Les citoyens suivront-ils les partis dans des élections à thème unique?
Après le grand ménage de l'État proposé en 1998, la santé en 2003, le bilan gouvernemental en 2007, voilà que Jean Charest impose l'économie comme thème de campagne pour les élections générales qu'il a lancées hier. S'agira-t-il d'une occasion de proposer des projets enlevants, de tromper l'ennui face à une surdose électorale ou de faire un débat sur le leadership économique? L'économie apparaît pour certains observateurs comme un point de départ glissant.
«Quelle horreur! Il y a trop d'élections. L'économie sert de prétexte et ça risque d'affecter le taux de participation», a lancé d'entrée de jeu Christian Dufour, politologue à l'École nationale d'administration publique (ÉNAP).
Selon M. Dufour, l'économie est un thème plutôt aride, qui peut difficilement capter l'attention des électeurs. Et sans intérêt marqué, la population pourrait être tentée de bouder le scrutin, croit-il. Il est vrai que les élections se multiplient: c'est la septième campagne électorale, fédérales et provinciales confondues, depuis cinq ans.
Mais il se peut que nos politiciens nous surprennent, fait valoir Marc Chevrier, professeur de science politique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). «L'économie est un vaste thème, que l'on peut aborder de façon comptable et qui peut être fort complexe. Mais un leader peut présenter des idées repères et mobiliser la population. Bourassa l'a très bien fait avec la Baie James», rappelle-t-il.
Pour Jean-Herman Guay, professeur de science politique à l'Université de Sherbrooke, le thème de l'économie ne doit pas être abordé en terme de déficit ou de surplus mais comme l'occasion de se demander «lequel des chefs inspire le plus confiance pour mener le Québec en période d'incertitude économique».
Jean Charest a directement abordé la question dans son discours de lancement de campagne, réclamant «un gouvernement de stabilité» pour contrer l'incertitude et prendre la voie de la prospérité économique. Le slogan libéral illustre bien cette option: L'économie d'abord, oui.
«Avec l'utilisation du Oui, cela donne une dimension référendaire au thème alors qu'il s'agit d'un mot qui semblait appartenir aux péquistes. Si l'économie signifie que les libéraux veulent mettre le Québec au travail, notamment par les infrastructures, de grands travaux, le Oui prendra tout son sens», souligne M. Guay.
Ce midi, Jean Charest présentera son plan d'action économique pour le Québec devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Le Parti libéral veut ainsi se positionner comme celui qui peut assurer la sécurité économique du Québec. Déjà, Pauline Marois, du Parti québécois, et Mario Dumont, de l'Action démocratique du Québec, ont vertement critiqué leur adversaire libéral. Selon Mme Marois, le PQ comprend mieux les Québécois. Quant à Mario Dumont, au cynisme de Jean Charest, il oppose l'espoir, qu'il dit incarner.
Mais pour Jean-Herman Guay et Christian Dufour, que Mario Dumont s'identifie à la mouture Obama relève de l'improvisation maladroite. «De façon générale, notre élection risque de souffrir de la comparaison des présidentielles américaines. Le PLQ veut une majorité, l'ADQ ne veut pas s'effondrer et le PQ veut reprendre le titre d'opposition officielle. On n'est pas dans des choses exaltantes», souligne M. Dufour.
L'engouement provoqué par l'élection du président Barack Obama, qui a fait preuve d'un certain lyrisme même durant la campagne, n'est pas transposable à la situation du Québec, estime le professeur Guay. «Les politiciens ont le devoir de faire rêver. La politique, ce n'est pas seulement des programmes et la promesse d'être de bons administrateurs. Il y a toujours place pour un peu de grandeur, de passion», affirme-t-il.
Selon lui, faire rêver ne se traduit pas toujours par de grands projets coûteux. «Ça prend de l'imagination, comme lorsque M. Charest a choisi de nommer autant de femmes que d'hommes au sein de son cabinet ministériel, en 2007. Ça n'a rien coûté mais on a avancé comme société», soutient Jean-Herman Guay.
Mais nos messagers ne semblent pas avoir le charisme du nouveau locataire de la Maison-Blanche, faire remarquer M. Guay. Selon lui, Mme Marois a sur ses épaules le poids du fantôme de René Lévesque et le souvenir des qualités d'orateur de Lucien Bouchard. Mario Dumont a perdu de la crédibilité au cours de son passage comme chef de l'opposition officielle. Seul Jean Charest semble bénéficier d'un certain élan en sa faveur, ayant adopté au cours des derniers mois une attitude nationaliste. «Il a mis du bleu dans son rouge. Il a pris ses distances du fédéral. Il a joué la carte nationaliste avec une liste de requêtes remise à Stephen Harper», constate M. Guay.
