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Un plan de 600 millions

Guillaume Bourgault-Côté   7 novembre 2008  Québec
Photo : Jacques Nadeau
Saint-Amable — Constatant «l'état déplorable» dans lequel les finances québécoises se trouvent, Pauline Marois a dévoilé hier une plate-forme économique modeste pour réagir aux turbulences anticipées de la crise financière. Somme totale des mesures prévues: quelque 600 millions.

L'objectif est clair: stimuler l'économie et la création d'emplois, protéger le pouvoir d'achat des Québécois et appuyer la formation de la main-d'oeuvre. Pour y arriver, la chef du Parti québécois présente un plan en six points destiné aux travailleurs, aux consommateurs et aux entreprises. Du court terme qui «s'inscrit dans une vision plus large de stratégie de création de la richesse», dit Mme Marois.

Déplorant le fait que le gouvernement Charest «tente maladroitement de cacher un déficit engendré par de mauvais choix», la chef péquiste a reconnu que la marge de manoeuvre était mince pour se lancer dans les «grands travaux de rénovation de notre économie» souhaités.

«Ce sont des mesures réalistes, peu coûteuses, parce que nous ne connaissons pas l'état complet des finances», a-t-elle expliqué en soirée, alors qu'elle participait à l'assemblée d'investiture de Stéphane Bergeron dans Verchères, à laquelle Bernard Landry assistait. «Cependant, ce sont des mesures qui pourraient être appliquées rapidement, immédiatement, et donner ce qu'il faut pour passer au travers de cette crise qui s'annonce.»

Si le déficit de 5,8 milliards révélé cette semaine par le vérificateur général «limite la capacité d'action» du PQ, Pauline Marois garantit aux Québécois que son plan d'action se réalisera à l'intérieur du déficit zéro.

La pièce la plus coûteuse du programme nécessiterait quelque 400 millions d'investissements. Il s'agit d'un versement annuel de 200 $ pour les personnes à faibles revenus qui bénéficient déjà d'un crédit d'impôt pour la TVQ, une manière d'encourager le maintien de la consommation. La chef du PQ a indiqué que les 400 millions pourraient être obtenus en suspendant, pour un an, les paiements au Fonds des générations.

Sinon, Mme Marois a rappelé que le gouvernement fédéral devait un peu plus de 400 millions à la province, à la suite de la crise du verglas. Reprochant à Jean Charest de ne pas avoir mené cette «bataille», elle a lancé que le PQ irait «chercher notre fric» là où il se trouve.

Le PQ entend aussi bonifier les programmes de formation de la main-d'oeuvre. Ceux qui perdront leur emploi auront ainsi droit à un soutien au revenu plus élevé pour leur permettre de participer à des programmes de formation et ainsi faciliter leur retour au travail. «Les difficultés actuelles peuvent permettre [aux travailleurs] de prendre un peu de recul et de parfaire leurs connaissances pour être prêts quand la relance» sera là, estime Mme Marois.

Emploi-Québec sera sollicité pour accélérer les procédures de formation, alors que des comités d'aide au reclassement seront mis sur pied. Cette mesure restera en vigueur pour une période de deux ans, le temps de traverser la crise.

Mme Marois estime à environ 200 millions ce que pourrait coûter cette initiative... mais on «ne connaît pas l'ampleur de la crise» au Québec et le nombre de travailleurs qui perdront leur emploi dans la foulée, a-t-elle ajouté.

Autre mesure valide pour 24 mois, le PQ voudrait accorder aux ménages de la classe moyenne dont le revenu n'excède pas 150 000 $ un crédit d'impôt non remboursable, équivalent à 20 % des premiers 5000 $ d'intérêts sur leur hypothèque résidentielle. Une somme qui devrait être remboursée au moment de la vente de la propriété.

Les retraités pourront quant à eux profiter d'un report de deux ans pour transformer leurs REER en rente imposable (FEER), ce qui est actuellement obligatoire à l'âge de 71 ans. Ce faisant, le PQ estime que quelque 100 000 personnes pourront «éviter de liquider des actifs financiers au moment où ils sont dévalués». Encore là, cette mesure ne serait valide que deux ans.

