Un plan de 600 millions
Photo : Jacques Nadeau
Saint-Amable — Constatant «l'état déplorable» dans lequel les finances québécoises se trouvent, Pauline Marois a dévoilé hier une plate-forme économique modeste pour réagir aux turbulences anticipées de la crise financière. Somme totale des mesures prévues: quelque 600 millions.
L'objectif est clair: stimuler l'économie et la création d'emplois, protéger le pouvoir d'achat des Québécois et appuyer la formation de la main-d'oeuvre. Pour y arriver, la chef du Parti québécois présente un plan en six points destiné aux travailleurs, aux consommateurs et aux entreprises. Du court terme qui «s'inscrit dans une vision plus large de stratégie de création de la richesse», dit Mme Marois.
Déplorant le fait que le gouvernement Charest «tente maladroitement de cacher un déficit engendré par de mauvais choix», la chef péquiste a reconnu que la marge de manoeuvre était mince pour se lancer dans les «grands travaux de rénovation de notre économie» souhaités.
«Ce sont des mesures réalistes, peu coûteuses, parce que nous ne connaissons pas l'état complet des finances», a-t-elle expliqué en soirée, alors qu'elle participait à l'assemblée d'investiture de Stéphane Bergeron dans Verchères, à laquelle Bernard Landry assistait. «Cependant, ce sont des mesures qui pourraient être appliquées rapidement, immédiatement, et donner ce qu'il faut pour passer au travers de cette crise qui s'annonce.»
Si le déficit de 5,8 milliards révélé cette semaine par le vérificateur général «limite la capacité d'action» du PQ, Pauline Marois garantit aux Québécois que son plan d'action se réalisera à l'intérieur du déficit zéro.
La pièce la plus coûteuse du programme nécessiterait quelque 400 millions d'investissements. Il s'agit d'un versement annuel de 200 $ pour les personnes à faibles revenus qui bénéficient déjà d'un crédit d'impôt pour la TVQ, une manière d'encourager le maintien de la consommation. La chef du PQ a indiqué que les 400 millions pourraient être obtenus en suspendant, pour un an, les paiements au Fonds des générations.
Sinon, Mme Marois a rappelé que le gouvernement fédéral devait un peu plus de 400 millions à la province, à la suite de la crise du verglas. Reprochant à Jean Charest de ne pas avoir mené cette «bataille», elle a lancé que le PQ irait «chercher notre fric» là où il se trouve.
Le PQ entend aussi bonifier les programmes de formation de la main-d'oeuvre. Ceux qui perdront leur emploi auront ainsi droit à un soutien au revenu plus élevé pour leur permettre de participer à des programmes de formation et ainsi faciliter leur retour au travail. «Les difficultés actuelles peuvent permettre [aux travailleurs] de prendre un peu de recul et de parfaire leurs connaissances pour être prêts quand la relance» sera là, estime Mme Marois.
Emploi-Québec sera sollicité pour accélérer les procédures de formation, alors que des comités d'aide au reclassement seront mis sur pied. Cette mesure restera en vigueur pour une période de deux ans, le temps de traverser la crise.
Mme Marois estime à environ 200 millions ce que pourrait coûter cette initiative... mais on «ne connaît pas l'ampleur de la crise» au Québec et le nombre de travailleurs qui perdront leur emploi dans la foulée, a-t-elle ajouté.
Autre mesure valide pour 24 mois, le PQ voudrait accorder aux ménages de la classe moyenne dont le revenu n'excède pas 150 000 $ un crédit d'impôt non remboursable, équivalent à 20 % des premiers 5000 $ d'intérêts sur leur hypothèque résidentielle. Une somme qui devrait être remboursée au moment de la vente de la propriété.
Les retraités pourront quant à eux profiter d'un report de deux ans pour transformer leurs REER en rente imposable (FEER), ce qui est actuellement obligatoire à l'âge de 71 ans. Ce faisant, le PQ estime que quelque 100 000 personnes pourront «éviter de liquider des actifs financiers au moment où ils sont dévalués». Encore là, cette mesure ne serait valide que deux ans.
Pour les entreprises, le PQ entend bonifier le programme de garantie de prêt, surtout pour les PME, de façon à donner un coup de main au fonds de roulement des entreprises.