Mais pour tous les partis, la campagne électorale est un 25 ¢ lancé en l'air: l'inattendu peut toujours se produire et l'électorat québécois est imprévisible. «Si l'économie n'emballe pas la population, d'autres thèmes vont s'imposer et ça peut devenir un terrain glissant, surtout avec un possible effet Obama, c'est-à-dire un vent de gauche», soulève Christian Dufour.
«Quelle horreur! Il y a trop d'élections. L'économie sert de prétexte et ça risque d'affecter le taux de participation», a lancé d'entrée de jeu Christian Dufour, politologue à l'École nationale d'administration publique (ÉNAP).
Selon M. Dufour, l'économie est un thème plutôt aride, qui peut difficilement capter l'attention des électeurs. Et sans intérêt marqué, la population pourrait être tentée de bouder le scrutin, croit-il. Il est vrai que les élections se multiplient: c'est la septième campagne électorale, fédérales et provinciales confondues, depuis cinq ans.
Mais il se peut que nos politiciens nous surprennent, fait valoir Marc Chevrier, professeur de science politique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). «L'économie est un vaste thème, que l'on peut aborder de façon comptable et qui peut être fort complexe. Mais un leader peut présenter des idées repères et mobiliser la population. Bourassa l'a très bien fait avec la Baie James», rappelle-t-il.
Pour Jean-Herman Guay, professeur de science politique à l'Université de Sherbrooke, le thème de l'économie ne doit pas être abordé en terme de déficit ou de surplus mais comme l'occasion de se demander «lequel des chefs inspire le plus confiance pour mener le Québec en période d'incertitude économique».
Jean Charest a directement abordé la question dans son discours de lancement de campagne, réclamant «un gouvernement de stabilité» pour contrer l'incertitude et prendre la voie de la prospérité économique. Le slogan libéral illustre bien cette option: L'économie d'abord, oui.
«Avec l'utilisation du Oui, cela donne une dimension référendaire au thème alors qu'il s'agit d'un mot qui semblait appartenir aux péquistes. Si l'économie signifie que les libéraux veulent mettre le Québec au travail, notamment par les infrastructures, de grands travaux, le Oui prendra tout son sens», souligne M. Guay.
Ce midi, Jean Charest présentera son plan d'action économique pour le Québec devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Le Parti libéral veut ainsi se positionner comme celui qui peut assurer la sécurité économique du Québec. Déjà, Pauline Marois, du Parti québécois, et Mario Dumont, de l'Action démocratique du Québec, ont vertement critiqué leur adversaire libéral. Selon Mme Marois, le PQ comprend mieux les Québécois. Quant à Mario Dumont, au cynisme de Jean Charest, il oppose l'espoir, qu'il dit incarner.
Mais pour Jean-Herman Guay et Christian Dufour, que Mario Dumont s'identifie à la mouture Obama relève de l'improvisation maladroite. «De façon générale, notre élection risque de souffrir de la comparaison des présidentielles américaines. Le PLQ veut une majorité, l'ADQ ne veut pas s'effondrer et le PQ veut reprendre le titre d'opposition officielle. On n'est pas dans des choses exaltantes», souligne M. Dufour.
L'engouement provoqué par l'élection du président Barack Obama, qui a fait preuve d'un certain lyrisme même durant la campagne, n'est pas transposable à la situation du Québec, estime le professeur Guay. «Les politiciens ont le devoir de faire rêver. La politique, ce n'est pas seulement des programmes et la promesse d'être de bons administrateurs. Il y a toujours place pour un peu de grandeur, de passion», affirme-t-il.
Selon lui, faire rêver ne se traduit pas toujours par de grands projets coûteux. «Ça prend de l'imagination, comme lorsque M. Charest a choisi de nommer autant de femmes que d'hommes au sein de son cabinet ministériel, en 2007. Ça n'a rien coûté mais on a avancé comme société», soutient Jean-Herman Guay.
Mais nos messagers ne semblent pas avoir le charisme du nouveau locataire de la Maison-Blanche, faire remarquer M. Guay. Selon lui, Mme Marois a sur ses épaules le poids du fantôme de René Lévesque et le souvenir des qualités d'orateur de Lucien Bouchard. Mario Dumont a perdu de la crédibilité au cours de son passage comme chef de l'opposition officielle. Seul Jean Charest semble bénéficier d'un certain élan en sa faveur, ayant adopté au cours des derniers mois une attitude nationaliste. «Il a mis du bleu dans son rouge. Il a pris ses distances du fédéral. Il a joué la carte nationaliste avec une liste de requêtes remise à Stephen Harper», constate M. Guay.
Mais pour tous les partis, la campagne électorale est un 25 ¢ lancé en l'air: l'inattendu peut toujours se produire et l'électorat québécois est imprévisible. «Si l'économie n'emballe pas la population, d'autres thèmes vont s'imposer et ça peut devenir un terrain glissant, surtout avec un possible effet Obama, c'est-à-dire un vent de gauche», soulève Christian Dufour.
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