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La peau de chagrin

Michel David   27 octobre 2008  Québec
Encore une fois, les délégués au conseil général de l'ADQ ont dû rentrer chez eux en pestant contre les maudits journalistes qui s'intéressent toujours plus aux problèmes qu'aux solutions. Hier, à Drummondville, ils ont fait un remarquable effort pour démontrer que le parti est solidement uni derrière son chef. D'ailleurs, il est sans doute vrai que les deux défections de la semaine dernière les ont solidarisés dans une commune indignation. Quant à Mario Dumont, on peut lui reprocher bien des choses, mais certainement pas de manquer de résilience. Après quelques malheureux écarts de langage, il avait retrouvé son aplomb.

Tout est cependant question de mesure. Les militants en ont mis beaucoup trop pour que l'ovation «spontanée» réservée à M. Dumont soit crédible. Franchement, dix-neuf minutes! Qu'est-ce que cela va être si un autre député vire capot? Comme on dit: trop, c'est comme pas assez.

D'un congrès à l'autre, l'ADQ et son chef s'appliquent à démontrer que leur réputation de girouette est largement surfaite. Sur le fond, le «nouveau modèle québécois autonomiste» n'a rien de très différent de celui qui était proposé en 2007, qui rappelait lui-même celui de 2003 et ainsi de suite.

C'est plutôt entre les congrès que M. Dumont se laisser parfois aller à improviser. Hier, quand il a

déclaré qu'il fallait rebâtir nos écoles, il n'a heureusement pas repris sa suggestion de s'inspirer du high school américain.

Il faut également reconnaître que certaines propositions sont plus claires. Par exemple, on sait maintenant comment un gouvernement adéquiste répartirait entre les directions d'école, les municipalités et le ministère de l'Éducation les responsabilités qui sont assumées actuellement par les commissions scolaires.

***

C'est au chapitre de l'autonomie politique que la fin de semaine a peut-être été la plus éclairante. Les exigences réelles de l'ADQ semblent rétrécir comme peau de chagrin et sont maintenant très éloignées de celles qui avaient été formulées dans le rapport Allaire, dont le rejet avait amené M. Dumont à quitter le PLQ en 1992.

Depuis plusieurs années, on lui demandait comment il comptait amener le reste du Canada à accepter une réouverture de la Constitution et à répondre favorablement aux demandes du Québec. Samedi, le conseil général a esquissé une réponse en adoptant un amendement qui prévoit que les objectifs constitutionnels de l'ADQ seront atteints «en amorçant un processus de discussion avec nos partenaires provinciaux pour en arriver à un consensus».

Quelques délégués ont fait valoir que cela ne ressemble pas beaucoup à de l'autonomie, que c'est même le contraire, dans la mesure où cela revient à céder au reste du pays le droit de décider ce qui est bon pour le Québec. Bref, qu'il s'agit en quelque sorte d'une autonomie dépendante. Le bon-ententiste a cependant prévalu.

Jean Allaire a lui-même expliqué qu'il y a seize ans, ce ne sont pas tellement les demandes formulées dans son rapport qui avaient indisposé le Canada anglais, mais plutôt la menace d'un référendum sur la souveraineté si elles devaient être rejetées.

M. Allaire a la mémoire sélective. À l'époque, c'était l'ensemble de son rapport qui avait provoqué des hauts cris d'un océan à l'autre. Les demandes du Québec étaient jugées aussi extravagantes que le ton menaçant du document.

Hier, en point de presse, M. Dumont a déclaré qu'il n'était pas question de revenir à la stratégie du «couteau sur la gorge». Il a également fait valoir qu'il fallait distinguer entre ce que contient le programme de l'ADQ et ce dont pourrait se satisfaire un gouvernement adéquiste.

Il n'est pas question d'une signature au rabais, a-t-il assuré. Pour que le Québec réintègre le giron constitutionnel canadien, il faudra «un plancher minimum de progrès». Invité à préciser quel était ce minimum, il a expliqué qu'il avait déjà été fixé dans l'histoire du Québec et qu'on n'avait pas changé de planète depuis.

Autrement dit, comme celui de Jean Charest, un gouvernement adéquiste se satisferait volontiers d'un accord qui s'apparenterait à celui du lac Meech. La seule différence avec le PLQ semble être que M. Dumont serait disposé à entreprendre des négociations dès que la crise économique sera passée, alors que M. Charest juge le fruit d'autant moins mûr qu'il préfère le laisser à l'ombre.

