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Le PLQ croit pouvoir faire élire 80 députés

Cette fois, les stratèges libéraux comptent laisser plus de place au chef Jean Charest

La Presse canadienne   5 novembre 2008  Québec
Le chef libéral, Jean Charest, lors de la période des questions, hier, à l’Assemblée nationale.
Photo : Agence Reuters
Le chef libéral, Jean Charest, lors de la période des questions, hier, à l’Assemblée nationale.
Québec — Jean Charest salive déjà devant la perspective de compter jusqu'à 80 députés libéraux le soir du 8 décembre.

La Presse canadienne a appris que les sondages internes commandés au cours des dernières semaines par le Parti libéral du Québec (PLQ) indiquent que Jean Charest peut espérer former un gouvernement majoritaire avec plus de 75 sièges, peut-être 80.

Il en a besoin d'au moins 63 pour former un gouvernement majoritaire.

Les organisateurs et stratèges libéraux consultés au cours des derniers jours croient possible de répéter le scénario de 2003, alors que Jean Charest avait récolté 76 sièges et 46 % du vote.

On calcule que quelque 35 sièges sont en jeu, particulièrement dans la ceinture de Montréal, le fameux «450», en Montérégie et dans la région de Lanaudière.

Gonflé à bloc, le PLQ espère mettre la main sur plus d'une vingtaine d'entre eux, misant sur le fait que l'appui des francophones a doublé, passant de 15 % à 30 % dans les derniers sondages.

Le war room libéral de la rue Waverley, à Montréal, s'active déjà depuis plusieurs semaines pour faire en sorte que toutes les pièces du casse-tête soient en place, aujourd'hui, jour du déclenchement prévu des élections, tant sur le plan de l'organisation sur le terrain que du message à véhiculer.

On ne veut surtout pas répéter l'erreur de 2007, qui a failli être fatale, en misant tout sur le bilan gouvernemental, puis en entourant le chef de trop de monde, qui l'exhortait à se montrer «au-dessus de la mêlée».

Se sentant «étouffé», contrôlé, M. Charest n'a pu livrer son potentiel, explique-t-on, avec le résultat que le PLQ a récolté 48 sièges, contre 41 à l'Action démocratique, qui s'est approchée très près du pouvoir.

Cette fois, Jean Charest n'axera pas son message sur le passé, mais sur l'avenir et ce qu'il a à proposer au cours d'un troisième mandat, en se concentrant sur des mesures à caractère économique, dans le contexte de la crise financière.

Dans le ton, il faut surtout s'attendre à le voir jeter le gant, passant à l'offensive au cours des 33 prochains jours.

Ce sera «une campagne beaucoup plus agressive» que celle de 2007, confie un organisateur, sous le couvert de l'anonymat.

Dans le war room, on rêve de revoir le Jean Charest campaigner des beaux jours, prêt à l'attaque et à répliquer coup pour coup.

On a donc prévu une petite équipe autour de lui dans l'autocar, de manière à réagir rapidement et à laisser le maximum de latitude au chef.

Les sondages menés pour le compte des médias en octobre, particulièrement celui de Léger Marketing, ont donné des ailes aux libéraux.

Le dernier Léger Marketing met le PLQ à égalité avec le PQ chez les francophones, à 37 %.

Au cours des dernières années, les libéraux traînaient toujours loin derrière les péquistes, quant aux intentions de vote de l'électorat francophone.

Dans la population en général, les derniers comptes rendus des maisons de sondages accordent aux libéraux entre 38 % et 42 % des appuis, soit suffisamment pour espérer un gouvernement majoritaire.

Dans le war room libéral, le calcul du nombre de sièges en jeu — plus ou moins 35 — s'appuie sur la dégringolade de l'ADQ, en tenant pour acquis que le parti de Mario Dumont ne réussira pas à franchir le cap des 20 % de votes, le seuil minimal pour gagner des sièges.
 
 
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