Pour les entreprises, le PQ entend bonifier le programme de garantie de prêt, surtout pour les PME, de façon à donner un coup de main au fonds de roulement des entreprises.

Parmi les autres initiatives dévoilées hier matin à Shawinigan, on note la création souhaitée d'un fonds d'investissement stratégique, géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Le fonds, institué à même l'actif de la Caisse, pourrait prendre des participations maximales de 25 % dans des entreprises québécoises. Le plafond d'investissements des fonds fiscalisés serait aussi relevé pour inclure la possibilité d'investir des fonds dans des entreprises qui possèdent une capitalisation d'un maximum d'un milliard.

Consensus

Reconnaissant que plusieurs initiatives lancées hier ne sont ni inédites ni exclusives, Mme Marois est revenue à la charge pour dénoncer le déclenchement jugé hâtif des élections. «Dans le contexte actuel, plusieurs mesures font consensus et auraient pu faire l'objet d'une entente. Le prétexte utilisé par M. Charest pour déclencher une élection n'était donc pas fondé», a-t-elle dit.

En tournée en Montérégie en après-midi et en soirée — là où l'ADQ a fait des gains importants en 2007 —, Mme Marois est souvent revenue à la charge pour dénoncer la décision du premier ministre. Dans son discours présenté devant les militants de Verchères, elle en a aussi profité pour se moquer du programme économique présenté hier par M. Charest.

«Après cinq ans de négligence, il s'est enfin rendu compte qu'il y avait des institutions publiques québécoises de qualité qui sont là pour aider au développement économique du Québec. [M. Charest], il était temps que vous vous en rendiez compte et que vous adoptiez la stratégie que nous avions quand nous étions au gouvernement. Mais entre vous et moi, l'original serait préférable à la copie.»

L'ancien premier ministre Bernard Landry a lui aussi saisi l'occasion pour imputer à Jean Charest sa part de responsabilité dans la crise financière actuelle. Selon M. Landry — qui devrait prononcer certaines conférences dans des cégeps et universités durant la campagne —, M. Charest n'avait qu'une idée en tête au moment de son élection en 2003: démanteler le modèle d'un État interventionniste pour faire toute la place au libre-marché. «Il était l'un des partisans de ceux qui nous ont mis dans cet état», a-t-il dit avant de vanter lui aussi les vertus des organismes comme la Caisse de dépôt et de placement.

Mme Marois demeurera aujourd'hui sur l'île de Montréal. Elle accordera une série d'entrevues aux quotidiens montréalais, avant de participer à l'investiture de Louise Beaudoin en soirée. La caravane péquiste ne quittera pas la région de Montréal avant lundi.






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Vos réactions

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  • Brun Bernard
    Inscrit
    vendredi 7 novembre 2008 07h59
    Cha alors...
    « Cha c'est original comme nouvelle politique. Là il y a des idées de lArmée du Salut ou du village des valeurs, c'est selon ce qu'on cherche: "stimuler l'économie et la création d'emplois, protéger le pouvoir d'achat des Québécois et appuyer la formation de la main-d'oeuvre." On pourrait augmenter la taxe à La SAQ de 70% sur les alcools à 95%, ça éviterait les accidents de la route. Banalité quand tu nous tiens. L'imagination intelligente existe Madame Marois vous savez? Là c'et encore le même blabla et la même soupe...Cha alors. La crise financière touche la planète entière et le PQ tente de l'imputer aux libéraux. On y voit la même technique électorale que MCcain: "L'ancien premier ministre Bernard Landry a lui aussi saisi l'occasion pour imputer à Jean Charest sa part de responsabilité dans la crise financière actuelle." Faut le faire et faut le dire à Wall Street. Le PQ ont trouvé le coupable. Pis ça encore, sur le marché: "Selon M. Landry -- qui devrait prononcer certaines conférences dans des cégeps et universités durant la campagne --, M. Charest n'avait qu'une idée en tête au moment de son élection en 2003: démanteler le modèle d'un État interventionniste pour faire toute la place au libre-marché." Ça frise le ridicule absolu comme si on avait changé de monde depuis que le PQ n'est plus au pouvoir. On se croirait dans un amalgame entre ce que disaient depuis septembre les démocrates d'Obama et les républicains de McCain, entre interventionnisme de l'état ou non et blabla...Il ne faut pas nous prendre pour des ...Les autres partis ne sont pas mieux. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 7 novembre 2008 08h40
    @ M. Brun Bernard et LA taxe
    « Vous écrivez : «On pourrait augmenter la taxe à La SAQ de 70% sur les alcools à 95%, ça éviterait les accidents de la route»

