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Yolande James dévoile le plan d'intégration du gouvernement Charest - Les immigrants devront s'engager à respecter les valeurs québécoises

Stéphane Baillargeon   30 octobre 2008  Québec
Yolande James, ministre québécoise de l’Immigration et des Communautés culturelles.
Photo : Jacques Nadeau
Yolande James, ministre québécoise de l’Immigration et des Communautés culturelles.
Deux ans après la commission parlementaire sur le racisme et la discrimination et un an après le début des travaux de la commission Bouchard-Taylor, le gouvernement du Québec dévoile un plan pour «intégrer les personnes immigrantes, promouvoir les valeurs communes de la société québécoise et valoriser la diversité». Cette «stratégie globale» aidera certainement les libéraux de Jean Charest à faire face aux attaques de ses adversaires politiques sur l'épineux sujet de l'intégration dans l'imminente campagne électorale.

«Notre défi, c'est de vivre ensemble dans le respect de chacun: le Québec a dit oui à l'immigration à condition que les immigrants s'intègrent à notre société», a déclaré Yolande James, ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, en révélant son «plan d'intégration» hier matin à Montréal. «C'est une stratégie globale qui va nous permettre de bien réussir cette intégration.» La ministre a refusé de conjecturer sur les raisons électoralistes pouvant expliquer le moment de l'annonce.

Les éléments nouveaux de la «stratégie» concernent essentiellement l'affirmation des valeurs communes auprès de l'immigrant et l'adoption d'une politique gouvernementale de la diversité, accompagnée de campagnes contre la discrimination. Le reste, notamment les mesures concernant la langue ou l'accès à l'emploi, était déjà connu.

Les personnes immigrantes seront dorénavant informées avant leur arrivée au Québec, et de façon détaillée, des principes fondamentaux de leur société d'accueil. Après quoi le candidat devra signer une déclaration solennelle d'engagement à respecter ces «valeurs communes de la société québécoise». La mesure sera instaurée en janvier.

Le document présente le Québec comme une «société libre et démocratique» où «les pouvoirs politique et religieux sont séparés». Il parle d'une «société pluraliste», basée sur la primauté du droit, le respect d'autrui, mais aussi sur l'égalité entre les hommes et les femmes. Le septième élément crucial souligné fait référence à la charte faisant du français la langue officielle et d'usage.

La signature du document devient une condition à l'acceptation de la candidature. Par contre, la Déclaration sur les valeurs communes de la société québécoise n'a aucune force coercitive.

La question du «socle des valeurs communes» s'est retrouvée au centre des débats de la commission sur les accommodements raisonnables tout comme le principe de l'égalité homme-femme, réglé avant même la fin des travaux des commissaires Gérard Bouchard et Charles Taylor, quand Québec a modifié sa Charte des droits et liberté de la personne. La commission recommandait aussi de mieux définir et promouvoir la «laïcité ouverte» à la québécoise. Aucune mesure dans ce sens n'a été précisée hier.

La seconde nouveauté concerne la société d'accueil, l'autre pôle essentiel du flux migratoire. Mme James a dévoilé une politique intitulée La diversité: une valeur ajoutée. Il s'agit de la réponse aux travaux de 2006 sur le racisme et la discrimination. La commission Bouchard-Taylor a aussi mis en évidence des cas flagrants de discrimination, notamment dans l'accès aux emplois.

Le plan d'intervention associé à la politique devrait inclure des actions touchant les jeunes dans les écoles, les relations avec les policiers mais aussi des campagnes de sensibilisation «soutenue et constante» auprès de la population. Les détails concrets de ces mesures demeurent toutefois inconnus.
 
 
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  • GERARD LAMONTAGNE
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 05h43
    Pelletage de nuages
    Faut-il avoir du temps à perdre pour concocter et pondre une telle procédure pour contrôler les gens qui , avec les compétences requises désirent venir travailler au Québec.
    Serions-nous assez gogo pour refuser un Albert Einstein qui ne parlerait pas français mais qui désirerait absolument venir faire de la recherche à l'université de Montréal?
    Comme on, give me a break!
    La procédure proposée dans cet article est un élément buracratique de plus ajuté à toutes les nombreuse autres procédures rendant plus difficiles l'accès de notre pays aux citoyens étrangers en devenir.
    Au lieu de créer des embêtements à n'en plus finir, soyons donc plus acceuillants envers les étrangers puisque nous en avons besoin pour survivre comme société. À bas les procédures bureaucratiques, elles ne font que nuire.