Parmi les autres initiatives dévoilées hier matin à Shawinigan, on note la création souhaitée d'un fonds d'investissement stratégique, géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Le fonds, institué à même l'actif de la Caisse, pourrait prendre des participations maximales de 25 % dans des entreprises québécoises. Le plafond d'investissements des fonds fiscalisés serait aussi relevé pour inclure la possibilité d'investir des fonds dans des entreprises qui possèdent une capitalisation d'un maximum d'un milliard.
Consensus
Reconnaissant que plusieurs initiatives lancées hier ne sont ni inédites ni exclusives, Mme Marois est revenue à la charge pour dénoncer le déclenchement jugé hâtif des élections. «Dans le contexte actuel, plusieurs mesures font consensus et auraient pu faire l'objet d'une entente. Le prétexte utilisé par M. Charest pour déclencher une élection n'était donc pas fondé», a-t-elle dit.
En tournée en Montérégie en après-midi et en soirée — là où l'ADQ a fait des gains importants en 2007 —, Mme Marois est souvent revenue à la charge pour dénoncer la décision du premier ministre. Dans son discours présenté devant les militants de Verchères, elle en a aussi profité pour se moquer du programme économique présenté hier par M. Charest.
«Après cinq ans de négligence, il s'est enfin rendu compte qu'il y avait des institutions publiques québécoises de qualité qui sont là pour aider au développement économique du Québec. [M. Charest], il était temps que vous vous en rendiez compte et que vous adoptiez la stratégie que nous avions quand nous étions au gouvernement. Mais entre vous et moi, l'original serait préférable à la copie.»
L'ancien premier ministre Bernard Landry a lui aussi saisi l'occasion pour imputer à Jean Charest sa part de responsabilité dans la crise financière actuelle. Selon M. Landry — qui devrait prononcer certaines conférences dans des cégeps et universités durant la campagne —, M. Charest n'avait qu'une idée en tête au moment de son élection en 2003: démanteler le modèle d'un État interventionniste pour faire toute la place au libre-marché. «Il était l'un des partisans de ceux qui nous ont mis dans cet état», a-t-il dit avant de vanter lui aussi les vertus des organismes comme la Caisse de dépôt et de placement.
Mme Marois demeurera aujourd'hui sur l'île de Montréal. Elle accordera une série d'entrevues aux quotidiens montréalais, avant de participer à l'investiture de Louise Beaudoin en soirée. La caravane péquiste ne quittera pas la région de Montréal avant lundi.
L'objectif est clair: stimuler l'économie et la création d'emplois, protéger le pouvoir d'achat des Québécois et appuyer la formation de la main-d'oeuvre. Pour y arriver, la chef du Parti québécois présente un plan en six points destiné aux travailleurs, aux consommateurs et aux entreprises. Du court terme qui «s'inscrit dans une vision plus large de stratégie de création de la richesse», dit Mme Marois.
Déplorant le fait que le gouvernement Charest «tente maladroitement de cacher un déficit engendré par de mauvais choix», la chef péquiste a reconnu que la marge de manoeuvre était mince pour se lancer dans les «grands travaux de rénovation de notre économie» souhaités.
«Ce sont des mesures réalistes, peu coûteuses, parce que nous ne connaissons pas l'état complet des finances», a-t-elle expliqué en soirée, alors qu'elle participait à l'assemblée d'investiture de Stéphane Bergeron dans Verchères, à laquelle Bernard Landry assistait. «Cependant, ce sont des mesures qui pourraient être appliquées rapidement, immédiatement, et donner ce qu'il faut pour passer au travers de cette crise qui s'annonce.»
Si le déficit de 5,8 milliards révélé cette semaine par le vérificateur général «limite la capacité d'action» du PQ, Pauline Marois garantit aux Québécois que son plan d'action se réalisera à l'intérieur du déficit zéro.
La pièce la plus coûteuse du programme nécessiterait quelque 400 millions d'investissements. Il s'agit d'un versement annuel de 200 $ pour les personnes à faibles revenus qui bénéficient déjà d'un crédit d'impôt pour la TVQ, une manière d'encourager le maintien de la consommation. La chef du PQ a indiqué que les 400 millions pourraient être obtenus en suspendant, pour un an, les paiements au Fonds des générations.
Sinon, Mme Marois a rappelé que le gouvernement fédéral devait un peu plus de 400 millions à la province, à la suite de la crise du verglas. Reprochant à Jean Charest de ne pas avoir mené cette «bataille», elle a lancé que le PQ irait «chercher notre fric» là où il se trouve.