***

Actualiser le «nouveau modèle québécois autonomiste» en le présentant comme le moyen d'un nouveau départ après la crise terminée ne saurait cependant pallier l'absence de solution pour en sortir, qui risque de devenir l'enjeu central des prochaines élections.

Quoi qu'en dise M. Dumont, la motion que son parti a présentée à l'Assemblée nationale la semaine dernière n'a rien d'un plan. Il s'agissait simplement de fixer une série d'objectifs à l'action gouvernementale, qui sont autant de lieux communs en pareilles circonstances.

La fin de semaine n'a pas permis d'apprendre quelles mesures un gouvernement adéquiste mettrait lui-même en oeuvre pour stimuler la consommation des ménages, préserver le pouvoir d'achat de la classe moyenne ou stimuler rapidement la création d'emplois.

À entendre les adéquistes répéter à qui mieux mieux que Jean Charest serait irresponsable de plonger le Québec dans une autre campagne électorale à un moment aussi grave, on avait presque l'impression d'une incantation.

Dans l'entourage de Mario Dumont, certains se demandent s'il n'aurait pas été préférable de voter contre le budget et de faire tomber le gouvernement au printemps dernier, quand l'ADQ était encore créditée de 24 % des intentions de vote. Hier, Le Journal de Montréal évoquait un sondage interne du PQ qui ne lui en accordait plus que 11 %.






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  • doucet louis-marie
    Inscrit
    lundi 27 octobre 2008 07h03
    le tapis glisse
    « Mario Dumont n'a tout simplement plus d'espace politique pour se démarquer des Libéraux et du P.Q.
    De plus, je me pose sérieusement la question sur le degré de confiance que lui porte les Québécois. Il me fait penser à un enfant gâté qui trépigne de plus en lus fort pour avoir son jouet... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 27 octobre 2008 07h39
    Juste de l'eau de vaisselle ?
    « Cette autonomie me semble être de l'eau de vaisselle. S'il n'y a pas de couteau sur la gorge ni de référendum prévu, comment inciter le ROC à faire ce qu'il ne veut pas et n'a jamais voulu ? Par quoi est-ce qu'on va le menacer, par la menace du PQ et la séparation du Canada ? Booooo !

    L'ADQ ne semble pas trop pressé de s'y attaquer : Après la fin de la crise économique actuelle, pas en temps d'élection, pas entre les élections, s'il fait beau etc. »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    lundi 27 octobre 2008 08h07
    Ce qu'il manque à M Dumont: Une culture d'état.
    « C'est ce qui explique qu'il n'a aucun centre de gravité politique (girouette). S'il avait eu le moindrement le sens de l'état, il aurait appuyer la proposition Marois de doter le Québec de sa propre constitution:

    http://www.vigile.net/ADQ-Novembre-le-mois-des-morts

    C'est pour la même raisons que que son "Maitre chez nous", autonomiste, n'a aucune crédibilité:

    http://www.vigile.net/Le-Maitre-chez-nous-de-M-Mario

    Jean Claude Pomerleau »

  • jack roy
    Inscrit
    lundi 27 octobre 2008 08h55
    Bitchage!
    « Il y a quelque chose qui m'échappe dans vos commentaires.
    Pourquoi vous attaquez-vous tout le temps à l'ADQ et Mario Dumont?
    Pourquoi vous ne parlez pas aussi de la fin semaine du PQ ou ils ont sorti un manifeste sur la souveraineté qu'ils ont même pas parler du tout de la fin de semaine.Pourtant s'était le but de faire toute une explosion de savoir avec se manifeste.
    Soyez honnête avez-vous appris quelque chose de nouveau dans ce manifeste qui serait différent?
    En quoi ce manifeste serait convaincre les Québécois?
    Du réchauffé sans plus qui ne nous révèle rien.

    C'est pour ce manifeste qu'ils ont abandonné le référendum?
    Cela se présente comme un chèque en blanc.

    Pour le plan économique du PQ qu'est-ce qu'il prévoit faire pour faire face à la crise?À part de dire que le PLQ à pas de plan.Le PQ lui qu'est ce qu'ils ont à nous offrir?

    J'ai l'impression qu'aucun parti à de plan et qu'ils vont improviser au fur et à mesure de la crise, car il est très difficile de calculer l'étendu de la crise, la profondeur et la duré.Les meilleurs économistes ne s'entendent pas et envisagent toutes sortes de scénarios.