    Pas une très bonne idée. Nos Québécois iraient alors, en grand nombre, acheter l'alcool en Ontario ou au Nouveau-Brunswick, ce qui feraient de nouveaux déplacements et de nouveaux accidents avec plein de bouteilles cassées sur la chaussée.

    Pas moyen d'avoir de bonnes idées sans les problèmes qui viennent avec. »

  • M. Dassualt Dassault
    Inscrit
    vendredi 7 novembre 2008 09h52
    Ben la!
    « Ben la!

    Ce n'est pas très visionnaire ca! Encourager la consommation ? Pardon ?

    Pourquoi pas venir en aide a ceux qui on des emploies précaires, des hypothèques chancelante, venir en aide au petites et moyennes entreprise ? Avant qu'ils ne se retrouvent a la rue? Ca, ce serais bien.

    Pourquoi pas aider les compagnies d'ici à faire des percer « là-bas », a protéger nos emploie de pointe, et de haute technologie ? Ca, ca serais mieux.

    Pourquoi pas investir dans la recherche et le développement en partenariat avec le prive, investir dans le développement d'énergie propre et renouvelable, investir dans les compagnies d'avenir, aider ceux qui sont ingénieux (comme l'auto électrique) ? Ca, ca serais très bien.

    Prévenir la fuite de capitaux humain. Rendre plus accessible l'éducation collégiale et universitaire, mais surtout, surtout, porter une oreille attentive a ce que demande la population.

    Malheureusement, le vote pour le PQ seras fragmenter avec les « parti de l'ombre » ceux qui ne formeront jamais le pouvoir mais qui diviseront le vote en plusieurs petit fragment éparpiller au quatre vent, au grand bonheur de Mr. Charest.

    Et puis madame Marois ca ne déborde pas de charisme ca..... »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    vendredi 7 novembre 2008 10h41
    @M Bousquet.
    « Vous avez raison M Bousquet, je n'avais pas pensé à ça. Tant pis. Vive le plastique alors. Bon , vous me direz l'écologie. On en a des problèmes...Le PQ va certainement nous trouver une bonne idée à ce sujet mais je en crois pas que Obama ou McCain aient parlé d'alcool. Ce sera donc dur pour qu'il récupère une idée politique forte et nouvelle à imiter à ce sujet. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 7 novembre 2008 11h28
    Le PQ et l'interventionnisme de l'État
    « Le PQ essaie de nous convaincre que seule l'interventionnisme de l'État serairt le remède pour améliorer l'économie québécoise.C'est la théorie de Keyunes qui est fortement contestée comme dépassée et est cataloguée comme une nouvelle version du socialiste de Carl Marx.

    C'est la même Pauline la châtelaine Marois qui a foutu le bordel dans l'éducation et qui a foutu à la retraite le personnel des hôpitaux dont on ne peux s'en remttre encore tellement la gaffe a fait mal. Pendant ce temps, son mari se faisait nommer dans des entreprises dépendants de l'État. À la SGF, malgré une année déficitaire, il s'est voté un plantureux bonus de 250,000$ et ses conditions de départ ont été généreusement négociées par le conmseil des ministres. Mieux une partie de son domaine est dans l'emprise d'un projet du Ministère des transports ou elle apssera à la caisse encore.