Le PQ entend aussi bonifier les programmes de formation de la main-d'oeuvre. Ceux qui perdront leur emploi auront ainsi droit à un soutien au revenu plus élevé pour leur permettre de participer à des programmes de formation et ainsi faciliter leur retour au travail. «Les difficultés actuelles peuvent permettre [aux travailleurs] de prendre un peu de recul et de parfaire leurs connaissances pour être prêts quand la relance» sera là, estime Mme Marois.
Emploi-Québec sera sollicité pour accélérer les procédures de formation, alors que des comités d'aide au reclassement seront mis sur pied. Cette mesure restera en vigueur pour une période de deux ans, le temps de traverser la crise.
Mme Marois estime à environ 200 millions ce que pourrait coûter cette initiative... mais on «ne connaît pas l'ampleur de la crise» au Québec et le nombre de travailleurs qui perdront leur emploi dans la foulée, a-t-elle ajouté.
Autre mesure valide pour 24 mois, le PQ voudrait accorder aux ménages de la classe moyenne dont le revenu n'excède pas 150 000 $ un crédit d'impôt non remboursable, équivalent à 20 % des premiers 5000 $ d'intérêts sur leur hypothèque résidentielle. Une somme qui devrait être remboursée au moment de la vente de la propriété.
Les retraités pourront quant à eux profiter d'un report de deux ans pour transformer leurs REER en rente imposable (FEER), ce qui est actuellement obligatoire à l'âge de 71 ans. Ce faisant, le PQ estime que quelque 100 000 personnes pourront «éviter de liquider des actifs financiers au moment où ils sont dévalués». Encore là, cette mesure ne serait valide que deux ans.
Pour les entreprises, le PQ entend bonifier le programme de garantie de prêt, surtout pour les PME, de façon à donner un coup de main au fonds de roulement des entreprises.
Parmi les autres initiatives dévoilées hier matin à Shawinigan, on note la création souhaitée d'un fonds d'investissement stratégique, géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Le fonds, institué à même l'actif de la Caisse, pourrait prendre des participations maximales de 25 % dans des entreprises québécoises. Le plafond d'investissements des fonds fiscalisés serait aussi relevé pour inclure la possibilité d'investir des fonds dans des entreprises qui possèdent une capitalisation d'un maximum d'un milliard.
Consensus
Reconnaissant que plusieurs initiatives lancées hier ne sont ni inédites ni exclusives, Mme Marois est revenue à la charge pour dénoncer le déclenchement jugé hâtif des élections. «Dans le contexte actuel, plusieurs mesures font consensus et auraient pu faire l'objet d'une entente. Le prétexte utilisé par M. Charest pour déclencher une élection n'était donc pas fondé», a-t-elle dit.
En tournée en Montérégie en après-midi et en soirée — là où l'ADQ a fait des gains importants en 2007 —, Mme Marois est souvent revenue à la charge pour dénoncer la décision du premier ministre. Dans son discours présenté devant les militants de Verchères, elle en a aussi profité pour se moquer du programme économique présenté hier par M. Charest.
«Après cinq ans de négligence, il s'est enfin rendu compte qu'il y avait des institutions publiques québécoises de qualité qui sont là pour aider au développement économique du Québec. [M. Charest], il était temps que vous vous en rendiez compte et que vous adoptiez la stratégie que nous avions quand nous étions au gouvernement. Mais entre vous et moi, l'original serait préférable à la copie.»
L'ancien premier ministre Bernard Landry a lui aussi saisi l'occasion pour imputer à Jean Charest sa part de responsabilité dans la crise financière actuelle. Selon M. Landry — qui devrait prononcer certaines conférences dans des cégeps et universités durant la campagne —, M. Charest n'avait qu'une idée en tête au moment de son élection en 2003: démanteler le modèle d'un État interventionniste pour faire toute la place au libre-marché. «Il était l'un des partisans de ceux qui nous ont mis dans cet état», a-t-il dit avant de vanter lui aussi les vertus des organismes comme la Caisse de dépôt et de placement.
Mme Marois demeurera aujourd'hui sur l'île de Montréal. Elle accordera une série d'entrevues aux quotidiens montréalais, avant de participer à l'investiture de Louise Beaudoin en soirée. La caravane péquiste ne quittera pas la région de Montréal avant lundi.
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