    En 2006
    Le titre de votre chronique de 2006 "Pour son bien"
    Michel David
    Le Devoir
    jeudi 26 octobre 2006
    Vous aviez prédit la mort de l'ADQ et vous voilà avec du réchauffé encore en prédisant la même chose en 2008? »

  • Paul Verreault
    Inscrit
    lundi 27 octobre 2008 09h09
    Qu'en disent les Canadians, eux?
    « Les Adéquistes devraient entendre ce que disent les Canadians des revendictions du Québec: "Vous jouez le jeu du fédéralisme tel qu'il est ou vous partez". »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    lundi 27 octobre 2008 09h24
    @Jack Roy
    « Cher monsieur Roy, le problème du manque de crédibilité de votre parti n'a pas été créé par Michel David. Il en rend compte.

    Juste un exemple : au moins le PQ a la souveraineté comme position de négociation; si le Canada rejette votre autonomisme, vous êtes coincés.

    Il ne suffit pas d'avoir des idées pour être crédible. Il faut que les moyens de les mettre en oeuvre soient aussi crédibles. C'est surtout là où votre parti est en déficit, puisque les idées saugrenues et simplistes ne résistent pas l'usure du temps.

    ... »

  • Roger Kemp
    Inscrit
    lundi 27 octobre 2008 10h50
    Mario Dumont, un chef en sursis
    « Malgré les apparences, suite aux deux défections de cette semaine, le chef de l'Action Démocratique me semble être en sursis. En supposant une nouvelle défection dans les prochaines semaines ou simplement un non renouvellement de candidature pour des motifs personnels pour la prochaine campagne électorale, cela ne cachèterait-il pas un profond malaise au sein de l'organisation politique? Plusieurs actions entreprises en fin de semaine m'amène à penser en ce sens; les ténors du parti exigeant d'encadrer les nouveaux élus pour les initier à leur futur rôle, la quasi tutelle du parti pour s'assurer de la foi envers son chef des députés (ées) comme si cela serait suffisant pour resouder l'équipe. À la prochaine gaffe du chef soit par ses discours, soit par son manque de leadership, soit par son manque d'écoute, vous entendrez souffler le vent de la révolte et vous verrez sortir qui pourrait prendre sa place.

    Roger Kemp
    Trois-Rivières, comté de Champlain »

  • Yvon Roy
    Abonnée
    lundi 27 octobre 2008 10h59
    concepts
    « Les cartes conceptuelles de Mario ne sont pas toujours faciles à suivre, mais bon! Voir celles de Joseph Novak pour plus de compréhension en attendant s.v.p... »

  • jack roy
    Inscrit
    lundi 27 octobre 2008 11h55
    Manifeste Jacques Gagnon
    « Jacques Gagnon

    Expliquez-moi le manifeste du PQ.Quoi de nouveau?

    Est-ce un manifeste qui peut rassurer quelqu'un?

    Des journalistes qualifient le manifeste de « document intemporel ». On t-ils raison? Sinon explique qu'est-ce que tu vois de concret dans ce document.Qu'est-ce qu'il t'apprend que tu ne savais pas?

    Moi j'y vois que des mots et du vent.

    Quel parti a un plan pour la crise économique? »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    lundi 27 octobre 2008 14h47
    Monsieur Roy le Beachage...
    « n'est t'il pas aussi votre faire. Au lieu de voues en prendre à L'autre parti d'opposition regardez dont votre principale adversaire celle des québécois de toute façon celui de Charest. Ce gouvernement des gestes invisibles mais excessivement dagereux pour notre patrimoine québécois.
    Dire que l'Ontario possède 4 fois plus de société d'état. Peut-être que vous avez dénoncer que Charest avait voler votre programme et bien si c'est vrai????? beachage envers le peuple du QUébec. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mardi 28 octobre 2008 00h58
    Place aux hostilités des magnats du journalisme.
    « Sous les couvertes de l'immunité journalistique et derrière les masques de l'impunité médiatique, vos attaques picocheuses et ravageuses, à grands coups d'ergots, additionnées à l'exercice du supplice de la goûte d'eau, à l'endroit de Mario Dumont et de l'ADQ, ne constituent rien de nouveau. C'est en reprise. D'autre part, les commandites et les accointances libérales ont sur vous, Michel David, des effets de serre. Et ça, c'est en continuité à perpétuité. Convenons, toutefois, qu'elles vous appartiennent, au détriment, cependant, de l'objectivité et de la neutralité de votre mission informatrice, formatrice et éducative dont la noblesse a été remisée au classeur vert, par certains Émirs et mentors de l'intégrisme journalistique.