  • Gilles Delisle
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 08h02
    Madame a oublié l'aspect de la religion dans nos milieux de travail.
    Madame la ministre aurait dû mentionner dans les valeurs communes du Québec que nous vivons dans une société laique et que les exigences de certains groupes religieux dans nos milieux de travail ne seront pas tolérées, comme par exemple, des journées de congé supplémentaires pour motifs religieux dans nos commissions scolaires et nos garderies, comme des menus d'exception pour motifs religieux, dans nos écoles, nos garderies et nos hôpitaux. Elle aurait pu mentionner également, que le port du kirpan dans nos écoles est strictement défendu!!! Evidemment, madame la Ministre n'a pu inclure ces recommandations dans son document parce que son gouvernement, depuis la Commission Bouchard-Taylor, n'a absolument rien réglé sur les exigences des religieux dans notre société, si ce n'est que de garder le crucifix bien en vue dans le Salon Bleue de l'Assemblée Nationale!!!

  • Jeanne du Lys
    Inscrite
    jeudi 30 octobre 2008 08h18
    L'art de l'immobilisme...
    Comment transformer une excellente idée en une mesure tape à l'oeil complètement inutile.

    L'idée du contrat social(idée du rapport Allaire de 1994) était une excellente idée pour clarifier les choses avec les nouveaux arrivants afin d'éviter les, si j'avais su, comme par exemple, que l'on ne pouvait épouser une petite fille de 6 ans, je n'aurais jamais immigré au Québec...

    Sauf que ce contrat social ne veut rien dire, c'est de la poudre aux yeux puisqu'il n'y a aucune mesure si les immigrants décident de ne pas respecter les valeurs québécoises !

    Je n'en reviens pas non plus que Charest qui se dit nationaliste n'exige pas que les nouveaux arrivants, comme en France, parlent le français. Du moins, l'équivalent d'une sixième année primaire.

    Surprise aussi alors que Charest est minoritaire qu'il réussira à faire passer ça, concernant la langue française. Mais que fait-il Dumont il est d'accord avec ça ?

    Mais le comble du ridicule...c'est le PQ qui se dit indépendantiste...et grand défenseur de la culture québécoise et du français ne sorte pas publiquement pour dire que c'est innaceptable !!!

    Le Québec est une nation française et on devrait parler français pour y immigrer !

    On nous prend vraiment pour des imbéciles !

    Mais bon, peut-être ont-ils raison, on l'est peut-être un peu puisqu'environ 30 % de la population votera pour le PQ. Parce qu'ils diront pendant leur campagne qu'ils sont de grands défenseurs de notre culture et de notre langue. Que ce soit vrai ou pas ne semble pas vraiment être important.

    Pourtant c'est dans les actions qu'ils posent qu'on reconnait les valeurs d'un individu ou d'un parti et non dans ce qu'il dit qu'il est.

    Comme si au Québec les gens votaient non pas pour ce que sont en réalité les partis politiques mais pour ce qui disent qu'ils sont...

    Si l'ADQ et le PQ n'exigent pas que les nouveaux immigrants parlent le français qu'ils ne viennent pas nous dire dans quelques semaines de voter pour eux parce qu'ils sont des défenseurs de la culture et de la langue française ! Car je me rend compte que Charest, Dumont et Marois finalement c'est du pareil au même concernant leur philosophie politique...

    Kebeca Liberata !
    Sylvie R. Tremblay
    Jeanne du Lys

  • Martin Godbout
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 09h03
    L'intégration professionnelle
    Le document présenté par la Ministre James est somme toute une mise à jour intéressante de la politique d'intégration du Gouvernement du Québec qui contraste avec le multiculturalisme promu par Ottawa. En revanche, je me pose des questions sur les mesures prises afin de permettre aux nouveaux arrivants d'intégrer le marché du travail. Trop souvent, j'ai l'impression que les gens chargés du recrutement des nouveaux immigrants promettent l'Eldorado et laisse sous-entendre une reconnaissance des compétences plus facile que ce qu'il en est. Je crois qu'il vaut la peine de poser la question au moment où le Québec vient de signer un accord visant à la reconnaissance des compétences professionnelles mutuelles avec la France.

    J'ai certains de mes amis, en Amérique latine, qui songent à immigrer au Québec justement à cause du fait français. Mais ce que me racontait une de ces amis qui avait assisté à une réunion à la Délégation générale du Québec à Sao Paulo, où le présentateur s'était empressé de lui présenter Sherbrooke comme une ville avec une bonne économie et avec de grands potentiels pour une carrière en administration, me laisse perplexe. Étant originaire de Sherbrooke, je ne doute pas que la ville dispose d'une grande capacité d'intégration, mais le problème de Sherbrooke est le même que Montréal, Québec et Trois-Rivières, il est difficile pour un nouveau arrivant d'avoir une reconnaissance des compétences. J'ai trop côtoyé des immigrants travaillant dans des centres d'appels, alors que chez eux ils étaient cadres. Il en suit une grande frustration.

    Nous avons le droit d'être exigeants pour la sélection des futurs immigrants en leur demandant un effort d'intégration, mais nous devons aussi reconnaître que ce qu'ils ont fait chez eux est une contribution importante à notre communauté. Autrement dit, il faut montrer une plus grande ouverture dans la reconnaissance des compétences. Ici, je ne fais pas référence seulement aux ordres professionnels. Par exemple, combien de patrons de PME seraient prêts à favoriser une personne avec un diplôme d'une école québécoise dans un domaine connexe au détriment d'un autre candidat avec un diplôme plus approprié mais provenant d'une université brésilienne? Je n'ai pas de statistiques, mais je pense que beaucoup.