    Je ne sais si Mme Marois se fait conseiller par Jacques Parizeau, Bernard Landry ou Jean Brault mais en tout cas ca sent les commandites...

    J'ai hâte de voir comment elle peut remplacer les 8,4 milliards en péréquation (12 % du busdget du Québec)si elle veut relancer le débat sur la souveraineté... »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 7 novembre 2008 11h31
    Monsieur Bousquet a le vin chagrin
    « Monsieur Bousquet n'aime pas qu'on hausse les produits de luxe vendu à la SAQ. C'est vrai que le vin de Parizeau se vendrait moins bien et plus cher...

    Cea doit être pour ca que monsieur Bousquet a le vin chagrin... »

  • Linda Hart
    Inscrite
    vendredi 7 novembre 2008 12h51
    M. Trudel n'a pas grand choix
    « Où allez-vous chercher que le PQ prône plus d'interventionnisme étatique que le PLQ. Les deux partis sont identiques, la souveraineté est oubliée quoi que puisse prétendre toilette silencieuse. En ce qui regarde la gestion, avec tout son interventionnisme étatique, le budget du PQ était dans le rouge pour environ 3 ou 4 millions ce que lui reprochait avec véhémence la frisette. Le budget de cette même frisette est dans le rouge pour aux alentours de 6 milliards. M. Trudel, lequel des deux partis fait le plus preuve d'interventionnisme étatique ? Lequel pénalise le plus l'avenir des Québécois dans le seul domaine qui vous intéresse, l'argent ?

    Pour ce qui est d'avoir les mains sales, je pense qu'il ne faudrait pas fouiller trop loin dans les placards de frisette pour trouver une masse de squelettes. Mon pauvre M. Trudel, il ne vous reste que Mario le petit boss pour satisfaire votre insatiable besoin de petit individualiste frustré. Le prix à payer, cinquante ans de recul, mais M. Trudel est prêt à toutes les compromissions pour sauver un peu sur son chèque de paie. Mais M. Trudel pourrait avoir une mauvaise surprise, refaire un Québec d'époque, cela risque de coûter très cher, surtout qu'il faudra tôt ou tard ramasser les dégâts de Mario et que nous devrons tous passer à la caisse, y compris M. Trudel. »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    vendredi 7 novembre 2008 13h37
    Monsieur Trudel est vraiment bouché
    « Osez nous radoter pareille rengaine alors qu'en quelque jours toutes vos idoles du non interventionnisme viennent demander l'aumône aux états, ça dépasse l'entendement, comme l'ampleur de celle-ci d'ailleurs.

    Sortez de votre rêve, ça presse.

    .... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 7 novembre 2008 14h08
    @ M. Fernand Trudel et son avertissement...danger
    « J'ai peut-être le vin chagrin M. Trudel mais je n'ai pas le goût des pots de vins comme au parti Libéral pour contrer le référendum de 1995. Vous vous demandez comment Mme Marois peut remplacer les 8,4 milliards en péréquation (12 % du budget du Québec)si elle veut relancer le débat sur la souveraineté...

    Simple, sans péréquation, les Québécois, peuple cigale dépourvu, contrairement aux anglais, peuple fourmi prévoyant, va presque mourir de faim quand la bise viendra au premier hiver, après la séparation du ROC. Les Québécois francophones devront alors changer leurs grosses autos pour de petites motos "même si en hiver, c'est pas chaud" et habiter 3 familles par bungalow mais ils pourront continuer à danser maintenant...le boléro.

    On se demande bien comment nos cousins de France "de qui l'on descent" font pour vivre sans la protection des Anglais d'Angleterre qui ne leur font pas parvenir de péréquation ni le moindre petit bout de mouche ou de vermisseau. Rien qu'a y penser, j'en ai les cheveux retroussés. »

  • Michel Galarneau
    Abonné
    vendredi 7 novembre 2008 18h57
    imcapble.
    « Incapable de s'administrer c'est honteux. Péréquoition 8G,c'est vos taxes apprenaient à compter .LES CANADIANS NE VOUS FONT PAS DE CADEAUX. »

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