    Par contre, votre chronique de ce jour doit être située dans le contexte du même jour, c'est à dire celui de la prochaine élection provinciale du 8 novembre prochain, dont vous étiez parfaitement informé, avant parution de cette chronique. Or, dans ce contexte électoral, vous donnez libre cours aux matraques de vos mépris, à l'égard de la formation adéquiste et notamment à l'égard de son chef, comme vous l'aviez fait avant et pendant la campagne de 2007. La souveraineté, l'infaillibilité et les libertés ex cathedra du pontificat d'une certaine presse dirigiste, vous cautionnent et avalisent votre partisanerie biaisée, désinformatrice et manipulatrice. Et, c'est là que vos «bas» vous blessent, Michel David, tout comme déteignent les chaussettes rouges des Pratte (le biographe de Jean Charest) et Dubuc (auteur de «L'éloge de la richesse»), sur les culottes royalistes de leur culot impérialiste.

    Vous allez placer sous votre tiare journalistique et faire la sacro sainte promotion du bilan truffé de Dame Sacoche qui jamais n'avouera la vraie couleur des piastres virtuelles de ses commandos chiffriers du boulier compteur du Ministère de l'Endettement et des camouflages de la faillite économique du Québec et des millions de sa faux-fuyance opportuniste, sous les faisceaux des «fabrications de preuves» sur lesquelles sera érigé le château des cartes de son argumentologie, sous les scellés démagogiques de ses leurres opportunistes et les libellés psychotiques de ses beurres électoralistes libéralement empourprés. Vous allez faire l'éloge glorieuse du RIEN-FAIRE libéral, en colmatant toutes les fissures et en appliquant fausses dorures sur toutes les tentatives, par le MINORITAIRE, de TOUT FAIRE-FAIRE par des COMMISSIONNAIRES, ce qui, au mieux, le ramènera à former un autre gouvernement minoritaire et lamentablement grabataire, du même type que l'actuel ingouvernance, ou qui, au pire, le retournera aux banquettes d'une Opposition sans panache, du même type que celle de laquelle il a gradué, en 2003. Le seul élément qui pourra paqueter les cartes, truquer l'anti-démocratique bluff du crâneur Jean Charest, assouvir sa boulimie du pouvoir, masquer son leadership spectral et tromper l'électorat, viendra de ses aplaventristes alliances secrètes avec le Bloc Québécois, lors des élections fédérales de septembre 2008. Alliances qui pourraient «forcer» la reconnaissance des bleus duceppistes à l'égard du «nationaliste rouge» anti-Harper et permettre aux fans et adeptes du sectaire Gilles Duceppe, le Gratton des frustrés sécessionnistes et le Bougon de la marginalité apolitique québécoise, de se venger de la déconfiture de leur pique-assiette fédéral, lors de sa tristounette tentative de prendre d'assaut la capitainerie provinciale de la chaufferie séparatiste.

    Dans l'actuelle conjoncture de crise financière orchestrée dont les secousses que subira l'équilibre économique et social des Québécois sont potentiellement dévastatrices, le recours aveuglément opportuniste et ostentatoirement irresponsable de Jean Charest aux élections précipités et aux méga dépenses que cette inutile manoeuvre imputera aux coffres d'une trésorerie québécoise sans trésor, est la consécration manifeste de l'inconscience, de l'incompétence, de l'irresponsabilité et de l'incurie du Minoritaire dont les inepties de l'arrogance et les âneries de la défiance n'ont aucune limite, camouflé, comme il l'est, derrière les blindés de l'immunité et de l'impunité des fats de la politique hollywoodienne, quoiqu'en chiffonne, sur ce forum, le lépidoptère Jacques Gagnon et quoiqu'en griffonne, par surcroît, l'illettrée Michelle Bergeron.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Pierre Allard
    Inscrit
    mercredi 29 octobre 2008 19h11
    Pour polariser l'autonomie.
    « Si l'ADQ veut survivre, elle ne peut le faire que sur ce dossier, puisqu'elle n'a pas les ressources pour discuter sérieusement de la crise économique pour laquelle le Québec n'a les pouvoirs d'intervenir qu'à gauche. Su ce dossier, il existe un position gagnante sur l"échiqieir, qui est celle de la souveraineté sans l'indépendance. Dumont la prendra-t-il ?

    Pierre JC Allard

    http://les7duquebec.wordpress.com/2008/10/20/quebec-independant-quand-vous-voudrez/ »

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