  • Claude Stordeur
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 09h24
    Une déclaration juste bonne pour les élections
    Demandez à un émigrant de signer un document sans valeur ni obligation légale en français alors qu'il ne connait pas cette langue.....???

  • André Pelchat
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 11h11
    Quel énoncé vide de sens !
    ... «les pouvoirs politique et religieux sont séparés" Il y a pas mal de "pures laines" qui veulent leur crucifix à l'Assemblée nationale. Va-t-on les déporter ?
    Il parle d'une «société pluraliste», basée sur la primauté du droi... "le respect d'autrui". Que fait-on des Falaradeau, Arthur, Fillion et autres Stéphane Gendron ?
    ...mais aussi sur l'égalité entre les hommes et les femmes. Expliquez-ça à Mgr Ouellet.
    Va-t-on exiger des immigrants ce que nous n'exigeons pas des citoyens déjà installés ?

  • Renart L'éveillé
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 12h47
    Pas de coercition
    "Par contre, la Déclaration sur les valeurs communes de la société québécoise n'a aucune force coercitive."

    Visiblement, c'est une tentative de réunir l'opinion publique autour d'un double message. C'est le même désir d'en donner beaucoup pour calmer la crainte des francophones de voir le français reculer avec l'arrivée massive d'immigrants et de satisfaire à la fois les autres qui n'en ont rien à faire. C'est du symbolisme, autant que celui nation Québécoise dont nous a servi Stephen Harper et qui leur sert d'argumentaire. En espérant quand même qu'il sera porteur pour les nouveaux arrivants et qu'ils ne se seront pas fait dire le truc en catimini... Avec Immigration Canada dans les parages, j'en doute fortement.

  • Albert Descôteaux
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 12h56
    Foutaise
    Comment et par qui se fera le suivi auprès des immigrants ayant signé la déclaration en question? Qui de la charte des droits de la personne ou de cette déclaration bidon aura préséance lorsqu'il s'agira de réclamer toutes sortes d'accomodements "religieux"? Qui empêchera un immigrant d'envoyer ses enfants à l'école privée anglophone pour éviter qu'ils fréquentent l'école française? Allons donc, madame James ne prenez pas les gens pour des cons.

  • Normand Laporte
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 15h51
    Yolande James
    Ça sent les élections.Comme dit la chanson:Paroles et paroles...Toujours aussi honnête nos politiciens.Pour qui nous prenez-vous?Une gagne de caves. J'abonde dans le même sens qu'Albert Descôteaux. N'oubliez pas que les Québécois sont habitués à vos promesses électorales. Donc svp un peut plus de respect envers les électeurs.Duplessis est mort et enterré depuis des dessènis.ASSEZ C'EST ASSEZ.
    normand.marcelle@videotron.ca

  • gaetanfo
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 16h15
    Je m'installe à Ottawa, avant de...
    Pour éviter de signer cet engagement, j'émigrerais vers
    l'Ontario (Ottawa par exemple), avant d'aller rejoindre
    mon groupe àMontréal. Qu'est-ce qui s'y opposerait ?
    Sûrement pas les tribunaux qui reconnaîtraient le droit
    d'établissement de tout citoyemn canadien.

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 16h31
    Signe en bas, ici.
    Totalement ridicule. Comment un possible immigrant pourrait-il savoir ce que signifie en fait le document qu'on lui demandera de signer ? Prendra-t-il au moins la peine de le lire (ou de se le faire traduire dans sa langue) quand on lui aura dit que sa signature n'engage en fait à rien, qu'elle n'a aucune valeur légale, c'est-à-dire coercitive ? Oui, totalement ridicule.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 17h08
    Belle Yolande !
    Elle est tout de même très belle cette Yolande James. Elle passe bien la rampe. Son intervention était bien faite. Vide mais bien faite.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • rodolphe bourgeoys
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 21h51
    Le maire Drouin a réussi !
    Le maire Drouin a réussi à faire adopter le noyau de sa demande. Partiellement, certes, notamment la question religieuse parait évacuée. Mais il a réussi l'essentiel. Car ce que le Maire exprimait, d'une manière balourde, "bulldozer" et démagogique, c'était le désir 1) que les immigrants soient informés des valeurs essentielles de la société québécoise 2) que ceux-ci n'aient pas d'illusion à se faire sur l'étendue des changements qu'ils peuvent apporter à notre façon de vivre et 3) qu'ils s'engagent à respecter leur société d'acceuil, contrairement à un certain nombre, très limité mais très visible, qui semblent croire que c'est à nous de changer et d'adopter leur mode de vie. Voilà ce que fondamentalement demandait le maire Drouin et il l'obtient.

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