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Conseil général de l'Action démocratique du Québec - Mario Dumont propose de rouvrir la Constitution

Le chef adéquiste mise sur la question nationale, même si la crise économique préoccupe davantage les citoyens

La Presse canadienne   25 octobre 2008  Québec
Le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont.
Photo : Agence Reuters
Le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont.
Québec — En pleine tourmente économique, l'Action démocratique du Québec mise toujours sur la réouverture de la Constitution. À la veille du conseil général du parti qui se tiendra à Drummondville, sous le thème de l'autonomie, le chef Mario Dumont a affirmé vendredi que la question nationale n'était pas réglée et qu'il fallait s'y attaquer.

«On doit avoir la lucidité et le courage d'avancer vers des solutions, et nous on a là-dedans un programme important pour le Québec», a-t-il précisé en conférence de presse à Québec, lors du dévoilement du cahier de propositions qui servira de base aux discussions des membres.

Même s'il reconnaît que la situation économique précaire constitue actuellement la priorité des Québécois, il répète qu'un gouvernement adéquiste enclencherait un processus de négociations afin que le Québec puisse réintégrer la Constitution canadienne.

Le président de la commission politique de l'ADQ, Stéphane Le Bouyonnec, a même lié le résultat du récent scrutin fédéral à la question nationale.

«On a remarqué que les Québécois ont réélu une vaste cohorte de députés bloquistes, et c'est certainement parce que quelque part, ils n'ont toujours pas digéré ce qui s'est passé dans la foulée du rapatriement de la Constitution», a-t-il analysé.

M. Le Bouyonnec estime que le temps est venu de presser le pas.

«Tout ce qu'on sait, c'est que ce serait une priorité pour un gouvernement adéquiste. Mieux vaut commencer maintenant parce qu'il faut faire en sorte que ce fruit-là mûrisse. [...] C'est notre devoir de ramener ça au premier plan.»

Le chef Dumont s'est défendu d'occulter ainsi la crise financière et ses effets, affirmant que «l'économie est la priorité de ce document-là».

Pourtant, on ne trouve pas de propositions visant à contrer le ralentissement économique dans le cahier préparatoire de la fin de semaine.

Le chef de l'opposition officielle réplique que c'est parce que le précédent conseil général du parti portait uniquement sur l'économie.

Même si l'ADQ a choisi de ne pas chambarder l'horaire de sa fin de semaine malgré les vives inquiétudes de la population face à l'effondrement des marchés boursiers, Mario Dumont a de nouveau reproché au premier ministre Jean Charest de ne pas présenter de plan pour y faire face.

«C'est là que les gens attendent des actions de leur gouvernement et une collaboration des partis d'opposition», a-t-il dit, accusant M. Charest de ne pas avoir formulé une seule phrase valable sur l'économie au cours de la première semaine de travaux parlementaires à Québec.

M. Dumont a précisé que l'opposition officielle présenterait pour sa part des suggestions de mesures à appliquer lorsque la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, aura déposé la mise à jour économique de l'État.

Leadership

Le conseil général de l'ADQ se déroulera quelques jours après que deux députés aient claqué la porte du parti en critiquant sévèrement Mario Dumont, pour se joindre au Parti libéral du Québec.

Le chef, qui cherchait encore à minimiser l'impact de ces départs hier, a refusé de spéculer sur des scénarios de défections supplémentaires.

«Jeudi, j'ai senti très fortement un caucus uni, pas juste sur le plan humain, mais uni derrière des convictions», a-t-il insisté.

Loin de craindre que le geste de Pierre Michel Auger et d'André Riedl affecte le moral des troupes, M. Dumont a dit prévoir la meilleure participation de l'histoire de l'ADQ pour un conseil général, ce qui fera en sorte «que les députés vont se sentir appuyés».

Le président de la commission politique a ajouté que Mario Dumont avait les coudées franches au parti, malgré les critiques assassines formulées publiquement par les députés Auger et Riedl.

«De toute façon, il n'y a pas de contestation du leadership de Mario Dumont à l'intérieur du parti», a conclu M. Le Bouyonnec.
 
 
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