes au monde, les hommes-monde, ont eu maille à partir avec les mouvements régressifs comme les nationalistes encore très vivants au début du 20ième siècle et, hélas, encore jusqu'à nos jours (voyez la querelle en Espagne à propos de la tombe de Lorca et voyez aussi les travaux de Benjamin et ou Kracauer mais aussi le fabuleux Kafka qui en parlait et en reparlait sans discontinuer, il fut un de plus grand visionnaire à ce sujet). On pourrait même dire, mais là il faut tirer les cheveux référentiels, que Diogène le Cynique (voir la thèse de Peter Sloterdijk, Citique de la raison cynique), ne pensait à son « monde » qu'en fonction de celui dans lequel il évoluait, la Grèce antique. Même s'il pensait cosmopolite, il n'a jamais su l'ampleur du désastre des nationalismes à venir et du colonialisme. Je penche plus du côté de Jan Patocka avec sa notion terrible mais juste de « la solidarité des ébranlés », celle « de ceux qui ont subi le choc, de ceux qui sont à même de comprendre ce dont il y va dans la vie et dans la mort, et par conséquent, dans l'histoire. » (Essais Hérétiques). En somme continue Patocka, « La solidarité des ébranlés, c'est la solidarité de ceux qui comprennent. » En général dans l'histoire, ceux-là qui comprennent n'ont jamais été nationalistes mais furent toujours et contre tous, des cosmopolites. Je pense que José Ortega Y Gasset et G Agambem pourraient vous aider à comprendre mon propos dont je ne peux développer la teneur ici. Le combat se situe dans l'acceptation d'un nouveau monde dans un nouvel ordre constitué des peuples de la terre dans une solidarité internationale qui est en train de se créer grâce à Internet entre autres, voyez les propos de Pierre Assouline mais aussi par ce refus des frontières réelles et abstraites que l'homme a construites par peur de l'autre. Pourtant, à ce sujet E. Levinas a soulevé la question qui va retourner dans un silence abyssal depuis sa mort. Qu'importe, la victoire historique aux USA avec Obama est la porte ouverte à tous les possibles dont nous parlait Musil et la revanche de l'Ouvert contre la fermeture, i.e. du métissage contre la race dite « pure » est en train de gagner. Peut-être sommes-nous à la fin de la seconde guerre mondiale qui n'est pas encore terminée mais avec la crise économique, il va bien falloir en finir avec cette page du siècle passée. Évidemment, je saupoudre de repères mon intervention car je ne crois pas que l'espace ici me permettrait de faire mieux mais vous aurez une connaissance plus précise des tenants et aboutissants de mes petites interventions. Arendt oui, Jünger aussi, Maurras jamais.



    ait : « Je suis citoyen du monde ! » Ce faisant, il s'avouait cosmopolite. Au sens premier et courant, le cosmopolitisme s'oppose au nationalisme (ou aspire à le compléter) et nous invite à opérer une rupture avec le cadre étroit de notre communauté politique singulière, avec nos enracinements nationaux ou ethniques pour embrasser une appartenance plus large, typiquement à l'espèce humaine.

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 9 novembre 2008 15h44
    Le maudit nationalisme
    Le postulat sur lequel repose la plupart des arguments des fédéralistes du Québec est rarement énoncé. Selon ces gens, la quête de la souveraineté poliltique est alimenté par le nationalisme d'une large part des Québécois et si jamais au grand jamais le Québec devenait souverain, ce nationalisme conduirait à l'exclusion, voire à l'ostracisation des « eux » par les « nous ».
    Je comprends que la plupart des immigrants venus d'Europe arrivent avec ce postulat bien imprimé dans leur cerveau et qu'ils ne soient pas enclins à étudier l'histoire des parlants français au nord-est de l'Amérique du Nord. Mais que des gens d'ici, immigrés depuis longtemps ou dits de souche véhiculent ce postulat dans leurs propos me renversent.
    Il y les vrais peurs, et celles qu'on se plaît à fabriquer en optant pour l'ignorance, si confortable.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Brun Bernard
    Inscrit
    lundi 10 novembre 2008 08h12
    @M Berger.
    "...immigrants venus d'Europe arrivent avec ce postulat bien imprimé dans leur cerveau et qu'ils ne soient pas enclins à étudier l'histoire des parlants français au nord-est de l'Amérique du Nord." Non, ils ne savent rien de cette problématique les immigrants avant qu'ils arrivent au Québec. Ils pensent arriver dans un pays moderne et déchante rapidement au vu de l'archaïsme politique et culturel des partis politiques. Un choc que c,est ce genre de constatation. J'ai même un mal fou à leur expliquer le pourquoi. La problématique nationaliste est une problématique historiquement, politiquement, philosophiquement connue depuis fort longtemps et, sauf, si on se ferme les yeux ou si l'ignorance totale est présente,on ne peut réellement comprendre ce fléau si on en est ignorant. Il y a des bibliothèques de par le monde et des études remplies pour ce faire pourtant. C'est celui qui défend le nationalisme qui est un grand ignorant comme on l'a vu avec la Serbie,la Georgie etc. Le fait que dans ma famille on parle des "Nous" ou des "souches" me révulse au plus haut point d'autant que je sais notre arbre généalogique est métis jusqu'au bout des gènes. Il y a comme un atavisme obligatoire que le PQ voudrait que nous suivions. Ça n'a rien à voir avec le fédéralisme, votre vison est courte voire caricaturale. Il y a d'autres options, vous savez que le fédéralisme. Je pense à ma famille, et généralement la réaction est la même avec les commentateurs "démocratiques" et "ouverts" du Devoir qui se résume par un "ferme ta gueule". Moi, je n'ai aucune prétention mais je commence à peine à m'informer en politique et le résultat c'est entendre qu'il faut que je la ferme. Pour l'ouverture et le dialogue, on repassera. Dans ce sens, il fait froid au dos de voter pour cette famille qui trouve refuge dans le PQ. Même, structuralement, on voit le même phénomène chez Mario Dumont avec le "ferme ta gueule" à tel point que ses gens quittent son parti et vont dans un autre. On pourrait réfléchir à ces problèmes dits structurels?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
9 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012